Tim Presley's White Fence, la corde (trop) sensible

White Fence , ou Tim Prelsey, ou  Tim Presley's White Fence, c'est un monstre de la scène pop. Plus les années vont et plus...


White Fence, ou Tim Prelsey, ou Tim Presley's White Fence, c'est un monstre de la scène pop. Plus les années vont et plus il se rapproche effectivement des mouvements "weird pop" & co, comprenez là, une chose expérimentale et peu mélodique. Je ne crois pas qu'il soit question de postures, Tim Presley semble être effectivement plus étrange qu'un Allemand en chaussette sur les plages du Grau du Roi. Seulement, à trop aller dans la direction de la pop arty pour galeries d'art, j'en perds parfois le sens.

C'est ainsi qu'à chaque nouvel album de White Fence, je ne cherche désormais plus qu'à évaluer une seule chose : y-a-t-il des mélodies ? Si tel est le cas, les titres sont généralement très bons. Mais si tel n'est pas le cas, les morceaux semblent alors être des samples pour musiciens en mal d'inspiration. C'est déjà beaucoup, mais fournir une banque musicale n'est pas le propos de Still in Rock.



Voici donc la liste des morceaux mélodiques de son nouvel album, I Have to Feed Larry's Hawk (2019): "I Love You", "Neighborhood Light", "Until You Walk", "I Saw Snow Today", et "Forever Chained". Aucun artiste de la scène ne parvient alors à s'en approcher. Tim est entrainant tout en étant novateur. C'est un juste milieu parfaitement dosé.


Quant au reste, c'est tantôt nébuleux, tantôt intrigant. Et c'est souvent un peu... ennuyant ?! Tim Presley joue sur la corde sensible. Sa voix est plus que jamais sur le fil, les titres sont fébriles, Tim est un poète maudit (nous dit-il), il souffre et il nous le faire sentir. L'expérience est sensiblement similaire aux amitiés à sens unique : on s'efforce de tirer l'autre vers le haut, mais force est de constater que l'on s'essouffle parfois. Rien n'est jamais aussi efficace qu'une bonne thérapie, et avec Tim Presley, on se demande si l'on veut continuer à s'infliger cette musique post-apocalyptique pour dépressifs expérimentaux. 

Force est de constater que j'ai l'impression de lire le DSM à l'écoute de I Have to Feed Larry's Hawk, comme s'il m'inciter à explorer quelques recoins noirâtres de mon inconscient. Il faut être dans un état d'esprit très particulier pour vouloir s'infliger cela. Pour cette raison, je ne crois pas avoir beaucoup l'occasion d'écouter cet album cette année. En somme, Tim Presley est un explorateur, et je ne suis pas certain d'avoir envie d'explorer tous les endroits qu'il me propose de découvrir. Mais peut-être n'êtes-vous pas si réticents ?!

(mp3) Tim Presley's White Fence - I Love You
(mp3) Tim Presley's White Fence - Neighborhood Light

Tracklist: I Have to Feed Larry's Hawk (LP, Drag City, 2019)
1. I Have to Feed Larry's Hawk
2. Phone
3. Fog City
4. I Love You
5. Lorelei
6. Neighborhood Light
7. I Can See You
8. Until You Walk
9. I Saw Snow Today
10. Indisposed
11. Forever Chained
12. Fog City (2)
13.Harm Reduction (A: Morning)
14. Harm Reduction (B: Street & Inside Mind)


Bon, au moins, on a trouvé la pire pochette de l'année: voyez.

Liens: 
Interview avec Tim
Article sur son album The WiNK

You Might Also Like

0 commentaires