Anachronique : Randy Newman - Sail Away (Pop Folk)

Randy Newman est un des grands noms de la chanson américaine. Sa génération de songwriters a une très grande influence sur la scè...




Randy Newman est un des grands noms de la chanson américaine. Sa génération de songwriters a une très grande influence sur la scène indépendante actuelle, et il n'est pas rare d'entendre des groupes de Pop, de Rock, ou même de Punk, évoquer ces légendes comme de véritables sources d'inspiration, que leur musique en soit ou non éloignée. Il faut dire que beaucoup des artistes de l'époque concevaient leurs disques comme des concepts-albums, des opus où un fil conducteur guide l'auditeur à travers une pleine épopée.

Sail Away (1972) est le troisième album de Randy Newman, après Randy Newman (1968) et 2 Songs (1970). Le premier, très grandiloquent, laissait place à une orchestration pop assez massive, tandis que le second se rapprochait plus facilement des riffs abrégés d'un rock and roll plus pur. Sail Away fait le pont entre les deux opus précités. Comme pour 2 Songs, Sail Away consacre la présence de Ron Elliott à la guitare, lui qui été présent sur le Pet Sounds des Beach Boys, le L.A. Woman des Doors, ou encore, le génial Forever Changes de Love. L'immense Lee Herschberg est également de la partie, lui qui a produit Sinatra, Duke Ellington, Petula Clark, Hendrix, Van Morrison, Deep Purple, Clapton et j'en passe beaucoup. Autant dire que l'équipe qui a travaillé sur cet LP était de très haut vol, mais encore fallait-il que les titres soient à la hauteur.

"Sail Away" est le titre introductif de cet album, et à mon sens le meilleur jamais composé par Randy Newman. Étonnement, ce morceau n'est pas consacré comme l'un des plus grands classiques de l'histoire. C'est une erreur tant il mérite tous les éloges possibles. On pourrait presque en faire un hymne américain, sur fond de 'In America every man is free ; to take care of his home and his family'. Enfin, si seulement Randy ne se servait pas de cette ballade pour critique les moeurs américaines. Ce côté satirique n'empêchera pas Ray Charles d'en faire une belle reprise. On retrouve de la grande musique avec "He Gives Us All His Love", un titre d'une belle tristesse. Deux minutes d'une rare gravité apparaissent sur ces quelques notes de piano. Et puis, Randy Newman nous gratifie de l'un de ses plus beaux titres avec "Last Night I Had a Dream". Les paroles y sont terrifiantes, Randy Newman y crée une atmosphère de série Z. On passe du cop à l'âne avec "Simon Smith and the Amazing Dancing Bear", un titre de piano-bar qui révèle finalement assez bien le Randy Newman des albums qui viendront. 

Un "Old Man" nostalgique plus tard, non ce n'est pas un vieux Walt Disney, quelques minutes ironiques avec "Political Science" où Randy Newman moque la volonté des Américains de faire de rendre le monde meilleur, on trouve une déclaration d'amour à la ville de Cleveland sur "Burn On". Ceux qui on vu le film Major League se rappelleront que ce titre est celui qui introduit le long métrage. "Dayton, Ohio - 1903", le morceau suivant, apparaîtra quant à lui deux ans auparavant sur un album du génial Harry Nilsson appelé Nilsson Sings Newman (je signale au passage que Nilsson a réalisé en 1972 une des meilleures sessions BBC de l'histoire (notamment à partir de 6"45), à ce lien).

Et puis, Randy Newman nous donne à entendre un dernier chef d'oeuvre avec "God's Song (That's Why I Love Mankind)". Il s'agit très probablement d'une des satires de l'Église les plus violentes de son époque. Notons que Randy Newman avait pour usage de dénoncer sous couvert d'approbation. C'est ce qu'il fit sur "Short People" et "Rednecks". Ce dernier titre est finalement à l'image de l'opus : playfull, il cache un véritable message, probablement plus agressif que ce que certains groupes de Punk le feront par la suite. Connaissant ce penchant très satirique de Randy Newman, il est étonnant de constater qu'il choisira de laisser tomber sa carrière solo dans les années 1980' pour se consacrer à la composition de titres pour Walt Disney - Pixar (Toy Story and co...). Ca ne l'empêchera certes pas d'intégrer le Songwriters Hall of Fame en 2002. Mais plus qu'une distinction, Randy Newman mérite d'être habilité comme l'un des plus grands songwriters de son temps. Et autant le faire de son vivant.





(mp3) Randy Newman - Sail Away
(mp3) Randy Newman - Last Night I Had a Dream


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