mercredi 2 septembre 2015

Mixtape Still in Rock x Perdiz Magazine - Watch The Sunrise





Mixtape Still in Rock x Perdiz Magazine
(link)


Les amis, Still in Rock est heureux de vous annoncer la parution de sa nouvelle mixtape, via Perdiz Magazine. Perdiz, c'est un magazine espagnol qui célèbre le thème de la "joie". Il nous a logiquement demandé de construire une mixtape autour de ce dernier.

Vous ne serez pas étonné de constater qu'elle contient une large dose de Power Pop. Mais pas que. Je ne pouvais passer à côté des "summer babes" de Pavement, du "summer feeling" de Richman, ni même des "good vibrations" des Beach Boys. Vous l'aurai compris, cette mixtape est plus que jamais de saison. Alors, à vos marques, prêts, plongez !


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How to define joy? Kerouac said that “the more ups and downs, the more joy I feel. The greater the fear, the greater the happiness I feel.” The relativity of the feelings is something real, but I wanted to picture a different truth. I wanted to picture joy as an ideal, at its highest point, without any shades. For this, I had to use a lot of Power Pop, because it is a musical genre that has its roots in a different world where the easiness of life matches its colorful musical notes.

After having fumbled in my musical library, looking for all keywords that could evoke joy in me, I finally made up my mind to what was the most obvious: choose the pieces that procure such a feeling. I am now hoping I can take you with me of this beautiful journey.





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01. Thee Makeout Party - 2 EZ 2 Luv You  (00:00)
02. The Shivvers - Teenline  (03:05)
03. Milk 'N' Cookies - Not Enough Girls (In The World)  (06:44)
04. Flamin' Groovies - Shake Some Action  (10:12)
05. The Replacements - I Will Dare  (14:40)
06. The Records - Starry Eyes (45 version)  (17:55)
07. Shoes - Writing a Postcard  (22:10)
08. The Rubinoos - I Think We're Alone Now  (24:47)
09. The Beach Boys  - Good Vibrations  (27:37)
10. Big Star - Watch the Sunrise  (31:10)
11. Wyatt Blair - This Is A Happy Song For Sad People  (34:48)
12. The Beat - Rock n Roll Girl  (36:32)
13. Jonathan Richman - That Summer Feeling  (38:43)
14. Hogs - Loose Lip Sync Ship  (43:47)
15. Total Slacker - Magical Date Night  (47:46)
16. Pavement - Summer Babe [Live]  (51:00)

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(mp3) Still in Rock x Perdiz Magazine - Watch the Sunrise

mardi 1 septembre 2015

Live Review: Drinks (Mécanique Ondulatoire)




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FRENCH VERSION
(english below)


Drinks. Vous le savez, la nouvelle formation de Tim Presley et Cate Le Bon a fait paraître son premier album la semaine dernière (article) et la voilà déjà sur les routes de sa tournée européenne. Pour l'occasion, le groupe était hier soir à la Mécanique Ondulatoire (dont je salue, une fois encore, l'excellente programmation). Ce premier concert de Drinks sur le vieux continent allait invariablement donner le ton de son existence live. Il le fallait donc à la hauteur, ce qu'il fut sans le moindre doute.

Tout l'intérêt du groupe réside dans sa capacité à allier des plages expérimentales avec un aspect Proto Pop qu'il emprunte à la scène des années '70. Et c'est précisément ce qu'il parvient à recréer sur scène. Drinks a ainsi introduit son set sur "Laying Down Rock", l'un de ses (déjà) hits. La simplicité mécanique du riff joué par Cate Le Bon nous a immédiatement plongé en plein dans ce cocktail musical façon Drag City. Et puis, rapidement, Drinks a rejoint le côté Velvet Underground de la force, comme il le fait sur ses versions studio. La batterie, très saccadée, a également emmené avec elle une énergie quasi-tribale, sorte de mélange entre Television et les Slits

Certaines phases ont ensuite pu en dérouter quelques-uns, mais le fait est que Tim Presley est un immense guitariste et que l'incarnation qu'il fait du défunt Spacemen 3 est remarquable. Quelques expérimentations de ce type plus tard, Drinks a de nouveau sorti le grand jeu sur "Spilt The Beans". On aura alors pu constater que le psychédélisme de White Fence auquel s'ajoute la très belle voix de Cate Le Bon, façon Nico, fonctionne parfaitement en live. Parfois étrange, le tout est toujours captivant, comme "Focus On The Street" l'aura également prouvé. Entre longs jams et minimalisme, Drinks se sera approché d'un post-krautrock bien senti, proches des terres bien gardées de Deerhunter

Au final, on se dit qu'avoir assisté aux débuts de Drinks pourrait bien constituer l'un de nos plus beaux souvenirs de l'année 2015. Tim Presley est sans le conteste le maître absolu de la musique psychédélique et sa nouvelle formation fait largement honneur à sa discographie. Courez le voir sur scène, je prends le pari qu'on en parlera dans 40 ans comme l'on parle aujourd'hui de Jesus and the Mary Chain.





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ENGLISH VERSION



Drinks. As you already know, the new band of Tim Presley and Cate Le Bon has released his first album on August 21 (see our review) and is already on the roads of his European tour. The band was playing at La Mécanique Ondulatoire last night in Paris, and needless to say, we were there. We knew that his first show on the old continent was going to set the tone of his "on-stage attitude". We knew that it had to be terrific; and he was indeed. 

The whole point of the band lies in his ability to combine some experimental cycles with a Proto Pop which reminds us of the late 70's. And that is precisely what he manages to sublimate on stage. Drinks introduced his set with "Laying Down Rock", one of the many hits of Hermits on Holiday. The mechanical simplicity of the riff played by Cate Le Bon immediately plunged us into this musical cocktail ala Drag City. Shortly after, Drinks joined the dark forces of Velvet Underground, as he does on his studio versions. The drum, jerky, brought a tribal energy, kind of mix between Television and the Slits. 

Few songs after, Tim Presley focused his mind on some psychedelic verses which have confused some of the audience. But the fact is that Tim Presley is a very talented guitarist and his incarnation of Spacemen 3 is always remarkable. White Fence's psychedelia to which was added Cate Le Bon magnific voice and theatrical presence works perfectly. Sometimes a bit unusual, the whole set was overall very stimulating, as "Spilt The Beans" and "Focus On The Street" has proven. Alternating several long jams and a more minimalist music, Drinks approached a post-krautrock which felt really good to listen to. 

In the end, witnessing the European beginnings of Drinks may well be one of our best memories of 2015. Tim Presley is, without doubt, the absolute master of psychedelic music, and his new band largely honors his discography. Go see them playing live, Cate Le Bon's mystic should not be missed either. I take the bet that we will speak about them in 40 years as we are now doing with Jesus and the Mary Chain. 


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lundi 31 août 2015

Best of Still in Rock : Août 2015

Août 2015. 15 jours de vacances et 15 jours de découvertes. Ce mois d'août un peu tronqué n'a pas été moins riche que les autres, et c'est dire. Bien entendu, Kurt Vile aura monopolisé notre été 2015. Mais il n'est pas seul. Alors qu'Internet s'emballe sur les summer playlists et autres "sons de nos vacances", Still in Rock s'en est allé interviewer Nic Hessler, a publié le top 20 de nombreux artistes, a chroniqué le retour de Deerhunter et j'en passe. Et septembre s'annonce tout aussi ensoleillé...





1. Top(s) 20 de tous les temps (ici)

Avant ses vacances, Still in Rock a publié un nouvel article de la série Lester Bangers. Ce dernier contient le top 20 des meilleurs albums de tous les temps de nombreux artistes. Ce nouvel indispensable de l'histoire de Still in Rock ne peut vous échapper.


2. Kurt Vile : au-delà de l'époque (ici)

Quel est le point commun entre Kurt Vile, Marguerite Yourcenar et Roland Barthes ? Quel est, également, la ressemblance entre Kurt Vile, Neil Young, Randy Newman et Nick Drake ? L'album review du nouvel album de Kurt Vile aura été l'occasion de répondre à ces quelques interrogations, tout comme d'expliquer pourquoi Kurt Vile vient de mettre un pied dans l'histoire. Rien que ça. 


3. Cardboard : Not In (ici)

Cardboard, c'est l'un des petits protégés de Still in Rock. Son nouvel EP, le troisième, contient deux morceaux à placer parmi les tout meilleurs de l'année. Tous les lecteurs de Still in Rock se devraient d'écouter "Not In", sans quoi l'année ne serait être complète...


4. Interview Still in Rock : Nic Hessler (ici)

Le dernier interview de Still in Rock commençait à dater, faute d'avoir trouvé un nouvel artiste qui inspire véritablement. C'est chose faite avec Nic Hessler, l'un des nouveaux fers de lance de Captured Tracks.


5. Les anachroniques : Alexander "Skip" Spence et les Plimsouls (ici, ici)

Un mois de musique ne serait pas complet sans les articles anachroniques. Ce mois-ci, Still in Rock a entrepris de mettre à l'honneur deux groupes : Alexander "Skip" Spence et les Plimsouls. Le premier nous a fait visiter la schizophrénie de près alors que le second nous a permis d'écouter un peu de Power Pop, une fois encore. 


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A également ne pas manquer : le retour de Deerhunter (ici), celui de Murals (ici), la présentation du groupe psychédélique Worthless (ici), et l'album review de Drinks (ici).

vendredi 28 août 2015

Album Review : Kurt Vile - b'lieve i'm goin down... (Folk Rock)






Album Review : Kurt Vile

b'lieve i'm goin down...



Roland Barthes avait théorisé l'effet de réel, accumulation d'informations (non vérifiées ou erronées) qui participent à créer la véracité de l'ensemble. La discographie de Kurt Vile, elle, donne naissance à l'effet d'irréel, accumulation d'albums sincères et savants qui contribuent à la création d'une rock-star, antithèse de chaque élément. Cette capacité à fédérer autour d'une expression artistique hétéroclite est peu commune et c'est nécessairement avec émotion que l'on s'y confronte.

Le rêve de Kurt Vile n'a ainsi jamais semblé si proche de se réaliser. Lui qui aspire ouvertement à faire connaitre sa musique du plus grand nombre, prêt à affronter le rockstar système, se hisse dorénavant en tête d'affiche de tous les festivals auxquels il participe, ah..., c'est un signe inexorable de ce qu'il aura bientôt, après la reconnaissance des critiques, également celle du plus grand nombre. Paradoxalement, Kurt Vile parvient à achever cette célébrité en étant vrai et fidèle à lui même. La présence de tels artistes est réconfortante, précisement parce que la Blank Generation théorisée par Lester Bangs, décrivant ces artistes vides que les commerciaux peuvent remplir de ce qui fait vendre, plane toujours sur l'ensemble de la scène. 

Son nouvel album (le sixième), b'lieve i'm goin down..., paraîtra le 25 septembre prochain via Matador (le label de Pavement, entre autre). Composé de douze morceaux (pour la version simple), il n'est rien de moins qu'un des albums les plus obligeants de ces derniers mois/années. Kurt Vile a largement gagné en profondeur, que ce soit dans sa voix, son instrumentalisation et, surtout, ses textes. L'écoute de b'lieve i'm goin down... oblige ainsi à vivre l'expérience en entier.

Wakin On A Pretty Daze avait un aspect plus immédiat qui était guidé par d'excellents morceaux comme "KV Crimes". b'lieve i'm goin down... est moins perméable, mais assurément plus riche. Sur le thème de l'introspection, Kurt Vile aborde une nouvelle phase de sa musique, similaire d'ailleurs à celle de Mac DeMarco et son Another One. La confidence semble être la tendance parmi les grands songwriters, et ça tombe bien.

Dans ses Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar expose le concept de la temporalité des arts. Chaque époque est enfermée dans un ensemble qui pousse la majorité des artistes à traduire les inquiétudes de l'époque. Ainsi trouve-t-on des cycles où la force s'impose comme élément central (art de la Grèce antique), d'autres où famille occupe tout l'espace (Néo-classicisme) et certaines où l'amour semble monopoliser les sujets (romantisme). Force est de constater que s'il est trop tôt pour dire si le 21ème sera l'avènement d'une nouvelle époque créative (il y a toutes les raisons de le penser, notamment à cause la digitalisation de l'art), on peut largement constater que parler d'amour avec sincérité est devenu un exercice peu commun. Après le cynisme des nineties, le trop-plein dégoulinant des années 2000, peu d'artistes s'attaquent désormais à exprimer leurs ressentis comme le faisaient ceux de l'ère Power Pop. Kurt Vile se place au-dessus de la mêlée avec un album qui entre en plein dans la problématique. Cela fait bien entendu de b'lieve i'm goin down... un LP fascinant et plus exceptionnel que bon nombre d'autres.

L'album s'ouvre sur "Pretty Pimpin" qui demeure l'excellent single que nous chroniquions en juillet dernier. Impossible de ne pas y voir le meilleur titre de l'été 2015. Il n'est pas nouveau que les titres de Kurt Vile sont parmi ceux qui ont la plus belle durée de vie. Cela fait plaisir de constater que le fait est confirmé avec même ses singles. Kurt Vile a d'ailleurs l'habitude d'introduire chacun de ses albums par ces derniers, et "Pretty Pimpin" ne déroge pas à la règle. Seulement, b'lieve i'm goin down... est moins porté sur l'aspect single que son précédent essai. Vient ensuite "I'm an Outlaw",  un titre que Kurt Vile devait avoir en lui depuis longtemps. Son père était un grand amateur de bluegrass, il était donc logique qu'il aborde cette musique dans cet ensemble très personnel. Et puis, on poursuit le parcours initiatique avec "Dust Bunnies", l'un des titres les moins engageants de l'album. Plus pop, il rappelle le Kurt Vile de 2013, plus en surface. Ne nous y trompons pas, ce Kurt Vile là était déjà brillant, parce qu'il permettait de nous ouvrir au monde extérieur, de nous émouvoir de plus. L'exercice est simplement différent avec b'lieve i'm goin down... (et supérieur).

"That's Life, tho (almost hate to say)" est la chanson d'un fataliste. Je ne pouvais donc y résister. Alors qu'il illustre parfaitement la profondeur de sa voix, on note également que la beauté de l'arpège est parfaitement accompagnée d'une atmosphère pesante qui sublime elle-même la tristesse du texte. Le tout forme l'un des temps forts de b'lieve i'm goin down..., Kurt Vile a son plus haut. "Wheelhouse" est plus difficile à pleinement apprécier. Kurt Vile nous y fait l'apologie de la solitude alors qu'un cuivre (ses premiers amours) vient contraster avec la batterie assez jazzy dans son ensemble. De plus, la guitare y est photogène, preuve de la complexité de ces six minutes.

"Life Like This" est le premier morceau a faire apparaître le piano. Jamais Kurt Vile ne lui avait donné une telle place. Il reprend le beat de "Pretty Pimpin" pour le coller sur une musique plus romanesque. On redécouvre le thème de la "vie" dans la continuité de "That's Life, tho (almost hate to say)". Le titre compile la simplicité du riff avec celle des paroles, "did you get what it takes?", pour nous toucher très directement. Une fois encore, le travail studio est remarquable.

"All in a Daze Work" contentera les amoureux de sons à la pureté cristalline. Il y a en cela un retour à son album 10 Songs de 2003. Certes, Kurt Vile enfonce le clou, le titre nous plonge entre grisaille et amertume. Pourtant, il fait naitre en nous l'expectative d'un moment plus lumineux qui arrive sur "Lost my Head there". Ce titre-là, l'un de mes immenses coups de coeur, est sans conteste le morceau le plus groovy de tout l'album. Le piano et la basse forment un formidable duo. Une fois encore, on notera à quel point la voix de Kurt Vile est parfaitement placée, aussi le fruit d'un long travail studio. Mais surtout, c'est la seconde phase du morceau qui en fait un hit, sinon le hit de b'lieve i'm goin down... Kurt Vile a toujours frôlé la frontière des territoires psychédéliques (notons que Childish Prodigy, paru en 2009, était plus dans cette veine), sans jamais oser franchir le pas. C'est chose faite avec "Lost my Head there". Le long jam qu'il délivre restera. 

Quant à "Stand Inside", il est, à mon sens, le titre ataraxique (excusez le gros mot) le plus réussi de l'album. C'est également le plus beau titre d'amour jamais composé par Kurt Vile. Si l'enfer c'est les autres, Kurt Vile ordonne to "close that cute mouse and kiss me". Et on en revient toujours à ce "oh my god, I love you", pièce centrale de "Stand Inside". L'enregistrement est encore plus intimiste que sur les autres morceaux. Kurt Vile reprend les arpèges de folk pour rajouter au romantisme ambiant. 

"Bad Omens" débute sur des airs de valse à trois temps. Le titre est court (2min52) et instrumental. Il perpétue le final quasi psychédélique de "Lost My Head there" et nous guide sur l'acoustique "Kidding Around" (curieux choix de maquette, peut être le seul défaut de cet album, à moins que ce soit une bonne d'idée que d'éviter de trop cloisonner les titres entre acoustique et rock'n'roll). Ce titre est l'occasion pour Kurt Vile de questionner les dix morceaux qui le précèdent, jouant ainsi avec le sens de son album et la nécessité de ne produire que des titres qui soient "jolis". J'y vois en réalité un artiste espiègle, mais certainement pas la contradiction de l'heure qui vient de s'écouler, ce serait trop facile. "Wild Imagination", le dernier, est un titre plus enjoué. Kurt Vile revient à ses premières intentions, celle du "In my Time" sur Smoke Ring for My Halo, par exemple, où il y décrivait son impatience du futur. Kurt Vile s'adresse, une dernière fois, à celle qui constitue indirectement le sujet central de b'lieve i'm goin down... Je nous laisse le plaisir d'un prochain article pour les 5 titres bonus (rassemblés sous le label believe I'm goin (deep) down...).




Dans l'ensemble, c'une sensation de calme et de sérénité qui se dégage de b'lieve i'm goin down... Cet opus, comme les derniers de Kurt Vile, est très mélodique. Pourtant, l'instrumentalisation ne verse jamais dans la complexité que d'autres artistes se sentent obliger d'aborder pour exister dans le paysage sonore. Surement est-ce la magie de la folk. Kurt Vile et Robin Pecknold savent comment transcender ce genre, dans la lignée des Newman & co.

Il ne fait aucun doute que cet album sera parmi les prétendants au titre de meilleur LP de l'année 2015. Moins rock'n'roll que Wakin On A Pretty Daze, parce que moins démonstratif, il présente un travail studio de meilleure qualité (faites l'exercice et écoutez coup-sur-coup un titre de Wakin et un autre de b'lieve i'm goin down..., la différence est flagrante). Plus poétique que 10 Songs, plus mélodique encore que It's a Big World Out There (And I Am Scared), plus dérangeant que Constant Hitmaker, plus rythmé que Smoke Ring for My Halo, parfois plus coloré que Wakin On A Pretty Daze, b'lieve i'm goin down est le nouveau point de référence de la discographie de Kurt Vile.

Alors, on se questionne avant de lancer une nouvelle lecture. Qu'est-ce qu'une grande oeuvre d'art sinon un artiste touché par la divinité qui exprime un message personnel ? Qu'est-ce qu'un chef d'oeuvre sinon la traduction unique d'un ressenti universel ? Je monte sur mes grands chevaux pour m'adresser au grand Kurt Vile dont le statut sera longtemps là. Déjà gourou de toute une génération, il rejoint le club des intouchables en mettant d'accord Neil Young (sur "That's Life, tho (almost hate to say)"), Bert Jansch (sur "All in a Daze Work"), Nash (sur "Wild Imagination"), le J.J. Cale de Really (sur l'aspect répétitif de "Lost my Head there"), Nick Drake (sur "Stand Inside") et Randy Newman (sur "Wheelhouse"), produisant l'équivalent du meilleur de chacun sur les titres cités. Prochain objectif, s'attaquer à Van Morrison. Il faudra pour cela réussir à affronter une musique qui se veut épique. À moins que ce soit l'ensemble de sa discographie qui ne le soit déjà.


jeudi 27 août 2015

Still in Rock présente : Worthless (Psych Spectral Pop)




Worthless est un groupe originaire de Delray Beach (Floride) qui n'en est pas moins amoureux de Brooklyn où il passe une large partie de son temps (enregistrements, concerts...). Entre pop glaciale à la Jackson Scott, ovni à la Alex Calder et pop psychédélique à la Rainbow Ffolly, Worthless se crée finalement un style bien à lui. Il démontre avant tout qu'il sait comment faire de sa musique une fabuleuse vitrine des bizareries, digne d'un film de Fritz Lang

C'est le 14 avril dernier que Worthless a fait paraître son nouvel EP, All My Friends Are Stone. Composé de six morceaux (pour 45 minutes environ, format long play), il est la cinquième sortie du groupe et la première après la parution de leur LP Keep Sleeping

Le premier titre, "Pizza Break", est déjà très fort. Pour commencer, pourquoi ne pas jouer son morceau en vitesse x1,5 ? Et puis, ce titre parle de Pizza comme je parle de Mao dans cet EP review, mais qu'importe. "Pizza Break" fait parfaitement le travail, nous introduire à ce freak-show dans lequel le groupe semble bien déterminé à nous emmener. Vient ensuite "Dee Minnor", un long jam de plus de 7 minutes au pouvoir hypnotisant. Il y a quelque chose de King Gizzard. "Gold" est pour sa part le titre qui fait le plus largement penser à Alex Calder. Worthless se rapproche de la pop psychédélique des sixties sur le final, surement plus mélodique. 

L'introduction de "Yellowfingers" nous évoque Joe Meek, cet artiste un peu fou des années 50/60. "Yellowfingers" débute véritablement sur des notes très cléricales. Ce titre, d'une durée de 17 minutes, regorge de ce psychédélisme digne de l'Acid Gallery des compilations Pebbles. Et puis, on part sur du Vanilla Fudge à l'approche de la sixième minute, façon Salem, façon witches. Worthless s'essaie alors à du stonegaze. Le tout est ainsi formé. "Daisy Chains" vient porter la dernière estocade. Le titre se veut plus acoustique, comme issu du Stoned & Dethroned de JAMC (cet album a-t-il inspiré le nom de l'EP qui fait l'objet de cet article ?). Ce Worthless là vaut également le détour, parce qu'il démontre qu'il sait également faire preuve d'une grande maitrise lorsque nécessaire. Après l'expérience "Yellowfingers", un tel message est le bienvenu. 

Dans l'ensemble, les titres de Worthless sont solides, très bien construits (avec une attention toute particulière portée à la mélodie et au mastering, chapeau bas) et envoûtants. All My Friends Are Stone est l'une des belles surprises psychédéliques de l'année. Plus varié que les précédentes créations du groupe, weird et parfois épique, il nous rappelle ces grands artistes du débuts des années '60, avant que la scène psychédélique ne boume vraiment sur la côte ouest. 

On notera pour conclure que l'actualité de Worthless ne semble pas prête à se dégonfler. Son prochain 7inch paraîtra dans quelques jours chez Market Square Recordings. Et puis, le groupe jouera notamment à la Knitting Factory (Brooklyn) le 10 septembre prochain. C'est peu dire que quelque chose se trame...




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mercredi 26 août 2015

LP Review : Drinks - Hermits On Holiday (Proto Psych Pop)




Drinks. Nous l'avons dit à l'occasion d'un premier article paru sur Still in Rock le 29 juillet dernier, Drinks est la nouvelle formation de Tim Presley qui a eu la bonne idée de s'accompagner de Cate Le Bon. Le premier album du groupe, Hermits on Holidays, est paru le 21 août dernier via Heavenly Recordings, également la maison de King Gizzard. Il contribue ainsi de faire de ce label le nouveau chantre de la musique psychédélique.

Hermits on Holidays est un album à statements, comme j'aime à les décrire. Cela fait plusieurs semaines que nous n'en avions plus eu sous la main. Ça fait du bien, il y a beaucoup à dire, et surtout, beaucoup de très bon à écouter. L'album s'introduit sur "Laying Down Rock", le dernier single dévoilé. Un brin psychédélique, on y trouve un juste compromis entre l'univers des deux artistes. Son côté obsédant persiste après plusieurs semaines, c'est bon signe. 

"Focus On The Street" est un titre tout ce qu'il y a de plus surprenant de la part de Tim Presley. En plein dans le mouvement Proto Pop, on se trouve là confronté à un morceau très dépouillé, également très punk, à l'opposé de ce que White Fence (et Cate) à l'habitude de produire. Et c'est excellent ! Avec ce titre, Tim Presley monte un cran supplémentaire dans mon estime. Sur des airs de Television Personalities, Drinks met déjà la barre très haut. "Cannon Mouth", qui le succède, se veut plus weird. Il laisse le lead à Cate Le Bon sur un mélange de Space Lady (voir "Synthezise Me") et de Stranglers/Slits. Le résultat est moins probant. 

"She Walks So Fast" prend le relais. Pas si fast, il est introduit par quelques chutes studio, comme pour faire monter l'adrénaline. Une fois lancé, Tim Presley reprend ses allures anglaises pour se parer d'une musique à la frontière entre punk et psychédélisme. Le résultat n'est saisissable qu'après quelques écoutes. "Hermits On Holiday", le titre self-titled auquel une attention particulière est toujours donnée, demeure "mignon sans briller", comme décrit en juillet dernier. Il perpétue cet univers chaotique et aride où la musique semble pousser avec difficulté. "Spilt The Beans", pour la première fois, rappelle Nico sur son album avec des Velvet. Il place incontestablement Cate Le Bon sur un piédestal. Tim rapplique avec sa guitare pour un des meilleurs solos de tout l'album. Le titre conserve une part de l'aspect mécanique des groupes précités sans négliger les influences psychédéliques des deux artistes. C'est très, très bon. 

"Tim, Do I Like That Dog", introduit le trio conclusif. On l'aura compris, le groupe aime à se faire attendre, délivrant des compo' décousues qui semble avoir du mal à battre des ailes. Il ne décollera jamais, mais parviendra tout de même à nous faire visiter quelques horizons lointains, expérimentaux et Tim Presley-esque en ce que le son de la guitare nous rappelle celui de Is Growing Faith. "Cheerio", le titre le plus court de l'album, serait-il une réponse au groupe Suicide (et son titre "Cheree") ? A défaut de pouvoir l'affirmer, réfugions-nous sur "Time Between", le dernier. Clairement inspiré des Velvet (version White Light, ce coup ci), il est un beau point final à ce premier essai étonnant.

Au final, Hermits On Holiday est un album fort intéressant à plusieurs points de vue. Le premier et le plus évident, il fait la synthèse entre Proto Pop et musique psychédélique. C'est un peu comme si Drinks parvenait à concilier Punk et Classic Rock, l'un étant la réaction de l'autre. Il prouve ainsi que la musique psychédélique peut se passer de longs jams, si besoin. Il prouve également que la qualité des deux artistes engagés, capables de beaucoup avec peu. 

Le second, il sert à démontrer que les Velvet U ont toujours la meilleure influence sur les groupes les plus inspirés. On ne joue pas avec leur héritage sans un immense talent, ce que Tim et Cate ont incontestablement. La Factory a encore de beaux jours devant elle, Drinks vient ici de le prouver avec passion. Sa musique est un bel hommage au groupe qui aura su transformer la musique expérimentale en véritable sanctuaire populaire au sens où il aura donné l'envie de composer à des dizaines de milliers. L'écoute de Drinks peut être compliquée, mais elle perpétue ce mouvement de masse, à la Basquiat, à la Charlie Parker. 

Le troisième et dernier, Drinks vient étoffer l'excellente discographie de Tim Presley. Le fait est désormais établi, tout ce à quoi il touche se transforme en or (psychédélique). Même sur de la Proto musique (entendez par là pre-pop, ou paleo-psychédélique), Tim Presley démontre l'étendue de son inspiration. Avec son W-X dans les parages, on se dit que nos beaux jours de 2015 sont assurés. 




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Article de présentation de Drinks
Interview Still in Rock de Tim Presley

mardi 25 août 2015

Video : Guantanamo Baywatch - KEXP (Garage Surf)




Guantanamo Baywatch, c'est un groupe de Garage Surf qui a déjà fait l'objet de plusieurs articles sur Still in Rock. Nous avions dit à l'occasion de l'album review de Darling... It's Too Late, sorti un peu plus tôt cette année, qu'il faisait désormais partie du club "très fermée des tous meilleurs groupes de surf music au monde". Cela implique de couvrir plus de l'actualité des Guantanamo et je profite donc de cette session KEXP pour en rajouter une couche. 

Le premier titre de la session, "Raunch Stomp", est la perle instrumentale de leur dernier album. On ne pouvait rêver meilleure introduction. Difficile de trouver à quel autre groupe de surf music cette musique s'apparente (Guantanamo s'éloigne même de l'univers de Shannon). La session est ainsi introduite sur de vives allures, de quoi nous plonger immédiatement dans le bain d'azur. Et puis, la première belle surprise vient avec "Beat Has Changed". Alors que ce morceau n'avait pas retenu notre attention dans sa version studio, Guantanamo Baywatch en fait un titre irrésistible. Alors mamie, on danse ?

Comme pour chaque session KEXP, vient ensuite l'interview. Alors bien sur, DJ Sharlese (qui accueille le groupe) n'arrive pas à la cheville de Cheryl Waters. Elle est même plutôt (très) agacante. Si ses questions n'ont que peu d'intéret, on y apprend tout de même que le groupe a enregistré son album à Atlanta ainsi qu'il voulait que l'écoute de Darling... It's Too Late donne l'impression d'écouter une mixtape, sorte de "DIY rock'n'roll". Pari réussi. 

Et puis, le groupe reprend avec "Too Late". Une fois encore, c'est Christopher Michael Scott qui crève l'écran à la batterie. Le titre donne cette impression d'un doo-woop tiré d'un vieux remake de Clint Eastwood. "Barbacoa" s'annonce comme le petit dernier. Plus Cramps/Gun Club, bref plus Psychobilly que les autres, ce titre nous rappelle que l'automne sera bientôt là, et que ca sentira bon les tartes de grand-maman, que les feuilles joncheront le sol, et qu'un Halloween monstrueux se préparera dans le plus grand des secrets. 








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lundi 24 août 2015

Anachronique : Alexander "Skip" Spence (Psych Folk)




Alexander "Skip" Spence était un artiste canadien (né en '46, mort en '99) qui s'est fait connaitre comme batteur du groupe Jefferson Airplane (auteur de titres aussi géniaux que "Plastic Fantastic Lover"). Il aura également été membre d'autres formations (dont la très bonne Moby Grape) qui auront connu plus ou moins de succès. 

La présence d'Alexander "Skip" Spence dans cette série d'articles anachroniques ne doit rien au hasard. D'aucuns disent que la musique expérimentale est ennuyeuse, ou qu'elle ne sert que les intérêts d'une petite poignée de nerds. Professer de telles incongruités ne pouvait rester impuni. Alexander "Skip" Spence est la preuve que la musique peut faire avancer un genre (comme en créer un) sans oublier son bagage de mélodies et d'envolées lyriques. 

La discographie d'Alexander "Skip" Spence est facilement tracée. Il n'aura jamais fait paraître qu'un seul album, Oar, en 1969. Aux abords d'un style musical très psychédélique, Skip y avait ajouté le génie des grands albums de Folk, à la Leonard Cohen. Jamais plus ce cocktail ne sera recréé. Inutile de dire que l'écoute d'Oar est ainsi surprenante, parce qu'inhabituelle et clairement habitée par quelque chose d'autre. Certains auront ainsi collé l'étiquette de soundtrack to schizophrenia à cet album composé par un artiste qui souffrait d'une telle maladie mentale. Il y a surement de ça, on y entend des histoires de Saint et de démons, de nombreuses émanations qui semblent venir du plus profond de la terre, là où seuls quelques-uns peuvent aller. Mais il y a aussi et surtout la marque d'un artiste de génie qui aura enregistré son chef d'oeuvre en moins de 15 jours. On citera ainsi Zappa et Syd Barrett comme comparaison, bien que le résultat musical en soit éloigné.

Malin, l'album est introduit par le morceau le plus mélodique de tous, "Little Hands". C'est déjà du très grand Skip Spence auquel nous sommes confrontés. Aux frontières du genre psychédélique, on se laisse prendre par la puissance du refrain. "Cripple Creek" s'impose dans un style largement différent. Skip y sort une grosse voix folk dans ce qui sera devenu un autre de ses classiques. Vient alors "Diana", arguably l'un des plus grands titres folk de la décennie. Le chorus semble être celui des passeurs du Styx et Skip Spence y ajoute la grandiloquence des meilleurs morceaux du genre psychédélique. 

"Weighted Down (The Prison Song)" est un morceau plus classic folk qui me fait largement penser à Vernon Wray (lien). Si je ne peux m'empêcher de le trouver moins poignantex que les autres, j'y apprécie ce petit jeu auquel Skip nous initie, lui qui semble vouloir nous montrer un faux visage. La maquette est, en effet, fort bien construite et l'alternance entre les titres psychédéliques et ceux de folk classique fait de cet album un ensemble fort peu cohérent, ce qui traduit on ne peut mieux l'univers d'Alexander. Les titres les plus polissés trouvent ainsi une nouvelle signification, parce que plongés dans l'alternance d'un chaos annoncé. 

On retrouve un univers plus psychédélique (plus Syd Barrett) sur "War In Peace", un des temps fort d'Oar. Ce genre de morceau fait de cet opus solo un LP au-dessus de ceux de Jefferson Airplane. Ils relèguent les pseudo-psychédéliques de l'époque à leurs cours de solfèges. "All Come To Meet Her" s'inscrit dans même lignée, mais est trop court pour rester. C'est "Books Of Moses" qui vient nous taper sur la tempe. En plein orage, Oar se noircit encore un peu. Et puis, l'alternance avec la fausse jovialité de "Dixie Peach Promenade (Yin For Yang)" vient confirmer l'impression d'incompréhension qui règne de plus en plus. Vous l'aurez compris, "Lawrence Of Euphoria" nous plonge en plein psych-folk. Peut-être est-ce l'europhie qui définit le mieux cette première partie de l'album. Skip parvient à faire de sa musique l'exact reflet de son âme, c'est logiquement torturé, mais également très imagé.

Avec "Grey / Afro", une nouvelle phase d'Oar s'ouvre sous nos yeux, surement plus expérimentale et moins psychédélique. Comme son nom l'indique, on se trouve là confronté à 9 minutes de percussions, ala Max Roach. "It's The Best Thing For You", plus jazzy, laisse tout le confort à la basse. "Keep Everything Under Your Hat" et "Furry Heroine (Halo Of Gold)" sont du même acabi. Et puis, viennent les quelques titres finaux qui ne dépassent que rarement la marque d'une minute. L'impression d'écouter les chutes d'Oar ne fait que se renforcer au fil des titres. Johnny Thunders s'en sera nécessairement inspiré pour Hurt Me. C'est "I Think You And I" qui ferme la danse. 

A bien des égards, la musique de Skip aura influencé une large majorité de la génération folk qui suivra, je pense à Beck, Daniel Johnston, Calvin Johnson, Devendra Banhart, Sufjan Stevens & co. Beck aura d'ailleurs réenregistré Oar dans le cadre de son excellent Record Club. Vous trouverez les vidéos à ce lien (ici). Jonathan, leader de Cardboard, a également eu le très bon goût de retenir cet album dans son top 20. Ce name dropping ne reflète que peu quelle aura été la véritable influence de cet album sur de nombreux autres.

Quelques mois après sa mort, Sundazed Music sortira une version enrichie de cet album. Et puis, Birdman Records fera paraître son More Oar: A Tribute To The Skip Spence Album, un album hommage auquel participeront Tom Waits, Robert Plant & co. Ah, elle est belle la reconnaissance post-mortem. Cela ne l'aura pas empêcher de vivre une vie de SDF dans les alentours de Santa Cruz, rongé par la maladie et l'alcool. Il est désormais dans la mémoire de tous, mais à quel prix ?! 




Liens afférents : 

vendredi 21 août 2015

Interview Still in Rock : Nic Hessler




Nic Hessler is an artist who had a great early success, who then met with personal difficulties and who came back in 2015 with an excellent album. His music, danceable and very detailed, is the reflect of the man behind: unpretentious, grateful and generous. We spoke about the development process of Soft Connections, his next album and his long-term career. A big thank you to Nic and happy reading to all.

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Nic Hessler, c'est un artiste qui a connu le succès très jeune, qui a ensuite rencontré des difficultés personnelles et qui est revenu en 2015 avec un excellent album. Un interview s'imposait ainsi et c'est avec joie que Still in Rock vous le présente aujourd'hui. La musique de Nic Hessler, dansante et fouillée, est finalement à l'image de l'homme qui se cache derrière : sans prétention et généreuse. On y évoque ainsi le processus d'élaboration de Soft Connections, son prochain album ainsi que sa carrière à long terme. A présent, un grand merci à Nic et bonne lecture à tous.


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You first signed with Captured Tracks in 2010 under the name Catwalk. Why did you choose to finally use your real name?

Tu avais déjà signé avec Captured Tracks en 2010 sous le nom Catwalk. Pourquoi avoir finalement choisi d’utiliser ton vrai nom ?

I was hanging onto the Catwalk name in the hopes that it’d eventually become a full band thing. That never happened and it was pretty much all me anyways so it felt like the right time to depart from that and enter a new period of me and my music.

Je m’accrochais au nom Catwalk en espérant que ça devienne, à un moment, un groupe à part entière. Ça n’est jamais arrivé et c’était plus ou moins toujours moi de toute façon, j’ai alors senti que c’était le bon moment pour m’en éloigner et entrer dans une nouvelle phase personnelle et musicale.

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You released your first songs when you were a teenager. Do you think that being successful so young is a good thing? Do you see any influence of that in your music?

Tu as sorti tes premiers titres alors que tu étais encore adolescent. Penses-tu qu’il est bon d’avoir du succès si jeune ? Est-ce que cela a influencé ta musique ?

When you get a positive response from something you’ve made, especially when in the back of your mind you know there’s a possibility it will never get heard, it really means a lot and makes you want to create more. It makes me antsy sometimes because I just want to push as much out there as I can, but making records takes time. I’d probably be writing/recording whether I know people will hear it or not...

Lorsque tu obtiens un retour positif sur quelque chose que tu as réalisé, et tout particulièrement lorsqu'au fond de toi tu sais qu’il est possible que ce ne soit jamais entendu, cela signifie beaucoup et te donne envie de créer davantage. Parfois cela me rend anxieux parce que je veux y aller au maximum de mes possibilités, mais réaliser des albums prend du temps. Par rapport à l’influence que cela peut avoir, je serais probablement en train d’écrire et d’enregistrer indépendamment de savoir si les gens écouteront ou pas.

jeudi 20 août 2015

EP Review: Cardboard - EP III (Garage Rock)




Cardboard. Une fois encore, Cardboard nous en met plein la vue. Mais ça, c'est la morale de l'histoire, voici donc le commencement. 

En janvier dernier, Jonathan, le one man de Cardboard, m'a envoyé ses nouvelles démos. Cinq titres s'y trouvaient. D'un côté, ceux Pop Folk (à la Chris Bell) de son EP II qui ont fait l'objet d'un article il y a de cela 8 mois (lien). De l'autre, deux titres Garage Rock/Punk, "Street Horse" et "Not It". Ce sont eux que je vous présente aujourd'hui, ces deux morceaux qui réveillent la scène Punk en berne de coups d'éclat pour cette année 2015. 

"Street Horse", le a-side, ne ressemble à rien d'autre que du Cardboard. Sortez le dictionnaire des synonymes au mot adrénaline, ce morceau en est rempli. Plus Garage que le second, on redécouvre le Cardboard de son premier EP, incisif quand il faut l'être. Fin admirateur de Pinkerton (Jonathan a également donné ton Top 20 pour notre article dédié), Cardboard signe là un des meilleurs morceaux du genre de l'année. On notera l'excellent travail studio de Clemens Knieper qui met parfaitement en relief sa voix.

"Not In" est plus nerveux. Introduit sur "I  have a lot to say", on comprend rapidement que Cardboard se tourne là vers un titre plus noir, Built to Spill-esque dans la musique, Archers Of Loaf dans l'énergie et la voix. Je le dis sans détour, ce titre est sans conteste l'un de mes petits protégés de l'année 2015. Huit mois après sa première écoute, je ne peux m'empecher d'exploser à chaque écoute. Suite logique à l'EP I, on y trouve un titre encore plus typé, un titre que l'on ne peut rapprocher d'aucun des autres groupes de la sphère Garage, no Ty, no Dwyer, no Presley. Ce tripple-no est la marque des grands, ou futurs grands. Je ne doute pas que les lecteurs de Still in Rock puissent y voir les premières émanations d'un tel artiste. Après tout, la discographie de Cardboard n'en est qu'à ses débuts, et je ne doute pas que son récent déménagement sur la côte ouest (bye bye Brooklyn) lui ouvre de nouveaux horizons.

Un jour, Cardboard sortira son premier full LP, et ce jour-là, les années 2010' détiendront l'un de ses meilleurs albums underground. L'écoute des titres de Cardboard me procure la sensation de m'introduire sur la scène d'un ballet et de tout faire valser, ballerinas comprises. Son premier album sera l'opéra de ce beau moment de confusions où la poésie de ses titres folks régnera aussi. Disons le une fois encore, jongler entre le garage des EPs I / III et la folk à la Big Star de l'EP II relève plus du Phénix que du simple guitariste perdu dans ses partitions.

Voilà quelle est l'histoire de ces deux titres. Ah, j'oubliais, ils sont en "free download" sur Bandcamp, je vous invite donc à vous y rendre pour les télécharger dans la qualité de votre choix. Une fois cela fait, nous ferons la fête ensemble, et on se dira que le slogan de Ian Dury vient de trouver un nouveau souffle. 


(mp3) Cardboard - Street Horse
(mp3) Cardboard - Not It


Liens afférents :
EP Review de EP I
EP Review de EP II