jeudi 20 novembre 2014

KEXP : Pond pour Man It Feels Like Space Again (Psych Rock)




Pond. Je n'ai jamais cessé de penser que la session KEXP 2012 de Pond est la meilleure que l'émission n'est jamais filmée (article). On se souvient par ailleurs que, pour l'interview donné à Still in Rock, Pond avait déjà évoqué son nouvel opus, nous en disant qu'il n'a "aucun rapport avec le surf, le sel, les algues. Il n'a aucun rapport avec rien de toute façon.".

Alors, nous y voilà, Pond dans une nouvelle session KEXP pour venir défendre son nouvel opus. Toujours accueillie par la géniale Cheryl Waters, Pond est revenu dans les studios KEXP le 28 octobre dernier. La vidéo est tout juste disponible.

Le groupe y joue trois morceaux. Le premier, "Elvis' Flaming Star", est tiré de cet opus à venir, Man It Feels Like Space Again, qui paraîtra en janvier 2015. Ce morceau est par ailleurs le premier single de l'album susvisé. Une vidéo, sur fond de Martiens, vient d'être dévoilée pour accompagner cette musique enjouée. Si le titre surprend, souvenons-nous de la surprise qu'avait suscitée la première écoute d'Hobo Rocket. Pond a toujours su prendre son auditeur à rebrousse-poil, reste à savoir si on finira une fois de plus par aimer ses gouzi-gouzi. Le groupe enchaîne avec "Don't Look At The Sun Or You'll Go Blind", également un titre issu du nouvel opus. Comme King Gizzard & The Lizard Wizard, le groupe se rapproche ici de toute la mécanique allemande des années '70. Plus aucun doute, cet opus sera plus ensoleillé que le précédent. Il sera également moins analogue, pour le meilleur ou pour le pire ?!

Le groupe entame ensuite un interview de plusieurs minutes. Il y confirme que les titres du nouvel album ne seront pas aussi "heavy" que ceux d'Hobo Rocket. Le groupe confie d'ailleurs que cet album sera légèrement plus sophistiqué que les précédents. On peut donc penser à un rapprochement avec le son de Tame Impala qui n’a jamais été aussi intime avec toute la mouvance australienne qui rappelle Woflmother & co. Fini donc les références aux 5 groupes que Pond citait dans l'interview Still in Rock comme étant ses préférés, Guns 'n' Roses, AC/DC, Bon Jovi, Nickleback et Arseholes of Death.

On attaque enfin une version de 10 minutes de "Midnight Mass". Si Joseph Ryan (guitare) avait occupé tout l'espace sur la session de 2012, force est de constater que Jay Watson (batteur) est ici la pièce centrale. Yes, cet album a des airs de musique spatiale. Il se murmure que la chronique Still in Rock sur Man It Feels Like Space Again ne saurait tarder. 






Liens afférents :
Session KEXP 2012 de Pond
Interview de Pond par Still in Rock
Album Review de l'album Hobo Rocket

mercredi 19 novembre 2014

LP Review : Mourn - Mourn (Post Punk)




Mourn est un quatuor, initialement formé par Jazz Rodríguez Bueno et Carla Pérez Vas, tous les deux espagnols et nés en 1996, puis rejoint d'Antonio et Leia (à peine 15 ans). Il fera paraître son premier opus self-titled via Captured Tracks le 18 février prochain (oui, on prend un peu d'avance). 

Le jeune âge des membres du groupe pousse à redouter le pire, une musique immature et peu fouillée qui se contente de copier ses idoles. Mourn est bien loin de ça. Le talent de ses musiciens ne fait aucun doute, mais je ne saurai trop relever à quel point il faut ici parler d'instinct. Il n'est pas vrai que des artistes si jeunes puissent avoir la conscience artistique de produire une musique à ce point mature. Mourn, c'est donc un groupe qui abat les barrières artistiques que la jeunesse dresse habituellement.

Les morceaux de cet opus sont généralement assez courts. Relativement homogènes, ils ont le mérite de poser une véritable base aux futurs albums du groupe. De plus, Mourn réussit à se dégoter un univers tout à fait singulier, qui, s'il n'est pas sans rappeler certains groupes des années '90, n'en demeure pas moins original.

Dans l'ensemble, la musique de Mourn est très, très dépouillée. C'est étonnant tant les jeunes groupes ont tendance à en faire des tonnes. Rien de ça ici, la guitare est très présente, tout autant que la voix de Carla Pérez Vas, et la batterie vient en renfort dans un style très primaire. C'est tout. Et c'est super. "Your Brain Is Made of Candy" illustre parfaitement cette volonté, tout autant que "Misery Factory". A l'image de la pochette, on se retrouve plongé dans un univers très gris qui parvient facilement à nous emporter. Dans l'ensemble on retrouve de nombreuses influences de Sebadoh et de Slint (voir "Boys Are Cunts"). Mourn est aussi très bon en matière de Post-Punk noisy, comme il le fait sur "You Don't Know Me", "Otitis" et "Marshall". Les titres les plus inspirés de Patti Smith (du style de "Philliphius") sont en revanche moins originaux. 

Et puis, Mourn est tout aussi tranchant lorsqu'il ralentit le rythme, comme il le fait sur l'introduction de "Silver Gold", avant de devenir plus psyché. Il sera difficile de contester à ce morceau le trophée de meilleure création de l'album, lui qui, pour notre plus grand plaisir, nous rappelle certains Naomi Punk. On ressent incontestablement le besoin qu'a Mourn de crier son existence au monde entier. Sans compromis, le groupe frappe fort la où ça fait du bien mal. Rares sont les groupes à exploiter le côté Slint de la force. Les traits de comparaison avec ce dernier sont ici bien nombreux. Mourn vient de gagner son statut de groupe à suivre de très près. Il se pourrait bien qu'il sorte prochainement un opus qui attendra les plus hauts sommets.


mardi 18 novembre 2014

LP Review : Ty Segall - $INGLE$ 2 (Garage Rock)




Ty Segall. Le retour de notre Ty version Garage. Avant d'être un style musical, le Garage est un mode d'enregistrement. C'est ce que vient nous rappeler $INGLE$ 2, la nouvelle sortie de Ty Segall (via Drag City) qui fait suite à l'excellentissime Singles 2007-2010 paru en 2011 (chroniqué ici).

$INGLE$ 2 est un regroupement de B-sides et autres titres cachés qui ont été enregistrés entre 2011 et 2013 (la suite logique à la première version). Le son y est super lo-fi, véritablement lo-fi, au point que certains titres sont à peine audibles. Mais là n'est pas le point (si si).

A l'écoute de $INGLE$ 2, on croise parfois le chemin de bribes de titres qui sont depuis devenus des classiques, à l'image de "Hand Glams". D'autres fois, on trouve des morceaux tels que "For Those Who Weep" qui rappellent plus volontiers Sleeper et sa mouvance Acid Folk. En réalité, $INGLE$ 2 est surtout l'occasion de retrouver l'univers que Ty défendait il y a quelques mois encore. "Mother Lemonade" en est le premier exemple. Le deuxième, et assurément le plus brillant de tous, est sa reprise du "Femme Fatale" des Velvet. Ty en fait une pièce de Garage expérimental où le noisy rappelle le son de Lou Reed. Seulement, il semblerait que le spirit de "Sister Ray" soit venu contaminer le tout. C'est tout à fait génial. En s'approchant de la fin, on croise le chemin du très groovy "Music for a Film". Titre purement instrumental, il semblerait s'agir de la musique de Slacker fondue avec celle Woodstock. Ty conclut finalement sur un titre super-fuzzy comme il en a tant fait, "Pettin the Dog". Et après tant d'écoutes, c'est toujours aussi fort. Le constat s'impose, l'hétérogénéité de $INGLE$ 2 en fait un superbe album, et c'est surtout le retour aux sources qui achève de nous séduire. 

Certes, on y trouve beaucoup de démos, et il est en ça difficile d'affirmer que $INGLE$ 2 est un indispensable pour tout amateur de musique. Toutefois, il ne fait aucun doute qu'il contentera largement les fans de Ty Segall. $INGLE$ 2 n'est pas un conquérant comme l'est Manipulator, il n'ouvre pas de nouvelles perspectives et n'ira pas séduire les âmes ignorantes. Seulement, $INGLE$ 2 nous rappelle le Ty Segall des années 2009-2013, et il n'est pas anodin que Ty ait donné son feu vert à cette sortie après que le plus hi-fi Manipulator soit dans les bacs. Il se pourrait bien que Ty n'en est pas fini avec le monde du Garage, et ça, c'est l'excellente nouvelle du mois de novembre 2014 !


(mp3) Ty Segall - Femme Fatale (VU cover)


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lundi 17 novembre 2014

Anachronique : ? and the Mysterians (rock'n'roll)




? and the Mysterians (prononcé Question Mark and the Mysterians), était un groupe originaire du Texas et basé à Bay City (Michigan). Formé en 1962, il aura fait paraître deux albums, dont l'excellent 96 Tears.

96 Tears parait en février 1966 et va très vite s'imposer comme le point de départ à de très nombreux genres : à la Power Pop, au Garage Rock, au Punk Rock et à la pop psychédélique (qui sera notamment imitée par les The Human Beinz en 1967). Rappelons à ce titre que The 13th Floor Elevators, inscrit dans les livres comme le premier groupe du genre, ne fera paraître The Psychedelic Sounds qu'en novembre de la même année. Et puis, notons que le psychédélisme mystérieux de ? and the Mysterians va plus loin que sur ses albums. Le songwriter du groupe, Question Mark, n'a jamais confirmé sa véritable identité. En revanche, il a toujours affirmé être un Martien ayant vécu une vie antérieure en compagnie des dinosaures. Un jour, une voix lui aurait dit qu'il jouerait toujours son titre "96 Tears" en l'an 10 000. A part ça, il va bien.

Avoir eu l'idée de mélanger le vieil R&B de l'époque avec un Garage naissant, tel fut le statement de Question Mark and the Mysterians. Et qui sait si on ne lui doit pas la scène actuelle ? Le groupe aura très directement influencé les Velvet (notamment sur "White Light/White Heat" et "I'm Waiting for My Man"), et je ne peux pas croire que l'on puisse être une référence du Génie (Lou) sans être responsable d'une partie de l'Histoire de la musique.

Alors, en quoi est-ce Question Mark and the Mysterians est si génial ? Tout se trouve dans sa quête absolue de la simplicité. Des titres tels que "Why Me" (dont je ne me lasserai absolument jamais) ou "Do You Feel It?" en attestent largement, ? and the Mysterians faisait partie de ces groupes capables de dénicher l'universel. Et puis, 96 Tears est un album d'amour, sur l'amour, pour l'amour. "Do Something to Me" (écoutez le son Jangle Pop de la guitare, brillant, comon' girl) et "Love Me Baby", par exemple, sont deux belles pièces Pop qui laissent place à la voix charmeuse de Question Mark. C'est pour cela que la Power Pop doit beaucoup à ce groupe. Comment rester insensibles à tant de générosité ? Chose impossible.

Question Mark and the Mysterians était à la fois un groupe très sixties (voir "Midnight Hour"), et un groupe en avance sur son temps. Le titre self-titled de cet opus, "96 Tears", est révélateur de tout ce paradoxe. Il n'est pas vraiment difficile de le situer comme du early sixties, et pourtant, Question Mark and the Mysterians le déconstruit de nombreuses fois. Notons que ce morceau atteindra la première place du Billboard en 1966, à l'époque où ça voulait encore dire quelque chose. On retrouve en somme toute la force de cette pop sixties aphrodisiaque à laquelle ? and the Mysterians y ajoute de nombreuses variations, un fait rare à l'époque où les Beatles allaient tout juste sortir de leurs opus super uniformes. "Up Side" et les deux don't, "Don't Tease Me" et "Don't Break This Heart of Mine", en sont la preuve. Le dernier cité y ajoute la force rockabilly d'Elvis et autre Buddy Holly.

Question Mark and the Mysterians savait comment créer les hits. "I Need Somebody" qui ouvre l'album en atteste mieux que les autres. Question Mark and the Mysterians y délivre une Pop qui rappelle les Troggs, un titre bref et sincère. D'autres fois, le groupe flirter avec la Soul. C'est ce qu'il fait sur une énième reprise de "Stormy Monday", ajoutant à l'original la patte d'artistes tels que The Cosmic Rays

Inutile de le rechercher, le mauvais titre de ? and the Mysterians n'existe pas. L'album est une poésie de rock'n'roll, une vieille épopée qui prouve à elle seule que le rock n'était pas affaire de mœurs ou de religion (Question Mark était le premier fils d'immigré mexicain à percer dans le milieu aux Etats-Unis). En ça, 96 Tears aurait pu être le fer de lance d'une Amérique honteuse de ses ségrégations artistiques. Imaginez la voix  (grave) sponsorisée par le gouvernement américain : "96 Tears s'impose a bien des occasions : une soirée cool entre amis ? Un repas de famille ? Un rencard chill et sentimental ? 96 Tears est l'album qu'il vous fait. Disponible chez tous les bons disquaires".

Question Mark and the Mysterians, c'est l'éloge du véritable rock'n'roll, celui qui va droit au but et qui ne s'encombre jamais. Pour cette raison, certains critiques ont un jour décrété que ? and the Mysterians était le premier groupe de Punk de tous les temps. A vrai dire, je ne suis pas certain que l'on trouve là ce qui fasse de ? and the Mysterians un groupe de Punk. Je crois plutôt qu'il mérite cette étiquette pour ses mélodies parfois agressives, ses riffs toujours rapidement distillés et l'attitude des membres (photo, photo, photo). J'y trouve également une traduction musicale au nihilisme. La musique du groupe était mystérieuse, comme venue d'un lieu inconnu, ce que le groupe cultivait d'ailleurs. Là se trouve à mon sens une énorme partie de l'influence du groupe sur le Punk. Une chose est sûre, Question Mark and the Mysterians continuera encore longtemps de susciter le débat. Autant que l'on y participe également en France, ce à quoi je n'ai jamais assister, so far... 




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jeudi 13 novembre 2014

Single : Cherry Glazerr - Had Ten Dollaz (Bubblegum Pop)




Cherry Glazerr. La pop gentille et mignonne de Cherry Glazerr. Still in Rock présentait le groupe en janvier dernier (il s'agissait du tout premier article de 2014). Ce dernier venait alors de faire paraître son nouvel opus, Haxel Princess, via Burger Records. Cherry Glazerr a depuis migré vers Suicide Squeeze Records, un label indépendant de Seattle. Il a également considérablement gagné en hype, et je me disais alors qu'il se pouvait bien qu'il en soi fini du Cherry Glazerr indépendant et créatif. Il vient de faire paraître deux nouveaux titres, "Had Ten Dollaz" et "Nurse Ratched", qui viennent confirmer qu'il n'en est rien.

Le A-side, "Had Ten Dollaz", est clairement l'un des meilleurs titres à ce jour composé par le groupe. Le titre a tout du single, légèrement groovy et tout en contrôle, Cherry Glazerr parvient à trouver une nouvelle mélodie qui accompagnera parfaitement son "All My Friends". Je n'en attendais pas autant du B-Side, "Nurse Ratched". Pourtant, on retrouve ce même son de guitare crunchy qui accompagne parfaitement la voix de Clementine Greevy. Plus noir, il se rapproche d'un univers plus nineties. Peut-être est-il même plus intéressant que le premier ici cité.

Dans son article sur Burger Records (ici), le New York Times présentait Cherry Glazerr comme la révélation absolue. Je ne suis pas certain qu'il mérite tant d'honneur, et je me souviens de ma surprise lorsque j'avais découvert ces louanges. Mais après tout, Cherry Glazerr est très bon à ce qu'il fait : produire une pop qui pousse à de nombreuses écoutes, comme pour entrer dans le monde des bisounours en compagnie de la déjà mystérieuse Clementine Creevy. 


(mp3) Cherry Glazerr - Had Ten Dollaz
(mp3) Cherry Glazerr - Nurse Ratched


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Interview de Wyatt Blair
Article de présentation de Cherry Glazerr

mercredi 12 novembre 2014

LP Review: Volage - Heart Healing (Garage Pop)




Volage est un groupe français originaire de Le Blanc (dans l'Indre) et formé en 2011. Petit protégé d'Howlin Banana Records, il vient tout juste de faire paraître son nouvel opus, Heart Healing.

Composé de 11 morceaux, Heart Healing fait de nombreuses fois penser au rock garage sixties des Troggs. Ce groupe a amorcé l'arrivée du Punk, et on ressent dans la musique de Volage ce même besoin d'immédiateté. La plupart des mélodies sont très rapidement amorcées dans une mouvance parfois proche de ? and the Mysterians. Les titres les plus pop de l'opus, "6h15", "Wait" et autre "Upset", rappellent plus volontiers ces bons vieux Hollies, une autre référence anglaise, ce qui n'est pas pour déplaire dans un monde où chaque album de garage pop/rock est nécessairement comparé à Ty Segall ou John Dwyer.

Très astucieusement, Volage s'introduit sur le morceau qui a tout du parfait single : "Owl". Rythmé et parfaitement calibré, il représente finalement le juste-milieu à beaucoup de titres de cet album. Pop Rock, british et suffisamment sixties pour nous paraître familier, "Owl" fonctionne à merveille. Mais là n'est pas le plus intéressant.

On se rive rapidement sur le premier titre rock'n'roll de l'album, "Loner". Ses 7 minutes attirent nécessairement notre attention tant il est rare qu'une telle marque soit atteinte dans le monde du garage. Volage fait une excellente exploitation du temps qu'il s'impartit, donnant même dans un psychédélisme qui ne saurait trop me rappeler Syd Barrett. Pourtant, les accords tout à fait massifs de ses deux premières phases ne laissent en rien présager l'arrivée d'un dandysme anglais. "Loner" est finalement un des tout meilleurs titres du genre de l'année, une pièce particulièrement intéressante en ce qu'elle ne perd en rien de son aspect expérimental malgré une instantanéité implacable. C'était tout le paradoxe qu'avait pour la première fois réussi à élucider The Piper at the Gates of Dawn. Volage vient de s'y essayer avec brio.

"This Ain't A Walk" continue dans une veine similaire. Le son de la guitare y est bourdonnant, ce qui produit un superbe effet grisant. J'y retrouve le Ty Segall (nous y voilà) de Twins, la folie de Pangea et le dépassement de Sic Alps. Disons-le sans détour, "This Ain't A Walk" fait partie de ces morceaux qui galvaniseraient la mamie de Bernadette Chirac, un titre capable d'extraire ce qu'il y a de plus brutal en chacun de nous. Qu'il est bon de ressentir les palpitations d'excitation à l'entame d'un titre. Volage nous y découpe les tympans avec l'habilité d'un Fugazi égaré dans les années 2010.

"Paolina" réalise la transition entre la grande virulence des deux morceaux précités et la fin de l'opus. Si on est plus volontiers scotchés par les mélodies rock'n'roll de l'album, je ne saurai trop vous conseiller une écoute répétée du petit dernier, "Love is All". C'est finalement au tour de Mikal Cronin de bien se tenir. J'écoutais il y a peu cette chanson assénant le fait que "nobody write sad songs anymore". Je me laissais convaincre par cette phrase répétée plusieurs dizaines de fois, et "Love is All" trouvait alors une résonance toute particulière. Une véritable chanson d'amour de la lignée de grands songwriters.

Assurément, Heart Healing intègre le top des sorties réalisées par Howlin Banana depuis sa création. L'album présente l'immense qualité de savoir comment parfaitement naviguer entre différents styles. 2014 vient d'être, une nouvelle fois, marqué au fer rouge d'une musique française d'excellence.




En concert le 28 novembre prochain au Point Éphémère.


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mardi 11 novembre 2014

Video : Nobunny - Nightmare Night (Bubblegum Punk)




En ce 11 novembre, pour célébrer l'événement, Nobunny. On se souvient que Nobunny avait fait paraître un très bon album l'an dernier, intitulé Secret Songs (Album Review). Je le disais alors, Nobunny a deux visages, le lapin charmeur qui sait faire les yeux doux, et le gremlins destructeur. Il semblerait que le deuxième soit sur le retour.

Cet opus contient de nombreux hits, dont "Lizard Liars" que Still in Rock classait dans le top des meilleurs titres de 2013 (ici). Ce morceau intègre la grande tradition des titres Bubblegum Punk. Il semblerait que le "carnage assuré" qu'il emporte avec lui vienne de trouver une nouvelle signification. Nobunny vient en effet de sortir un petit film tout à fait délicieux pour accompagner le titre, j'ai nommé "Nightmare Night". Âmes sensibles attention, Nobunny donne dans un slasher absolu qui met le gore au centre de chaque scène. Introduit par un dialogue digne de Friday the 13th, le tout sur fond de seventies qui confirme le renouveau de cette scène (tel que dénoncé dans l'article sur Meatbodies), on y découvre rapidement et à notre plus grand plaisir le killer bunny enragé. Le Garage Punk du groupe prend alors tout son sens dans un univers qui sombre de plus en plus dans le délire total. 

S'il faut dire qu'il est difficile d'imaginer Nobunny dans une comédie à l'eau de rose (quoique), notons que cette vidéo est particulièrement bien réalisée. Et il paraîtrait qu'il y est plus sur VHS, à commander sur le site de Nobunny. Voilà de quoi faire un bien bel hommage à ses lives où, muni de ses plus beaux slips American Apparel, il n'en finit jamais d'aller titiller son audience. En attendant, cette vidéo super trashy est l'occasion parfaite de se rappeler Secret Songs à notre bon souvenir. Il y a tant à y écouter, du Garage Punk comme il s'en fait très peu avec l'ironie du lapin crétin comme fer de lance. 




(mp3) Nobunny - Lizard Liars

Et pour le plaisir, mais uniquement hein : (et ça aussi)
(mp3) Nobunny - Your Mouth (2009)


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Album Review de Secret Songs (2013)
Interview avec Shannon and the Clams

lundi 10 novembre 2014

Everyday a Sunday : Tav Falco's Panther Burns (Rockabilly)




Article by Mazz

ENGLISH VERSION
(french below)


I discovered Tav Falco when I came across his version of "She's the One That's Got It", which is my favorite song on my favorite Alex Chilton record. I soon learned of his association with Alex Chilton and quickly knew I wanted to give Tav's Behind the Magnolia Curtain (1981) a hard listen.

When I picked up this album I had no idea what to expect prior to seeing the cover and doing basic research my unnatural imagination wandered about who Tav Falco was and what his music might sound like. When I thought of the band name, Tav Falco's Panther Burns, I imagined him as a lecherous human manifestation of the Pink Panther, wearing a leisure suit, playing various instruments at a loungy pace, and having a smooth husky voice. Further according to my imagination this mystical figure wore a feather in his hat and had long neat sideburns.

I can't say that I was disappointed to discover that the band and its singer did not come anywhere close to the above images. Not to say that such a figure could not produce solid music, but I prefer his true form and skill set to anything I had imagined! The real Tav Falco has a curly black pompadour and sports a Chaplin mustache. His voice isn't very deep but a little high pitched and twangy. He is a colorful man indeed, so I guess my imagination wasn't completely off base!

What about the album? I love it. It's a stompin swampy rock n roll jamboree that sounds it could be a Cramps record. Like any good rockabilly album, Behind The Magnolia Curtain is filled with many awesome covers like "Snake Drive" and "Come on Little Mama". Among my favorites on the album is his transformative cover of the standard "Brazil", making it into an touchingly epic slop rock masterpiece. I should also note that Tav's cover of "She's the One That's Got It" is just as good as Chilton's! Not to be outdone by covers, originals like you're "You're Undecided" sound just as classic and as sonically true to that Sun Records that permeates the rest of the album.

In short you'll like this record if you like the Cramps, Gun Club, Johnny Thunders and sloppy swampy rock n roll of similar vintage. 






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FRENCH VERSION

(english above)


Article par Mazz

J'ai découvert Tav Falco le jour où je suis tombé par hasard sur sa version de "She's the One That's Got It", une reprise de mon titre préféré d'Alex Chilton. J'ai ensuite appris qu'il était associé à ce dernier, et c'est ainsi que j'ai rapidement su que je voulais donner à son album Behind the Magnolia Curtain (1981) toute l'attention qu'il méritait.

Avant de jeter un œil sur la pochette et de faire quelques recherches sur ce que la musique de Tav Falco contenait, je n'avais strictement aucune idée de ce à quoi m'attendre. Lorsque je pensais au nom du groupe, Tav Falco's Panther Burns, je l'imaginais telle l'incarnation humaine de la panthère rose, vêtue de costumes fantasques, jouant de divers instruments à un rythme loungy, le tout accompagné par une voix rauque. Je l'imaginais également porter un chapeau à plumes ainsi que des favoris.

Je ne peux pas vraiment dire que j'ai été déçu lorsque j'ai découvert qu'il ne remplissait aucun des clichés que je m'étais imposé. Non pas que cela aurait présagé une mauvaise musique, mais en réalité, Tav Falco a dépassé tout ce qui m'était possible d'imaginer. Le véritable Tav Falco est un dandy bohème portant la moustache de Charlie Chaplin. Sa voix est très profonde, parfois haut perchée et quelque peu nasillarde. Il est, en somme, un personnage haut en couleur.

Qu'en est-il de l'album ? Il est peu dire que je lui voue une adoration toute particulière. Sorte de rock'n'roll marécageux, il pourrait facilement être un album des Cramps. Comme tout bon album de Rockabilly, Behind The Magnolia Curtain contient de nombreuses reprises toutes meilleures les unes que les autres, à l'image de "Snake Drive" et "Come Little Mama". Parmi mes titres préférés de l'album, je compte également "Brazil", un chef d'œuvre dans le genre décantation maladroite et touchante. Je tiens aussi à souligner que sa reprise de "She's the One That's Got It" est tout aussi bonne que la version originale d'Alex Chilton. Et outre les covers, je note que "You're Undecided" est également tout à fait fidèle à l'univers Sun Records qui imprègne le reste de l'album. 

Il ne fait pour moi aucun doute que Tav Falco's Panther Burns saura rapidement vous séduire, et ce d'autant plus si vous aimez les Cramps, Gun ClubJohnny Thunders et le bon rock vieux embrumé. 




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vendredi 7 novembre 2014

Album Review : King Gizzard & The Lizard Wizard - I'm In Your Mind Fuzz (Psych Rock)






Album Review : King Gizzard & The Lizard Wizard

I'm In Your Mind Fuzz



Cela faisait longtemps que Still in Rock ne s'était plus essayé à l'exercice de l'Album Review. Pourtant, lorsque j'ai découvert l'album du jour, le besoin s'est immédiatement fait ressentir tant sa qualité mérite d'être longuement encensée. Et puis, je dénonçais il y a peu (ici) le manque de très bons albums de rock psychédélique en cette année 2014. Nos souhaits ont été entendus. 

King Gizzard & The Lizard Wizard n'est pas nouveau au lecteur Still in Rock. I'm In Your Mind Fuzz est le cinquième album studio du groupe. Il est paru le 31 octobre dernier via Castle Face Records (un signe qui trompe rarement), et vient succéder à Oddments, également paru en 2014. Seulement, si Still in Rock a déjà écrit à plusieurs reprises sur King Gizzard, je vous prie de bien vouloir considérer cet article comme celui sur un groupe nouveau. King Gizzard & The Lizard Wizard vient de faire paraître un des meilleurs albums de l'année, et il est possible que les anciens albums du groupe, certes bons mais loin d'être à ce point exceptionnels, nuisent à la sortie de ce dernier, mais j'y reviendrai.

Il faut dire que même la pochette de l'album, clairement affichée très Halloween, semble cantonner l'album à une longue reprise des Cramps. Que nenni ! On trouve là un King Gizzard & The Lizard Wizard qui révolutionne son art. Le groupe vient nous dire à quel point la mécanique allemande est belle, et à quel point le début des années '70 était puissant (voir Neu! et autres Hawkwind). Je note sur ce point le très peu de groupes qui semblent réaliser à quel point cette scène est riche et mérite d'être explorée. Chapeau bas à King Gizzard pour l'avoir fait. Les quatre premiers morceaux de cet album font partie des grandes sensations de l'année 2014. Sur fond de Krautrock, ils ressuscitent l'esprit de CAN avec le brio le plus absolu. On y retrouve avec immense plaisir cet aspect très mécanique qui caractérisait cette musique. En cela, l'album est imparable, parce que chaque pièce semble se trouver exactement là où elle le doit.

Seulement, et là se trouve toute la puissance d'I'm In Your Mind Fuzz, le groupe y a ajouté un psychédélisme très originel qui fait de nombreuses fois référence à la musique de Rainbow Ffolly, à celle de The 13th Floor Elevators, mais également à certains The Left Bank, voir à du Count Five. C'est tout ce psychédélisme que King Gizzard a choisi de mêler, dans une mouvance qui rappelle incontestablement le Lonerism de Tame Impala, voir certains Pond, qui place cet opus dans les hauteurs du genre. Place à la critique track-by-track : 

  • I'm In Your Mind : Le début du déluge. La voix de Stu Mackenzie est superbement travaillée et la guitare délivre ses premières envolées lyriques pleines de fuzz. Une chose est d'ores et déjà certain, King Gizzard n'a pas volé le nom de son album.
  • I'm Not In Your Mind : Il enchaine sur des airs d'un Halloween très orientale. Et c'est toujours cette déferlante de psychédélisme mécanique qui continue de nous transcender. Après plus de 5 minutes à nager dans "I'm Not In Your Mind", on se dit que King Gizzard vient assurément de trouver la formule magique.
  • Cellophane : Introduction de l'harmonica et augmentation d'un cran du niveau de psychédélisme. J'y retrouve certaines phases de Tame Impala, où le son super entubé est soudainement relâché, comme pour recréer la sensation du foetus dans le liquide amniotique.
  • I'm In Your Mind Fuzz : "I'm In Your Mind Fuzz", titre le plus court de la série, vient finalement conclure cette série remarquable. Il était dans l'obligation d'afficher très vite son ambition, ce qu'il réalise parfaitement. Le son tournoi à toute vitesse, l'expérience est tout à fait nouvelle, splendide.
  • Empty : L'album prend une forme plus classique avec "Empty". Ce morceau rappelle le Pond de l'album Frond. Il gagne petit à petit en maturité, avant de nous conduire sur un domaine tout aussi aride que fleuri.
  • Hot Water : King Gizzard délivre un très bon morceau de pop en la présence de "Hot Water". L'expérience y est plus pop, plus douce. Plus africanisant, ce morceau amorce l'arrivée d'un nouveau chemin.
  • Am I In Heaven : "Hot Water" est ainsi suivi de "Am I In Heaven", un titre de plus de 7 minutes. Nécessairement, après l'écoute des quatre premieres pièces, on s'attend à ce que King Gizzard nous fasse à nouveau exploser les neurones. Nous ne sommes pas déçus. Le titre part tellement vite que l'on se demande si on va pouvoir tenir le rythme. "Am I In Heaven" est le premier à renouer avec toute la puissance mécanique de l'introduction. La fuzz à fond, King Gizzard délivre une pièce majeur du rock psychédélique de l'année 2014. Quelle partie, quel amusement. King Gizzard fait de sa musique un espace ludique dans lequel le groupe peut tout oser.
  • Slow Jam 1 : Dans un style tout à fait différent – et nouveau dans toute la discographie de King Gizzard & The Lizard Wizard – le groupe fait dans une pop détendue. Il le faut bien, après tous les décibels que nous venons d'absorber. Coucou Hendrix.
  • Satan Speeds Up : "Satan Speeds Up" est une sorte de passage temporel obligatoire avant le dernier titre. Je dois m'avouer grisé du fait que, avec une appellation pareille, le titre ne nous transporte pas dans un psyché plus noir. Mais, dans la continuité de "Slow Jam 1", il demeure fort agréable.
  • Her & I (Slow Jam II) : Le voici le voilà, le dernier titre de cet album. Il répond au doux nom de "Her & I (Slow Jam II)", et si on espère secrètement une dernière partition de Krautrock, force est d'avouer qu'il nous surprend autrement, pour notre plus grand plaisir. Titre le plus long de tout l'album, je n'hésiterai pas une seule seconde à le classer dans les meilleurs titres de pop psychédélique de l'année. Une dernière fois, on s'extasie sur ce que King Gizzard parvient à délivrer, une batterie jazzy, une guitare wah-wah qui n'en finit pas de réaliser des boucles, et une qualité d'enregistrement absolument parfaite qui laisse place à tout un travail studio dantesque.

I'm In Your Mind Fuzz ne s'est pas fait en un jour. J'y apprécie particulièrement le fait que l'opus eut été pensé comme un concept-album, une longue épopée durant laquelle les coupures sont invisibles. On se laisse transporter dans la musique de King Gizzard en toute confiance, impatient de découvrir ce que le groupe nous a réservé tout au long de la route. Les surprises sont nombreuses tant, confiant de la qualité de ses mélodies, il a expérimenté à tous les autres niveaux : effets studio, présence d'instruments à vent, inspiration de musiques orientales, longues phases de batterie, percussions… King Gizzard ne s'y trompe pas, ce n'est pas un hasard s'il a choisi de nommer cet opus I'm In Your Mind Fuzz. Les Australiens à révolutionner le psychédélisme se comptent désormais au nombre de trois : Tame Impala, Pond, et King Gizzard & The Lizard Wizard.

Il est particulièrement difficile de se rendre compte à quel point les 4 premiers titres de cet album sont géniaux. Et quel statement : le revival de CAN et compères pourrait très bien être amorcé par cet opus qui constituerait alors le point de départ à toute une génération d'artistes. Une fois encore, le seul obstacle à cela est le fait que I'm In Your Mind Fuzz n'est pas un premier opus. Alors, parlez de cet album autour de vous, faites-vous les porte-paroles d'un opus qui le mérite. I'm In Your Mind Fuzz, pour la première fois, crée une nouvelle combinaison de sons, confrontant deux univers a priori irréconciliables : on n'a jamais vu une musique mécanique se coupler avec toute la déconstructionnisme que le psychédélique implique. King Gizzard & The Lizard Wizard crée là une bohème toute nouvelle. Les flower kids, pour une fois, viennent danser avec toute la mouvance allemande. Voilà très clairement le message que délivre cet opus. Et sa forme est trop belle pour ne pas le considérer.


Note : 8,5 / 10 (barème)




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jeudi 6 novembre 2014

Still in Rock présente : Ex Hex (Power Pop)




Ex Hex est un nouveau venu dans le monde de la Power Pop (from Washington D.C.), et autant tuer tout suspense d'entrée de jeu, cela fait des années que je n'ai pas entendu un premier album du genre qui soit aussi abouti. Girl band composé sous forme de trio, Ex Hex vient de faire paraître son premier album (bien que Mary Timony utilise ce nom depuis un petit moment), Rips, via Merge Records le 7 octobre dernier. Il a d'ores et déjà rendez-vous avec l'histoire. 

Les titres d'Ex Hex sont straight to the point, et, comme sur tout bon album de Power Pop, ils s'adressent directement à son auditeur sans chercher à éviter les sujets les plus clichés et sans semi-poésie, ce qui les rend si romantiques. La production de l'album est uniforme et de bonne qualité. Mais l'essentiel n'est pas là. Ex Hex est un groupe à mélodies. Certains se démarquent par le son fabuleux qu'ils parviennent à dénicher, d'autres par l'ambiance qu'ils génèrent. Ex Hex fait incontestablement partie de ceux qui nous restent en tête de longues heures durant. Et puis, ne négligeons pas les autres forces d'Ex Hex. Le groupe parvient également à nous étonner par le son de sa guitare Jangle Pop, ainsi que l'esprit festif qu'il communique.

On trouve avec "Don't Wanna Lose" le premier titre de l'album, et, déjà, le premier hit. Ou plutôt devrai-je parler de tube. Ce morceau a tout du parfait single eighties, de la vraie Pop comme il s'en fait rarement. Dans un même style, "You Fell Apart" nous galvanise avec une mélodie speed et colorée. "Waste Your Time" fait apparaître un son de guitare super Jangle Pop tout à fait fantastique. Dans cette même ambiance plus détendue, "Hot And Cold" s'impose comme l'un des titres les plus réussis de l'opus (la vidéo est immanquable, avec Ian Svenonius en guest). La preuve que la Power Pop peut aussi être langoureuse. Une fois encore, Ex Hex trouve un son bien singulier qui crée une véritable addiction. 

Les quatre derniers morceaux de l'album sont irréprochables. "New Kid" est le titre que l'on retiendra de cet album dans plusieurs années. Quel HIT ! Voilà ce que la Power Pop produit de meilleur. L'esprit de Milk 'n' Cookies est ressuscité avec grandeur. Vient ensuite "War Paint" qui maintient parfaitement le flot. On s'approche de la fin avec "Everywhere", un des morceaux les plus entêtants de l'album. Une fois encore, Ex Hex nous rappelle les heures de gloire de toute la mouvance Tom Petty-esque. "Outro", celui sur lequel Rips se conclut, rentre volontiers dans mon Top 5 des meilleurs titres de l'opus. Une fois encore, c'est sa mélodie qui le met en avant. C'est d'ailleurs la clé de l'album. Les morceaux les plus fouillés nous accrochent immédiatement. Ex Hex délivre alors certains des meilleurs titres de l'année. D'autres sont plus génériques et nous retiennent moins longtemps.

Je l'ai déjà écrit à de très nombreuses reprises, la Power Pop est à mon sens un style musical supérieur en ce qu'il produit un effet immédiat qui ne s'estompe que peu avec le temps. Ou plutôt devrai-je parler de genre, tant la Power Pop est codée. Il y a, comme dans un genre cinématographie, des règles à respecter et à transcender. Ex Hex parvient parfaitement à cela. Je trouve dans Rips de nombreuses références aux légendes du genre, bien évidemment à Cheap Trick (écoutez "Cry, Cry" ou "Southern Girls"), à la romance désabusée de Flamin' Groovies ("Sometimes"), à la puissance de Protex ("I'll Never Stop"), ou à l"immédiateté absolue des Beat ("Rock'n'Roll Girl"). Il ne faudrait pas non plus oublier que Rips apporte son lot d’innovations. Ex Hex fait partie de ces lovers qui, toujours, continuent de croire au grand amour. Grâce à eux, nous croyons désormais plus que jamais à la grande Power Pop.




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