Album Review : King Gizzard & The Lizard Wizard – I’m In Your Mind Fuzz (Psych Rock)


I’m In Your Mind Fuzz
Seulement, et là se trouve toute la puissance d’I’m In Your Mind Fuzz, le groupe y a ajouté un psychédélisme très originel qui fait de nombreuses fois référence à la musique de Rainbow Ffolly, à celle de The 13th Floor Elevators, mais également à certains The Left Bank, voir à du Count Five. C’est tout ce psychédélisme que King Gizzard a choisi de mêler, dans une mouvance qui rappelle incontestablement le Lonerism de Tame Impala, voir certains Pond, qui place cet opus dans les hauteurs du genre. Place à la critique track-by-track :
- I’m In Your Mind : Le début du déluge. La voix de Stu Mackenzie est superbement travaillée et la guitare délivre ses premières envolées lyriques pleines de fuzz. Une chose est d’ores et déjà certain, King Gizzard n’a pas volé le nom de son album.
- I’m Not In Your Mind : Il enchaine sur des airs d’un Halloween très orientale. Et c’est toujours cette déferlante de psychédélisme mécanique qui continue de nous transcender. Après plus de 5 minutes à nager dans “I’m Not In Your Mind“, on se dit que King Gizzard vient assurément de trouver la formule magique.
- Cellophane : Introduction de l’harmonica et augmentation d’un cran du niveau de psychédélisme. J’y retrouve certaines phases de Tame Impala, où le son super entubé est soudainement relâché, comme pour recréer la sensation du foetus dans le liquide amniotique.
- I’m In Your Mind Fuzz : “I’m In Your Mind Fuzz“, titre le plus court de la série, vient finalement conclure cette série remarquable. Il était dans l’obligation d’afficher très vite son ambition, ce qu’il réalise parfaitement. Le son tournoi à toute vitesse, l’expérience est tout à fait nouvelle, splendide.
- Empty : L’album prend une forme plus classique avec “Empty“. Ce morceau rappelle le Pond de l’album Frond. Il gagne petit à petit en maturité, avant de nous conduire sur un domaine tout aussi aride que fleuri.
- Hot Water : King Gizzard délivre un très bon morceau de pop en la présence de “Hot Water“. L’expérience y est plus pop, plus douce. Plus africanisant, ce morceau amorce l’arrivée d’un nouveau chemin.
- Am I In Heaven : “Hot Water” est ainsi suivi de “Am I In Heaven“, un titre de plus de 7 minutes. Nécessairement, après l’écoute des quatre premieres pièces, on s’attend à ce que King Gizzard nous fasse à nouveau exploser les neurones. Nous ne sommes pas déçus. Le titre part tellement vite que l’on se demande si on va pouvoir tenir le rythme. “Am I In Heaven” est le premier à renouer avec toute la puissance mécanique de l’introduction. La fuzz à fond, King Gizzard délivre une pièce majeur du rock psychédélique de l’année 2014. Quelle partie, quel amusement. King Gizzard fait de sa musique un espace ludique dans lequel le groupe peut tout oser.
- Slow Jam 1 : Dans un style tout à fait différent – et nouveau dans toute la discographie de King Gizzard & The Lizard Wizard – le groupe fait dans une pop détendue. Il le faut bien, après tous les décibels que nous venons d’absorber. Coucou Hendrix.
- Satan Speeds Up : “Satan Speeds Up” est une sorte de passage temporel obligatoire avant le dernier titre. Je dois m’avouer grisé du fait que, avec une appellation pareille, le titre ne nous transporte pas dans un psyché plus noir. Mais, dans la continuité de “Slow Jam 1“, il demeure fort agréable.
- Her & I (Slow Jam II) : Le voici le voilà, le dernier titre de cet album. Il répond au doux nom de “Her & I (Slow Jam II)“, et si on espère secrètement une dernière partition de Krautrock, force est d’avouer qu’il nous surprend autrement, pour notre plus grand plaisir. Titre le plus long de tout l’album, je n’hésiterai pas une seule seconde à le classer dans les meilleurs titres de pop psychédélique de l’année. Une dernière fois, on s’extasie sur ce que King Gizzard parvient à délivrer, une batterie jazzy, une guitare wah-wah qui n’en finit pas de réaliser des boucles, et une qualité d’enregistrement absolument parfaite qui laisse place à tout un travail studio dantesque.

