Death Valley Girls: mi dad rock mi sorcières

Entre Death Valley Girls et L.A. Witch mon coeur balance (parfois). Death Valley Girls, c'est un groupe originaire de L...


Entre Death Valley Girls et L.A. Witch mon coeur balance (parfois). Death Valley Girls, c'est un groupe originaire de Los Angeles qui vient de faire paraître son 4ème album, Darkness Rains, via Suicide Squeeze. Il quitte ainsi la maison Burger Records au profit de celle d'Audacity, L.A. Witch, Nobunny, La Luz, Natural Child et j'en passe.

Les intentions du groupe n'ont pas bougé d'un iota. Death Valley Girls a toujours eu un côté eigthies créé par la grandiloquence de sa musique. L'apparition de quelques cuivres ne fait que renforcer cette impression. Et puis, n'en déplaisent aux donneurs de bonnes leçons qui insultent par ailleurs les artistes pour faire cool (eux), le groupe a parfois des airs de proto-punk, parce que sa musique est cathartique et très brute. Cela est compensé par les phases plus psychédéliques, particulièrement nombreuses dans la 2nd moitié de cet album. Surtout, on est frappé par l'univers monstrueux du groupe, et ça, c'est une constante que l'on apprécie particulièrement.


"More Dead" est une bonne introduction, parce que Death Valley Girls vient nous surprendre avec une guitare un peu plus accrocheuse qu'à l'habitude et que le choeur à des airs d'Halloween qui vont très bien. Et parce que le groupe est du genre à ne craindre personne, il enchaine avec un "(One Less Thing) Before I Die" qui passe en force, presque glam. "Disaster (Is What We're After)" est d'un même calibre. Les Death Valley Girls affirment leur formule : un titre compact avec un final très brièvement free.

"Unzip Your Forehead" ne fait jamais que renforcer le côté dad rock de cet album, ces guitares à la Alice Cooper, ce refrain chanté par le chorus, le passage expérimental à la Zappa... tout est là. Heureusement, "Wear Black" vient casser cet élan qui commençait à prendre trop d'ampleur. Les Death Valley Girls y sont plus enchanteresses, le clavier rappelle la magie noire des albums précédents.


Il se passe quelque chose de tout à fait spécial sur "Abre Camino". Pour la première fois de cet LP, Death Valley Girls rappelle à nos bons souvenirs le garage punk de ses débuts, avant que le titre n'explose littéralement. La maitrise est totale, sombre et puissante. L'album prend assurément une nouvelle tournure avec "Born Again and Again" qui, lui aussi, est un morceau noirâtre qui n'est pas sans faire référence une séance voodoo. Le groupe est assurément meilleur lorsqu'il joue aux sorcières. Le dad rock, ça va bien un peu, mais ça épuise rapidement. L'interlude de ce titre, glaçant, en est la preuve la plus étincellante.

"Street Justice" repart sur des bases charpentées. Le groupe passe en force, et nous, on se laisse faire avec un plaisir non dissimulé. Le rock-o-mètre tend à surchauffer, alors, les Death Valley Girls délivre "Occupation: Ghost Writer" pour faire baisser la température. C'est parfaitement fait. L'album est finalement conclut par "TV in Jail On Mars". Le groupe est plus spectral qu'à son habitude. On croirait assister à un rituel sataniste.


Au final, cet album des Death Valley Girls est très généreux. Le groupe délivre des morceaux qui sont funs et qui donnent à son auditeur ce qu'il peut attendre de plus spectaculaire. Je fais ainsi le lien avec la littérature de Bret Easton Ellis qui, à chaque page, semble écrire exactement ce dont le lecteur pouvait rêver de mieux. Et si la première moitié de l'album est finalement décevante, la seconde est pleine de belles surprises qui couvrent tout le spectre de notre prochaine Halloween : fantômes, sorcières, montres et autres divinités.

Bien entendu, cet album à ses défauts, il est trop peu différencié des précédents, il est peut-être trop homogène et tend parfois à être cheesy. Seulement voilà, Death Valley Girls délivre ici son meilleur essai, cet album est en quelque sort l'accomplissement des trois précédents. Gageons que le 5ème empruntera une nouvelle route, et que celle-ci sera toujours poussiéreuse et pleine de démons.


TracklistDarkness Rains (LP, Suicide Squeeze, 2018)
1. More Dead
2. (One Less Thing) Before I Die
3. Disaster (Is What We're After)
4. Unzip Your Forehead
5. Wear Black
6. Abre Camino
7. Born Again and Again
8. Street Justice
9. Occupation: Ghost Writer
10. TV in Jail On Mars

Liens :
Article de présentation du groupe
Article sur le dernier album du groupe

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