Live Review : Connan Mockasin (La Maroquinerie)

Lundi soir, le 10 octobre 2011, Connan Mocassin donnait un concert à la Maroquinerie. Still in Rock y était et je crois savoir, pour en avo...



Lundi soir, le 10 octobre 2011, Connan Mocassin donnait un concert à la Maroquinerie. Still in Rock y était et je crois savoir, pour en avoir de nombreux retours, que vous appréciez non seulement les découvertes d’artistes, mais aussi ces shows review pour vous aiguillez sur vos choix de concerts. Si je n’hésite pas à employer des mots durs lorsqu’il le faut (voir Panda Bear, MGMT et j'en passe), je serai dithyrambique lorsque nécessaire, et sans plus de suspens, cette critique s’inscrit largement au sein de la deuxième catégorie. Place au live review.

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Pour la traditionnelle première partie, c'est Leno Lovecraft qui s'y collait, groupe néo-zélandais aux allures de General Elektriks. Le rythme était sans faille pour une entrée en matière qui bougeait et remplissait plus que son rôle. Psyché et expérimentale, la guitare argentée du chanteur a fait résonner la pop électronique et candide de leur EP sorti le 25 avril de cette année. Pour une écoute de ce dernier, c'est par ici. Une formation à suivre même si je dois m’avouer moins convaincu par la version studio. Il faut dire qu’une première partie avec standing ovation, c’est du rarement vu !

Puis vint Connan Mocassin. Après les 15 minutes de battement conventionnelles, notre groupe du soir arrivera sur scène, verres de champagne à la main, sourires aux visages. Un premier constat, le groupe, composé de cinq membres, voyait trois d'entre eux coiffés d'un carré, un d'une coupe au bol, le dernier d'une frange. N'oublions pas les cinq moustaches. Ah, voilà que ça commence bien.

Dès les premières minutes de concert, une évidence s'impose : Connan Mockasin est bien décidé à ne pas se laisser enfermer entre les murs de sa version studio, non, Connan s’en ira explorer ce que le monde psychédélique qui l'entour a à lui offrir. Autre constat, le public est connaisseur, "such a respectful audience", le bénéfice de se trouver à la Maroquinerie, ce lieu si particulier fréquenté par les initiés. Et puis, forcément, Connan Mockasin parait difficile d’accès, il se déguste tel le verre de Roederer en leur possession, de quoi attirer les spécialistes du genre. L'univers est ainsi rapidement planté, Connan nous ensorcèle avec une voix sur le fil et le bassiste semble faire glisser ses mains sur sa guitare telle une luge sur la neige au coin du chalet où la cheminée réchauffe son monde. Nous sommes là, assistant à cette scène, sans réellement croire en être, nous sommes partout à la fois, là où le groupe nous emmène en nous tenant par la main.

« Forever Dolphin Love » pour une version proche des 7 minutes va secouer l'audience, un rythme effréné au service d'excellents musiciens. Quel exploit que parvenir à un tel résultat tout en gardant une musique à l'aspect gazeux et vaporeux ! C'est de la sorte que va se poursuivre le concert, dans ce monde parallèle au sous-sol de la Maroquinerie. « It's Choade My Dear» m’évoquera Chopin tant les notes flottaient à l’image d’une bulle de savon rythmée par le vent. «Faking Jazz Together», «Egon Hosford» et leurs comparses ne feront tout au long de la soirée qu’accroitre cette sensation d’irréelle, bercée par les frasques d’une formation bien décidée à nous marquer au fer rouge.

Après un premier rappel, Connan Mockasin revint bien décidé à sortir de son chapeau quelques artifices dont nous ne nous doutions pas encore de la richesse et de ses éclatantes couleurs. Nous allions avoir droit à deux démos inédites, dont une où l’audience finira tout en choeur ronronnant les paroles d’ores et déjà adorées. Nous aurions également droit à un véritable tour de force lorsque chaque membre échangera sa place avec celui à côté de lui, comprenez le Connan aux percus, le pianiste au chant, etc.

Connan Mockasin, en pleine osmose avec son public, a donné une belle illustration de ce que peut être le partage lié à la musique. Il donnait ses notes à entendre avec tant de délicatesse et de plaisir, le tout dans une salle de la Maroquinerie aux accents new-yorkais à ce point propice à de tels moments que l’instant était idyllique. Un grand moment de musique s'est produit lundi soir dernier, je vous recommande mille fois le Connan en concert (samedi à Marseille) ainsi que de checker la line-up (lien) à venir de la Maroquinerie, de belles choses nous attendent encore …






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