Meat Wave: A Detonation

Meat Wave , c'est l'auteur de " No Light ". Cela suffit à ce que je veuille écouter toutes ses sorties, toujours. Voyez...


Meat Wave, c'est l'auteur de "No Light". Cela suffit à ce que je veuille écouter toutes ses sorties, toujours. Voyez :

The Incessant (2017) fait partie des véritables merveilles des années 2010s. Il s'écoute ici. Les sept dernier morceaux sont monumentaux. Je guettais donc la sortie de son successeur de très près. Le voici ainsi en la personne de Volcano Park. Il ne s'agit certes que d'un EP (six morceaux, tout de même), mais... quelle joie ! Quelle détonnation ! Célébrant les dix ans du groupe, il permet à Meat Wave d'entrer dans la catégorie qui n'existe presque pas : celle des groupes qui font paraître leur meilleurs titres plus de 10 ans après leur création. Ouais... faites le tour de vos discographies digitales. Fouillez. Allez voir Pavement, les Ramones, les Velvet, les Fugazi, Iggy Pop... Non, non, non et.... non. Seuls quelques-uns sont parvenus à réaliser l'exploit. Je pense à John Dwyer avec Mutilator Defeated At Last (2015), à Kurt Vile avec B'lieve I'm Goin Down... (également en 2015)...


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Et la chose était encore plus difficile pour Meat Wave. Sa musique, ce sont des déflagrations. Il tape au fer rouge sur la batterie, la guitare est d'acier, les paroles sont engagées, énervées. C'est, typiquement, la formule des excellents premiers albums. Pas des suivants.

Qui plus est, Meat Wave y ajoute la noirceur de ces groupes nineties dont on ne parle que trop peu : les Slint, Shellac, PolvoUnwound et autres confrères. C'est un brin hardcore. C'est également noisy, et art rock. Meat Wave sublime le combo avec une voix finalement très anglaise, on croirait à du Idles qui rencontre un groupe underground de Manchester. Et puis, il y a ces grandes attaques que seuls les groupes américains n'ont jamais su faire. Ces introductions qui osent un peu de grandiloquence.

Alors, que ce soit dit : chaque titre de cet EP est une merveille. "Tugboat" (un hommage à Galaxie 500?) commence sur les chapeaux de roues avec une batterie qui rappelle le génie Ian McKaye tandis que la voix me renvoie aux belles heures de la scène 90s. Les variations sont nombreuses. "For Sale", c'est une épopée capable de dynamiter un stade tout entier. On y trouve la plus belle progression de tout 2021.

Si ça fait deux mois déjà que je tourne avec "Yell At The Moon", un titre qui semble tout droit sortir de Washington D.C., orageux et électrique, je ne suis toujours pas arrivé au point de saturation. "Truth Died" est plus pop, du moins, en apparence. Meat Wave y empile les guitares avec brio. Il y un côté Brit Pop qui me plait beaucoup, sorte de guilty pleasure finalement pas si guilty que ça.

"Nursing" enchaine avec son intru apocalyptique, v'là bien les enfants de Polvo. Quant au dernier, son seul nom suffira : "Fire Dreams". La batterie y est... imbattable. Ouais, je n'avais rien entendu de si bon dans le style depuis Coriky. Cet EP doit être inscrit au panthéon du genre.

Tracklist : Volcano Park (Big Scary Monsters, EP, 2021)
1. Tugboat
2. For Sale
3. Yell At The Moon
4. Truth Died
5. Nursing
6. Fire Dreams

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