Album Review : The Strokes - Comedown Machine (Indie Pop Rock)

The Strokes est le très grand groupe que tout le monde connaît. Auteur de trois premiers albums qui avaient fait l'unanimité, so...




The Strokes est le très grand groupe que tout le monde connaît. Auteur de trois premiers albums qui avaient fait l'unanimité, son quatrième, sorti en 2011 et nommé Angles, avait reçu une critique bien plus partagée. Still in Rock chroniquait l'album (article) et le classait pourtant 2eme meilleur opus de l'année 2011 (classement). Mais ne réouvrons pas le débat. Ce nouvel opus, nommé Comedown Machine et paru le 26 mars dernier, est sans conteste le moins bon du groupe. Il ne fallait pas s'attendre à ce que les Strokes renouent avec le son de ses deux premiers opus. Angles, sorti en 2011, affirmait clairement un changement de direction amorcé par First Impressions Of Earth. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'Angles avait été descendu à boulets rouges, une partie des auditeurs n'ayant pas su accepter un changement de ligne directrice (non, ne réouvrons pas le débat, vraiment). Comedown Machine est non seulement un nouveau changement de direction artistique - et non pas la confirmation de celui précédemment amorcé tant l'énergie mise dans cet album est fondamentalement différente - mais il est aussi bien souvent un mauvais changement. 

Cet opus fait se questionner. Une interrogation qui s'est récemment posée à moi a été de décider ou non de faire cet Album Review. M'y voilà, non sans hésitations. Et par où commencer ? Parler des Strokes est toujours un exercice difficile. Parler de Comedown Machine l'est tout particulièrement pour une raison simple : considérant les albums passés du groupe, Comedown Machine est très décevant. En le prenant toutefois pour ce qu'il est, oubliant qu'il s'agit là des Strokes, Comedown Machine à de quoi apporter plusieurs satisfactions.

Sans conteste, Comedown Machine contient son (grand) lot de très mauvais titres. Outre des mélodies absolument parfaites, c'est la voix de Julien qui a toujours été le baromètre du groupe. C'est donc cette même voix qui est le principal problème de beaucoup des titres de l'opus. L'orchestration, bien trop électronisée, est également décevante. Strokes ou pas, plusieurs morceaux sont donc à oublier. Beaucoup d'autres appellent à plus de retenue. Alors, à quoi s'en tenir précisément ? Réponse dans la critique détaillée :


  • Tap Out : "Tap Out", le premier titre de l'opus, est affligeant. Est-ce une vaste blague ? Disons que oui. Mais qu'a bien pu vouloir rechercher Julian en utilisant sa voix de la sorte ? C'est incompréhensible. Ah si, c'est une vaste blague, j'oubliais déjà.
  • All the Time : "All the Time", deuxième titre de l'opus, est similaire à plusieurs des créations de Room on Fire, telle que "Between Love & Hate" (certes pas la meilleure de l'album visé). The Strokes pèche ici de n'avoir pas su trouver un refrain qui accroche plus l'oreille. La dernière minute n'en est pas moins très efficace.
  • One Way Trigger : La voix de Julian est, dans ces tout premiers couplets, clairement mauvaise. Il retrouve heureusement son détachement habituel à la 50ème seconde et c'est alors que les choses sérieuses commencent. La Power Pop du titre produit ensuite allègrement son effet. On est très éloigné du son originel du groupe, mais "One Way Trigger" est inévitablement un bon morceau. La guitare est très proche de celle d'Angles et la reprise à 1min55 quant à elle clairement exaltante.
  • Welcome to Japan : Le swing de "Welcome to Japan" est incontestablement bon, et c'est là que l'on est confronté à un problème d'étique : faut-il aimer ce titre tel qu'on l'aimerait s'il était le premier single d'une nouvelle formation ou faut-il le rejeter, car trop loin du niveau habituel des Strokes ? Avouons que la guitare à 1min20 tendrait à nous faire adopter le premier point de vue. Catchy et incisive, deux qualificatifs qui s'appliquent également au passage de la 3ème minute.
  • 50 50 : C'est certes malheureux, mais "50 50" est de loin de meilleur titre de l'opus. C'est aussi le seul qui ressemble aux premières créations du groupe. Ce morceau sauve la baraque. Nerveux et solide, on est la confronté à ce que The Strokes peut produire de tout meilleur. Julian aurait pu dévoiler ce titre lors de son concert Bill Uncut joué en 2002, l'un des plus grands moments du groupe où son flegme sera devenu légendaire (vidéo). "50 50" pourrait durer 20 minutes que l'on continuerait toujours à se remuer avec la même énergie.
  • 80's Comedown Machine : On se rapproche du 3ème album du groupe, tout particulièrement de "Ask Me Anything", une croisade électronisée où la voix de Julian, très posée, donne à écouter un morceau reposant. Le final est inattendu, une belle surprise. Ouais, "80's Comedown Machine" est un bon morceau, sorte de version album de "I'll Try Anything Once", reprise de "Heart In A Cage" que Somewhere de Sofia Coppola avait su sublimer.
  • Slow Animals : Aie aie aie, on attaque là les quatre mauvais titres qui ont au moins le mérite de s'enchaîner. "Slow Animals" me donne le sourire aux lèvres tant Julian semble avoir confondu l'art à fleur de peau de Christopher Owens et une parade amoureuse entre Ginsberg et Warhol. Le refrain est pourtant pas mal. Mais le reste, franchement.
  • Chances : Continuons à tailler dans le vif. Je n'ai, pour une fois, absolument rien contre les premières secondes du titre. En revanche, et c'est là le même reproche que pour "One Way Trigger", Julian décide d'attaquer les paroles d'une façon trop peu convaincante pour que se fasse l'envie de poursuivre l'écoute. On atteint pourtant par moment le plus bas de l'histoire des Strokes. Le rythme en background est pourtant bien trouvé, seul point positif.
  • Partners in Crime : Difficile de savoir à quoi nous avons à faire. "Partners in Crime" est un genre de morceau semi-électronisé où toute l'âme des Strokes a disparu. Brouhaha sonore, le groupe semble y avoir déversé les quelques idées qu'il n'avait pas pu insérer avant.
  • Happy Ending : "Happy Ending" est du même acabit que "Tap Out", plutôt atroce donc. Le refrain est ennuyeux, la mélodie est ennuyeuse, la voix de Julian n'a aucun engagement réel (donc ... ennuyeuse), hmmm, je me demande quel adjectif donner à ce titre.
  • Call It Fate Call It Karma : "Call It Fate Call It Karma" est un final intéressant. Les Strokes n'avaient encore jamais expérimenté des mélodies plus jazzy. C'est ce qu'ils font ici, avec réussite. "Call It Fate Call It Karma" est déconcertant, mais plutôt intéressant.

Les titres allant de "Slow Animals" à "Happy Ending" (dont le titre est alors bien trouvé) sont à oublier. Ainsi en va-t-il du titre introductif. Le reste des morceaux à ses quelques défauts comme ses grands moments. "50 50" est assurément LE titre de l'opus, "All the Time" et "Welcome to Japan" arrivant ensuite. À force d'écoutes, The Strokes parvient à nous faire accepter des sons qui pourtant nous déplaisent fondamentalement. C'est qu'ils sont fort. Mais en réalité, l'écoute de n'importe quels autres titres des précédents opus nous ramène à la réalité : oui, The Strokes, c'est bien mieux avant.

Je crois que je continuerai éternellement à ne pas savoir comment prendre cet opus. De nombreuses mélodies sont bien trouvées, mais les premiers albums du groupe sont trop présents dans mes playlists pour que je ne puisse faire une comparaison très désavantageuse. J'eu souhaité que Comedown Machine soit l'opus d'une toute jeune formation. Pas des Strokes. Il en va autrement.


Note : 7 / 10 (barème)




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