Album Review : Feist – Metals (Indie Jazz-Pop)


Album Review : Feist

Metals



Le 4 octobre dernier, Feist sortait son album “Metals“, quatre années après un précédent opus qui l’avait révélé aux yeux du grand public. Trêve de biographie et autre discographie, vous connaissez Feist, rentrons dès à présent dans le vif du sujet. Cette critique présente l’avantage d’être simple à saisir : lorsque Feist est trop pop ses titres perdent en intérêt, c’est parfois agréable, mais jamais plus. Son précédant album, “The Reminder“, contenait quelques très belles pièces pop, Metals est dans ce même registre bien moins convaincant et puis, anyway, à quoi bon ? En revanche, lorsque Feist expérimente en fleurant avec des sonorités ouvertement jazzy, alors, Metals devient très convaincant, parfois hypnotique voir même intrusif. Feist touche la corde sensible avec une délicatesse qu’on ne saurait lui reprocher, elle vous emmène avec elle parcourir monts et merveilles, et même si la météo est parfois grisâtre, on s’y sent bien, on s’y sent chez soi.

Cet opus reflète bien mieux que son prédécesseur le talent de l’artiste. Hétéroclite, Feist a durant ces 4 années collaborée avec bon nombre d’artistes (Grizzly Bear, Wilco, Gonzales, Ben Gibbard, en autre). Metals fait parfois état de ces larges ouvertures d’esprit, c’est alors un bonheur. D’autres fois, Feist semble plus renfermée, c’est alors bien moins agréable. Étrangement, c’est lorsqu’elle monopolise toute votre attention avec sa voix angélique, semblant la plus introspective, que l’on se sent le plus apaisée. Sa mélancolie révèle une véritable force, l’esprit d’un jazz-(wo)man je vous le disais. Place à la critique détaillée.


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  • The Bad In Each Other : entrée en matière pas franchement convaincante, même décevante. C’est moitié pop moitié sans intérêt, Feist sauve le titre par sa voix, mais ça, on y reviendra.

  • Graveyard : un niveau nettement au-dessus pour “Graveyard“. Une approche plus suave, une orchestration plus apaisée qui enveloppe parfaitement un titre plaisant qui laisse présager de bien belles choses.
  • Caught A Long Wind : Metals peine encore à réellement décoller, il faudra attendre encore plusieurs titres. “Caught A Long Wind” cependant marque une rupture avec la Feist de “The Reminder” et ce n’est pas sans nous déplaire. Toutefois, il manque d’un peu plus de maquillage pour achever un titre qui peut s’apparenter à une démo.
  • How Come You Never Go There : premier titre dévoilé, j’écrivais lors de son apparition que “How Come You Never Go There” est l’archétype du mellow tune, titre à l’écoute duquel il fait bon se prélasser. Après plusieurs semaines, je dois m’avouer fâché avec “How Come You Never Go There“, Feist se laisse submerger par son péché mignon : le miaulement. Sa voix joue de beaucoup trop de variation, lassant.
  • A Commotion : on peine à trouver un intérêt à ce titre qui aurait trouvé une place plus certaine au sein du premier album. De plus, ces choeurs viennent taper vos tympans de façon trop violente pour un album qui se veut en harmonie avec vos sens. C’est Bryan Webb, leader du groupe The Constantine qui est responsable de la chose.
  • Bittersweet Melodies : le premier grand titre de Metals. Tout y est : une Feist sans artifices, une orchestration complète et minimale, une mélodie so bittersweet. Comment ne pas tomber sous le charme d’une voix si parfaitement unique.
  • Anti Pioneer : Feist se remet à miauler une presque dernière fois pour mieux aborder une dernière partie d’album tellement réussie qu’elle en fera pâlir de honte la première. “Anti Pioneer” ne présente aucun intérêt, ni mélodique, ni même futile, c’est dit.
  • Undiscovered First : sans conteste LE titre de l’album, celui à retenir, celui qui nous retient et nous accompagne dans un monde délicat où les émotions sont pures et puissantes. Le jazz de Feist prend enfin toute sa place, “Undiscovered First“, vous vous en souviendrait.
  • Cicadas And Gulls : autre titre plus jazz que ces prédécesseurs, “Cicadas And Gulls” présente plusieurs atouts qui lui donne une bien belle apparence : tout d’abord, l’effet aux touches vintage porté sur la voix de Feist. Ensuite, l’harmonie et les coeurs qui apparaissent à 3min40, Wilco doit y être pour quelque chose.
  • Woe Be : parce qu’il ne faut tout de même pas bouder tous les petits plaisirs que nous offre Metals, “Woe Be” s’écoute sans difficulté et parvient même à nous permettre quelques petites escapades. Ça ne va cependant pas plus loin.
  • Comfort Me : “Comfort Me” est l’autre très bon titre de Metals, la guitare y est pour beaucoup. La première partie du titre est une longue balade très mélancolique, la seconde est très fidèle à cet album, Feist y fait intervenir des coeurs et d’excellentes notes lo-fi.
  • Get It Wrong, Get It Right : quel dommage que conclure Metals sur une telle note. Feist miaule à nouveau, elle nous ramène à de plus plates considérations alors que nous étions avec elles parfois loin de là ou nous pensions pouvoir aller.


Cet album alterne tantôt entre jazz et délicatesse, tantôt entre pop et lassitude – je précise qu’il n’y a là rien de folk, certains se trompent à cet égard, pour de la folk, reportez-vous aux Fleet Foxes (ici) -. La frontière est souvent bien fine, toutefois nettement délimitée. Ainsi, “Bittersweet Melodies“, “Undiscovered First” et “Comfort Me” mènent le pas vers l’excellence, “The Bad In Each Other” “Get It Wrong, Get It Right“, “Anti Pioneer” et “A Commotion” sont sans peu d’intérêt, parfois tout au plus pas désagréable, jamais étincelant.

Je tiens toutefois à féliciter la prise de risque, un changement d’univers. Il faut dire que “The Reminder” a fait son temps, un tel album ne connaitrait aujourd’hui pas le même accueil, “Metals“, parfois anachronique, est ainsi bien plus en accord avec son temps.




Note : 7,6 / 10 (barème)


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