vendredi 19 septembre 2014

Video : Naomi Punk en session KEXP (Proto Grunge)




Naomi Punk. Après un Album Review et un Interview, revoilà Naomi Punk sur Still in Rock. Le groupe a réalisé une session KEXP le 22 août dernier. L'occasion de rappeler à quel point Television Man, leur dernier album, est une véritable merveille.

Fort logiquement, la caméra revient sans cesse sur Nick Luempert, batteur du groupe. La voix de Travis Coster n'est pas toujours idéalement placée, mais qu'importe ! On y ressent davantage que la musique de Naomi Punk est une lutte. Naomi s'introduit ainsi sur "Rodeo Trash Pit". Le contraste est saisissant entre le calme de la gestuelle du groupe et la toute-puissance de sa musique. "Linoleum Tryst #19" enchaîne immédiatement après. À mon sens, cette session KEXP débute véritablement à 9min40, lorsque Naomi lâche enfin du leste. Comme à l'habitude, une petite interview vient ensuite entrecouper les débats. On y apprend la façon dont Naomi Punk a enregistré son album. La bonne humeur est définitivement palpable sur le plateau. 

"Firehose Face" nous rappelle ensuite à un grunge plus primaire, plus Nirvanien. La session se conclut finalement sur une version relativement dépouillée de "Television Man". C'est alors que l'on réalise, une fois encore, toute l'importance du travail studio sur cet opus. Cette session KEXP nous rappelle surtout que la musique n'est qu'une affaire de vibration de tympans. Et ils ne vibrent jamais mieux qu'en compagnie de Naomi.





(mp3) Naomi Punk - Linoleum Tryst #19 (studio version)
(mp3) Naomi Punk - Firehose Face (studio version)


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Album Review de Television Man
Interview de Naomi Punk par Still in Rock

jeudi 18 septembre 2014

Still in Rock présente : Thee Maximators (Death Psych)




Thee Maximators est un duo français originaire de Bourges et qui se fera bientôt entendre bien au delà du cerclé fermé de l'underground (en ce sens qu'il joue régulièrement dans des sous-sols) parisien. Avouons que ce groupe peut compter sur deux énormes atouts  : le premier, ses mélodies sont simples, no bullshit, no chichi, aucun effet d'optique sur-produit. Le second, Thee Maximators semble avoir été créé pour performer. Les titres prennent une dimension tout à fait particulière sur scène et on reste scotché au final de chaque titre qui pourrait être inscrit comme définition du mot 'frénésie'.

La dernière sortie du groupe est "General Boat", via Black Totem Records. On y trouve un aspect très apocalyptique qui n'hésite pas à emprunter à un Space Rock traduit dans la langue du lo-fi. Mais pour bien comprendre ce single, remontons un peu dans le temps. Thee Maximators a fait paraître son propre Best Of 2012​/​13 à la fin de l'année dernière. Je dois dire que je trouve l'idée séduisante, une bonne façon de couper court à la numérisation à outrance qui pousse finalement beaucoup de groupes à enchaîner les releases sans jamais regarder en arrière. Composé de 9 titres, on trouve nos premières sueurs froides à l'écoute de "Cocaïne Dance Pïlls" (par ailleurs paru sur l'excellent Jingle My Bells (#2) de Black Totem Records, label du groupe). Animé par un Garage Blues très primaire, Thee Maximators n'hésite pas à enfiler les riffs bien catchy qui donnent toute la consistance que le refrain demande. 

"Raspoutine" arrive en quatrième position pour perpétuer une ambiance qui, finalement, ressemble parfois au Twins de notre ami Ty. "God Raped Me" et "I Watched You" se démarquent également, et tout deux pour des raisons différentes, le premier pour ses lyrics simples et efficaces, le second pour sa guitare simple et... efficace ! A noter, "I Watched You" embrasse un peu plus encore le genre psychédélique que les autres titres de ce Best Of. A la bonheur ! Thee Maximators frappe fort pour son final avec "General Boat", titre dramatico-épique qui doit être la version lo-fi/garage d'un vieux titre de Vanilla Fudge

Le groupe est en train d'enregistrer son premier album studio. Et autant dire qu'il est gonflé à bloc. Son set à la Mécanique Ondulatoire du 13 septembre dernier a été tout à fait infernal. Les versions studios laissent moins transparaître cette sensation, mais, à regarder Thee Maximators évoluer en live, une étiquette m'est immédiatement venue à l'esprit : "Baby Jack White" (version early White Stripes, version Houston en 2001). Et Dieu sait que je ne compare pas souvent des groupes à ce bon vieux Jack. J'entends qu'on ne me croit pas sur parole ? Jimmy, vidéo !




(avec un nouveau titre, "Post Man")




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mercredi 17 septembre 2014

Still in Rock présente : Triptides (Psych Breeze Pop)





Triptides, c'est un trio tout droit venu de Bloomington (Indiana) qui, empruntant à la pop envoutante de Real Estate et au psychédélisme planant de Tame Impala, possède déjà une discographie bien fournie.

À l'origine du groupe, il y a une rencontre, et une question. La rencontre, c'est celle entre Glenn Brigman et Josh Menashe sur les bancs de l'Indiana University. Assis à côté lors d'un cours sur l'histoire du rock dans les années 70' et 80' (certains choisissent mieux leurs matières que d'autres...), Glenn se mit en tête de tester son nouveau voisin et lui posa la question essentielle : "sais-tu qui est le chanteur de Nirvana ?". On suppose que Josh connaissait ses classiques puisque, quelques jours plus tard, les deux guitaristes se mirent à jouer ensemble pour finalement ne plus jamais s'arrêter. Un autre Josh (Morrow) viendra ajouter sa batterie au duo.

Depuis 2010, Triptides a produit pas moins de trois LPs, autant d'EPs, dont le dernier est produit par Junt Records et un grand nombre de singles. À ses débuts, le trio se tourne vers le surf rock avec Psychic Summer (2011). Un moyen de combattre la grisaille quotidienne de l'Indiana en rêvant des plages californiennes. Cette période a notamment donné naissance au très bon "Who Knows". À signaler également le titre "Shadows" paru sur l'EP Tropical Dreams (2011). Plus loin dans leur discographie, on trouve Sun Pavillion (2012). Si le soleil n'est jamais loin, la musique du trio s'éloigne parfois du surf rock pour se rapprocher d'une dream pop plus envoutée, comme sur le titre "English Rain".

L'évolution se poursuit et prend désormais la forme d'un 45 tours, produit par le très bon Requiem Pour Un Twister et édité en juillet dernier par Croque Macadam. Répondant au doux nom de Clementine (2014), ce 45 tours comprend deux titres. "Clementine" une merveilleuse balade indie pop que Real Estate ne renierait pas. La seconde face dévoile "Holding On", un titre emprunt d'un psychédélisme lancinant qui complète parfaitement ce vinyle. Un nouvel LP est annoncé pour fin 2014 et autant vous dire que ce nouveau chapitre de l'histoire de Triptides vous sera raconté sur Still in Rock. En entendant, on vous laisse avec quelques-uns de leurs meilleurs titres. 


mardi 16 septembre 2014

Still in Rock présente : Boys Age (Psy-fi Pop)




Boys Age. Voici 1 an et demi, j'entreprenais l'écriture d'un article sur Boys Age qui, depuis, était resté en chantier. J'attendais probablement sans fin un album imminent qui me permettrait d'appuyer avec force mes propos élogieux. À quoi bon !

Duo originaire de la ville de Saitama (さいたま市, Japon), le groupe dispose aujourd'hui d'une discographie suffisamment étendue (plus de 20 LPs/EPs/singles) pour que l'on puisse se faire une idée très précise de sa musique. Il se décrit lui-même (sur son ancien Bandcamp depuis remplacé) comme le "Sons of Yo La Tengo" auquel il a d'ailleurs dédié deux titres sur Thank you! Yo La Tengo (2012). Et c'est précisément ce qu'il est. Toujours extrêmement lymphatique, Boys Age semble se balader tranquillement parmi une dream pop très... dreamy et paresseuse. La voix est toujours super présente alors que la musique semble bien éloignée de l'auditeur. Le contraste est immédiatement saisissant. 

Sa dernière sortie, Love the Clumsy, verra le jour le 27 septembre prochain. L'occasion de nous attarder un instant sur le meilleur de ses titres déjà parus. Après tout, je ne pourrai commencer autrement qu'en évoquant mes premiers amours avec Boys Age. 

"I Wish For God's Sake" fait partie de ces titres qui m'ont fait aimer le groupe. Tout est là, d'une musique simple bien que recherchée à son aspect catchy bien que texturé. Dans l'ensemble, l'album Fake Gold (2013) est une vraie réussite. On y trouve également le très délicat "Painful twilight Pt.3", ainsi que l'un des morceaux les plus rythmés de Boys Age avec "Gigantic Stamp". La discographie de Boys Age recèle également un album dénommé Mother's Days. L'instrumentalisation est encore plus dépouillée alors que cet opus se distingue justement par ses titres instrumentaux à l'image de "Snow Waltz". N'oublions pas le  Epstein Orkestar (2013) qui, composé de 10 titres, rappelle le Boys Age en version plus psychédélique de "In the Doldrums". Et puis, plus loin encore se trouve The Desk Poet. Or alternatively as The Human Beings (2012), celui qui a marqué l'apparition de cette voix quasi-désœuvrée. 

On ne sera pas étonné d'apprendre que Boys Age a déjà réalisé une reprise de Sun Ra. Elle s'appelle "Dreamin'", et tout est déjà dit. Paru sur le double single Sapphire Forest (2013), plus silencieux encore. Pour confirmer ce mouvement était venu "Postcards Holiday", en direct d'une ruche. 

Dans ses dernières sorties, le 4 titres Purple Sparkle (2014) est particulièrement remarquable. "The Ghost" est un titre tout à fait typique de Boys Age. La voix de Kaznary Mutow est comme placée dans une bulle. La musique suit très agréablement. Quant à "The Harvester", il est à mon sens le meilleur titre de LP Amazing Stories (2014), et, a fortiori, l'un des meilleurs du groupe. Boys Age a, dans cette même mouvance, également fait dans un son plus crunchy sur "A Life is That Bygone Days". Mais Boys Age n'en fini pas de brouiller les pistes. L'un de ses derniers albums, The Tale of Roan Horses (2014), est encore plus chill que ses autres opus du groupe. S'y cache notamment "Nevermore This Road Would Continues to That Town" que je ne saurai trop recommander. Ne passez pas non plus à côté d'un titre daté d'il y a un mois à peine, "Marching Summer".

Affilié de près ou de loin à Burger Records et Lolipop Records, Boys Age semble être bien parti pour avoir une discographie si variée qu'elle fera allègrement honneur au Jacks (groupe japonais ayant fait paraître un album magistral en 1968). Pour l'heure, tout prête à penser que Boys Age a dans la peau ce qui fait le mystère des plus grands. Même l'arrière-plan du Bandcamp du groupe est déjanté : on y voit un commentaire de R Steevie Moore qui, un jour, a vraisemblablement envoyé "LOVE your stuff" à Boys Age. Et pour ceux qui en douteraient encore, faites un petit tour sur YouTube (ici et... ici). Boys Age, promis, on en reparle très vite.


Boys Age en 5 morceaux :




(mp3) Boys Age - I Wish For God's Sake
(mp3) Boys Age - The Harvester


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Article sur Jackson Scott (Spectral Pop)
Album Review de Strange Dreams, Alex Calder

lundi 15 septembre 2014

Anachronique : Van Morrison (Pop Folk)




Van Morrison, un nom qui vous dit forcément quelque chose. Il fait aujourd'hui partie de ces papys du rock, son dernier album date de 2012 et on le croise régulièrement sous le capitole de petites villes américaines qui célèbrent la venue de l'été en musique (précisons qu'il est pourtant nord-Irlandais).

En réalité, Van Morrison se définit avant tout comme étant l'auteur d'un des albums les plus magistraux de l'histoire de la musique : Astral Weeks. Paru en 1968 et composé alors qu'il n'avait que 22 ans, cet opus a marqué un véritable tournant dans la musique Pop. Il fut l'un des tout premiers à transcender Pop et Folk avec tant d'harmonie. Il fut, également, l'un de ceux à tant influencer que les meilleurs artistes de la scène actuelle le citent encore comme référence absolue, en dépit du fait qu'ils jouent parfois d'un style opposé. Il est à mon sens impossible de trouver une critique de cet opus qui soit trop dithyrambique. Composé de huit titres (pour 48 minutes d'écoutes), Astral Weeks est un album pour les coeurs tendres et attentifs.

"Astral Weeks" est l'une des plus belles chansons du genre. Il fait partie de ces morceaux qui parviennent à la perfection. Quasi indescriptible, "Astral Weeks" est le titre qui, à jamais, nous aura plongé dans l'univers de cet album. "Beside You" est fait d'une guitare lyrique qui accompagne cette voix qui donnera le ton à tout un tas d'albums des années seventies qui ne comprendront pas que toute sa puissance réside dans son intensité irrationnelle, pas dans ses montées en gamme. Ce genre de titres illustre à quel point Van Morrison avait pour ambition de mettre la technique au service de l'émotion.

"Sweet Thing" introduit les premières notes de Jazz qui seront ensuite amplifiées sur "The Way Young Lovers Do". Charge Mingus n'aurait pas dit non. Assez étonnement, le dernier cité est le plus court de l'album lorsque ce genre de musique tend généralement à de longs jams. Quant à "Cyprus Avenue", il fait honneur à une pop baroque qui rappelle l'album des Zombies paru la même année. Comme une constante, la voix de Van Morrison est toujours aussi poignante. Cette musique est faite d'un soleil de mois de septembre.

"Madame George" est avant tout une poésie. Ce titre s'écoute comme on lit un bon livre : on y contemple chaque mot, on s'émerveille devant l'ordinaire, on se réjouit devant l'agencement de chaque phrase. En dépit du fait que je ne puisse m'empêcher de penser à Seinfeld à chaque fois que j'entends ce prénom, "Madame George" est un petit miracle à lui tout seul. Van Morrison lui donne un souffle nouveau à de nombreuses reprises, comme ci ce titre ne pouvait jamais mourir que de ses cendres. Cet éternel recommencement contraste avec des paroles d'aurevoir qui marque la fin d'une époque. "Ballerina" est la musique d'une peinture de Degas. Titre épique, il laisse place à une musique pop très riche. "Slim Slow Slider" conclut finalement un opus bouleversant. Toute son intensité est intacte, plus de 45 ans après sa parution. Combien d'albums si sincères parviennent à nous émouvoir avec tant de forces après tant d'années ? Van Morrison est un artiste résolument génial qui, à jamais, est inscrit parmi les grands de ce monde.

Rodriguez a certes produit deux albums magnifiques, mais n'oublions pas qu'il en a emprunté toute la substance à Van Morrison. Les titres d'Astral Weeks sont très longs, une épopée à chacun. Le tout forme une expérience qu'aucun n'a jamais oubliée. On ne rencontre pas l'amour sans souvenir.


(mp3) Van Morrison - Astral Weeks (1968)
(mp3) Van Morrison - Madame George (1968)


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Article sur Hackamore Brick (1970)
Lien vers TOUS les articles anachroniques

vendredi 12 septembre 2014

LP Review : King Tuff - Black Moon Spell (Glam Rock)




King Tuff est le projet solo de Kyle Thomas, un artiste originaire du Vermont qui fera paraître son nouvel album, son quatrième, le 22 septembre prochain via Sub Pop (il s'agit pour Sub Pop de pouvoir dire, "eh, regardez, on fait encore du Rock les gars"). Ce jour-là, il agrémentera sa discographie d'un album qui, dans un genre similaire aux précédents, demeure un brin plus complet.

Dans l'ensemble, Black Moon Spell emprunte énormément à Johnny Thunders, et plus particulièrement son Johnny Thunders & the Heartbreakers, voir certains New York Dolls. Toutefois, cet album de plus de 14 titres (il dépasse la marque des 40 minutes, c'est rare) contient énormément de choses qu'il serait bien difficile de résumer en quelques lignes introductives. A s'y essayer, on pourrait dire que toute la folie de King Tuff est bien présente, au détriment parfois de titres plus fouillés.

Bien entendu, "Black Moon Spell", premier titre de cet album, demeurera le hit de Black Moon Spell. Avec Ty Segall à la batterie, "Black Moon Spell" c'est avant tout une des meilleures mélodies de l'année et une réalisation à la hauteur des anciens Black Keys. Du Power Rock un poil Glam. Du lourd. "Sick Mind" fait dans un genre tout à fait différent, plus Bluesy, titre où la guitare prend toujours le lead. Comme cet album le fait très bien, la guitare explose parfaitement sur l'intro de "Rainbow's Run". Yes, "Headbanger" contient certains aspects plus métal. Mais comme trop souvent sur cet album, King Tuff ne se démarque pas vraiment par une mélodie originale. Les mêmes accords sont reproduits sur "Beautiful Thing", titre clairement indistinct de celui qui le précède. 

Hasard ou non d'une récente collaboration avec Ty, "Magic Mirror" ressemble étrangement à un titre de Manipulator. Vient ensuite "Black Holes in Stereo" et "Eddie's Song" sont deux autres morceaux qui honore un Punk à la limite de la Power Pop, très Ramones. Le deuxième cité fait partie des meilleurs de l'album. On croise alors tour à tour la route du très mélodique "Eyes of the Muse", le premier single dévoilé de ce Black Moon Spell qui fonctionne plutôt bien tant on a l'agréable impression de l'avoir déjà croisé quelque part, ainsi que de "Staircase of Diamonds" qui rempli parfaitement l'exercice guitare acoustique / voix hi-fi. Seulement, King Tuff n'a pu résister bien longtemps à l'envie de nos dynamiter encore un peu. Le final contient le plus beau solo de l'album.

Parfois, King Tuff s'éloigne du Glam Rock pour faire dans un style plus proche de Nobunny. "I Love You Ugly" en est la parfaite illustration. Les paroles sont particulièrement géniales, quelle déclaration ! Assurément un des tout meilleurs titres de l'album. "Madness", dans un genre plus Punk, fait également penser au groupe précité. La guitare est très intuitive, un peu comme celle de "Black Moon Spell".

En somme, cet album ravira les fans de King Tuff, et tout ceux qui savent apprécier un Rock super catchy qui revendique haut et fort ses influences. Le son de guitare est particulièrement bien produit, un bonheur ! Black Moon Spell est super varié, et si King Tuff n'excelle pas dans chaque genre, l'écoute de cet album se relève très ludique. Je demeure toutefois gêné par la trop forte "inspiration" des créations de Johnny Thunders. L'original sera toujours meilleur... Et puis, je note qu'il manque la touche de magie qui faisait des teenage bands des années seventies de tels killers ! Mais admettons toutefois que si King Tuff n'est pas le groupe avant-gardiste qui tire la scène vers de nouveaux horizons, ce que Kyle Thomas parvient à réussir est tout de même très fort. Du même calibre que Nobunny, Hunx & His Punx et d'autres groupes tels que Fidlar, King Tuff se sert avant tout de sa musique pour communiquer un mode de vie : celui du Rock, le vrai.




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jeudi 11 septembre 2014

Still in Rock présente : Power​-​Buddies (Garage Pop)




Power​-​Buddies est un groupe originaire d'Edmonton (Kentucky) qui a fait paraître son premier LP le 23 juillet dernier. Composé de seulement 8 titres, cet opus self-titled contient quelques très bons moments. Le premier, "Fail", en est un bon exemple. Ce titre introductif mid-fi qui laisse place à un Jam lancinant nous plonge rapidement dans l'univers du groupe où la voix cassée de Nolan Bossert est un véritable atout. "Someday" est plus surf, mais certainement tout aussi réussi. 

Lorsque je disais dans l'édito du Best of Août 2014 que l'été serait fini lorsque le monde de la musique l'aurait décidé, et bien, voilà une petite prolongation avec "I Saw a Light". "In My Mind" pourrait pour sa part bien être le Hit de cet album. Sorte de valse un peu macabre, Power-Buddies exploite en plein tout son potentiel. "Every Night" rappelle enfin le "I Can't Sleep" du début. Peut-être est-ce la suite logique.

Il est à noter que Power-Buddies joue également dans un autre groupe, The Struggglefucks, qui devrait faire paraître un full LP assez rapidement. Mais avant cela paraîtra un split avec le groupe Racket via Shake! Records. Pour l'heure en mini-tournée dans le Canada, Power-Buddies s'est donné pour objectif de diffuser la sainte parole : celle lo-fi qui reste en tête. 


(mp3) Power-Buddies - In My Mind
(mp3) Power-Buddies - Someday


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mercredi 10 septembre 2014

New : Cass McCombs - Night of the World (Slowcore)




Cass McCombs. On se demande parfois combien de temps cet artiste parviendra-t-il encore à faire paraître d'autres morceaux à ce point splendide. Cass McCombs a une discographie sans faute. Tous ses albums sont des indispensables qui subliment la musique slowcore. Alors, lorsque Cass McCombs annonce un nouveau single, "Night of the World", accompagné de son b-side "Evangeline", nos yeux pétillent et nos oreilles frémissent. Précisons que le tout paraîtra sur Cass McCombs Vs. Meat Puppets, un EP qui contiendra ces deux titres de Cass ainsi que deux autres de Meat Puppets. 

Comme à l'habitude de Cass McCombs, "Night of the World"a quelque chose de tout à fait fascinant. Cet artiste parvient toujours à trouver un Jam très jazzy qu'il intègre à des créations qui, sans conteste, relèvent souvent de la Pop. La même boucle musicale enchaîne avec une constance défiant la régularité d'une montre suisse. Cass y pose sa voix chaleureuse, sans jamais forcer, sans jamais franchir la ligne. Résultat ? "Night of the World" est un morceau tout à fait remarquable, du genre de ceux qui nous occupe une soirée tout entière. On y entend surtout la tristesse qui ne se détache jamais de sa voix. Le songwriting est parfaitement équilibré et Cass délivre une fois encore sa poésie avec la grâce qui lui est si particulière. Un trait d'esprit qui souligne toute son élégance.


(mp3) Cass McCombs - Night of the World


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Article sur "Empty Promises"

mardi 9 septembre 2014

LP Review : Wand - Ganglion Reef (Psych Stoner)




Wand. Le groupe, déjà présenté sur Still in Rock le 5 août dernier, a fait paraître son premier LP le 26 août, via Drag City. Produit par Ty Segall, ce dernier attirera nécessairement l'attention de nombreux commentateurs. Sa musique le mérite.

Le titre introductif "Sender" est très impressionnant. Son contenu est moins méritant. Il en va de même pour "Clearer", qui, à mon sens trop proche de l'univers de Fuzz, ne parvient pas encore à exploiter tout le potentiel de Wand. On attaque en revanche le vif du sujet avec "Broken Candle". Ce titre, bien plus intéressant, fait parvenir à nos tympans les premiers accords psychédéliques de cet album. Mais il manque encore le grain de folie qui hérisse nos cheveux. 

"Fire on the Mountain" est, pour sa part, un titre exceptionnel. Exceptionnel, car il est rare de croiser la route de morceaux qui parviennent à tant de variations tout en conservant un sens. On se dit alors que Wand est à la croisée des chemins entre Fuzz et le Tame Impala de Lonerism. C'est certes couru d'avance, mais la coupure qui intervient à 2min30 donne à "Fire on the Mountain" tout ce que l'on attend de ce style de musique : de l'adrénaline, encore et toujours plus. La guitare lyrique qui suit rappelle certains titres des seventies

Immédiatement après vient "Flying Golem". C'est le deuxième titre d'exception de cet album. Le dernier, également. Wand parvient à créer un stoner psychédélique qui contraste parfaitement entre la noirceur du premier genre cité et l'aspect fleurit du second. Et quel final ! Le reste de l'album contient des moments plus brillants que d'autres, à l'image de l'introduction très loungy de "Strange Inertia (Ctrl Alt Death)", ou de celle à l'opposé beaucoup plus chaotique de "Fugue State". "Generator Larping", le titre conclusif, en fait beaucoup trop. 

Un peu à l'image de l'artworkGanglion Reef est terriblement gardé par des mains monstrueuses qui protègent en fait un intérieur plutôt resplendissant. Les trois titres centraux sont excellents, le reste l'est bien moins. Une chose est sure, on entendra rapidement reparler de son leader, Cory Thomas Hanson. Un potentiel énorme qui trouvera j'en suis sur rapidement son album phare. 




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Album Review de Fuzz (Fuzz)
Album Review de Lonerism (Tame Impala)

lundi 8 septembre 2014

Everyday a Sunday : Protex (Power Pop / Punk)




Article par Mazz


ENGLISH VERSION
(french below)


ProtexLike so many other punk bands that formed in the late 70s (1978), Protex formed almost immediately in the wake of a Clash concert. From Belfast when dance halls and clubs were being fire bombed by the IRA, these lads were playing rock shows and pressing singles. My favorite is "Don't Ring Me Up" with an absolutely fucking perfect B-Side called "(Just Want) Your Attention" that I used to listen to back in the mid-oughts when girls would be mean to me (a trend that continues to this day). During the late 70s and early 80s, Protex singles became difficult to find, and no formal album was ever released.

Strange Obsessions features many songs from their original singles packed with 12 anthemic tracks that do not stray far from musical blueprint The Clash set for this band, including a re-recorded version of "Don't Ring Me Up". The album features snotty sounding vocals and loud punk guitar melodies driving simple stupid songs about girl problems and other dumb shit.

Cloaked in the garb of a punk band lied the soul of gentle crooning poet. All of these tracks are prototypical examples of my musical platonic ideal. Shit recordings, songwriting belonging to a fairly predictable set of themes including desire, sadness, girls and self-deprecation. Yet somehow it comes across as genuine and unique. Yes songs like "Strange Things" and "Private Lives" are substantively simple and desperately clichéd but the sum of all of their somewhat idiosyncratic parts comes together to form a new sound, somewhere between powerpop and UK '77 punk, that was just emerging in the late 70s era. It is without a doubt my favorite sound not only because I'm a pop fiend but also due to the fact that it isn't quite "punk". There are tons of other great bands from this time you should check out but start here now!






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FRENCH VERSION


Protex. Comme beaucoup de groupes de Punk formés à la fin des années '70 (en 1978), Protex s'est créé au lendemain d'un concert des Clash. Tout droit venu des clubs de dance de Belfast qui étaient alors bombardés par l'IRA, ces mecs-là avaient pour unique but de jouer du Rock et presser autant de singles que possible. Mon préféré demeure "Don't Ring Me Up" et son BSide absolument parfait "(Just Want) Your Attention" que j'écoutais à l'époque où les filles étaient toujours mesquines avec moi (cette époque n'est d'ailleurs toujours pas révolue). À la fin des années '70 - début des années '80, les singles de Protex sont devenus difficiles à trouver et aucun album n'a jamais vu le jour. 

Strange Obsessions contient un bon nombre de ces singles regroupés dans un ensemble de 12 titres qui ne s'éloigne vraiment jamais de l'univers des Clash. Cet album contient une bonne dose d'arrogance, d'accords bien Punk et de superbes mélodies qui conduisent des paroles assez stupides qui tournent toujours autour du thème des filles. 

Drapée dans l'habit du Punk se cache en réalité l'âme d'un doux poète rêveur. Tous ces titres représentent en fait mon idéal musical. La qualité de l'enregistrement est médiocre et l'écriture des textes tourne toujours autour des mêmes thèmes assez prévisibles tels que le désir, la tristesse, les filles et l'auto-dérision. Et pourtant, cette musique n'en demeure pas moins unique. Des morceaux tels que "Strange Things" et "Private Lives" sont super clichés, mais la somme de ce qu'ils contiennent forme un son nouveau, entre la Power Pop et le Punk '77 qui émergeait tout juste à la fin de ces années là. C'est assurément le son que je préfère, non seulement que je suis féru de Pop, mais également, car il contient une touche de Punk. Cette époque contient un grand nombre de groupes géniaux, mais Protex est sans aucun doute celui avec lequel vous devriez commencer.


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