Album Review : Sonny & The Sunsets - Antenna to the Afterworld (Indie Pop)

Album Review : Sonny & The Sunsets Antenna to the Afterworld Sonny & The Sunsets est un projet de Sonny Smith, art...






Album Review : Sonny & The Sunsets

Antenna to the Afterworld



Sonny & The Sunsets est un projet de Sonny Smith, artiste originaire de San Francisco. Le quatrième opus studio du groupe est paru cette année via Polyvinyl sous le nom de Antenna to the Afterworld. Composé de 11 titres, Sonny en a profité pour visiter l’espace intersidéral qui nous entoure. Le résultat ? Un opus facile d’accès avec de belles mélodies pop qui parviendra à contenter à peu près tout le monde.

Mais remettons tout d’abord les choses dans leur contexte. Sonny Smith est l’un des grands gurus de la Bay Area. Impliqué dans de nombreux projets, entouré de Ty Segall (sur le 100 Records, un projet qui consistait à enregistrer 100 titres comme s’ils provenaient de 100 groupes différents), Tim Cohen, John Dwyer et j’en passe, Sonny est de ce genre d’artistes qui viennent en permanence nous surprendre avec une nouvelle idée. Son dernier opus en date, Longtime Companion (2012), était un album à forte dominance country. Antenna to the Afterworld est plus new wave qu’autre chose. La plupart des textes ont été inspirés par une visite que Sonny a rendu à un Medium. Il faut dire que Sonny a toujours eu un penchant pour le supernaturel, les fantômes, les esprits, les aliens, les shamans…

Cette attirance pour le paranormal a une place proéminente dans Antenna to the Afterworl. Composé suite à une discussion avec l'esprit d'un ami décédé, cet album respire l'ambiguité entre mélodie printanière et des textes plus noirs qu'ils n'y paraissent. De plus, en dépit de ressemblances avec de nombreux artistes que l’on aime adorer, je pense notamment à Ducktails, Real Estate et Ian Svenonious, plusieurs morceaux viennent surprendre par leur capacité à changer rapidement de cap. Il faut dire que l'on entre tranquillement dans le Cosmos avant d'être confronté à une pluie d'étoiles filantes, une petite fête Champomy dans le vaisseau spatial et j'en passe. Tout un programme. Quels titres méritent plus d’éloges que les autres ? Réponse dans la critique track-by-track :

  • Dark Corners : Une belle pop lo-fi qui rappelle Ducktails. Sonny nous introduit à ce cosmos dans lequel il nous guidera pendant tout l’album. "Dark Corners" est de ce type de morceau qui ne parvient jamais à lasser. La mélodie y est surement trop évidente. La basse fait tellement bien le travail. Ne vous fiez pas aux apparences : "Dark Corners" est effectivement un titre noir et mélancolique. On pourrait pourtant croire l'inverse : sous ses airs de synthé pop catchy, l'album introduit ses premières ambiguïtés.
  • Mutilator : Un titre plus sixties que les autres. "Mutilator" est une création intéressante qui se révèle à travers le temps. La guitare acoustique est si lourde qu'elle rappelle celle de Ty Segall sur Sleeper (Album Review).
  • Palmreader : Et voilà le premier titre 5 étoiles de cet opus. "Palmreader" est le parfait titre des amoureux de pop mécanique. Sonny & The Sunsets y fait la synthèse d’une multitude de genres musicaux. On visite les étoiles à bord de notre petit vaisseau pop. Pile ce qu’il fallait
  • Path Of Orbit : On jurerait avoir affaire à une reprise d’un titre des Beach Boys, pourtant, "Path Of Orbit" est bien un original de Sonny & The Sunsets. C’est la fête dans la vaisseau, le Champomy fait tourner les têtes et voilà que les commandants embrassent les hôtesses. Ce titre fait l'évidence. Les rêverb appliquées sur la guitare produisant un titre ensoleillé d'une belle profondeur. "Path Of Orbit"  est une piscine de bonheur.
  • Natural Acts : Une influence évidente de Ian Svenonious sur fond de musique à la Baxter Dury. "Natural Acts" est l’un des tout meilleurs titres de l’opus. Le début sous forme de petits accords acoustiques ne laisse pas présumer l'arrivé en force d'un synthé. "Natural Acts" symbolise en plein ce qu'est la musique de Sonny Smith : une drôle de substance gluante et fluorescente. Surement quelque chose qui se trouve au dessus de nos têtes.
  • Girl On The Street : L’évidence. A défaut de plus d’informations sur le comment des streets cosmiques, Sonny & The Sunsets décrit cette activité à laquelle nous aimons tous nous adonner. "Girl On The Street", à feu doux, vient faire de nous les parfaits cobaye à quelques expériences d'hypnotisme. Mmmmm...
  • Death Scene : Nous ne l’avions pas vu venir. "Death Scene" a d’étranges airs de surf music. GREAT.
  • Primitive : Mais quelle guitare ! Loin d’être peu élaboré, "Primitive" est une nouvelle démonstration du génie créatif de Sonny Smith. Le titre dégage une incroyable évidence. Les étoiles sont multicolores et fluorescentes.
  • Void : Un titre écrit en 2012 qui se prédestinait à être sur Longtime Companion. Finalement, l’habillement du "Void" aura été plus pop. Plus l'opus se déroule et plus la durée des morceaux à tendance à se réduire. Leur efficacité n'en souffre absolument pas, preuve en est.
  • Earth Girl : L'un des morceaux les plus péchus de l'opus. "Earth Girl" est un petit morceau de presque Garage Pop qui appelle à peu de commentaires : c'est catchy, ce n'est rien d'extraordinaire, mais c'est bien là ou c'est.
  • Green World : Les paroles ne veulent absolument rien dire et c'est assez génial. Ce titre très eighties achève parfaitement notre routine d’Antenna to the Afterworld. C'est mélancolique tout autant que coloré. Tout le monde n'a pas la chance de tomber amoureux d'un androïd.

Voilà ce qu'on peut appeler un BON album pop. Sonny & The Sunsets parvient à conserver des mélodioes catchy tout au long de son Afterworld sans pour autant nous priver de nombreuses variations. De plus, cet opus est très imagé. On s'imagine facilement voguer entre les étoiles, à la recherche de l'alien disparue. 

Antenna to the Afterworld marquera assurément l'année des amateurs d'une pop bien travaillée. C'est de ce genre d'opus que naissent de nombreux autres albums, inspirés par l'oeuvre d'un seul homme, aujourd'hui Sonny Smith, demain un guitariste venu de Pluton. Notons enfin la parution d'une EXCELLENTE compilation sous le nom de I Need You Bad. Parue en novembre dernier, elle documente la scène Garage/Indie de San Francisco. Son créateur ? Sonny Smith. Du très très bon.


Note : 8,1 / 10 (barème)


(mp3) Sonny & The Sunsets - Natural Acts
(mp3) Sonny & The Sunsets - Girl On The Street


Bonus (issu de I Need You Bad) :
(mp3) Sonny & the Sunsets - Those Drawings I Told You About


Liens afférents :
BandCamp
Article sur Ducktails

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