Mouse : déforestation !

Mouse , my god! Wow (et autres onomatopées). Voilà une entrée fracassante. Mouse est un groupe originaire de Durban en Afrique du Sud...


Mouse, my god! Wow (et autres onomatopées). Voilà une entrée fracassante. Mouse est un groupe originaire de Durban en Afrique du Sud que je tiens comme la première grande découverte de ce mois de novembre 2017. Son premier EP, Three, est paru le 15 octobre dernier (logique) et il donne un peu d'espoir à tous les fans du nouveau rock psyché, stoner, brut, à la Koizilla. Il faut dire que ce duo (Damon Miles et Christopher Chay, pour les nommer) sait y faire en matière de déforestation. Les trois morceaux qu'il vient de dévoiler rappellent que le salut se trouve dans la violence d'une guitare garage qui n'a jamais eu peur de trop-plein. 



"Big Bad", le premier, est une petite épopée qui commence avec un rythme taquin. La partie vocale rappelle la scène garage et la structure du morceau, avec des multiples détonations, fera frissonner les groupies du Dr Chan. Mais ce qui caractérise le plus la musique de Mouse, c'est ce souffle harmonieux, avec ses lenteurs et ses rythmes précipités. La batterie y fait beaucoup, Mouse est aussi entrainant que la charrue avant les boeufs, on croirait retrouver le Ty Segall d'autan.

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Ne pas cliquer si vous aimez le calme, toujours

"Chiaroscuro" change la donne. Fougueux et attendu, il ne laisse aucun doute sur sa volonté : il cognera. Mouse joue sur cette attente qu'il suscite dès les premières secondes. "Chiaroscuro", c'est un peu le symbole de ce renouveau du punk pour les jeunes gens modernes et énervés. Je crois savoir qu'un écrivain français est en train d'épier chaque variation des Wytches - j'en reparlerai, ce Mouse est déjà la preuve que les sorcières anglaises n'étaient pas infertiles. La phase semi-psychédélique qui vient conclure ce morceau mêle la douceur d'une rencontre entre deux gangs de punk avec le noisy de Jeanne d'Arc sur le bûcher.

"Octave" conclut l'EP sur un rock psyché dans une brumeuse matinée de novembre. Qui a la force dédaigne la violence, parait-il. Mouse fait mentir le dicton, Victor ne voyez pas le vrai partout. Et Mouse de nous donner un quatrième titre en bonus, voir la vidéo ci-dessous, plus rude encore. 


Au final, Mouse signe un premier EP qui est excellent. S'il peut encore gagner en singularité, il a d'ores et déjà pour lui d'oser un message clairvoyant : l'art brut est mort, vive l'art brutal ! Mouse fera paraître un premier LP dans les semaines à venir et l'on sera fixé sur son avenir. Il peut jouer dans la cour des très grands. Il peut susciter suffisamment d'enthousiasme pour qu'un John Dwyer lui demande quelques ouvertures. Tout cela est du domaine du possible, entre cramés. Et malgré le calme qu’il affectait, de temps en temps un geste violent révélait ses convulsions intérieures.

(mp3) Mouse - Chiaroscuro
(mp3) Mouse - Big Bad

TracklistThree (EP, 2017)
1. Big Bad
2. Chiaroscuro
3. Octave

Liens :
Article sur Brenda
Article sur Koizilla

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