EP Review : Violent Femmes – Happy New Year (Punk Folk)


Violent Femmes. Lorsque j’ai appris que Violent Femmes allait faire paraître quelques nouveaux morceaux, j’ai d’abord cru à un poisson d’avril. Seulement, un poisson d’avril le 18 du mois, c’est un peu étrange. Lorsque je me suis afin apprêté à écouter les quelques nouveaux morceaux de Violent Femmes, je me suis dit que j’allais indéniablement être déçu. Je suis par nature réticent à tout retour, c’est comme ça, et cette intuition s’est souvent avérée bien fondée. Et puis, après tout, il s’agit d’un des meilleurs groupes de tous les temps, un pionnier du punk et de la déconne, un véritable pilier des années ’90. Lorsque j’ai enfin eu fini d’écouter ces quelques nouveaux morceaux, je me suis dit que la face de 2015 venait définitivement de changer. 
Violent Femmes n’avait pas fait paraître de nouveaux titres depuis 15 ans. Nous en étions ainsi restés à Freak Magnet, un album qui ne se démarquait pas vraiment du lot (à part pour le titre “Happiness Is“). Son nouvel EP, Happy New Year (qui tire son nom du jour de son enregistrement), vient finalement de voir le jour via Add It Up Productions. Un constat, Violent Femmes n’a pas pris une ride. Et si le poids du temps qui passe se fait parfois ressentir, le groupe parvient à le tourner à son avantage, contrairement à la plupart des (vieux) groupes qui ne parviennent qu’à recréer une bien faible réplique d’eux-mêmes. 
L’EP, sorti pour l’occasion du Record Store Day, s’ouvre sur “Happy New Year Next Year“. La formule est excellente. Violent Femmes nous rappelle la force de sa guitare acoustique et qu’une autre forme de Punk est possible, une musique véritablement alternative. La voix nasillarde de Gordon Gano est absolument inimitable. “Love Love Love Love Love” est un titre plus folk dans la lignée de l’album éponyme de 1982.

Vient alors “Good At/For Nothin“, le grand frère du génialissime “I’m Nothing“. On y retrouve cette même obsession d’exister, un thème récurent dans la discographie des Violent Femmes. Et puis, la fin très cuivrée nous rappelle l’adoration des Violent Femmes pour le style, “Black Girls” l’avait si bien démontré. Violent Femmes assène un Samual Says un peu obscur, comme pour nous convaincre qu’il évoque en fait le précieux Adams. Le petit dernier est “Fast Horses“, un titre qui reprend l’univers de Calvin Johnson, auquel Violent Femmes ajoute toute la bouffonnerie qu’on attendait. Après un There’s Nothing John Lennon Never Wrote, Violent Femmes développe sa belle tirade. On retrouve l’esprit décalé d’Add It Up, bien que ce titre pu sans conteste s’inscrire sur la tracklist de New Times. Ce morceau, c’est un moment d’amour punk, prennons-nous tous dans nos bras, oh non, les papillons nous encerclent ! Ce morceau, c’est du Violent Femmes comme on l’adore.
Au final, il n’est pas certain que ces 4 titres soient retenus dans un ultimate best of du groupe, mais force est de constater que 1/ ils sont terriblement bons, 2/ ça fait énormément plaisir de réentendre la voix nasillarde de ce bon vieux Gordon. La question est maintenant de savoir comment se procurer ces quelques morceaux en vinyle. Et précisement parce que la femme sur la pochette boit du champagne, le groupe a décidé de presser l’EP sur un vinyle de la couleur de cette boisson. C’est tellement cheesy que ça en devient génial.

Ces quelques morceaux nous rappellent toute la dérision que Violent Femmes véhiculait (véhicule). Cette dérision était réelle et non pas une histoire feintée comme on la rencontre souvent aujourd’hui (voir l’article sur Jimmy Whispers). Et puis, Violent Femmes a toujours su garder un certain contrôle sur sa musique, sans avoir besoin de partir dans un Punk Slacker qui prône l’absolutisme d’une scène toujours plus trash. En bref, Violent Femmes est et demeurera l’un des tous meilleurs groupes Punk de l’histoire du genre.

Je ne doute pas que certains railleront, par principe et par snobisme, c’était mieux avant. Mais le groupe vient également d’annoncer une grande tournée dans les Etats-Unis et quel plaisir que de constater que l’appétence pour ce groupe n’a pas baissé d’un cran. Et pour ceux qui, avec effroi, découvriraient le groupe, il vous reste toujours la lecture de notre article daté de 2011 (ici).

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