vendredi 24 mai 2013

Album Review : Mozes and the Firstborn - Mozes and the Firstborn (Indie Rock)




Mozes and the Firstborn. Voilà venu le temps d'accéder à des sensations extrêmes. Mozes and the Firstborn est le premier opus du groupe. Seul un premier EP était paru en 2011, nommé I Got Skills. C'est Burger Records qui, sans grande surprise, est le nouveau label du groupe basé à Eindhoven (Pays-Bas). Il n'en pas fallu plus pour que Mozes and the Firstborn trouve le parfait juste milieu entre une musique qui explose les tympans et une musique qui explose les tympans (expression prise en ses deux significations opposées, celle jouissive et celle d'horreur). Le son est bien plus franc que sur l'EP précité, moins caverneux, plus proche du high-fi qu'autre chose. Et c'est tant mieux, car le résultat en est bien meilleur.

Dès le premier morceau, Mozes and the Firstborn annonce la couleur : le son de la guitare est largement amplifié, la voix de Melle Dielesen porte loin. Les titres rentrent à chaque fois dans le vif du sujet après quelques secondes d'introduction qui ne sont pas pour nous tromper. Notons qu'il est possible de coller bien des étiquettes à Mozes and the Firstborn. Indie fait consensus, mais interviennent également garage, grunge, punk, pop, psyché, bluesy, power. Difficile également de situer cette musique dans le temps : influences des du rock brut des sixties, de sons étirés très seventies. Oui, mais si on cite grunge, on doit également citer les nineties alors. Disons que Mozes and the Firstborn n'est pas une musique qui imite les années '80.

La qualité des titres de Mozes and the Firstborn est indiscutable. En revanche, ce qui fait de certains morceaux des pièces brillantes est souvent lié à l'intensité de la guitare. Lorsque d'autres éléments prennent le pas, les titres sont alors simplement bons (ce dont beaucoup se contenteraient). Quels ceux sont qui parviennent à épouser le meilleur du groupe ? Réponse dans la critique détaillée :

  • Bloodsucker : Pour un titre introductif, voilà un sacré titre introductif. "Bloodsucker" pose quelques principes : la voix de Melle Dielesen, présente et irréprochable, une batterie qui ne faillit jamais, et surtout, une guitare qui prend une place centrale. D'une simplicité déconcertante, Mozes and the Firstborn expose en plein sa capacité à dénicher des mélodies que l'on n'est pas prêt d'oublier.
  • Peter Jr. : Un titre qui fait instantanément penser à nos nouveaux chouchous Cardboard (lien). Les étincelles sont là, toutefois, la flamme ne parvient pas complètement à s'allumer.
  • What's Wrong Momma : Un brin plus bluesy, "What's Wrong Momma" est un morceau catchy dont la durée de vie n'est pas la plus évidente.
  • I Got Skills : Nécessairement l'un des meilleurs titres de l'année. Dès la première écoute de "I Got Skills", le groupe entre dans une nouvelle dimension. Et c'est une nouvelle extase qui recommence à chaque nouvelle écoute. Assez incroyable.
  • Seasons : C'est lourd, impétueux et intense. "Seasons" est une superbe création de Mozes and the Firstborn. Toute personne ayant en soi un brin d'amour pour le rock garage trouvera là son compte, ou plus encore. "Seasons" est un autre temps (très) fort de l'album.
  • Time's A Headache : Mozes and the Firstborn nous prévient en début de morceau : possibilité de devenir "insane". Et le final est la plus parfaite des réalisations. "Messed up with my brain" : subliminal.
  • Skinny Girl : Une guitare mid-fi en semi-acoustique et la voix de Melle Dielesen sur doubles pistes. "Skinny Girl" captive l'attention de l'auditeur avec succès. Idéalement placé, voilà une maquette intelligemment construite, et ça, ça fait bien plaisir.
  • Heaven : Retour dans les champs de maïs pour jouer du blues un chapeau de paille sur la tête ? Pas vraiment, le champ est poutant là, le chapeau ne doit pas être bien loin, mais Mozes and the Firstborn délivre en réalité une sorte de ballade mid-fi au final psyché qui nous fait dire : yup.
  • Gimme Some : On retrouve là l'esprit nineties qui semble animer de plus en plus de groupes de la scène américaine. Paroles directes et réalistes, "Gimme Some" vient compléter l'album avec succès. Ouais, c'est grungy. Et si on organiser ce concert avec Total Slacker (lien) ?!
  • Down With The Band : Mozes plus poétique, une voix qui perce à l'instar de celle de Nathan Williams (Wavves). "Down With The Band" est un des meilleurs titres de l'opus, même si la première impression peut laisser pensif.
  • Party Crasher : Plus commun, moins Mozes and the Firstborn. "Party Crasher" est sympathique, le genre de titre avec lequel on va boire un verre sans aucun souci. Pas sûr que l'on consomme l'intégralité du contenu sans hésitation.
  • Heaven Reprise : Une ressemblance assez frappante avec Gush, groupe français à la dégaine (et musique) tant sixties. Que rajouter sinon que "Heaven Reprise" est une agréable fin de l'histoire.

En somme,  Mozes and the Firstborn est une belle démonstration de ce que le Rock Indie peut être constant et taper fort dans les esprits, et les oreilles. Aucun titre ne souffre de trop grands défauts pour que le veuille exclu de la maquette. Bien entendu, "I Got Skills" demeure le hit ultime, celui que l'on retrouvera en décembre dans les réjouissances de fin d'année. Même si ce titre était déjà présent sur leur premier EP paru en 2011, le nouveau mixage studio sera l'excuse d'en faire un des meilleurs morceaux de 2013.

Force est de constater une légère perte d'intensité sur la fin de l'opus. Recherchée, je ne suis pas certain qu'un dernier titre power garage (appelons-le comme ça) n'eut pas été une bonne idée. M'enfin, trêve de chipoter, Mozes and the Firstborn est un indispensable de l'année. Il sera mal venu de se réclamer fan d'Indie Rock sans avoir écouté cet opus à maintes reprises.


Note : 8,2 / 10 (barème)




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Il se murmure qu'un Interview Still in Rock serait dans les tuyaux

jeudi 23 mai 2013

Still in Rock présente : Bleached - Ride Your Heart (Garage Pop)


 


Bleached. Il y aurait tant à dire... Bleached, c'est avant tout deux soeurs qui habitent à Los Angeles, dans la même rue que Pangea (Interview) et autre Hanni El Kahtib. Bleached, c'est après tout un bon groupe de Garage Pop, de la veine de Peach Kelli Pop, Guards, ou certaines créations de White Fence. Bleached, ça parle beaucoup d'amour, de motos et fêtes au soleil.

Ride Your Heart, leur premier album, est paru le 2 avril dernier via Dead Oceans. Bourré de défauts : répétitif, parfois peu créatif, souvent trop peu incisif, il est pourtant un opus demeure intéressant à bien des niveaux. Il constitue inévitablement une des bandes-son de l'arrivée de l'été. Egalement, plusieurs morceaux parviennent à restranscrire le leather-jacket-spirit, à l'image de "Searching Through The Past", "Looking For a Fight" et "Next Stop". Amateurs de punk, on y retrouve quelques influences de Smashing Pumpkins. D'autres, plus Power Pop, comme "When I Was Yours" ou "Dead In Your Head", contenteront quelques instants ceux à la recherche de l'émergence nouvelle de cette scène. En bref, le vinyle tourne comme une galette de soleil.




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Tumblr de Bleached
Article sur Peach Kelli Pop

mercredi 22 mai 2013

Video : Fuzz - Fuzz's Fourth Dream (Garage Fuzz)




Fuzz était l'une des premières très bonnes nouvelles de l'année 2013. Projet de Charlie Moothart et Ty Segall (qui vient d'annoncer la sortie d'un nouvel opus solo, Sleeper, pour le 20 août prochain), il s'agit de bien plus qu'une simple élucubration du second cité. En réalité, Fuzz est une façon plus romantique d'aborder sa musique Garage, donnant lieu à des titres logiquement plus longs.

Cette vidéo, parue il y a quelques jours déjà, a le mérite de donner à Fuzz un univers visuel qui n'est pas pour décevoir. Sous forme de mini-reportage, Los Angeles est montré sous l'angle qu'on lui préfère. Ty évolue à la batterie avec un brin moins de facilité qu'à la guitare. Le résultat ? Toujours aussi puissant. Le quatrième rêve est ainsi défini. 




mardi 21 mai 2013

Album Review : Kurt Vile - Wakin On A Pretty Daze (Dream Folk)




Kurt Vile. Le magicien aux cheveux (très) longs est de retour. Son nouvel opus, Wakin On A Pretty Daze, est paru le 10 avril dernier via Matador (label, en autre, de Pavement et Yo La Tengo). Cet album s'écoute tranquillement posé sur la rocking chair d'un ponton survolant une rivière dont la clarté de l'eau n'a pour égal que la musique de Kurt Vile. On se balance doucement et on s'approprie les artifices de Kurt sans la moindre difficulté.

Il est étrange de constater que Kurt Vile suscite des réactions très extrêmes alors que sa musique est souvent douce et consensuelle. Certains le voient tel l'ultime cool-dude lorsque d'autres dénoncent un abominable ennui. Force est pourtant de constater que Kurt Vile délivre son art avec une précision ultime. L'écoute de sa musique est la clé vers un monde plus insouciant, moins sévère. Kurt Vile sait dévoiler des moments nébuleux où sa musique flotte au-dessus de nos esprits. À écouter cet opus, on se dit que la musique folk à encore tant à nous donner.

Les titres de l'opus sont très longs, une véritable épopée où l'on est délicatement cueillie par la gracilité de Kurt Vile. C'est tout en douceur que se fait l'écoute de Wakin On A Pretty Daze, sans même que l'on ne s'aperçoive être entré dans une sphère musicale de si belle qualité. Kurt Vile pourrait être le guru d'une nouvelle génération, à la frontière entre les sciences de la médiation et d'un mysticisme casuel. Place à la critique détaillée :

  • Wakin On A Pretty Day : "Wakin On A Pretty Daze" a beau avoir été dévoilé il y a quelques semaines déjà, il n'en demeure pas moins un splendide voyage. Tout commence véritablement à 4min30, passant d'une marche admirative à des instants plus fougueux. Les réverbs de la guitare que l'on entend là sont celles qui guideront tout l'opus. Comme pris d'en empressement soudain, le souffle s'accélère.
  • KV Crimes : L'un des sons les plus reconnaissables de l'album. Le classic rock de la guitare fait de "KV Crimes" un titre à mi-chemin entre la nonchalance habituelle de Kurt Vile et une création plus pêchue, plus surprenante.
  • Was All Talk : Un rythme trop rapide qui en réalité cache une belle mélodie. Plusieurs écoutes finissent par nous y habituer, mais ce titre ne méritait pas une telle longueur, il en devient trop difficile de rester absorber. 
  • Girl Called Alex : Pas des plus transcendants, "Girl Called Alex" est un morceau plus intéressant qu'il ne peut y paraître. La fraîcheur de la brise se fait ressentir.
  • Never Run Away : Plus incisive, l'orchestration de "Never Run Away" est du Kurt Vile tout craché. "Never Run Away" est un des titres qui nécessitent quelques d'écoutes. 
  • Pure Pain : Membre du Big 5, "Pure Pain" rappelle la magie des Fleet Foxes. Plusieurs tableaux constituent ces longues minutes où Kurt Vile y est particulièrement inspiré. La voix de Kurt Vile nous assaillit de toutes parts. 
  • Too Hard : Une pleine méditation de Kurt Vile, "Too Hard" est un titre où le songwritting prend tout son sens. Le reflet de l'eau, les sillons de la guitare, la voix posée de Kurt Vile, tout est bien qui va pour le mieux.
  • Shame Chamber : Le titre le plus gai de l'album, un espace sonore fleuri qui semble côtoyer la musique de Devendra Banhart. Quelques minutes d'ensoleillement. Impossible de penser que ce morceau puisse demeurer encore longtemps sans sa session vidéo où Kurt Vile donnera au solo final les images que l'on réclame.
  • Snowflakes Are Dancing : La même formule, le même entrain. Si "Snowflakes Are Dancing" présente une pop plus vive, le morceau demeure est un poil trop long, un poil trop brouillon. Ça en finirait même par en présenter un certain charme.
  • Air Bud : Un titre dont on aurait pu se passer. Pour autant, ces quelques minutes où Kurt Vile flirte avec une musique psyché demeurent intéressantes.
  • Goldtone : Un final pas des plus excitants mais qui demeure agréable. Kurt Vile récite sa dolce vita, sans empressement.

Wakin On A Pretty Daze est encore plus contemplatif que ses précédents opus. Un Big 5 se détache incontestablement. Les trois derniers morceaux sont moins convaincants, laissant place à une lassitude qui s'installe confortablement. Pour autant, déliée et ténue, la musique de Wakin On A Pretty Daze oblige à prendre son temps. Quasi-anachronique, cet opus de Kurt Vile s'impose comme l'un de ceux à retenir en cette année 2013.

Dans la lignée d'opus tel que Spooky Action at a Distance de Lotus Plaza, le Passing Cloud de Murals, Fleet Foxes et certaines créations d'Atlas Sound, Wakin On A Pretty Daze s'inscrit en plein dans le genre contemplatif. Aucun raté, plusieurs coups d'éclat, voilà ce qui compose son nouvel opus. Kurt, well done.


Note : 8,0 / 10 (barème)




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lundi 20 mai 2013

The Colorcast # 4




The Colorcast #4. Voyage et intrigue pour ce quatrième Colorcast. Rob Monsma, qui avait réalisé le premier de la série, est de retour aux manettes. Lorsque je lui ai demandé de quoi serait fait ce nouvel épisode du Colorcast, sa réponse fut la suivante :  "Spector laden!". Tout est là. Le batteur du groupe Murals continue de nous emmener là où ne serions jamais allé de nous-mêmes. Avoir pour guide un musicien dont le chakra n'a pas de limites ne peut que promettre d'étranges découvertes. Back à une époque qui n'a jamais existé.


Joe Meek - Paper Boat (0:00)
The Paris Sisters - Why Do I Take It From You (2:54)
Apryl Fools - Ai No Memory (Memory of Love) (5:17)
Hank Levine and the Blazers - Midnight (7:23)
Androgynous Mind - Knock on My Door (9:42)
George Harrison - The Ballad of Sir Frankie Crisp (Let it Roll) (12:27)
Buffalo Springfield - Expecting to Fly (16:10)
Honeydrum - Suddenly Heaven (19:40)
Dionne Warwick - Walk on By (20:36)
Jorge Ben - Mas, Que Nade!  (23:25)





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The Colorcast #1, #2 et #3

jeudi 16 mai 2013

Still in Rock présente : Audacity (Garage Rock)




Audacity. Pour la lutter contre le prisme de l'information toujours plus rapide, voici un article sur un opus sorti en 2012. Nommé Mellow Cruisers, cet album est le 3ème d'Audacity, une formation originaire de Californie (on ne s'en serait pas douté). Lorsque Still in Rock demandait à Pangea qui était le killer, leur réponse était la suivante : "Thomas Alverez, batteur du groupe The Audacity" (lire interview).

Mensurations : 10 titres, 29 minutes, beaucoup de guitares, présence du it garage, absence de baisse d'intensité, et des vikings, beaucoup de vikings. "Indian Chief", titre introductif, est également le meilleur de l'opus. De la trempe de Fidlar et King Tuff avec un petit quelque chose de Thee Makeout Party, ce morceau est absolument irréprochable. On ne saurait également cracher sur "Garza Girls", ce serait bien mal poli. Toutes les garzas semblent s'être éparpillées dans la nature deux titres plus loin, avec un "Subway Girl" qui suscite l'envie d'entrer dans un de ces tunnels enchantés. Un petit saut en avant et arrive "Ears and Eyes", un titre qui semble avoir à faire avec nos oreilles. "Chili" relève définitivement de notre goût prononcé par le power rock. Alors voilà, Audacity délivre un opus à conserver, sans oublier qu'il n'y aura pas de seconde "Extensions".




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mardi 14 mai 2013

Review : Bass Drum of Death - Bass Drum of Death (Garage Rock)




Bass Drum of Death est de ces groupes qui excellent en live et dont la qualité des albums studio laisse à redire. Présenté le 27 février dernier ici même (lien), le groupe fera paraître très prochainement un nouvel album self-titled via Rough Trade.

Rien de bien neuf sous les cocotiers, la musique est globalement la même que sur GB City, c'est du Garage catchy. Composé de 11 titres relativement homogènes, Bass Drum of Death n'est pas l'opus le plus surprenant de 2013. Pourtant, plusieurs morceaux produisent leur petit effet. "Shattered Me" est le premier morceau de qualité, également single. S'ensuit "Such a Bore" et ses 4 minutes ponctuées par un refrain aux airs de Thee Oh Sees. "Bad Reputation" est quant à lui digne des sons noisy des années '90, c'est noir et efficace, Ty Ty Ty. Les guitares de "White Fright", les plus crissantes de l'opus, ont pour écho la puissance de "Way Out". Le dernier morceau, "(You'll Never Be) So Wrong" donne une note fort positive à un opus qui nous laisse sur notre faim. Comme d'hab, Bass Drum of Death n'a pas innové, mais ça demeure du Garage de qualité, une constance qui a son prix.




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Still in Rock présente : Cool Ghouls (Indie Pop Mid-fi)




Cool Ghouls. Leur titre "Spring Break Blues" paru en août 2012 sur l’EP Alright Cassette avait retenu notre attention. On retrouve une période des plus emblématiques de la musique, quand le jazzy était groovy et que le groovy faisait remuer nos parents autour de groupes alcoolisés au whiskey. On avait envie de fermer les yeux, de se souvenir des '60s, des affiches annonçant le prochain bal du village, de regarder s’installer les cocardes et les guirlandes ornées de triangle tricolore. Mais il nous en fallait plus.

Alors ces quatre gars-là (Pat Thomas, Ryan Wong, Pat McDonald, Alex Fleshman), tous originaires de San Francisco, ont débarqué le 23 avril dernier sur le label Empty Cellar avec un album mid-fi au titre éponyme enregistré et mixé par Tim Cohen. De "Grace", l’ambiance est rajeunie, mais la musique, elle, est plus mature. Cette fois le morceau nous transporte dans un vieux bal de promo, au moment où la soirée va prendre fin et qu’un slow devrait commencer. Sauf que ce slow est déjanté, qu’il semble être éclairé à la lumière des chandeliers d’un manoir légèrement décrépit. Nos vieux fantômes nous reviennent et on se prend à danser avec ces spectres d’une autre époque répondant à ce cher Tim, "(a) rambling psychedelic soul". C’est Cool Ghouls en fin de compte.




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lundi 13 mai 2013

Still in Rock présente : Waylon Thornton and the Heavy Hands (Garage Rock)




Waylon Thornton and the Heavy Hands. A ma gauche, Waylon Thornton, marié à Heavy Hands. A ma droite, Heavy Hands, marié Waylon Thornton. Au centre, une musique Garage qui pousse à l'otoplastie (chirurgie des oreilles). Ça décolle.

Le nouvel opus de cette formation se nomme Enter The Coven. D'une très courte durée, environ 24 minutes, il n'en demeure pas moins un album intense où notre endurance est mise à dure épreuve. "Bottomed Out Bill", titre introductif, est assurément un de ceux à conserver. Il en va de même pour "Hounds Of Dracula" où Heavy Hands vole la vedette au son métallique de la guitare. Situé en Floride, l'influence s'en fait ressentir sur "Telepath". "Take Me To The Master" pourrait être une des démos de Ty Segall, façon Singles 2007-2010 (Album Review). L'album se conclut sur "Astral Conjurer", le plus long des morceaux présents. Les amis, un conseil d'écoute : rendez-vous dans la cave, sans lumière, sans foi ni loi, montez le volume, et exaltez.


 

jeudi 9 mai 2013

Dossier : Tame Impala, avant l'avant (Psych Rock)





Tame Impala. Ecrire un article sur Tame Impala nécessite toujours la plus grande précaution, choisir chaque mot avec soin, en peser la lourdeur et s'assurer qu'ils fassent honneur, autant que possible, à cette musique qui n'a d'égal.

Lonerism, meilleur opus de l'année 2012, a longuement été chroniqué sur les cahiers Still in Rock (article). Avant ça, Tame Impala faisait paraître Innerspeaker, autre chef-d'oeuvre du genre. Les plus férus du groupe connaissent également l'EP self-titled, sorti en 2008. C'est avant cet EP que je situe le coeur de cet article, aux plus profonds débuts du groupe australien, en 2005. Un ensemble de treize titre a été rassemblé sous le label Demos 2005 - 2010. On y trouve un Tame Impala à la recherche du son qui le fera connaître, déjà proche de l'énergie des plus récentes créations. Qu'en retenir ? Liste !

  • The Sun : Le son de la guitare est strictement identique à celui de Innerspeaker. La voix de Kevin Parkner se cherche encore. La montée qui suit la première minute n'a absolument rien à envier aux meilleurs créations du groupe. De quoi nous envoyer très loin, là où psyché n'a pour synonyme que grandiose.
  • Bold Arrow of Time : Seul titre présent sur un opus de Tame Impala, cette version de "Bold Arrow of Time" est belle et bien distincte de celle que l'on s'injecte depuis plusieurs années. Le son y est plus sec, le rythme plus vif encore, et c'est surtout la place proéminente donnée à la guitare qui marque avant toute chose. On se rend véritablement compte de la portée de cette version à 2min15.
  • Flow : Comme pour "The Sun", "Flow" aurait très bien pu faire partie d'Innerspeaker. La voix s'apparente fort à celle que nous connaissons si bien, plus étirée, prenant un espace sonore plus important. Que dire sinon que ce rythme est à présent inscrit dans notre ADN. L'espace plus expérimental, aux allentours de 3min00, fait du final un kaléidoscope sonore explosif.
  • Into The Jungle : Ce titre est à l'évidence le plus différent des autres. Proche de l'univers de Wolfmother, on se trouve en présence d'une Tame Impala qui cherche encore sa marque sonore.
  • Latenight Moonlight : Une fois encore, un titre à la hauteur des plus grandes créations de Tame Impala. Lorsqu'on atteint l'irréprochable, dur de garder sa retenue. Le final fait apparaître toute l'importance qu'occupe la batterie, à la façon "Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control", titre ultime de Lonerism.
  • My Lover Mother Nature : Certainement le morceau qui cogne le plus fort. "My Lover Mother Nature" fait la part belle à des sonorités psychés qui arrivent de tout bord. La marche militaire que nous impose Tame Impala se transforme en véritable profusion à 3min36.

(mp3) Tame Impala - The Sun
(mp3) Tame Impala - Bold Arrow of Time
(mp3) Tame Impala - Flow
(mp3) Tame Impala - Into The Jungle
(mp3) Tame Impala - Latenight Moonlight
(mp3) Tame Impala - My Lover Mother Nature


Dans l'ensemble, le son de la guitare de Kevin Parkner est moins étendu, tout comme sa voix, plus directe, moins poétique. Tame Impala a su gagner en patience au fil du temps, donnant à sa musique une mise en abime particulière. A ne pas en douter, ces quelques morceaux méritent d'être dans toutes bonnes collections de Tame Impala.

Ce billet est également l'occasion de vous présenter une secret track présente sur Innerspeaker. Sobrement intitulée "30 Mins With Mathew Saville", on retrouve toute l'énergie du premier opus dans un morceau subsaharien. Le titre, de plus de 27 minutes, est intense, très expérimental, et absolument majestueux. Sit back and enjoy.


(mp3) Tame Impala - 30 Mins With Mathew Saville


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Album Review de Lonerism