Tony Price : pop et sourire dentifrice

Tony Price a le nom du commercial américain qui toque à ta porte pour te refourguer trois aspirateurs. C'est aussi le producteur...


Tony Price a le nom du commercial américain qui toque à ta porte pour te refourguer trois aspirateurs. C'est aussi le producteur de U.S. Girls et de Michael Rault et il se lance enfin dans une aventure solo. Son premier album, I Prefer Coca Cola, est paru en avril dernier sur Maximum Exposure - avec le soutien de Burger Records. Fidèle aux groupes qu'il produit par ailleurs, Tony Price (originaire ce Toronto) est dans la veine de ces artistes qui exploitent ce qu'il y avait de plus ironique dans la musique des années '90. Et il le fait bien ! Son album est une ode à la vie version Clerks, employés dans une épicerie durant la période nineties : on y parle de Coca Cola, de se foutre de tout, de gomme pour les cheveux, bref, de l'Amérique dans toute sa splendeur à une époque où elle se pensait toujours invincible.



"I Prefer Coca Cola", le premier titre de cet LP, est également le premier single (voir la vidéo ci-dessous). Tony Price se vante sur son Bandcamp d'avoir mixé son album avec une SPHERE ALPHA, console canadienne des années '70. Ça s'entend ! La production lo-fi de ce morceau renvoie l'image de la vidéo, elle aussi dans un style daté qui n'en finit pas d'agiter les sphères du cool - allez voir du côté de Heelflip Fuckers et d'Attic Video. 
"Backwards Jewelry" commence comme un vieux titre de power pop avant de se ringardiser bien comme on l'aime. La bande Nobunny et de Hunx and his Punx doit se réjouir de constater son influence sur quelques uns des bons LPs de 2017. "15/20" continue dans le même style à la façon de Mike Krol, c'est de la pop un peu trash mais pour les gens qui sont gentils. "Boilex Dax" fait office de titre intermédiaire super perché, on se croirait bloqué dans le générique de Sonic The Hedgehog sur Sega Megadrive. À moins que ce ne soit une sorte de jizz jazz débridé...


"I Don't Care About Anyone" semble être le slogan de la génération slacker qui ne pense qu'à rentrer chez lui pour faire une partie "de carte" avec ses potes. Tony Price est un brin décontenancé et s'est ainsi que l'on avance sur "Negative Thought". Tony Price sait se montrer faussement inquiétant, comme le sont les vieux films d'horreur de Fritz Lang. 

"Televise" semble reprendre "The Revolution Will Not Be Televised" de Gil Scott-Heron auquel Tony Price ajoute le petit côté film de série B qui va bien. Le sourire dentifrice que porte le nom de cet article apparaît sur "Fried Capricorn", la bande-son d'une publicité sur une chaine locale US qui veut te faire souscrire à un abonnement pour recevoir des produits pour chien, une fois par jour. 

Au final, la vie de surburb n'a jamais semblé aussi douce qu'avec Tony Price. On sort nos chemisettes à carreaux, nos lunettes double-foyers et on se coiffe d'une raie sur le côté - et que sur le côté... - avant de lancer l'écoute de I Prefer Coca Cola sur K7. Vous l'aurez compris, en 2017, la pop sera ringarde ou ne sera pas. 

(mp3) Tony Price - I Prefer Coca Cola
(mp3) Tony Price - 15/20

Tracklist:
1. I Prefer Coca Cola
2. Backwards Jewelry
3. 15/20
4. Boiled Dax
5. I Don't Care About Anyone
6. Negative Thought
7. Televise
8. Fried Capricorn

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