lundi 2 mars 2015

Best of Still in Rock : Février 2015

Février 2015. Ce bref mois de février aura été l'occasion de nombreuses découvertes. Et de belles confirmations (je pense notamment à Juan Wauters). L'année 2015 débute tranquillement, les très bons morceaux pleuvent et les EP s'enchaînent diligemment. On attend toujours le messie de l'année, mais c'est finalement agréable de devoir faire preuve de patience. Il faut dire que Total Slacker avait si vite tué l'année 2014...





1. Paul Jacobs : & Attic pour le meilleur (ici)

Paul Jacobs a été la révélation Garage de l'année 2014. Alors, lorsque la mono-bande d'Attic Video décide de collaborer avec lui afin d'illustrer son dernier single, le résultat ne peut que truster la première place de ce best of. On tient là une des meilleures combinaisons de l'année. C'est grand.


2. Jay Reatard : et ses nouveaux meilleurs amis (ici)

Jay Reatard est la légende que nous savons. Ce début d'année 2015 est l'occasion de s'y pencher à nouveau avec un ensemble de reprises de son célèbre Blood Visions. Beaucoup des meilleurs groupes français sont de la partie. Immanquable !


3. Ex Hex : Powah' Pop (ici)

Ex Hex est assurément le meilleur all-girl band en activité. Son récent live à Paris en a largement attesté. La Power Pop que délivre le groupe tend à se transformer en Glam Rock luminescent. Le mélange des genres est du plus bel effet, vidéos à l'appui.


4. Jessica Pratt : musico-poétique (ici)

Cela fait bien longtemps que l'on n'avait pas été gratifié d'une belle Folk. C'est désormais chose faite avec Jessica Pratt qui vient de faire paraître un deuxième opus majestueux. On y touche la grâce du bout des doigts, c'est tout autant enchanteur que puissant.


5. Les anachroniques : Les Supremes, Jackson C. Frank (ici et ici)

Et, comme la désormais tradition l'impose, le mois de février aura également été l'occasion de revisiter quelques légendes de la scène. Point de Garage ni rock'n'roll ce mois-ci, mais de la soul avec les splendides Supremes, et une folk malheureusement oubliée avec Jackson C. Frank.

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A également ne pas manquer : l'introduction des Moutain Bike (ici), Sunflower Bean (ici), Step Panther (ici), et Amen Dunes (ici), le retour de Mac DeMarco (ici), le nouveau live de Ty Segall (ici), le nouvel épisode du Colorcast (ici), et enfin, le très bel EP de Juan Wauters (ici).

jeudi 26 février 2015

The Colorcast # 13




The Colorcast, treizième épisode. Le treize est souvent synonyme de quelque chose d’inattendu. Pour ce treizième épisode du Colorcast, nos amis du groupe Murals ont invité un nouveau créateur : Family Dog. Family Dog, c'est un autre groupe originaire du Kentuchy qui vient de faire paraître son deuxième EP, All Right. Au final, cet épisode du Colorcast est l'un des plus américains ; et j'entends le qualifier ainsi comme un compliment. On y trouve des pièces musicales très rares, à l'image de l'extrait sonore de Cas Wallin. Johnny Thunder (sans "s") interprète "I'm Alive", un des titres préférés de Bob Dylan. On visite également les archives vidéos d'Alan Lomax ainsi que le spirit de The N.E.C., groupe pour lequel Family Dog n'a pas manqué de m'indiquer qu'il est très influent sur toute la scène de Lexington Kentuchy. En bref, le Colorcast continue d'être cet espace temporel et sonore qui nous plonge en plein dans l'Amérique profonde qu'aucun européen ne peut découvrir de lui-même. 

The Colorcast, thirteenth episode. Thirteen is often synonymous with something unexpected. For this thirteenth episode of The Colorcast, our friends from Murals invited a new creator: Family Dog. Family Dog is another band from Kentuchy who has just released his second EP, All Right. This episode of The Colorcast is one of the most American ones, and I mean to qualify it as such as a compliment. We find some very rare musical pieces, like the Cas Wallin sound extract. Johnny Thunder (with no "s") performs "I'm Alive", a Bob Dylan favorite. We also visit Alan Lomax's archives and the spirit of The N.E.C. which was a very influential band to the whole Lexington scene. In short, The Colorcast continues to be the temporal and sound space that immerses us right in middle of an America that no European can discover by itself.


1. Darcy Clay - It Was Easy  (00:00)
2. Cosmonauts - Shaker  (02:58)
3. Johnny Thunder - I'm Alive  (06:33)
4. The Sandwitches - Back to the Sea  (09:10)
5. Nimrod Workman - 42 Years  (12:22)
6. Arthur Russell - I Forget And I Can't Tell (Ballad of the Lights)  (14:38)
7. Excerpt from Cajun Music Documentary  (16:45)
8. Loose Joints - Is it All Over My Face  (17:30)
9. Hailu Mergia - Shilela  (29:31)
10. Chrissy Zebby Tembo & Ngozi Family - Coffin Maker  (33:05)
11. Darcy Clay - Jesus I Was Evil  (36:56)
12. The N.E.C. - Only One You Know  (39:57)
13. Dr. Paul - Space Is the Place  (42:43)
14. Cas Wallin - How Long, How Long  (45:10)
15. Tall Juan - Falling Down  (46:22)
16. Francis Bebey - The Coffee Cola Song  (47:48)
17. Mulatu Astatke - Ene Alantchi Alnorem  (53:06)
18. The Shoes - Why Do I Get So Shy  (58:11)
19. Billy Changer - Black Angel  (01:02:54)
20. James Ferraro - Memory Theater (Excerpt)  (01:07:29)




Link:

mercredi 25 février 2015

EP Review: Juan Wauters and Carmelle (Raw Folk)




Juan Wauters and Carmelle Safdie. Juan Wauters s'affirme de plus en plus comme étant l'un des grands artistes de la scène. Alors qu'il avait délivré une folk d'exception en janvier 2014, ce dernier a récemment fait paraître un nouvel EP enregistré en compagnie de Carmelle Safdie. Sorti par Captured Tracks, ce dernier ne contient qu'un seul morceau de 13 minutes, que le label décrit comme étant "A 13-minute composition that is a concise suite of song, poetry and instrumental passages where Juan Wauters and Carmelle share the lead".

Juan n'en est pas à sa première collaboration avec Carmelle. Elle apparaissait déjà sur N.A.P. North American Poetry (sur un titre que l'on retrouve à la fin de cet EP). Je lui demandais ainsi, à l'occasion de notre interview, de m'en dire un peu plus sur sa rencontre avec Carmelle, Juan me confiait alors, "Carmelle Sadie jouait pour un groupe, Beachnicks, et mon groupe, The Beets, jouait avec eux. J’aimais beaucoup la façon qu’elle avait de chanter. La tonalité de sa voix, et le contrôle de ses performances. Lorsque je me suis mis a enregistrer les titres qui ont fini sur N.A.P., je me suis rendu compte que ma voix ne produisait pas l’effet recherché sur plusieurs d’entre eux. J’ai donc demandé à Carmelle de les chanter. Finalement, je trouve qu’elle ajoute beaucoup à cet album. Je suis très heureux de sa contribution sur la version studio, ainsi qu’en live.". Un an plus tard, la collaboration a pris une nouvelle dimension.

La première phase est assurément la plus emblématique de cet EP. La voix de Carmelle est d'une force telle que l'on ne saurait renoncer à son écoute tout entière après quelques secondes seulement. Comme le font les grand songwriters, Carmelle interpelle directement son auditeur. Véritable leitmotiv, je reviens une fois encore sur la simplicité dans l'accomplissement musical. Ici parfaitement illustré, on touche rapidement à l'universel, l'indémodable, hiver comme été, triste comme enjoué. 

La guitare de Juan poursuit seul sur chemin, et puis, Carmelle, invoquant James Brown, délivre un moment très fort. La voix de Juan Wauters vient s'y mêler. Les premiers chœurs apparaissent, ainsi que le mélodica de Carmelle, très... mélancolique. Juan réapparaît finalement pour un dernier morceau à l'harmonica. Le pari est réussi, on y ressent la force de la poésie, la pureté d'une musique qui ne cherche pas autre chose.

J'en profite pour signaler que Juan Wauters sortira son deuxième album solo le 13 mai prochain. Ce dernier s'appellera Who Me? et contiendra 13 morceaux. Le premier, "She Might Get Shot", est, d'ores et déjà, disponible à l'écoute. Interprété sur son EP avec Carmelle, on y retrouve un style similaire à celui de N.A.P. North American Poetry, ce que l'on ne peut qu’acquiescer, Juan semble toujours aussi déterminé à délivrer des textes forts qui se concentrent toujours sur l'humain, l'essentiel de la vie. A noter, un piano y fait son apparition, signe de morceaux plus chantants ? Réponses bientôt.


(mp3) Juan Wauters and Carmelle - Wearing Leather
(mp3) Juan Wauters - She Might Get Shot


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Interview de Juan Wauters
Article sur le premier opus de Juan Wauters

mardi 24 février 2015

Still in Rock présente : Step-Panther (Indie Pop)




Step-Panther est un groupe trio de Sydney qui a fait paraître son dernier opus en septembre dernier. Nommé Strange But Nice, on y trouve 12 morceaux qui, sans hésitation aucune, font de Step-Panther l'un des meilleurs groupes de Pop que j'ai entendu ces derniers mois. 

Le groupe n'avait rien fait paraître depuis plus d'un an et demi et son LP Dreamcrusher. On entend immédiatement tout le travail créatif mis au service de ces mois de recherche. Dès "Nowhere", la pop de Step-Panther affirme un quelque chose de tout à fait particulier. Le renfort d'une belle guitare pleine de réverb' est du plus bel effet. Le rythme effréné ne correspond pas véritablement à ce à quoi nous avons l'habitude avec ce style musical, et c'est super efficace. Je vous laisse la surprise du final. "It Came From The Heart" est l'un des titres les plus accrocheurs de l'album, de ceux qui nous réconcilie avec l'Indie Pop souvent trop identique à elle-même. Pour la première fois, le groupe semble s'intéresser à la musique psychédélique. Une franche réussite. Dans la même mouvance, Step-Panther délivre un très beau "Let Loose", titre énigmatique qui tire presque sur de la Spectral Pop. Ce morceau est incontestablement l'un des tous meilleurs de l'album.

Step-Panther est un amoureux des nineties. On l'entend sur "User Friendly", façon J. Mascis, ainsi que sur "Candy In The Sky". Ce dernier, proche des créations de Built to Spill, est une nouvelle surprise dont on ne peut que se féliciter. Le groupe continue dans la même veine, quoi que plus rock, avec "Namor". Une nouvelle preuve que cette formation ne se cantonne pas à ce qu'on attend d'elle, s'écartant ainsi des clichés d'un album de pop. Et parce que la belle musique du groupe ne suffisait pas à Step-Panther, il fait également état de la belle voix du chanteur, Steve Bourke, sur "Parallel". L'opus se conclut finalement sur "Number One Fan", comme une dernière démonstration de la maîtrise mélodique du groupe. Ces quelques minutes rappellent Ultimate Painting, et donc les Velvet. Ce n'est pas rien. 




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lundi 23 février 2015

LP Review : Ty Segall band live in San Francisco (Garage Stoner)




Ty Segall. Pas d'article anachronique ce lundi, mais je ne doute pas que ce bille vous fasse tout autant plaisir. Il devient certes de plus en plus difficile d'écrire quelque chose de novateur sur Ty Segall, et cet article ne se veut pas être le plus profond de l'histoire de Still in Rock. Seulement, comment résister à l'envie de chroniquer un nouveau son de Ty Segall ? Comment ?

Toute personne qui a un jour vu Ty Segall en live, album Sleeper excepté, sait que ses performances tournent très souvent autour d'un Garage plus stoner qu'autre chose. On se croirait à chaque fois en plein revival des premiers concerts des MC5. En janvier dernier, Castle Face, le label de Dwyer, a fait paraître un nouvel enregistrement live de l'un de nos artistes préférés. Enregistré à San Francisco. Ty Segall y était accompagné de son band, a.k.a. Mikal Cronin, Emily Rose Epstein et Charles Moothar (qui l'accompagne également sur Fuzz). Ce live s'inscrit dans une série qui documente la scène ouest des US. Le live de White Fence est particulièrement remarquable. Seulement, lorsque Ty est aux manettes, les codes du possible sont à chaque fois explosés.
  
Introduit sur "Wave Goodbye", on n'est pas à un paradoxe près, le groupe n'attend pas longtemps pour faire crisser sa guitare, façon seventies. C'est sur "Slaughterhouse" que l'on trouve nos premières sueurs, un titre à intégrer dans toutes compilations Ty Segall. Voilà le genre de morceau qui me fait dire et penser que le Garage est LE genre supérieur. Vient ensuite "Death". Tout est dit dans son appellation.

Nécessairement, "Feel", titre issu de son dernier album, attire l'attention. Cette version live est accélérée, endurcie, ensauvagée. Sa deuxième moitié constitue l'un des temps forts de l'album. Et puis, le Ty band joue l'excellent "Thank God For The Sinners", titre issu de l'album Twins. Sur une version assez similaire à celle studio, il nous emporte back in 2012. Le retour vers le passé est encore plus avéré avec "Standing At The Station", titre issu de l'album Lemons de 2009. Le live se conclut finalement avec "What's Inside Your Heart", titre single de la promotion. Une fois encore, Ty Segall y prend toute l'énergie du Punk à laquelle il ajoute de longs solos façon seventies. Les Ramones doivent se retourner dans leurs tombes. Pour notre part, on se laisse emporter une fois de plus par ce Meta Punk imparable. Le lundi matin, c'est dur. Avec Ty, c'est tout de suite beaucoup plus jouissif.


(mp3) Ty Segall - 
Slaughterhouse (live, San Francisco)
(mp3) Ty Segall - Feel (live, San Francisco)


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Album Review de Manipulator
Article anachronique sur les MC5

vendredi 20 février 2015

LP Review : Blood Visions By Retard Records & Friends (Garage Rock)




L'an dernier, le label Retard Records s'est lancé un défi plutôt... très risqué : proposer a autant de groupes qu'il y a de morceaux de reprendre le légendaire Blood Visions de Jay Reatard. C'est ce même Jay Reatard que Still in Rock a justement chroniqué en août dernier, disant qu'il est celui qu'on écoute "lorsque plus rien ne reste, lorsque l'on a envie d'une dose létale d'un Garage super sale. Jay aura créé Ty Segall de toutes pièces, Jay aura transformé la scène et aura su redéfinir le way of life du rockeur.". Oui, le défi était donc très risqué !

Nul besoin de créer un faux suspens, cet album, finalement paru il y a quelques jours à peine, est particulièrement génial pour deux raisons : la première, il permet de faire le point sur la scène garage française qui n'en finit pas de monter. La deuxième, Jay Reatard était un véritable génie et ces reprises lui font largement honneur. Que ce soit dit, tous les titres de cet opus méritent leurs écoutes. Tachons tout de même de dresser le portrait de ceux qui ont le plus retenu mon attention. 

C'est au groupe Bazooka que revient la tache la plus difficile de reprendre l'ultime hit de toute la discographie de Jay Reatard, j'ai bien sûr nommé "Blood Visions". Dur d'en faire quelque chose de plus extraordinaire, mais le groupe s'en tenir déjà très bien. Et puis, dès l'apparition de la tracklist, j'étais particulièrement impatient de monter le volume sur un "It's So Easy" repris par Dusty Mush. Le son est encore plus profond que sur l'original, Dusty y ajoute un psychédélisme de velours tout à fait destructeur. C'est la première claque de l'opus. White Mystery And The Holy Motors s'essaie ensuite à "My Shadow", autre titre depuis inscrit dans la légende. Les voix sucrées contrastent parfaitement avec un Garage qui tire sur du bon noisy. C'est une nouvelle réussite ! Un peu plus loin se cache "I See You Standing There". C'est cette fois-ci Kaviar Special qui s'y colle. On retrouve cette même façon de faire que sur son opus éponyme, un son qui semble être passé entre les mains de Tucker & Dale. Ce garage haché est imparable.

Sick Hyenas est un de ces quelques groupes sur lesquels je n'ai jamais eu l'occasion de faire un article, ça viendra, mais qui méritent pourtant bien des éloges. Leur reprise de "We Who Wait" est assurément l'une des pièces les plus convaincantes de l'album. Surprenante, le groupe trouve ici le parfait équilibre entre le conservatisme qui doit pousser à maintenir les quelques éléments sonores qui forment l'identité du titre et la liberté d'y ajouter ce qui fait d'une reprise... une très bonne reprise. Sapin, autre groupe à surveiller (particulièrement fort en live), s'attelle à "Fading All Away". C'est pop, c'est jouissif, c'est solide. Dans un style tout à fait différent, Dragster délivre un "Turning Blue" super psyché qui a de quoi nous faire tourner les tympans. Ça cogne fort là où on aime. C'est finalement, et logiquement, à Volage que revient la tache de conclure cet LP avec une reprise de "Waiting for Something". Groupe le plus accompli de cet album, Volage fait honneur à son statut. Meilleure reprise de l'album, on y entend la voix de Paul Rannaud, celle qu'on aime tant, le titre est déstructuré à la perfection et son final s'inscrit plus dans la catégorie de chef d'oeuvre qu'autre chose. 

En somme, le défi est relevé haut la main. Retard Records vient d'ajouter une nouvelle pierre à l'édifice Jay Reatard avec le plus beau des hommages. Quelle fierté ce doit être ! Je suggère maintenant un concert qui réunisse tous ces groupes pour une soirée... exceptionnellement bloody


(mp3) Volage - Waiting for Something (Jay Reatard cover)
(mp3) Sick Hyenas - We Who Wait (Jay Reatard cover)


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jeudi 19 février 2015

Live Report : Ex Hex (Power Pop / Glam Rock)





Live Report : Ex Hex


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English version


Trash Kit stormed the stage with a very effective groove of Riot grrrl music. Furthermore, in order not to paraphrase the style of the nineties, Trash Kit added a most welcome Afro Pop. Remarkable.



The three divas of Ex Hex finally arrived on stage, with sequin shorts and a sharp guitar. Immediately, the group issued an gorgeous Glam Rock. The first titles were completed with the ease of a band that has dozens of singles to its credit. This is the strength of Ex Hex, only one album and already so many hits to choose from. Fluorescent rays seemed to have spurted out of Mary Timony’s guitar. Ex Hex then raised the tone, addressing the screeching solos that have given us an aftertaste of what the crazy days of CBGB was. This punk spirit drove the band to produce some stunning sequences.




The contrast between the absolute power of the music and the smiles of the three stooges did not take long to create a great euphoria, the kind for which ones Lester Bangs wrote that fortunetely, "nothing can cancel the reality of that night." Black Sabbath had better watch out. The bodies arched and the guitars strained, Ex Hex issued the best Power Pop show I ever attended. The combo "New Kid" / "Hot and Cold" (see the video) was almost too much to handle; so good! 1977 is often described as the year of punk music, and Ex Hex reminded us that the glamor of those years was also in the power of Milk 'n' Cookies and other geniuses. The coup de grace was finally carried by an ultimate cover of Johnny Thunders’ "You Can't not Put Your Arms Around A Memory". Rips’ titles, meant to be played on stage, found a new meaning Tuesday night. This album is great, this band is great, it is impossible not to think that Mary Timony will soon be part of the living legends of the scene.




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French version


Trash Kit a pris d'assaut la scène avant qu'Ex Hex n'apparaisse. Le groupe a donné dans un Riot grrrl très efficace. Pour ne pas paraphraser le style des groupes nineties, Trash Kit y a ajouté une Afro Pop très bien venue. Remarquable.

Les trois divas d'Ex Hex sont finalement arrivées sur scène, shorts en paillette et guitare bien acérée. Immédiatement, le groupe a délivré un Glam Rock absolument splendide. Les premiers titres se sont enchaînes avec la facilité d'une formation qui a des dizaines de singles à son actif. C'est là la force d'Ex Hex, un seul album et déjà tant de morceaux de choix. Des rayons fluorescents semblaient jaïre de la guitare d'une Mary Timony tout à fait radieuse. Et puis, Ex Hex a forcé le ton, s'attaquant à des solos crissant qui nous auront donné un arrière goût de ce qu'était la folle époque de CBGB. C'est cet esprit punk qui a poussé le groupe a produire quelques magnifiques enchaînements.

Le contraste entre la puissance du son délivré et le sourire des trois comparses n'a pas tardé a créer une euphorie digne de ces soirées pour lesquelles Lester Bangs remerciait le fait que "nothing can cancel the reality of that night". Black Sabbath n'avait alors qu'à bien se tenir. Les corps arqués et les guitares tendues, singles sur singles, Ex Hex a délivré le meilleur concert de Power Pop auquel je n'ai jamais assisté. Le combo "New Kid" / "Hot and Cold" était presque trop, trop bon. On décrit trop souvent '77 comme l'année du punk, Ex Hex nous a rappelé que le glamour de ces années-là était également dans la puissance de Milk 'n' Cookies et autres génies du genre. Le coup de grâce fut finalement porté par une ultime reprise du "You Can't Put Your Arms Around A Memory" de Johnny Thunders. Les titres de Rips, il faut le dire taillés pour la scène, ont trouvé un nouveau sens mardi soir. Cet album est grand, ce groupe est grand, impossible de ne pas penser que Mary Timony fera bientôt partie des légendes vivantes de la scène.


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Interview à venir…
Album Review de Rips

mercredi 18 février 2015

Still in Rock présente : Kit Convict & Thee Terrible Two (Slacker Punk)




Kit Convict & Thee Terrible Two. Un peu de raw, une musique qui cogne et qui ne connait aucune concession. Probable amateurs des Cramps, Kit Convict & Thee Terrible Two a fait paraître son premier album pour Halloween. Ça n'étonnera personne. Nommé Watch Your Skull, le groupe le décrit comme étant un ensemble de 17 morceaux de Garage Punk Psych. En réalité, j'y vois plus volontiers un Punk très originel, celui des grands groupes anglais. Mais c'est aussi le Punk plus expérimental des Homosexual, celui de Unsacred Hearts et de Gang of Four.

Kit Convict & Thee Terrible Two est un groupe originaire de Melbourne. Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu un si bon Punk australien depuis de longues années. Son leader, Kit Convict, a déjà sévi avec les groupes The Kits et The Spasms. Il revient avec un nouveau projet qui a la brutalité d'une circoncision.

Alors, qu'est-ce que Watch Your Skull nous réserve de meilleur ? Procédons par ordre alphabétique, parce que why not. On croise le chemin de "Back From the Dead". Kit Convict sait comment nous plonger dans son univers joyeusement morbide avec un excellent Slacker Punk. On trouve ensuite "Coyote", le premier single du groupe. Excellent choix ! Meilleur titre de l'opus, "Coyote" a tout du parfait morceau de Punk façon Wire. A Coyoteee! La violence de "Curse" me rappelle pour sa part le Punk originel des Homosexuals. C'est brut et un peu barbare.

"Kit Convict Wild Convict" reprend la guitare hachée qui réussit si bien au groupe. Les paroles sont toujours aussi simples, du genre que l'on veut crier au milieu d'une foule déchaînée. C'est terriblement efficace, tout ce que devrait toujours être le Punk. Toujours dans la même mouvance Slacker, le Tueur du Vendredi revient sur "Sacrifice Your Spirit To the Dead". Et puis, le Psych auquel le groupe se réfère arrive sur "Skeleton". Enfin, "Wild About Me" fait partie du tout meilleur à ce jour produit par le gang Kit Convict. Titre le plus abouti de tout l'opus, Kit Convict montre la voie de son deuxième opus.

L'écoute de Watch Your Skulls nécessite de se mettre en condition, éteindre les bougies et fermer les volets. L'expérience en vaut la chandelle. La même chandelle avec laquelle le Colonel Moutarde semble avoir sévi. Au final, Kit Convict & Thee Terrible Two a le mérite de délivrer un Punk auquel nous ne sommes plus habitué. Kit Convict & Thee Terrible Two, l'original de la scène anglaise post-77. Presque 40 ans après, Sir Alick & The Phraser a trouvé sa relève.




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Mixtape Still in Rock sur le Punk '77

mardi 17 février 2015

Still in Rock présente : Magic Castles (Psych Bedroom Pop)




Magic Castles est un groupe originaire de Minneapolis qui vient de faire paraître son 4ème album via A Records. Intitulé Sky Sounds, on y trouve un total de 8 morceaux qui exploitent la Bedroom Pop sous un angle nouveau. Son label ne s’y trompe pas, il décrit Magic Castles comme un groupe dans la lignée de Spacemen 3 (ici) et Galaxie 500 (ici), deux groupes chroniqués par Still in Rock qui, sans conteste, représentent le meilleur la lignée shoegaze.

Dans l’ensemble, le rythme imposé par l’album est suffisamment lent pour nous laisser le temps de contempler le paysage sonore. La présence de l’orgue, l’effet studio porté sur les voix et la batterie très jazzy font de Sky Sounds un opus qui porte parfaitement son nom. “Trembling Hands” est un premier titre discret et timide. Il semble tenter l’expérience early 13th Floor Elevators, mais là n’est finalement pas le plus intéressant. “Sky Sounds”, le deuxième morceau, est d’un tout autre niveau. Magic Castles se frotte enfin à cette Bedroom Pop à laquelle il ajoute une tendance psychédélique fort appréciable. Vient ensuite “Dragonfly”, le morceau le plus féérique de tout l’album. Magic Castle y trouve la mélodie, celle qui définit l’identité sonore de l’opus tout entier. 

Vient ensuite une belle surprise avec “Silent”. Le groupe y embrasse en plein son amour pour des mélodies plus langoureuses. On s’éloigne de l’aspect psychédélique des premières créations, mais le résultat n’en demeure pas moins profond et mystérieux. “Rebecca’s World” tente de parvenir au même résultat, mais avec moins de réussite. Quant à “White Stone”, le titre se rapproche du rock psychédélique japonais, avec des airs de celui de nos amis de Kikagaku Moyo. Poussif, le titre parvient tout de même à trouver une guitare nineties qui rappelle les fulgurances de Dinosaur Jr.

Mole People” est le titre le plus long de cet opus. Alors que l'envie d'emprunter à la musique orientale semble naître à mi-parcours, Magic Castles se refuse finalement à tenter l’expérience. Dommage. “Mole People” perd en efficacité au fil des minutes, mais il a le mérite de nous maintenir la tête sous l’eau, les pupilles pleines d’artifices. L’album se conclut finalement sur “Wander”. Une fois encore, une dernière fois, Magic Castles aborde sa Bedroom Pop avec toute la délicatesse qu’elle mérite. Le groupe n’est jamais aussi bon que lorsqu’il s’essaie à ce style de musique si particulier.

Au final, Sky Sounds est un album innovant qui, s’il rate parfois son coup, nous surprend agréablement. Le mélange des genres, entre Bedroom Pop et musique psychédélique, est peu souvent rencontré. Magic Castles parvient ainsi à se faire une place de choix dans la galaxie pop psychée menée par White Fence et autres génies (ici). Cet opus réaliser l’exploit de contenter les grands amoureux du psychédélisme originel sans pour autant laisser tomber ceux qui auront compris que la dernière grande période du genre se cache dans les années ’90 avec Sonic Youth et consœurs. C'est fort.


(mp3) Magic Castles - Dragonfly
(mp3) Magic Castles - Sky Sounds


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Article sur Mild High Club
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lundi 16 février 2015

Anachronique : Jackson C. Frank (Folk)




Jackson C. Frank. C'était il y a 50 ans. Jackson C. Frank, c'est un destin tragique. Victime d'un accident alors qu'il était à l'école, il s'en sortira de justesse, le corps marqué à vie. La grande majorité de ses camarades y laisseront leur vie. De quoi forger une âme. C'est avec le chèque qu'il recevra de son assurance durant sa 22ème année qu'il décidera de s'exiler à Londres. Il y rencontrera Paul Simon, qui l'aidera à exprimer tout son talent. Un album naitra de cette collaboration. Jackson C. Frank abandonnera ensuite les studios pour retourner à une vie de bohème. Cet album, son album, sera cependant repris par de très grands noms de la scène, dont Bert Jansch et Nick Drake. Paul Simon sera le producteur, Al Stewart et Art Garfunkel seront de l'enregistrement, 

Souvent associé à la vague d'explosion Folk des années '1960, Jackson C. Frank est un artiste emblématique de cette période, à bien des égards. Sa musique est faite du plus simple appareil : une guitare, une voix, rien de plus. Ses textes sont de véritables modèles du genre, sorte de poèmes qui font ressortir toute la solitude de ces années. 

Self-titled, son seul et unique album est aujourd'hui le témoignage le plus fidèle de ce qu'était le génie de Jackson C. Frank. Il paraîtrait qu'une session Peel enregistrée 1968 doive bientôt voir le jour en vinyle. Freakfolk lovers, soyez-prêt, il n'y en aura pas pour tout le monde. Et d'ici là, on se délectera encore de ce seul album studio. 

"Blues Run The Game", c'est un peu Le hit de Jackson C. Frank, à sa façon. C'est également le premier titre de son album, déjà un chef d'oeuvre. "Yellow Walls" marque par un son de basse qui donne le répondant à une guitare plutôt guillerette. "Here Come The Blues" parle de lui même. La musique de Jackson C. Frank est issue de la grande période du blues, celle des débuts de Clapton, du John Lee Hocker, mais aussi, de façon plus probante, de Lightnin' Hopkins. Ce blues de Jackson C. Frank est très doux, il rappelle les grandes envolées qui inspireront tant d'artistes. Combien de notes Bob Dylan a-t-il emprunté ? 

Vient ensuite la grande tristesse de "Milk And Honey". Le titre est difficile à écouter. On serait tenté de se précipiter vers le prochain. Et pourtant, introduit sur une sorte de haïkaï, "gold and silver, is the autumn", Jackson C. Frank nous donne là de quoi nous enfouir dans de longues et belles pensées. Aussi, qu'entendait-il par "My Name Is Carnival" ? La fausseté du monde qui l'entourait ? Je passerai sur l'évidence de "I Want To Be Alone (Dialogue)" et "You Never Wanted Me" pour rebondir sur un titre complexe, "Just Like Anything". Nouvelle expression de la gravité de l'artiste, ce morceau est celui du désenchantement. 'Death gives no reason, So why should I'.  

Marquons une pause, et relevons, avant de traverser plus encore les quelques morceaux restant, à quel point la musique de Jackson C. Frank sait éviter toute prétention. C'est pourtant un défaut avec lequel l'artiste a flirté tout au long de l'enregistrement de cet album. Miser son travail artistique sur sa voix est certes très courageux, mais le m'as-tu-vu prend parfois souvent le pas, au risque de n'orienter l'aspect créatif que sur cette seule feature. Et pourtant, Jackson C. Frank, à l'unanimité, présente un album dont l'humilité sert de modèle. Dur de déterminer quel est son secret. De façon certaine, on se réfère à des paroles très personnelles qui semblent ne rien cacher. Jackson C. Frank réussit là où bien des biographes ont échoué. 

"Marlene" marque immédiatement sa différence. Voilà un hit en puissance, de la folk pour les gens, faite pour plaire à son auditeur, le charmer pour lui faire admettre la magie d'une romance poussiéreuse. On y entend un Jackson C. Frank qui est encore plus proche de nous. Il se tient là, il chante pour nous. Splendide, féérique. Les coups donnés sur la guitare nous font traverser des montagnes. Peut-être "The Visit" est-il le titre qui marque le plus sa nationalité. On s'imagine si facilement parcourir la route des grandes vallées. Et puis, il fallait forcément un final qui marque les esprits. "Prima Donna Of Swans" joue ce rôle. On imagine si facilement les dizaines de biographies qui porteraientt ce nom, le documentaire, le surnom de Jackson C. Frank, The Swan Boy. Pourtant, il n'en est rien, mais la beauté demeure. Comme un pied de nez à la scène, il conclut sur "Relations", un des morceaux les plus dépouillés de l'album. Egalement l'un des plus beaux. 

Lorsque j'écoute cet album, je me dis qu'il a transposé en musique ce que Kerouac écrivait de la sorte : "I'm writing this book because we're all going to die." Jackson a précisément composé son album pour cette raison. A ne pas en douter, c'est également pour cela qu'il n'en aura jamais composé bien plus. 

Alors, pourquoi Jackson C. Frank n'est-il pas plus reconnu ? Surement est-ce en partie dû à la quasi-absence de mélodies qui jouent sur l'immédiateté. Dans le genre le plus pur, Jackson C. Frank ne donnait que dans l'arpège, de la folk au service de l'émotion. Impossible de ne pas voir comment cette monotonie apparente a pu en décourager plus d'un. Mais, ne baissons pas les bras, Jackson C. Frank sera un jour reconnu comme il se doit, ça ne fait aucun doute. D'ores et déjà, comment ne pas voir qu'inspirer des reprises à Nick Drake, un album à Beck et de nombreux titres à Simon & Garfunkel ne peut être que l'oeuvre que d'une pièce magistrale. 




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