lundi 7 février 2011

Coup d'éclat : James Blake - Album (Minimal Pop)




Résumons grossièrement. 2007 : britpop et veste en cuir. 2008 : belle fille et son synthé. 2009 : transition. 2010 : surf music et côte ouest des États-Unis. 2011 : minimalisme. Après Zoo Kid, le premier coup de tonnerre lancé sur 2011, voici le deuxième qui vient confirmer la tendance : James Blake.


Son premier album (écrit, composé, enregistré et produit par lui même) est de sortie aujourd'hui même, le 7 février, et cet album est grand. C'est minimal et d'une justesse impensable. Il est une porte vers un univers d'une rare profondeur, il est un exploit, une aubaine. Imaginez une musique au pouvoir d'introspection maximal. Vous y êtes.


La plupart des titres ne connaissent qu'une phrase en guise de parole, quoi de plus génial que d'obtenir un album d'une telle qualité avec si peu. Espérons que les remix, qui à ne pas en douter dès la semaine prochaine se compteront sur les doigts de centaines de mains (sans exagération, ou presque) ne dénatureront pas de trop cet album d'exception. Quoi qu'il en soit, seuls les titres de l'opus resteront dans la postérité, et inutile de vous dire qu'ils y seront pour de bon.


Still in Rock a pour habitude de désigner ses titres préférés dans un nouvel opus. Nous serions en l'espèce bien incapables de le faire. Peut-être le dernier ? Le premier ? Ou tout le reste. En voici la critique détaillée :


  • Unluck : wouah. Écouter la première chanson de l'album et avoir les frisons. Que de génie et de créativité. Décousu à souhait.

  • Wilhelms Scream : l'un des titres connus avant la sortie officielle de l'album. Ce titre vous saisit dès la 20 secondes et ne saurait vous lâcher jusqu'à la dernière. Il en devient addictif, l'enregistrement est d'une qualité telle que chaque sonorité forme un tout d'une extraordinaire cohérence. À l'opposé donc de "Unluck", Wilhelms Scream s'impose tel un diamant parfaitement sculpté.

  • I Never Learnt To Share : l'introduction de ce titre est l'illustration de ce que James Blake sait probablement faire de mieux : imposer un silence d'or, un silence qui est musique. Lorsqu'il laisse place à d'autres sons, cela n'est que pour enjoliver sa présence. Encore des frissons une fois la 4ème minute venue.

  • Lindesfarne I : façon Imogen Heap (décidément, après Kanye West, cela semble être la tendance), "Lindesfarne I" ne doit pas être perçue autrement que comme une pause au milieu de ce torrent de titres novateurs. Il faut dire qu'après trois premiers titres qui dans leur genre frôle la perfection, cela tombe à pic. De notre avis, il eut été bon de coupler ce titre et le suivant, ils sont indispensables l'un à l'autre et les albums de 10 titres sont réputés pour être les meilleurs.

  • Lindesfarne II : dans la continuité du titre précédent, une nouvelle preuve de la créativité infinie de James Blake. Alors que Lindesfarne I ne peut supporter une critique intrinsèque, Lindesfarne II lui est à la hauteur des trois premiers. Et c'est pour dire.

  • Limit To Your Love : l'autre titre connu avant la sortie de l'album. Il sait lui illustrer toute l'étendue du talent de James Blake, peut être d'une autre manière encore. À sa première écoute, "Limit To Your Love" s'impose comme une évidence sans pour l'être. Je m'explique. Ce titre ne pourra déplaire (je parle là aux amateurs de musique, bien entendu), et pourtant n'en transcendera à la première écoute que très peu. À la dixième, il fera l'unanimité.

  • Give Me My Month : une introduction digne de Liszt. Surement le titre le moins travaillé de l'album, et à notre surprise, toujours aussi réussi. Peut-être à peine moins.

  • To Care (Like You) : ce titre est ... divin. James Blake laisse la place à une voix féminine (encore trop peu d'informations à l'heure où Still in Rock rédige cet article pour savoir qui est-ce), et devinez quoi ? On frôle à nouveau (plus que jamais ?) la perfection.

  • Why Don't You Call Me : une ultime pause avant deux derniers titres tout aussi indispensables à la postérité que les autres. Ce que l'on aime : le silence de 8 secondes à la fin, preuve qu'un artiste doit savoir prendre son temps, être sûr de ses qualités et ne pas hésiter à les mettre en scène.

  • I Mind : preuve / nouvelle preuve / preuve finale du talent de l'homme. L'un des titres les plus durs d'écoute, l'un des titres qui marque les esprits.

  • Measurements : nous redoutions la dernière. Non seulement parce qu'elle est la dernière, mais aussi parce qu'elle est dernière (cqfd). Un point nommé à un album qui donne les frisons et suscite des émotions d'une rare intensité. Il était en réalité impossible d'espérer un tel final. Parfait.

Note : 9 / 10 (barème ici)


(mp3) James Blake - Measurements
(mp3) James Blake - Wilhelms Scream




Still in Rock vous aura prévenu. 2011, année du minimalisme musical, 2011, celle où James Blake pour la première fois avait fait ses preuves.


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