BottomFeeders : slackass ?

BottomFeeders   est un groupe originaire de la Nouvelle-Orléans (Louisiane) qui n'est ni un féru de jazz, ni un féru de blues. S...


BottomFeeders est un groupe originaire de la Nouvelle-Orléans (Louisiane) qui n'est ni un féru de jazz, ni un féru de blues. Son truc à lui, c'est le garage rock tout ce qu'il y a de plus... garage. Son troisième album, BOTTOMFEEDERS, est paru le 11 août dernier et on se dit qu'il ravira les amateurs de fuzz. 

Mais avant d'entrer plus en détail dans ce que contient cet album, faisons place à l'instant culture. Déjà, il y a le film BottomFeeders, un bon mockumentary. Et puis, il y a la définition de l'Urban Dictionnary : "leech, or in other words a total lack of responsibility to provide for oneself. Relies heavily upon friends, neighbors or anyone really for sustenance. a slacker through and through". That's right, le mot slacker apparaît une fois encore, ce que l'on retrouve parfois dans la musique de ce jeune groupe.


"Jungle Juis" est une introduction qui fait le travail mais qui manque de singularité. "Out of Focus", que l'on aurait pu croire être une reprise de Blue Cheer - voyez plutôt - nous assure que BOTTOMFEEDERS n'ira pas trop sur le terrain du punk. "Crust Fund" vient compléter le trio introductif sur ce qui pourrait être un nouveau titre de Druggy Pizza, au moins pour le nom. 

"Isolation", plus fun que les autres, est nécessairement meilleur et ça fait tilt : BottomFeeders est-il assez slacker ? "Caligula" entreprend le premier solo qui est parfaitement mené par la batterie. On se rapproche finalement d'un son très seventies, une fois encore, rien de très innovant là-dedans, mais c'est suffisamment bien fait pour que l'on dise : "oui" (et ce n'est pas peu dire).


"Detecht" attaque la face B de l'album sur quelque chose de plus fuzz. La deuxième moitié de cet LP est plus mélodique que la première, en cela, plus réussie. On l'entend déjà sur cet excellent "Detecht" qui semble vouloir se perdre au milieu de la distorsion façon montagnes russes mais américaines. L'album a été enregistré à Los Angeles, aucun doute là-dessus. Quant à "Rare Appeal", que dire sinon qu'il est très bon, il force le ton et BottomFeeders fait son garage rock à la perfection, on se croirait en 2007 ! 

Tout l'intérêt de "Mass Selection" se trouve dans le final. BottomFeeders active la tronçonneuse. Mamie est en morceau, nos tympans avec. "Sex Desert" - une petite sucrerie - nous conduit vers "Out of Mind", le petit dernier, qui fait état d'une belle mélodie qui vient parfaire le finish. Les compositions de BottomFeeders ne souffrent que de peu de critique.


Au final, ce troisième album de BottomFeeders est un "classic shit" garage, une réussite pour les amateurs du genre, une simple pièce de plus pour les autres. Le fait est que BottomFeeders n'apporte rien de particulier à la scène existante, mais on se laisse tout de même emporter par un son de guitare qui est très bien fait. Il manque peu pour faire beaucoup ! 

Il faudra, comme c'est le cas pour beaucoup de groupes, qu'il se questionne sur la direction qu'il veut prendre. Le garage peut être plus singulier que ça, et avec autant de bonnes compos' du genre, on se dit que les BottomFeeders peuvent viser plus loin que le seul groupe "à la". Il pourrait, par exemple, transcender le slacker - slackass, mélange de slacker et de jackass qui ne vit que pour le fun - avec ses longues phases intru', peu s'y sont aventurés et quelques-uns de ces morceaux esquissent cette direction. Qu'en pensez-vous ?

(mp3) BottomFeeders - Caligula
(mp3) BottomFeeders - Detecht

Tracklist : BOTTOMFEEDERS (LP, 2017)
1. Jungle Juis
2. Out of Focus
3. Crust Fund
4. Isolation
5. Caligula
6. Detecht
7. Rare Appeal
8. Mass Selection
9. Sex Desert
10. Out of Mind

Liens :
Article sur le dernier Dusty Mush
Article sur la compile garage de Glitchy Records

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