Anachronique : Cheap Trick (Power Pop/Glam Rock)

Cheap Trick était un groupe américain originaire de Rockford (Illinois), mené par Rick Nielsen et leader du mouvement Power Pop . Le ...




Cheap Trick était un groupe américain originaire de Rockford (Illinois), mené par Rick Nielsen et leader du mouvement Power Pop. Le groupe signera son premier deal chez Epic Records, en 1976, et fera finalement paraître Cheap Trick puis In Color une année plus tard. Ce deuxième est à mon sens le meilleur de la discographie du groupe. Il arrive en 1977, année mythique qui aura vu exploser tous les grands noms de l'époque (voir notre mixtape). Un brin moins hard rock que le premier, il conserve cette patte Glam Rock qui animera l'entière discographie de Cheap Trick. Et puis, comme son nom l'indique, il est le premier a avoir injecté tant de couleur dans la musique du groupe, comme ci le fluorescent avait surgi de la toile black and white du premier essai. 



Cheap Trick se (re)présente avec "Hello There", comme pour annoncer le nouveau départ de In Color. L'album, produit par Tom Werman (qui aura travaillé avec nombre de groupes de hard rock) est incroyablement puissant. C'est ce qui s'entend sur "Big Eyes", le second morceau de cet LP. On trouve ensuite un titre plus Power Pop avec "Dowed". Ce genre de morceaux est, à mon sens, celui sur lequel Cheap Trick excelle. La voix de Robin Zander était suffisamment caractéristique pour que le groupe se permette de lui laisser le lead. Et puis, vient "I Want You To Want Me" qui fait partie des grands singles de l'année '77. Il constitue à mon sens l'un des trois meilleurs morceaux de toute la discographie de Cheap Trick. Si "the rejection of middlebrow sentimentality is the most furiously important thing an artist can achieve right now in this historical moment" (quote), l'exercice est bien différent à l'époque. Cheap Trick joue en plein la carte mélo, et, comme on l'a déjà noté plusieurs fois, aucune génération d'artistes n'aura mieux encapsulé l'amour en musique que celle de '77. 

"You're All Talk" est plus proche du punk que les précédents. On retrouve ce morceau sur les deux premiers albums du groupe (version bonus), preuve indéniable que Cheap Trick y tenait. Il faut dire que la guitare, façon Television/DEVO, fait super bien le travail. "Oh Caroline" est le générique de votre mariage si jamais votre femme venait à porter ce prénom. Cheap Trick réaccélère ensuite avec "Clock Strikes Ten", mais là n'est pas le plus intéressant. C'est le morceau qui suit qui mérite tous les éloges du monde. "Southern Girls" (que nous intégrions dans notre mixtape It's 1977, Punk!, voir au-dessus) est sans conteste le meilleur de toute la discographie du groupe. Tout est là, ce single fait cette fois-ci partie des grands de la décennie, caractéristique de cette Amérique des suburbs où la nouvelle arrivée en ville n'avait "nothing to lose". 

"Come On, Come On" est une belle suite, à la frontière entre les deux styles principaux du groupe, Glam Rock et Power Pop. Toujours sur le thème du succès et de l'impossible de l'impossible, Cheap Trick continue de nous asséner sa positive energy avec un titre qui n'est pas sans rappeler les dernières créations de Warm Soda. Vient alors le dernier titre de la première maquette, "So Good To See You". Le groupe perpétue son style, c'est badin, léger et coloré. L'album est ainsi scellé. On se fait plaisir avec les morceaux bonus de la Expanded Edition ‎de 1998, je cite bien entendu la démo de "Southern Girls" mais également les deux morceaux live qui suivent. On y entend toute la virtuosité de Rick Nielsen. Et puis, il faut également aller voir du côté des albums suivants, notamment pour "Surrender". 


 


L'influence de Cheap Trick sur la scène actuelle est incommensurable. Aucun des groupes de Power Pop des années 2010' ne peut nier s'être inspiré de groupe de Rockford. Le même était vrai pour Joey Ramone et Kurt Cobain, c'est dire. Le groupe a joué plus de 5000 concerts (et continue de le faire), ce qui lui aura valu (à tord) le surnom de "American Beatles" au Japon (à ce titre, le mockumentary This is Spinal Tap moque le succès des groupes américains au pays du soleil levant, salut Cheap Trick). Vous l'aurez compris, In Color fait partie de ces albums de notre série anachronique qui ont acquis toute la reconnaissance qu'ils méritent. A la bonheur et bon voyage à tous avec les southern girls !


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