jeudi 21 août 2014

Still in Rock présente : Austin Corona (Alt Garage Rock)




Austin Corona est un one-man band en provenance de Santa Cruz qui définit sa musique comme étant du Punk/Alternative, et pas du Slacker Rock. 

Le premier LP d'Austin Corona, In My Head, est paru en avril dernier via Brewing Thoughts Records, un label indépendant géré par quelques musiciens (principalement Ellington Peet et Walker Lewis). Composé de onze morceaux, on est particulièrement marqué par son titre introductif, "Takuma". On comprend immédiatement quelle est la force d'Austin Corona : un sens du rythme hors pair. On trouve parfois un Punk très fidèle au Stooges, comme sur "Done To You" et "Ecstasy" qui se suivent gaiement. "Scream" ferait fuir Neve Campbell en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. La touche Alternative Rock se fait ressentir sur "Not That Much", un titre assez génial qui rappelle Natural Child a notre bon souvenir. Jon Spencer n'est pas très loin non plus. Ce titre est un indispensable d'Austin Corona, définitivement à part. Et puis, comme une touche perso, il conclut sur un titre acoustique, reprise du morceau "In My Head". Ressort de l'écoute de cet album un sentiment très punk, même sur les titres qui n'en sont clairement pas. Brut et sans retenu.

Son dernier EP, Mom's Cafe, est paru le 27 juillet dernier. Mon avis ? Cet EP est encore meilleur que son premier album. Si "Seduction" passe en force (ça a aussi un autre nom dans ce cas là), on trouve un Austin plus crooner sur l'introduction de "This Cancer". Il y place moins de force dans sa voix et le résultat s'en trouve amélioré. C'est ma foi du très bon Garage. Le refrain accélère un peu le rythme ce qui est parfaitement senti pour les lives. "Elvis & Lennon", titre préféré d'Austin, est un poil plus travaillé, clairement moins Punk que les deux titres précédents. L'EP se conclut sur une version acoustique de "Scream" (déjà paru sur In My Head), le véritable morceau séduction des quatre. 

On a déjà pu voir Austin à l'affiche avec Wyatt Blair, et nul doute que le deuxième album qu'il est en train de composer le portera sur le devant de la scène californienne. On croise rarement la route de musiciens avec un true spirit. Austin Corona en fait assurément partie. Son premier LP suivi d'un EP de toute beauté nous font visiter bien des recoins de la musique indépendante, vraiment indépendante. Son prochain album s'annonce très fuzz. Nul doute que l'on fuzzera nos oreilles à sa sortie.


(mp3) Austin Corona - Takuma (LP)


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mercredi 20 août 2014

Still in Rock présente : Dusty Mush (Garage Fuzz)




Dusty Mush. Promis à maintes reprises (ici, ici et... ici), voilà enfin l'article sur le groupe français Dusty Mush. Membres de la clique de Howlin Banana Records, Dusty Mush fait incontestablement partie des 5 meilleurs groupes de Garage français. Le revival de la scène ne fait désormais plus aucun doute, et je me délecte de voir les journalistes/animateurs radio américain envier ce qui se passe chez nous !

Le premier album du groupe est paru le 1er mars 2014. Composé de neuf morceaux, cet album self-titled fait dans un rock Garage de puristes. Et ce Garage de puristes implique du Punk, du Psych Rock, et beaucoup de fuzz. Introduit par le très mélodique "Space Cat", on se trouve vite confronter à la "Weird Moustache" du chanteur qui se retrouve encapsulée dans un titre de Garage Pop qui fait parfois penser à notre grand ami John Dwyer. Et puis, on reste nécessairement rivé un petit bout d'temps sur "Tom Pitt's Acid Trip" et "Brad Cruise" qui en prennent pour leur grade. Tu voulais faire la fête dans ton Risky Business Tom ? La voilà ! 

"Human Dog" fait quant à lui dans un jam bien efficace, c'est à mon sens l'un des meilleurs titres de l'opus, sorte de tempête tropicale dans laquelle on rêve d'aller patauger. Dusty nous réserve deux surprises pour conclure, "Reversed Eyes" où l'on se rappelle que les créations de Dusty Mush sont l'œuvre de Druggy Pizza, projet lo-fi du chanteur, et "Cowboy Express" où l'on ne peut que visionner ce bon vieux Clint se déhancher gaiement à la lueur d'une guitare toujours aussi nerveuse. Le final est irréprochable, du grand Dusty !

Notons que le groupe joue régulièrement avec Travel Check et Kaviar Special, deux autres groupes Howlin Banana. On le trouvait même à l'affiche d'un concert à l'Espace B avec Paul Jacobs il y a quelques semaines de cela. Ah... le monde est petit, n'est-ce pas grand-mère ?! Et parce qu'il est très petit, signalons que Dusty Mush donne parfois dans la vidéo VHS (dont nous parlions il y a plusieurs semaines) sous le nom d'Attic Videos. On les retrouve pour illustrer "Space Cat", "There Was No Future" et 200 autres petites hallucinations Garage (à ce lien)

Le groupe enregistre en ce moment même un second album dont la date de sortie est pour l'heure inconnue. Comptez sur Still in Rock pour vous en annoncer les détails. Et si ce prochain LP features "Edward Deep" et "Johnny Norton", on saura que la sauce pizza de Druggy aura tournée à notre avantage. Still in Rock profite enfin de cet article pour signaler qu'Howlin Banana organise une soirée avec plusieurs de ses groupes, ce soir, à Glazart. Nous y serons. 




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mardi 19 août 2014

Still in Rock présente : Meatbodies (Psych Stoner)




Meatbodies. On l'aura compris dès le premier coup d’œil sur la pochette de l'album, Meatbodies n'est pas là pour délivrer une petite Indie Pop toute mignonne. Meatbodies a plutôt comme sombre intention de nous emmener avec lui là où Fuzz a déjà déblayé le chemin.

Le premier opus du groupe paraîtra le 14 octobre prochain via... In The Red Records. Un premier single a récemment été dévoilé. Intitulé "Tremmors", on y trouve un Meatbodies qui a sans aucun doute soupé de la human flesh. Les guitares donnent à "Tremmors" une touche indéniablement stoner qui a le mérite de situer immédiatement Meatbodies sur la scène. Ce groupe semble être bâti pour se produire sur la scène de The Well et les quelques références fuziennes en matière de Dad Rock (Black Sabbath & co) sont assurément mises à l'honneur.

Un peu comme le fait le groupe Wand, notons que Meatbodies s'est déjà fait remarquer à l'occasion d'un split LAMC avec Ty Segall. On découvrait alors le titre "Mountain", un morceau plus Garage que "Tremmors", bien que tout aussi noir. Les deux groupes ont d'ailleurs fait paraître un autre split tous les deux via In The Red. Une nouvelle scène qui se constitue...




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lundi 18 août 2014

Anachronique : The Reatards (Garage Punk)




The Reatards, Garage, Punk et Fifties n'ont jamais fait si bon ménage. Savant cocktail entre musique Pop et vieux Punk, la rubrique anachronique ne pouvait rester plus longtemps sans un article sur les Reatards. La raison ? Jay Reatard, leader du groupe, fait partie de ces piliers de la scène Garage que l'on connait actuellement. Il fera paraître 4 albums sous la banderole des Reatards, avant de participer à l'essor de nombreux autres groupes et d'entamer une carrière solo qui consacrera deux opus. Il sera retrouvé mort en 2010 (à l'âge de 29 ans) à cause d'un cocktail peu heureux fait d'alcool et de cocaïne. Il laissera derrière lui de nombreux Hits qui n'ont rien perdu de leur actualité. Parce qu'il est toujours intéressant de s'attacher aux tout débuts des grands noms de la scène, cet article sera celui de Teenage Hate, premier opus des Reatards paru en 1998 via Goner Records (Oblivians, Ty Segall...). Notons qu'il s'agit à ce jour de l'album le plus récent à intégrer la rubrique.

Composé de 18 morceaux, Teenage Hate impose un sprint sur la durée d'un marathon. Les titres dépassent rarement la marque des 2 minutes, ils sont tous aussi explosifs les uns que les autres, et on peine parfois à suivre le rythme tant Jay Reatard avait le Punk dans le sang.

"I'm So Gone", le tout premier morceau, illustre à lui seul ce qu'est Teenage Hate : un album brut au paroxysme de ce que le Punk peut faire de plus dirty baby. Assurément, l'écoute de Teenage Hate est réservée aux oreilles les plus avertis, aux tendres âmes qui errent chaque nuit dans les bars les plus crades de la ville de Memphis (dont Jay était issu). On retrouve une bombe nucléaire avec "C'Mon Over", rapidement suppléer par un "I Gotta Rock 'n' Roll" qui aurait probablement était plus légitime à s'appeler "I Gotta Destroy". Les Reatards y font une interprétation très personnalisée de ce qu'est pour eux le Rock 'n' Rool fifties d'Elvis Presley. Le "Memphis Blues" est un titre tout aussi barré qui rappelle l'une des influences majeures de Jay : les Ramones.

"Ollie V." et quelques autres font honneur au Memphis de Jay Reatard. On s'imagine à écouter cette musique à bord d'une veille ’58 Impala, une tête de mort sur le devant. C'est en fait une reprise de Buddy Holly, l'un des pionniers de la scène rock américaine. Teenage Hate se conclut sur le tout à fait délicieux "I Can Live Without You", titre le plus long de l'album et le seul à contenir un véritable solo. Mais poussons l'écoute un peu plus loin. La reissue 2011 de Teenage Hate (via Goner) contient 21 titres additionnels rassemblés (majoritairement des démos et inédits) sous l'égide  Fuck Elvis Here's the Reatards. Tout est dit dans le titre. On y trouve une nouvelle version de "Memphis Blues" particulièrement géniale. La démo instrumentale "On the Go" introduit quelques accords de surf musique.  Les 50 secondes de "Carot Belly Bunny Blues" rappellent le pourquoi du comment de Nobunny. Si ces titres bonus sont globalement moins agressifs que ceux de Teenage Hate, on croise tout de même le chemin de morceau tel que "Your the One" qui nous rappelle que Jay est inscrit comme définition au mot débauche. 

Je ne saurai trop vous encourager à traverser la discographie tout entière de Jay Reatard. C'est simple, il n'a jamais rien fait paraître de mauvais. Prenez n'importe lequel de ses albums au hasard et c'est une petite extase assurée. J'en veux pour preuve le premier titre de son tout premier album solo, Blood Visions. Tout ce qui se trouve entre celui-ci et Teenage Hate est d'un niveau similaire. Il serait mal venu de se réclamer fan de Garage sans avoir son iPod Jay-fulfilled. On écoute les Reatards lorsque plus rien ne reste, lorsque l'on a envie d'une dose létale d'un Garage super sale. Jay aura créé Ty Segall de toutes pièces, Jay aura transformé la scène et aura su redéfinir le way of life du rockeur. Formez vos gangs, sortez vos battes, and... Fight!


(mp3) The Reatards - Ollie V. (1998)
(mp3) The Reatards - I'm So Gone (1998)

Titre issu de son premier album solo :


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dimanche 17 août 2014

Album Review : Naomi Punk - Television Man (Proto Grunge)







Album Review : Naomi Punk

Television Man



Naomi Punk. Still in Rock ne s'est jamais caché d'attendre avec une impatience toute particulière le nouvel album de Naomi Punk. The Feeling, son deuxième opus, est un excellent album qui continue d'occuper de nombreux moments d'une écoute tout aussi attentive qu'admirative. Il faut dire que Naomi Punk a toujours eu d’énormes facilités pour dépeindre un univers qui s’établit avec une incroyable constance. Television Man, le nouvel album du groupe paru le 5 août dernier via Captured Tracks, porte le génie du groupe un tout autre niveau. Premier opus écrit sous l’égide du label brooklynite, Television Man est un chef-d’œuvre absolu. Cet album sera reconnu comme celui ayant marqué l’émergence d’un nouveau genre musical qui était en gestation depuis la création du groupe. Du proto Grunge.

Naomi Punk est ici parvenu à trouver quelque chose de véritablement immortel. L'écoute de Television Man relève non seulement de nombreuses mélodies, mais elle contient également ce petit quelque chose en plus qui se réfère à la notion plus large de l'Art. "Un artiste est un créateur de belles choses" qu'il disait. S'il est alors vrai que "l'artiste peut exprimer toute chose", Naomi Punk vient ici de témoigner ce que la musique a de plus humain.

Après un honnête travail d’introspection, j’en suis venu à la conclusion que j'étais à ce point ému par l'écoute de Television Man en ce qu’il touche à deux cordes sensibles. La première, Television Man est très mélodique. Et ce n'est pas rien de le dire. Combien de groupes tombent dans le travers de la technicité à tout prix ? Combien de grands noms de la scène semblent avoir oublié que la musique est avant tout une affaire de sentiments ?! La deuxième, cet album est indéniablement avant-gardiste, il ose là où personne n’a jamais osé. A la différence de Slip Away de Total Slacker qui prend le Grunge pour le tirer encore plus loin plus dans ses derniers retranchements, celui-ci influe un changement de direction en y introduisant un Punk New Yorkais qui lui était jusqu’alors étranger. Et puis, force est de constater que cet album est tout aussi poétique qu'extrêmement noir. C’est en partie ce qui le rend si attachant.

Alors voilà, on se dit à chaque écoute de Television Man qu'il est de ce genre d'album qui marque la musique. On ne peut s'empêcher d'être attristé à l'idée qu'il n'aura probablement pas l'impact qu'un Nirvana alors qu'il surpasse (lui aussi) les créations du groupe précité. Mais qui sait, le temps se dit être révélateur du plus grand, croyons le alors sur parole. En attendant, on ne saurait trop se concentrer sur l'écoute d'un album en tout point magique. Et subversif. Naomi Punk porte un nouveau standard qui à de quoi chambouler nos écoutes futures. Ah, si seulement ils savaient, certains verraient cela d'un mauvais oeil. 

Qu'importe. Mesdames et Messieurs, approchez donc et soyez les bienvenus dans le Colisée Naomi Punk. Le combat des gladiateurs s'apprête tout juste à commencer. La soirée sera belle, la soirée sera sanglante. Qu'on les fasse entrer, place à la critique track-by-track :

  • Firehose Face (ici) : Déjà un des meilleurs morceaux jamais composés par Naomi Punk. "Firehose Face" a le mérite de nous plonger immédiatement dans l’ambiance de Television Man. Il est par ailleurs la parfaite illustration de ce que nous confiait le batteur du groupe : "La plupart du temps, la batterie suit directement la guitare dans le but d’occuper au mieux l’espace, et je crois que le son a effectivement un aspect industriel". Que l'on forge les armes, le combat va commencer.
  • Song Factory : It’s a statement! Naomi Punk n’a rien perdu de sa dextérité à battre le fer, et il semblerait que Patrick Bateman (American Psycho) soit en charge de s'assurer de la finesse de la lame. Ce titre cogne par intermittence comme le groupe aime tant le faire. Et Naomi n'a jamais cogné aussi fort. Le son métallique de la guitare nous prend aux tripes. "Song Factory" est une merveille qui se relève être un atout majeur de Naomi. De plus, avec l'un des sons de batterie les plus intelligents de toute la scène, "Song Factory" se hisse au sommet de la hiérarchie créative.
  • Television Man (ici) : La batterie toujours calée sur le tempo de la guitare est définitivement la touche Naomi Punk par excellence. Le son est plus ou moins identique à celui de The Feeling, toutefois, on remarque que le tempo est largement accéléré, probablement plus proche de leur Naomi Punk paru en 2009. Le label décrit à présent le son du groupe comme étant du Cathartic Punk. Tout est là. L'interlude à 1min55 et le petit riff de guitare qu'il contient est l'un des moments d'extase de l'année. L'excellence est devant nous, elle se tient droite, nous fixe dans les yeux et nous demande : alors ?
  • Plastic World No. 6 : Le premier interlude comme Naomi Punk sait si bien les délivrer.  Une fois encore, Naomi nous entraine avec lui dans le backstage de ses créations, comme il l'avait fait sur The Feeling. On sait depuis l'interview conduit par Still in Rock que ces interludes sont l'oeuvre de Neil Gregerson (guitariste), qui "passe une grande partie de son temps à créer des synthétiseurs sur son ordinateur ce qui lui sert à composer de la musique."
  • Eleven Inches : Toujours le grunge au cœur, Naomi Punk dévoile un morceau qui se trouve renforcée par la minute que le précède.  Les jeux y reprennent de plus belle, la marche d'une entrée conquérante se faire entendre. La bataille commence alors. Toute une armée de riff contre la voix spatiale de Travis Coster. Le chevalier noir semble être de retour, et Naomi l'a habillé de sa plus belle terreur.
  • California Truth : Le deuxième interlude, et toujours cette même fascination pour une musique floutée qui nous maintien la tête sous l'eau. 
  • Eon of Pain : L'un des ultimes chefs-d’œuvre de cet opus, "Eon of Pain" marquera 2014 avec une force inégalée. L’introduction très aliénante trouve écho à l’entame de la 3eme minute lorsque Naomi Punk décide qu’il est l’heure de changer la destinée du Grunge. Assez étonnamment, il le fait en reprenant des airs de CAN
  • Linoleum Tryst #19 : Le zombie de Kurt Cobain se relève doucement de sa tombe. Il marche dans le cimetière et se dirige à son tour vers le Colisée. Sorte de war grunge décomplexé, Naomi Punk s’éblouit les yeux à la lumière du jour... "I see the sun". La dernière minute dépasse le splendide.
  • Whirlpool of Anguish : Troisième interlude, celle-ci est plus hachée, en cela plus proche des autres titres. 
  • Rodeo Trash Pit : Rodeo sur le chevalier noir, quasi huit minutes pour un Naomi Punk au paroxysme de toute sa hargne qui exploite parfaitement le temps qu’il s'est impartit. Ressemblant parfois à "Burned Body" de The Feeling, "Rodeo Trash Pit" est avant tout rythmé par les apparitions d’une guitare pour une fois lancinante et romantique. Il illustre une dernière fois à quel point le batteur de Naomi Punk est génial. C’est lui qui toute donne son hardeur à un titre franchement somptueux. Et cette même obsession pour le soleil revient une fois encore, "I Feel The Sun In My Heart"... Ce gladiateur là a été forgé dans le fer le plus indestructible. Échec et mat !

Comme un fantasme, Naomi Punk semble être à la recherche permanente d’une source lumineuse. C'est le leitmotiv de cet opus. Mais le voilà enfermé dans les abysses d’un rock dont la noirceur n’a d’égale que son lyrisme. L’univers de Naomi Punk s'en trouve être trop intense pour que l’on puisse pleinement l’appréhender à chaque nouvelle écoute. Il faut toujours lancer une deuxième lecture afin de se plonger en plein dans une musique sinon trop iconoclaste.

On pourrait décrire la musique de Naomi comme étant tout aussi bien du Proto Grunge que du Post Grunge, que l'on considère le Grunge comme une réponse au Punk (une autre forme musicale qui est apparue en réponse à la vivacité des riffs du Punk) ou comme étant plus proche des styles précurseurs du Punk (ceux ayant causé l'apparition d'une musique plus vive et plus directe). Quoi qu'il en soit, le grunge vient de connaitre son année la plus importante depuis la mort de Kurt Cobain. Avec Total Slacker et Naomi Punk, ce genre marque son grand retour au premier plan.

Il ne faut pas se voiler la face, la lecture de toute critique "trop" dithyrambique est toujours faite de méfiance et scepticisme. Surement est-ce dû à un mélange de fiertés écorchées à l'idée de ne pas avoir pu accéder plus avant à ce qui fait l'objet de tant de compliments, après tout, nous sommes tous des égoïstes en puissance dont l'orgueil imposerait que l'on foule toujours en premier le territoire des plus grandes créations, et de cette obsession que nous avons tous pour l'Histoire et qui nous pousse à toujours relativiser le présent. Pourtant, Television Man est un vrai chef-d'œuvre qui mérite les éloges de ces quelques lignes. L'introduction de chaque titre donne les frisons que les beaux moments de la vie savent nous procurer. Leur existence à de quoi nous réchauffer le coeur. Voilà la  démonstration de ce que la musique est une forme d'art absolument supérieure.




Note : 9,3 / 10 (barème)



jeudi 14 août 2014

Interview Still in Rock : Naomi Punk (Proto Grunge)

As Still in Rock already said, Naomi Punk is one of the very best band of the scene. Halfway between Grunge and Punk, Naomi produces a truly unique music. Nic Luempert, drummer of the band, recently agreed to give us an interview. Emerged from it one of the smartest exchange ever published by Still in Rock. Very Few artists finally agree to stand back on their music and the scene in general. We now know that Naomi Punk is one of those. We then spoke about their new album, the responsibility of playing grunge music, the Washington state' scene, about a music that filled the spaces ... and many other topics. Enjoy the reading my friends.

Still in Rock l'a déjà dit, Naomi Punk est un très grand groupe de la scène. À mi-chemin entre Grunge et Punk, le groupe produit une musique sans AUCUN semblable. Nic Luempert, batteur du groupe, a récemment accepté de se prêter au jeu de l'interview. En est ressorti l'un des échanges les plus smarts jamais publiés par Still in Rock. Rares sont finalement les artistes qui acceptent de prendre le recul nécessaire sur leur musique et la scène en général. On saura désormais que Naomi Punk, l'un des tous meilleurs, fait partie de ceux-là. On y parle ainsi de leur nouvel album, de la responsabilité de jouer du grunge, de la scène de Washington, d'une musique qui remplit les espaces... et bien d'autres sujets. Bonne lecture les amis.





INTRODUCTION


Who is Naomi ?
Qui est Naomi ?

It is an idea that started as a way to externalize concepts for art projects so they don’t feel limited.

C'est une idée qui a pour objectif premier d'externaliser des concepts à travers différentes formes d'expression.

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How would you describe your music to someone who has not heard about you yet?
Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas encore ?

Our music is loud, cathartic, punk-ish music with a hint of boy-band.
Notre musique est loud, cathartic et punk-ish avec une touche boys band.

mercredi 13 août 2014

Session KEXP : Parquet Courts (Indie Rock)




Parquet Courts. Nous l'avons dit en juin dernier, la nouvelle fierté de Brooklyn a fait paraître son dernier album nommé Sunbathing Animal

Le 6 août dernier, Parquet Courts était en session KEXP et il a eu l'excellente idée d'y concentrer les tout meilleurs morceaux de son album. La session s'introduit sur "Ducking & Dodging", le petit trésor de l'album précité. Bon à savoir, le groupe semble savoir comment le sublimer en live. "Black and White" ne parvient pas en revanche à plus me convaincre que sur la version studio. On y voit certes comment le groupe s'est inspiré de Pavement et de Sonic Youth, mais ce titre manque cruellement du petit plus qui puisse le mettre au niveau de celui précité. Vient ensuite "Vienna II", malheureusement toujours aussi court. Ce titre complètement déstructuré a un vrai potentiel. Et une fois encore, l'influence de Malkmus y est énorme.

Notons ici que les réponses aux excellentes questions n'ont que peu d'intérêt étant donné l'état dans lequel se trouvent les membres du groupe (.... "yeah"...."yeah"....). Traduction, vous pouvez passer l'écoute de la 10ème à la 20ème minute.

Parquet Courts joue ensuite "Dear Ramona", l'autre titre qui fait de Sunbathing Animal un album qui marque 2014. Et puis vient enfin le deuxième temps fort de la session, outre son introduction fulgurante, avec "What Color Is Blood". Ce titre conclusif introduit un peu de romance dans l'univers de Parquet Courts, les riffs sont éparpillés et le groupe se lance dans son seul Jam. Un beau final pour une belle session. La magie KEXP, assurément. (Ne manquez pas cette ancienne session KEXP du groupe)




(mp3) Parquet Courts - Ducking & Dodging (studio version)
(mp3) Parquet Courts - Dear Ramona (studio version)


Liens afférents :
Article sur Article Sunbathing Animal
Article anachronique sur Pavement

mardi 12 août 2014

New : Tomorrows Tulips - Glued To You (Pop Lo-fi)




Tomorrows Tulips est un groupe en provenance de Costa Mesa (Californie) qui a déjà fait l'actualité de Still in Rock avec son opus Experimental Jelly. Nous en disions que cette musique était "à ce point contemplative que son écoute en devient une sieste éveillée". Fidèle à lui-même, Tomorrows Tulips n'a (presque) rien changé de sa recette et revient avec le premier single d'un nouvel opus (le 3ème), When, qui paraîtra le 7 octobre prochain via Burger.

Intitulé "Glued to You", ce titre opère tout de même un petit changement en ce qu'il se rapproche encore plus de l'univers de The Jesus and the Mary Chain. Carrément fantomatique, "Glued to You" pourrait être la chanson préférée de l'esprit qui nous suit de prêt. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un très bon titre introductif qui saura susciter tout l'engouement que cet opus peut légitimement produire. Mise à part son final en queue de poisson, je note particulièrement l'extrême saturation portée sur une guitare très peu mise en avant, une excellente idée. On saura donc bientôt si Tomorrows Tulips a un réservoir créatif suffisamment grand pour nous avoir pondu un successeur au délicieux "Flowers On The Wall".




Liens afférents : 
Article de présentation du groupe
Article sur The Jesus and the Mary Chain

lundi 11 août 2014

Anachronique : Tom Waits (Blues Jazz)




Tom Waits, ou la beat generation en musique. La rubrique anachronique regorge déjà de grandes légendes qui ont forgé l'histoire de la musique. Ce billet intègre assurément ceux les plus importants. Le grand Tom Waits est un artiste majeur du 20ème siècle qui continue de produire d'excellents albums (le dernier est Bad as Me, 2011). Il compte à ce jour plus de 15 opus et sa musique continue de démontrer que les frontières entre Jazz, Blues, Soul et Rock 'n' Roll sont en réalité très infimes. Après tout, quel jazzman est-il plus rock'n'roll que lui ? Probablement aucun.

Cet article s'attachera à évoquer Nighthawks at the Diner, le premier album live de Tom Waits pourtant enregistré en studio (aux Record Plant Los Angeles) devant une audience réduite. Daté de 1975 et initialement produit par Asylum Records, Nighthawks at the Diner tire son nom du célèbre tableau d'Edward Hopper. Cet opus semble être la meilleure traduction musicale de tout le génie de la Beat Generation, entre poésie et volonté de romancer les déboires de la vie. Cet album est le meilleur pour commencer avec Tom Waits, continuer avec Tom Waits, et finir avec Tom Waits. Cet opus est tout simplement l'un des plus géniaux de la décennie '70. Il capture l'ambiance d'un club de jazz en y ajoutant le génie blues que Tom Waits a toujours transcendé. Entre le saxophone de Pete Christlieb, le piano de Michael Melvoin auquel il fallait rajouter basse et batterie, Nighthawks at the Diner est un opus romantique qui exprime une partie de son essence dans la richesse de cette orchestration. Et puis, Tom Waits vient éclabousser tout l'album de son incroyable voix.

Dès l'introduction, lumière tamisée et petits hochements de tête s'imposent. Tom Waits va entrer en scène. Il s'adresse sans plus tarder à son audience, ce qu'il fera durant tout l'enregistrement. Le beat de Tom Waits fait immédiatement penser à Kerouac qui récite ses textes. "Emotional Weather Report" poursuit l'introduction très jazzy. Un bon nombre des titres qui suivent sont introduits par quelques minutes où Tom Waits décrit chacun d'entre eux. "On A Foggy Night" commence ainsi : 'It was upon a foggy night, an abandoned road'. C'est là que le titre prend place, en face de Nighthawks. "Eggs And Sausage" nous maintien dans cette mystérieuse peinture, 'There's a rendezvous of strangers around the coffee urn tonight'. Dans un style similaire au précédent, ce titre se veut tout aussi intrigant que le tableau qu'il décrit. La voix éraillée de Tom Waits est largement mise en avant. On commence petit à petit à oublier le monde qui nous entoure pour nous plonger en plein dans cette ambiance de laquelle on ne voudra pas sortir.

"Better Off Without A Wife" est encore plus spleenétique que les autres, une petite merveille. Et puis, le Jazz revient à grands pas sur "Nighthawk Postcards (From Easy Street)", quasi 10 minutes à observer envieusement depuis la rue d'en face, un soir de 'dracula moon in a black disguise'. Le saxophone s'exprime en plein pour la première fois, ce que l'on retrouve sur "Warm Beer And Cold Women". On y entend un Tom Waits transcendé. On atteint ensuite le money time avec deux des meilleurs morceaux de tout l'album. Le premier est "Putnam County". Titre le plus nostalgique de tous, Tom Waits y met en valeur les mots comme personne, 'hunkerin' down in the dirt to lie about their lives; (...) and the coiffed brunette curls over Maybelline eyes'. C'est de la véritable poésie. Et puis, "Spare Parts I (A Nocturnal Emission)" vient complètement changer l'atmosphère sur quelques notes qui rappelle les meilleurs films d'espions. Le rythme s'emballe peu à peu pour conclure sur une extase jazzy inimitable. Il fallait enfin une chanson d'amour, la voilà donc avec "Nobody". "Big Joe And Phantom" nous donne une dernière fois la larme aux yeux avant que "Spare Parts II And Closing" ne vienne conclure l'affaire sur les applaudissements pour le groupe qui accompagnait Tom Waits ce soir-là.

Cet album résume à lui tout seul une grande partie de ce qu'auront été les années '70 aux USA. Cela explique pourquoi on le retrouve régulièrement cité dans les classements des meilleurs opus de tous les temps, dans le best of de musiciens (Eddie Vedder de Pearl Jam par exemple), dans des compilations, des films... La discographie de Tom Waits compte bien d'autres chefs-d'oeuvre, mais la singularité de Nighthawks at the Diner, de sa volonté de retranscrire une peinture jusqu'à l'ambiance très Blue Note, en fait une pièce indispensable. La frontière entre tant de styles musicaux se trouve complètement effacée au même titre que la frontière entre musique et poésie semble réduite à néant. L'effet Tom.




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jeudi 7 août 2014

Still in Rock présente : Numb Bats (Garage Pop)




Numb Bats est un groupe originaire de Phoenix (Arizona) qui a fait paraître son premier album, Gentle Horror, via Lolipop Records le 31 juillet dernier. Notons que l'on a finalement eu assez peu de bons opus de Garage Pop cette année. The Good Sports et quelques autres ont certes excellé dans le genre, mais ce sont surtout des singles qui ont agité la scène (voir WOD). Numb Bats vient changer la donne.

"To Die" est clairement un excellent titre de Garage Pop : voix innocentes, guitare crunchy, mélodie fleurie et Rock 'n' Roll. On y trouve également "Tummy So Hungry", un morceau particulièrement bon en ce qu'il couple du Riot grrrl au Garage des Numb Bats. C'est d'ailleurs ce qui fait souvent la spécificité de ce groupe, à la frontière entre un Garage connoté années 2010' et un Riot à la '90. Gentle Horror contient également un super morceau de Pop en la présence de "Doctor 5". C'est la dose de mignonerie dont tout opus du genre à nécessairement besoin ! 

Le dernier titre, "The Other Angry Woman", est le plus mystérieux de tous. Il coupe avec l'immédiateté des autres morceaux. La voix de Emily en finit de nous convaincre de la détermination d'un groupe qui n'a assurément pas froid aux yeux. Gentle Horror est décidément un opus surprenant, à mi-chemin entre une pleine retranscription des codes Garage Pop et un détachement bien senti. 

Le groupe reste pour l'heure cantonné aux salles de son Arizona natal, mais je ne doute pas que l'on verra bientôt fleurir son nom sur les affiches des prochains Lolipalooza / Burgerama. Ce trio d'angry women a de la suite dans les idées, et des idées dans la guitare.


(mp3) Numb Bats - To Die
(mp3) Numb Bats - The Other Angry Woman


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Article sur The Good Sports