Live Review : Bon Iver à l'Olympia (Indie Folk)

Lorsque je me suis rendu au concert de Bon Iver, le 15 juillet dernier, un dimanche soir, je m'attendais à en ressortir sens dessus dess...




Lorsque je me suis rendu au concert de Bon Iver, le 15 juillet dernier, un dimanche soir, je m'attendais à en ressortir sens dessus dessous. Son dernier opus est à ce point extraordinaire que l'on en oublie l'existence de l'univers, on y apprend à vivre, à respirer, et s'épanouir dans une musique à ce point délicieuse qu'elle nous suffirait pleinement. Quand j'en suis finalement sorti, quatre-vingt-dix minutes plus tard, j'étais non seulement décontenancé, mais je venais en plus d'engranger une incroyable dose d'énergie, une puissance comme jamais la folk n'en avait vu poindre.


Le live de Bon Iver, c'est l'ensemble de sa discographie, sans aucune version similaire à celles studios. Les titres y dépassent régulièrement les dix minutes, la faute à des solos de guitare majestueux. L'extrême maitrise de cet instrument par un Justin Vernon stupéfiant de dextérité en rendait la chose encore plus belle. Justin Vernon est un homme qui annonce les titres qu'il s'apprête à jouer, ces histoires que vous transporte là où lui seul connaît le chemin. Heureux d'être là et surpris de l'incroyable accueil que les Parisiens lui avaient réservé, Bon Iver rythmait chaque transition de dizaines de remerciements, de sourire et de joie. Le total des neuf membres du groupe présent sur scène, comptez deux batteries et plusieurs voix extraordinaires, a très largement donné dans l'impensable.


Bon Iver, sur scène comme sur ces opus, incarne la preuve qu'une musique sensible et parfaitement imaginée ne perd jamais de son intensité. Lorsque "Wash" retenti, c'est le froid d'un hiver olympien qui s'abattit sur le public, celui de la cover de Blood Bank. Il n'en fallait pas moins pour attiser la chaleur de "Calgary", ses rythmes qui mêlent la folk, le jazz, et le psyché qui aura rythmé cette soirée. For Emma, Forever Ago aura quant à lui subjuguer les plus connaisseurs autant que les néophytes de cette perfection musicale, ceux qui, en fin de concert, diront dans les couloirs de l'Olympia : "On dit la musique la musique, mais en réalité, c'est ça la musique".


Ce soir-là, nous avions à l'évidence plus qu'un homme sur scène, nous avions non seulement la plus belle voix que je n'avais jamais entendue, mais aussi, l'artisan d'un des plus beaux moments scéniques auxquels j'ai, à ce jour, eu la chance de participer. Le rappel, "Skinny Love" opéré sous forme de choral, aura fait trembler la foule, elle qui avait tantôt versée quelques larmes, tantôt exploser d'une joie qu'il est rare, dans une vie, de pouvoir constater. Écrire ces quelques lignes est encore un exercice chargé d'émotions. Que demandez de plus à la musique ?


Plus que jamais, Bon Iver mérite cette nouvelle appellation : "Le Divin Mastro". Et rien de moins.







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