Ethers: Post-punk introspectif

Article par Morgan Ethers . C’est un groupe fondamentalement encré dans la scène post-punk/indie rock de Chicago. Les quatre mem...


Article par Morgan

Ethers. C’est un groupe fondamentalement encré dans la scène post-punk/indie rock de Chicago. Les quatre membres y ont tous joué pour divers groupes et ont finalement décidé de collaborer, comme une évidence. Leur premier LP, Ethers, sorti en fin d’été via Trouble In Mind, nous invite à l’introspection.



« Empty Hours » pose un premier questionnement : « What do I do whith these empty hours ? » revient inlassablement au cours de cette chanson. On est alors seul face à soi même, enfin pas totalement. La basse et la batterie, très répétitives tout au long du morceau, semblent nous accompagner vers cette complexe épreuve qu’est le regard porté sur sa propre condition et la nécessaire prise de recul qui l’accompagne. Dans une société qui place l’hyperactivité sur un piédestal, Ethers nous octroie une respiration salvatrice et le temps de la réflexion par la même occasion : « Tonight I’m staring at the unknown. Learning how to let it go ». C’est l’éloge de l’oisiveté libératrice prônée par Hermann Hesse. C’est aussi et surtout cette sensation d’apesanteur que l’on éprouve lorsque, isolé du reste du monde, nous nous délectons du dernier album de notre artiste favori, comme si le temps était figé. Une belle manière d’introduire le thème de cet album.

« Running Through The Night » porté par les riffs de Mary McKane à l’orgue électronique est plus entrainant et s’apparente à un enivrant tunnel nous conduisant tout droit à « Rip Off ». Dans ce titre résolument post-punk, c’est la guitare de Bo Hansen qui s’émancipe pour nous offrir un refrain des plus entêtant. Si « Nature’s Revenge » ne prend pas réellement, on pardonnera ce court écart – 1min43, soit le titre le moins long de l’album – d’autant plus qu’ « Emily » parvient à nous le faire oublier rapidement. La rythmique principale du titre est brusquement perturbée par des accords saccadés avant de repartir de plus belle et ainsi de suite.


Arrive plus loin « Patient Life », plus prenante et dont la basse ne nous lâche pas d’une semelle, telle une idée fixe incessante que l’on apprendrait à apprivoiser avant de devenir un compagnon de route. L’intensité graduelle entrecoupée de retour au calme en fait assurément l’un des meilleurs titres de l’album. La patience est donc une vertu qui s’apprivoise et l’on comprend finalement que les meilleures choses sont celles qui se laissent désirer. « Temporary Exil » n’arrive qu’en dixième position, mais que l’on ne s’y méprenne pas il s’agit bien du climax de Ethers. La guitare semble répondre à l’orgue dans une bataille sans merci arbitrée çà et là par la basse. On frôle la schizophrénie tout se mélange dans notre esprit, jusqu’à ce que la batterie viennent siffler la fin de la récrée.

L’album se conclut ensuite sur les titres « Modern Dating » et « Something ». Les tourments de l’introspection sont désormais derrière nous et laissent place à une sérénité nouvelle. Il est à présent temps de retrouver le monde réel, jusqu’aux prochaines empty hours.

Tracklist: Ethers (LP, Trouble in Mind, 2018)
1. Empty Hours
2. Running Through The Night
3. Rip Off
4. Nature's Revenge
5. Emily
6. Carry What You Kill
7. Patient Life
8. Past My Prime
9. Party Girls vs. The War Dept.
10. Temporary Exiles
11. Modern Dating
12. Something

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