lundi 28 juillet 2014

Anachronique : Spacemen 3 (Pop Shoegaze)




Spacemen 3, ou the Sound of Confusion. Spacemen 3 est un groupe anglais, formé en 1982 à Rugby et séparé en 1991. Ses leaders ? Jason Pierce (aka J. Spaceman) et Peter Kember (aka Sonic Boom). Durant ce temps, Spacemen 3 aura fait paraître 4 opus : Sound of Confusion (1986), The Perfect Prescription (1987), Playing With Fire (1989) et Recurring (1991). Et puis, après la séparation du groupe, ses membres continueront à marquer l'histoire de la musique anglaise. Il n'y a qu'à voir : Spiritualized, Spectrum et j'en passe, autant de groupe qui naîtront de l'éclatement des Spacemen 3. Mais rembobinons un peu. Cet article est celui de The Perfect Prescription (1987), à mon sens le meilleur des Spacemen. Originalement paru sur Glass Records, il sera réédité de nombreuses fois sur Fire Records (dont la dernière en 2013) et Genius Records (la version 1995 est probablement celle où le mastering est le meilleur).

The Perfect Prescription est le fruit de 8 mois d'enregistrement aux VHF Studios. Remanié à maintes reprises, il sera finalement choisi de ne pas donner trop d'overdubs aux guitares afin que le son soit reproductible en live. En cela, The Perfect Prescription est moins shoegaze que les autres opus de Spacemen 3 qui auront marqué une véritable évolution du genre. The Perfect Prescription maintien pourtant de nombreux codes de ce style musical, avec ses longs set psychédéliques, ses guitares criantes et ses voix exploitées comme des instruments. C'est ce qui fait de The Perfect Prescription un album particulièrement génial : son ambiguïté dans la création qui donne lieu à des morceaux très difficiles à s'approprier. Et puis, Spacemen 3 était un groupe qui avait le sens de l'histoire. Ses deux membres fondateurs n'avaient de cesse de travailler leur musique dans l'optique de créer/faire rennaître du mouvement. On trouve donc de l'Acid Rock, du Proto Punk, du Shoegaze, de la Brit Pop... 

Le son des Spacemen 3 se caractérise surtout par une batterie volontairement très primaire qui vient de confronter à des guitares super noisy. Mais The Perfect Prescription ne joue pas dans le même registre. C'est album est le pendant du Stoned & Dethroned (1994) de The Jesus and the Mary Chain. Une guitare acoustique occupe tout la place et l'on semble trouver un groupe plus apaisé que sur son premier album, Sound of Confusion. 

L'album s'ouvre sur le morceau qui tire vers le noisy et le punk des autres albums du groupe, j'ai nommé "Take Me to the Other Side". A écouter tant il est représentatif de ce qu'est Spacemen 3. On y comprend que le psychédélique shoegaze du groupe n'a rien de générique. Ses nombreux interludes viennent entrecouper une belle création. Vient ensuite "Walkin' With Jesus". Sa guitare acoustique, l'orgue, ses petites envolées, la voix nonchalante de Kember, voilà le premier hymne des Spacemen 3. "Ode To Street Hassle" est l'un des morceaux les plus évidents de The Perfect Prescription. Les Spacemen 3 reprennent la marche avec Jesus dans un titre parlé qui deviendra l'un de leurs principaux hits. Et puis, impossible de passer outre les 10 minutes de "Ecstasy Symphony/Transparent Radiation (Flashback)". C'est... épique.

"Come Down Easy" est un titre ambivalent où la guitare acoustique est doublée par un bourdonnement qui lui donne toute l'intrigue que les Spacemen recherchée toujours à créer. Ça vibre. A mon sens l'une des meilleures créations du groupe, ce titre saisit par son équilibre tout à fait spécial. Et puis, "Call The Doctor" vient terminer la première version de cet album, sur fond d'une dose fatale d'ectasy. Ce morceau n'a aucun lien avec la fabuleuse version de JJ Cale (ici), mais il est assurément tout aussi bon que le précité. Pour la première fois de l'album, Spacemen 3 laisse le lead à la guitare qui tient une place centrale hypnotisante. Notons la présence de "Soul 1", un bonus track trop majestueux pour être laissé de côté. Le mélange entre l'étirement des cuivres et le synthé vient parfaite plus de 5 minutes dont le spleen est tout à fait immense. Peter Kember décrivait The Perfect Prescription comme étant 'a concept album', rajoutant 'it’s about our better and worse experiences with drugs'. "Soul 1" retranscrit à lui seul l'intégralité de cette déclaration.

L'histoire de Spacemen 3 est aussi faite de nombreux singles et de reprises absolument fabuleuses, comme celle de Suicide ("Che") ou de Mudhoney ("When Tomorrow Hits"). Je ne saurai trop vous encourager à fouiller dans la discographie du groupe, on y trouve tellement d'éclats de génie. Un dernier exemple ? "Things'll Never Be The Same". Lancez cette musique une fois la nuit tombée, confortablement assis dans un canapé. Votre cerveau s'en retournera, le monde de Dorian Gray sera alors le vôtre et tout ce qui a fait la puissance des folles soirées '80 rennaîtra alors subitement. Spacemen 3, c'est l'un des plus grands groupes psychédéliques anglais de tous les temps. Aujourd'hui grand oublié de la scène, demain légende parmi toutes.


(mp3) Spacemen 3 - Things'll Never Be the Same (1987)
(mp3) Spacemen 3 - When Tomorrow Hits (Mudoney cover, 1991)


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jeudi 24 juillet 2014

Still in Rock présente : Boytoy (Pop Punk)





Boytoy. C'est la promesse d'un été ensoleillé aux effluves juvéniles dont le leitmotiv serait "I don't care, I just wanna...". À Paris, comme chaque été le parc de la Villette va se transformer en cinéma à ciel ouvert et cette année les films proposés s'articuleront autour du thème de l'adolescence, avec notamment la référence ultime American Graffiti du réalisateur Georges Lucas. Boytoy, l'EP self titled de ce trio tout droit venu de Brooklyn résonne comme le parfait écho de cette période délicatement merveilleuse ou merveilleusement délicate, c'est selon. Sorti en mai dernier et produit par le label PaperCup Music, il se compose de 7 titres et se révèle être une excellente surprise à mi-chemin entre garage pop et punk. L'écoute de Boytoy nous fait traverser à nouveau l'adolescence, en passant de moments d'exaltation insouciante, avec "Shallow Town", à l'urgence d'un titre tel que "Runner". Si "Blazed" pourrait bien être la pépite de cet EP, l'ensemble des chansons forme un tout cohérent et terriblement prometteur. On ne pouvait pas en rester là, alors Still in Rock s'en est allé interviewer Glenn Van Dyke, la guitariste du groupe.

À la question de savoir comment le groupe s'est formé, la réponse gravite rapidement autour de Brooklyn : "Avec Saara, on jouait toutes les deux dans des groupes différents qui avaient tourné ensemble et ils se sont tous deux séparés au même moment. Saara envisageait d'emménager à Brooklyn et ça a été l'élément déclencheur pour elle. Aucune d'entre nous n'envisageait d'arrêter la musique, alors on a commencé à jouer ensemble et Boytoy était né".

Si, au départ, Glenn et Saara envisageaient de créer un groupe punk "parce que l'on aime l'énergie qui se dégage de ces concerts", leurs influences sont plus complexes et variées. L'essentiel étant au final de créer "le genre de musique sur laquelle tu peux danser, head banger et faire bien d'autres choses encore...". Cette formule leur a rapidement ouvert des portes et notamment celle de la famille Burger Record, avec laquelle Boytoy a fait paraître son EP au format cassette. "Ils sont tellement géniaux dans leur approche globale du concept de label. Ils sont très utiles aux petits groupes qui souhaitent sortir leur musique. Ils ont réussi à créer une communauté qui n'existait plus depuis les débuts de labels tels que 4AD ou Subpop et de tous ces labels sur lesquels les gens comptaient pour découvrir de la musique. C'est vraiment cool d'en faire partie et d'être intégré à de super groupes". 

Influencé par The Kinks, Nirvana ou encore The Smahing Pumpkins, Boytoy ne compte s'arrêter là et prépare déjà la suite "On a beaucoup écrit et on a quelques titres enregistrés que l'on n'a pas encore sortis et qui iront soit sur un album complet, soit sur un 7 inch". Une dernière question et puis s'en va : à quand un concert sur le vieux contient ? "Dès que l'opportunité se présente, on viendra avec plaisir en Europe. Allez, on le fait ! On nagera si besoin !".





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mercredi 23 juillet 2014

Still in Rock présente : Tijuana Panthers (Surf Pop)




Tijuana Panthers est un groupe originaire de Long Beach (Californie). Formé en 2009, le groupe a fait paraître un nouvel LP en 2014 via Innovative Leisure, j'ai nommé Wayne Interest.

Cela fait un petit moment que l'article de Tijuana est dans les cartons, et leur récent live au Point Ephémère a fini de me convaincre de le publier. Tijuana Panthers n'en est pas à son premier essai. Le groupe a déjà fait paraître Max Baker en 2010 et Semi-Sweet en 2013. Comme sur ces deux autres LPs, le manque de maturité musicale est assez lassant, mais force est de constater que quelques mélodies finissent par s'imposer. Jouons la carte catchy à fond avec un album qui ne passera pas l'été. Mais c'est déjà cool, n'est-ce pas ?!

L'album s'ouvre sur le mi-Pop mi-Surf "Four Horsemen". La production Mid-fi est plus la bienvenue. Dans le même registre, le groupe poursuit avec "Torpedo". Le son gagne un peu en intensité sur "Cherry Street". "Fired", plus Garage que les autres, à l'avantage d'un rythme qui prend immédiatement d'assaut. Vient ensuite "NOBO", le premier single de cet album. Complètement déconnecté des autres titres de l'album, "NOBO" est une petite ballade Pop qui fait son effet. Heureusement, la production lo-fi et la guitare qui apparaît à la fin viennent sauver le titre d'une liasse mielleuse dans laquelle il semble s'enfoncer à mi-temps. Il passe finalement le cap, porté par son introduction assez géniale.

Le groupe s'attaque ensuite à la légende en reprenant Buzzcocks sur "Everybody's Happy Nowadays". Bon... il n'est jamais facile de s'attaquer à si grand, et il faut dire que Tijuana s'en sort plus très bien. Cette reprise est même le meilleur titre de l'album (jamais super bon signe non plus). Mais rien, RIEN n'égalera jamais l'original, que ce soit dit ! Et puis, entre quelques titres pas franchement géniaux se trouve "Wayne Interest", une belle création qui emprunte son nom au titre de l'opus ! L'album se termine finalement sur un doo-wop, "Car Crash", qui est assez amusant.

En somme, l'énergie très Teen Spirit qui habite tous les titres de cet LP est définitivement summer-ish. Les quelques mélodies très surf s'inscrivent en plein dans le genre et les quelques titres ici remarqués feront assurément l'affaire pour les mois à venir !




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Article anachronique sur Buzzcocks
Article sur Indian Twin (Spook Surf)

mardi 22 juillet 2014

Morgan Delt en Session Daytrotter (Psych Pop)




Morgan Delt est l'auteur d'un des meilleurs opus de l'année, une pièce psychédélique étonnante qui a fait l'objet d'un Album Review sur Still in Rock en février dernier. Mais le revoilà en très grande forme avec une session Daytrotter datée de Mai dernier qui mérite tous les hommages.

"Black Tuna Gang" est un titre court, mais qui contient pourtant sa petite épopée. Toujours sur ces airs égyptiens, Morgan Delt délivre un bon premier morceau. "Beneath The Black And Purple" emboîte le bas. Titre le plus long de cette session, plus de 5 minutes, il laisse logiquement place à tout le psychédélisme que l'on attend de Morgan Delt. Et c'est clairement un très très bon titre du genre. Déjà sur l'album, nous en disions que ce "morceau nous secoue dans mille directions". Le voilà donc sublimé sur cette belle session.

Morgan délaisse un peu du côté Pop de la version studio de "Mr. Carbon Copy" pour lui donner un brin de psyché supplémentaire. Le résultat super bien réussi. Les reverbs poussées sur sa voix sont une sacrée bonne idée. Enfin, cette session fait apparaître le visage de "Lizard Brains", sorte de "Make My Grey Brain Green" repris et torturé à la façon de Tame Impala. En somme, Morgan Delt confirme plus que jamais son statut de leader de la scène psychédélique en cette année 2014. Et c'est même assez étonnant, mais ces 4 morceaux Daytrotter sont encore meilleurs que les originaux. Preuve de tout le talent de Morgan Delt, si besoin était. 


(mp3) Morgan Delt - Beneath The Black And Purple (Daytrotter)
(mp3) Morgan Delt - Lizard Brains  (Daytrotter)


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Album Review de Morgan Delt (2014)
Album Review de Lonerism, Tame Impala (2012)

lundi 21 juillet 2014

Anachronique : Johnny Thunders & the Heartbreakers (Punk)




Johnny Thunders & the Heartbreakers était le groupe de Johnny Thunders et de ses amis. Johnny a certes déjà fait l'objet d'un article anachronique écrit par Mazz. Mais pour mieux comprendre encore le personnage du Johnny Thunders, il était indispensable de nous pencher un peu plus sur l'histoire de cette légende du rock. Cet article s'impose finalement comme le liant entre 3 articles anachroniques déjà publiés par Still in Rock, sur Television, sur Richard Hell and the Voidoids, et sur Johnny Thunders lui-même. Explications.

Johnny a rejoint les New York Dolls en 1971. Il participera à former la légende de ce groupe aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands groupe de Punk de l'époque, pionnier du genre. Et puis, il partira former les Heartbreakers en 1975 (à ne pas confondre avec le très bon Tom Petty and the Heartbreakers), en compagnie de Jerry Nolan de NY Dolls et de Richard Hell qui quittera le légendaire Television pour l'occasion. Rapidement, Johnny obtiendra le départ de Hell qui voulait s'imposer comme frontman. C'est alors que Richard Hell formera Richard Hell and the Voidoids, autre groupe déjà chroniqué par Still in Rock.

Je voudrai ici porter mon attention sur L.A.M.F., aka Like A Mother-Fucker. Paru le 3 octobre 1977, année la plus mythique de l'histoire de la musique (et déjà le 9ème article anachronique), il est le premier album du groupe. La piètre qualité de l'enregistrement causera d'ailleurs la séparation du groupe (et 3 re-released, avec 3 enregistrements différents, celui étant ici chroniqué est l'original, of course). Il se reformera certes, mais rien ne sera jamais plus pareil. La preuve, aucun opus original ne paraîtra plus sous ce nom là. Et pourtant. Si la critique et le public ont assez mal accueilli L.A.M.F., il n'en demeure pas moins qu'il est une pièce majeure de l'histoire du Punk. Et un merveilleux opus. Mais la faillite du label, Track Records, et la concurrence de l'époque ont fait qu'il est surtout passé inaperçu.

L'album s'ouvre sur "Born Too Loose", devenu un grand classique du Punk. Le son de la guitare rappelle celui des Ramones, et le refrain qui revient sans cesse est si représentatif de l'estime que se portrait Johnny Thunders qu'on ne peut qu'en faire un hymne. "Baby Talk" est moins évident, mais "All By Myself", l'un des titres le plus Pop, vient ensuite nous replonger dans le bain Heartbreakers. Une fois encore, Johnny Thunders nous assène le refrain plus que de mesure et des petits solos de guitare viennent faire briller le groupe qui se détachait en ça d'un Punk super pur.

"I Wanna Be Loved" est un nouveau cri comme seul Thunders savait en délivrer. Le titre est pourtant un classique, mais il n'y à rien à y faire, lorsque Johnny est impliqué, le tout prend une tournure supérieure. "Chinese Rocks" fait crisser les guitares à tel point que l'on y perd la voix de Thunders. Mais qu'importe. Seuls les mots Chinese Rocks semblent émerger par moment et on se concentre pour le reste sur les deux lead guitares (l'effet stéréo est splendide) parfois accompagnées par une troisième et quatrième guitare. Preuve de l'indiscipline des Heartbreakers, vient ensuite un nouveau titre de Pop avec "Get Off The Phone".

Et puis, une des créations les plus majestueuses de l'année 1977, "Pirate Love". L'effet radio posé sur la voix de Johnny parfait un morceau trop beau pour être vrai. Le solo de basse, ses multiples guitares et son introduction sur fond "You've got to be that girl; In the diamond world" sont autant d'éléments qui nous amènent en paix vers un final souvent imité, jamais égalé !! La batterie de "One Track Mind" maintient le flux destructeur des précédents morceaux. Comme pour "Baby Talk", ce titre présente des standards Punk plus classiques. On se rapproche de la fin de l'album avec "I Love You" où l'on retrouve cette obsession qu'avait Johnny. Un petit solo de guitare plus loin sur "Goin' Steady" et on est déjà confronté au dernier morceau, "Let Go".

Samedi dernier, le 17 juillet, eut été l'anniversaire de Johnny Thunders. L'occasion de rappeler que sans lui, le Rock ne serait tout simplement pas ce qu'il est aujourd'hui.


(mp3) Johnny Thunders & the Heartbreakers - Pirate Love (1977)
(mp3) Johnny Thunders & the Heartbreakers - All By Myself (1977)


Liens afférents :
Article anachronique sur Television
Article anachronique sur Johnny Thunders
Article anachronique sur Richard Hell and the Voidoids

dimanche 20 juillet 2014

Albums Review : Paul Jacobs (Garage Rock)





Paul Jacobs

Two years...


Paul Jacobs, la claque Garage de l’année 2014. Paul Jacobs est un artiste originaire de Windsor (Canada), un one-man band qui semble être lancé comme une fusée, prêt à exploser la scène underground que l'on chérit tant.

Paul Jacobs a commencé à enregistrer en 2012, et nous sommes aujourd’hui en possession de toute une discographie absolument géniale. De Demos From The Basement paru en décembre 2012 à Mouldy Love, son dernier EP daté de juin 2014, Paul Jacobs a déjà la discographie de quelques grands noms de la scène. Pour l’heure, Paul va trop vite (trop fort) pour que la presse puisse le suivre. Mais je ne doute pas qu’il ne tardera pas à éclater au grand jour et qu’il remplira d’ici peu les plus grandes salles underground des villes américaines et européennes. Il enregistrera son prochain full LP la semaine prochaine qui sortira en vinyle d’ici 4 mois. Et Paul m’a promis que des copies seront dispos à Paris…

A l’écoute de tous ces morceaux, une question demeure. What if Paul Jacobs était arrivé en 2008 ? Aurait-il évincé Ty Segall de la scène, ou aurait-il produit une musique totalement différente ? Après tout, qu’importe ! Notons simplement que Ty Segall a commencé de la même façon, avec des créations de Rock Garage très inventives. Et puis, Ty Segall a su diversifier un son qui aujourd’hui le caractérise parmi tous. Paul Jacobs semble prendre un chemin similaire. Il n’y a qu’a écouter l’évolution qui est la sienne depuis ses premières démos, du Garage générique très efficace, à ses toutes dernières, du Garage aux allures révolutionnaire. 

Paul Jacobs a déjà rendu publiques 64 de ses créations. Still in Rock a par conséquent décidé de de sélectionner et ne chroniquer que la crème de la crème. Mais que ce soit bien dit, impossible de trouver un seul titre à ce jour composé par Paul Jacobs qui ne soit pas jouissif. Bref, voici donc un Albums Review un peu particulier, par ordre chronologique inversé :

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Mouldy Love (EP), 17 juin 2014




Mouldy Love est le tout dernier EP de Paul Jacobs. Et c'est un sans faute. Les 4 titres de cet EP méritent que l'on s'agenouille longuement devant tout le talent de Paul Jacobs. On y comprend à quel point cet artiste va illuminer les mois et années à venir. Souvenez-vous de votre première écoute de Paul Jacobs. 
  • Moudly Love : Voilà, c'est fait. A jamais, pour toujours, vos oreilles auront un jour croisée la route de Paul Jacobs. Alors, différent ?! Ty Segall a commencé comme ça. Une seule écoute de "Moudly Love" et on se dit : PLUS !
  • That Feeling : "That Feeling", c'est bien de ça qu'il s'agit. Le titre débute sur les mêmes bases que celle du premier avant que la deuxième guitare ne vienne définitivement en faire un très grand morceau de la discographie de Paul Jacobs. 
  • You Got Soul : Encore du Garage super bien inspiré, encore une petite bombe de moins de 3 minutes. "You Got Soul" est probablement l'une des créations favorites de Paul Jacobs tant on le retrouve sous différente forme au fur et à mesure que les LPs paraissent. Il faut dire qu'il a tout du parfait hold-up
  • Ocean City : LE titre de cet EP, "Ocean City" est le prototype du parfait morceau du genre. Les premières minutes dynamitent nos tympans, puis vient un interlude qui fait lentement monter la pression avant que le tout n’explose. On jurerait pouvoir y ressentir cette décharge d’adrénaline que l’on ressent en Live. "Ocean City" est l’un des meilleurs titres à ce jour composés par Paul Jacobs.

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I Need a Place to Keep My Stuff (LP), 14 avril 2014




Dans l’ensemble, ce LP est plus psyché que Mouldy Love. Cela implique que certains titres soient moins catchy, mais comment ne pas s’extasier devant tant de brio. Les deux derniers morceaux de plus de 5 minutes chacun nous réservent les dernières surprises qui nous font complètement lâcher prise.
  • Waiting for the Grave : Plus proche de ce que fait John Dwyer lorsqu’il décide de pousser un peu le riff avec ses Oh Sees, "Waiting for the Grave", c’est l’essence même du Garage, sa quintessence.
  • Nothing at All : Cette formule est décidément invincible : lo-fi sur la guitare, lo-fi sur la voix et toujours une phase plus explosive qui se fait longuement attendre. "Nothing at All" se démarque par ses doubles guitares qui nous donne exactement ce que l’on attend des meilleurs LPs de Garage : le chaos. 
  • Soul Catcher : Un des titres les plus Punk à ce jour composé par Paul Jacobs. 2 minutes d’extase où il ferait jouir le cadavre des Monks.
  • Take Me Downtown : On s’éloigne des Monks pour rejoindre les Twelve Monkeys. Paul Jacobs semble perdre contrôle, probablement trop excité à l’idée d’avoir pu s’échapper de l’asile. Et c’est encore l’ombre de John Dwyer qui semble planer sur ces 5 minutes. La dernière des 5 est particulièrement GRANDE. 

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the "I'll Listen to This Later" (split), 5 avril 2014




Split avec le groupe VAGUESS pour 4 titres de chacun de deux groupes. L’idée était excellente et la réalisation l’est encore plus. Lorsque Paul Jacobs n’a que 4 morceaux pour s’exprimer, il envoie très rapidement un gros son qui assomme l’auditeur. Sa voix est encore plus enfermée que sur ces dernières créations, pour un résultat plus noir et plus mystérieux encore.
  • I Want More : Bref, intense, fuzzy, psyché, "I Want More" est un modèle du genre. Le genre de titre que l’on écoute 100 fois sans que l’intensité ne baisse d’un cran.
  • Losing My Sight : Paul Jacobs, from d’Outre Tombe. "Losing My Sight" est l’ombre qui vient cacher le soleil, la mauvaise nouvelle qui vient gâcher une journée, la laideur qui éclabousse la beauté. 

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Drug Theaters (LP), 4 novembre 2013




On passe là dans les créations de l’année 2013. Drug Theaters est le troisième full LP de Paul Jacobs. Il est probablement celui qui contient le plus de hits. Moins constant, certes, mais plus efficace encore que les autres, Drug Theaters est le genre d'album à la Jay Reatard où des éclairs de génie viennent ponctuer une ballade Garage inattendue.
  • Trippin' in the Park : Un des titres les plus variés jamais composés par Paul Jacobs. Alternant entre pur Garage et phases psychées plutôt sixties, "Trippin' in the Park" est un excellent morceau.
  • When You're Dead : ou lorsque Paul Jacobs décide de revenir aux sources du Garage. Après tout, que faut-il de plus qu’un bon son de guitare bien crado pour soulever les foules ? Une bonne mélodie, et puis c’est tout. "When You're Dead" possède tous ces atouts.
  • Basement Corner : yes, Paul réitère sa déferlante Garage où sa voix vient se mêler à un ensemble Noisy qui fini par exploser en plein vol. On s'y voit déjà, les cheveux trempés, la chemise collante et les oreilles rougies.
  • Sharp Dress : Je parlais de la crème de la crème, et puis en voici une grosse part. Simplicité, minimalisme, Garage. "Sharp Dress" est le titre que Paul utilisera bientôt pour débuter ses lives devant l’immense foule qui acclamera son nom.
  • Electric Dollar : Et une fois encore, Paul Jacobs fait dans l’ultime. Si "Electric Dollar" était un titre de Ty Segall, il serait l’un de ses tous meilleurs. C’est dire. "Electric Dollar" intègre mon panthéon des meilleurs titres de Garage. Trop fort, trop bon, trop. Son final est d’ores et déjà une pièce centrale de la discographie de Paul Jacobs.

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Coffin Ride (LP), 10 juin 2013




À ce jour la création qui se tourne le plus vers le Punk. Le son de ce Coffin Ride est super loud, et Paul Jacobs ne laissait pas encore le moindre répit à son auditeur, ce qu’il fera dans ses créations les plus récentes. En somme, Coffin Ride est la création la plus proche de l’univers de Coachwips. Traduction : attention à vous !
  • Coffin Ride : En un titre, "Coffin Ride", le titre self-titled, résume tout ce que contient cet LP. Plus de 7 minutes post-apocalyptiques pour un morceau qui explore bien des facettes du Garage et du Punk Hardcore. Du War Garage, voilà comment le résumer. La tempête Paul Jacobs a encore frappé. Katrina peut repartir la queue entre les jambes.

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Paul Jacobs (LP), 5 mars 2013




Cet LP a une identité sonore moins marquée que les autres créations de Paul Jacobs. Il contient certes de très belles créations, mais moins se démarquent véritablement.
  • Spirit Folks : Est-ce le Canadian Spirit ? Paul Jacobs prend prétexte de 2 petites minutes pour nous éclabousser de riffs destructors.

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Demos From The Basement (demos), 29 décembre 2012




Cette compilation de titres regroupe 18 démos de Paul Jacobs. On y trouve les états primaires de nombreux morceaux que l’on a depuis retrouvés dans ses EP/LP. Le son manque un peu de punch, mais on y pressent déjà le potentiel de plus morceaux. L’état embryonnaire de grands titres Garage.
  • Winter Changed : On se rappelle quelques morceaux de Ty, on se rappelle que le Garage s'écoute en sautant à pieds joints, et on se rappelle que Paul avait dès ses débuts déjà tout compris.

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Voilà sans conteste la naissance d'un grand nom de la scène. Il y déjà tant à se mettre sous la dent.
J'en profite pour souligner également que tous ces artworks sont de la main de Paul Jacobs lui-même.
Il les regroupe d'ailleurs sur un tumblr disponible à cette adresse (ici)

Pour résumer Paul Jacobs en 5 titres, si tant est que ce soit possible :


Notation : 8,6 / 10 (barème)


Liens afférents :
Bandcamp
Album Review de Twins by Ty Segall (2012)

jeudi 17 juillet 2014

Split : Shannon and The Clams / Guantanamo Baywatch (Garage Surf)




Shannon and the Clams / Guantanamo Baywatch. Il y a quelques semaines à peine, Suicide Squeeze Records a fait paraître un très bon split avec Shannon and the Clams et Guantanamo Baywatch. Nous parlions justement du second à l'occasion de l'interview du premier. Cet article était donc inévitable. Suicide résume d'ailleurs très bien la situation : ces deux groupes sont two bands who were made to share a slab of wax.

Le titre de Shannon and the Clams est "Mama". Comme a chaque nouvelle écoute de Shannon, on est frappé par la pureté de sa grande voix. Et comme à chaque fois, on se laisse prendre par la surf guitar de Cody Blanchard. On se jette dans à la mer sans la moindre hésitation. Notons la facilité avec laquelle le groupe semble être toujours prêt à compenser de véritables hits. Shannon et ses clams y mettent trop d'amour pour qu'on ne le ressente pas. Doo-wop !

Quant à Guantanamo Baywatch, le groupe y interprète un petit "Love Kin" très bien pensé. L'eau est froide, on sautille pour ne pas être éclaboussé et la guitare de Jason Powell est là pour rythmer l'échappatoire. Ce groupe originaire de Portland parvient même à rappeler le son fifties sur un refrain à propos duquel Johnny Cash ne ferait pas... ÇA. What a split


(mp3) Shannon and the Clams - Mama


Liens afférents :
Article Guantanamo Baywatch
Interview Still in Rock de Shannon and the Clams

mercredi 16 juillet 2014

Still in Rock présente : Pow! (Psych New Wave)




Pow! est un nouveau venu en provenance de San Francisco qui vient de publier son premier LP via Castle Face. Les ressemblances avec le dernier de John Dwyer sont d'ailleurs assez frappantes. Ils sont finalement assez peu nombreux les groupes produits sur ce label et Pow! est incontestablement une bonne addition. Hi-Tech Boom est un album très noir qui exploite l'énergie des vieux films d'horreur américains. A la bonheur.

"Hope Dealers" est une introduction semi-psychédélique qui monte parfaitement en puissance. On passe d'une seule guitare à un trio du genre en l'espace d'un court instant. Et puis "Vertical Slum" vient tout de suite prendre notre pouls avec un morceau très Punk qui ne démord en rien de son envie de psychédélisme. "Sugi Walks" et "Switchboard Scientists" sont plus symboliques encore de l'univers du groupe. Ces deux morceaux exploitent à fond des synthés très eighties que Pow! mêle à des guitares assez nerveuses. Et puis, on reste dans cet univers similaire à celui de Gap Dream avec "66".

"Cyber Attack" calme le jeu, au moins au début. Il annonce en fait une fin d'album très aggressive, à l'image de "@ the Station". Ce titre est particulièrement intéressant lorsque les deux guitares viennent se transformer en plage électrique assez difficile à saisir. "Shoes (Pleh)" perpétue la space music spirit sur un morceau Pop qui nous amène en douceur vers "Fire Hose". Pow! pourrait être la bande son de la version hardcore de Space Odyssey




Liens afférents :
Article sur Gap Dream
Article sur The Jesus and The Mary Chain

mardi 15 juillet 2014

Still in Rock présente : Slow Animal (Noise Surf Punk)




Slow Animal, l'expérience est extrême. Duo originaire de Phily et du New Jersey, Slow Animal avait fait paraître un premier EP en 2010. Il revient 4 ans plus tard avec 5 nouveaux titres. 

"The Other Side", le tout premier, est franchement merveilleux. Les quelques premières secondes créent l'illusion d'un EP tout gentillet. Que nenni. "The Other Side" est un morceau qui emprunte au Punk ses riffs super rythmés pour le mêler à une mélodie bien lourde de presque Pop Punk. En bref, ce morceau est une introduction qui n'a pas froid aux yeux. Et Slow Animal va continuer ainsi durant tout l'EP. Le refrain de "Crazy" flirte lui aussi avec de la Noise Pop. L'introduction rappelle le Punk du dernier album de Wavves. Et vous seuls savez tout l'amour que Still in Rock porte à cet album.

"Only One" est le titre le mieux taillé pour faire connaitre le groupe. Franchement dur de ne pas s'agenouiller devant une telle débauche d'énergie. A ce stade là, on ne sera d'ailleurs pas étonné d'apprendre que Slow Animal a joué plusieurs shows avec Eagulls. Avec un fond de musique industriel, Slow Animal vient délivrer un Punk super créatif qui rappelle Holograms.  "Don't Wanna" vient quant à lui se frotter à l'univers des King Tuff, Fidlar et compagnie. 

Les derniers riffs viennent avec "Drink". Slow Animal continue de se prêter à un exercice de quasi Post Punk qui fait penser à certains groupes de la crise industrielle anglaise. Un EP 100% 5 étoiles, sans le moindre doute. Slow Animal vient d'assommer la scène Punk de cinq titres qui ne connaissent pas un seul défaut. Bim Bam Boum, la réponse américaine au génial album d'Eagulls ne se sera pas fait atteindre bien longtemps. Et par la même, Wavves a trouvé son successeur pour l'année 2014. Le groupe est actuellement en tournée dans le Nord-est des Etats Unis (dates) et m'a promis sortir un full LP avant la fin de l'année. Quelle excellente nouvelle !


(mp3) Slow Animal - Only One
(mp3) Slow Animal - Crazy


Liens afférents :
Album Review de l'album de Eagulls
Album Review du dernier album de Wavves

lundi 14 juillet 2014

Anachronique : Kim Fowley (Psych Garage)




Kim Fowley, le Dorian Gray du Rock'n'Roll. Kim Fowley, c'est LE CV le plus impressionnant de l'histoire des articles anachroniques. Tenez-vous bien. Outre une quarantaine d'albums solos, Kim Fowley est surtout remarquable pour avoir d'une manière ou d'une autre lancé : The Runaways, les Stooges, les Modern Lovers, Kiss, Phil Spector, les Them, Cat Stevens, les Soft Machine, KISS, Alice Cooper...

Il été ami de fac avec Nancy Sinatra et Bruce Johnston (Beach Boys), il a aidé les Flamin' Groovies à écrire Teenage Head, aura participé au premier opus de Frank Zappa, aura aidé le bassiste des Byrds, aura travaillé dans la sex industry de Los Angeles, aura participé à la bande-son de American Graffiti, aura réalisé ses propres films... Il aura également créé la maison des musiciens camés, sorte de lieu d'accueil pour les musiciens sans argent. Keith Moon des Who, Jim Morisson, Jefferson Airplane, les Seeds, Steppenwolf... autant d'artistes qui y sont passés à leurs débuts (voir l'Interview de Kim Fowley). Et malgré tout ça, il continue de se surnommer lui même le Lord of Garbage. My Gosh !

Vous l'aurez compris, il faudrait que Still in Rock consacre un mois entier à Kim Fowley pour couvrir son influence sur la scène mondiale. Il n'est même pas sur que la tache soit réalisable. Alors, plutôt que courir après l'impossible, concentrons nos forces sur l'un des tout premiers LP de Kim Fowley, j'ai nommé Outrageous, paru en 1968 sur Imperial Records.

"Animal Man", le premier titre de cet album, est l'introduction idéale à Kim Fowley. Super catchy et à peine psychédélique, Kim se cache encore un peu même s'il résume déjà tout en deux phrases : I'm the Devil, I'm a Pig. Les longs solos de guitare et le son bluesy qui en ressort fait de ce titre un petit exploit à lui tout seul. La Blank Generation de Richard Hell s'est bâtie sur ces quelques secondes. "Wildfire" est beaucoup plus classique rock, on croirait avoir affaire à un vieux Clapton de la grande époque (bien que toutes les époques soient grandes avec Clapton). A little faster please, a little lourder, Kim Fowley rend déjà fou. What bothers you about everything? demande-t-il. Reality répond-il. Et puis de rajouter : I'm Not Crazy. A ce stade, nous avons déjà des doutes. La vraie face de Kim Fowley vient d'être exposée au grand jour : il a des dents longues et la peau blanche.

"Hide And Seek" est le seul titre instrumental de l'album. C'est fou comme on croirait entendre la voix de Kim. Peut-être le surnom de ce morceau est-il Jackie Brown. "Nightrider", dans un genre semblable, aura donné des idées à Jon Spencer Blues Explosion. On y aime particulièrement les paroles, si si. Cette première moitié d'album est décidément super dynamitée, pas une seconde de répit (pas non plus dans la deuxième), chaque riff semble être là pour nous enfoncer un peu plus dans une allure de Blues Garage.

Vient ensuite "Bubble Gum". Un des All Time classiques de Kim Fowley. Et cette fois-ci, les ressemblances avec Chain and The Gang semblent plus que jamais évidentes. Plus beau solo de l'album, "Bubble Gum" laisse déjà entre apercevoir l'amour que Kim Fowley portera plus tard à la Power Pop (il produira tant de grands groupes du genre). "Inner Space Discovery" est un morceau plus déjanté qu'il n'y paraît. C'est dire. Côté musique, l'Inner Space ne semble plus avoir aucun secret. Côté parole... the short hair people of America are truly the aliens of society. All long hair stay together, oh brothers. Assez étonnamment, "Barefoot Country Boy" enchaine immédiatement après sur des airs de rock fifties qui ont du faire plaisir à Phil Spector. 

"Caught In The Middle" se résume à un voyage en enfer où Kim Fowley assène en permanece : is there a drummer in hell? La marche funèbre qui compose la dernière minute est à la hauteur des créations les plus psychédéliques de Vanilla Fudge. "Down" fait apparaître son Lord of Garbage. Sur fond de serments chineese et Black people, "Down" est l'un des titres les plus psychés de l'album. Ecoutez ce morceau une fois la nuit tombée, vous n'oublierez pas l'expérience. Et puis, avec "California Hayride", nul doute que Kim Fowley a bien travaillé dans la X industrie et qu'il est bien FOU.

Outrageous est un exemple parmi tant d'autres de ce qu'est le génie de Kim Fowley, son seul LP à avoir intégré le Billboard 200. Cet homme n'est peut-être pas humain. On doute par défaut que les plus grands noms de l'Histoire du Rock le soient. Mais Kim à de quoi faire porter des soupçons tout particuliers. Influencer l'histoire de la musique avec tant de brio et d'évidence relève assurément de ce que certains appellent... DIEU.




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