Deerhunter en 5 morceaux (Nocturne Garage Rock)

Deerhunter . Ce groupe est l'un des ovnis de la scène actuelle, produisant comme il le dit lui même un Nocturne Garage Rock à la ...




Deerhunter. Ce groupe est l'un des ovnis de la scène actuelle, produisant comme il le dit lui même un Nocturne Garage Rock à la croisée des genres. Le prochain album de cette formation menée par le génial Bradford Cox (également leader d'Atlas Sound) et Lockett Pundt (aussi connu sous le nom de Lotus Plaza : article) paraîtra le 7 mai prochain et sera nommé Monomania. D'ici là, l'attente sera longue et parsemée d'embûches. Il faut dire que Deerhunter suit pour l'heure un parcours exceptionnel fait de discrétion, de grands titres et de beaucoup d'expérimentations. Un billet rétrospectif sur sa disographie s'imposait donc. Auteur de cinq albums - et quelques EPs -, paru en 2005 (Turn It Up Faggot), 2007 (Cryptograms), 2008 (Microcastle et Weird Era Cont.) et 2010 (Halcyon Digest), pour un total de presque 60 morceaux studio, Halcyon Digest (le dernier) demeure à ce jour son opus le plus complet.

La musique de Deerhunter est d'une absolue poésie. Les paroles collent toujours parfaitement à une musique expérimentale d'une extrême qualité. A devoir résumer Deerhunter en 5 titres - exercice ô combien difficile tant j'ai de nombreuses fois passé des heures entières à n'écouter qu'un seul d'entre eux -, la liste serait telle que suit.

  • "Spring Hall Convert" (2007) : La montée en puissance de "Spring Hall Convert" est absolument sensationnelle, aucun autre adjectif ne conviendrait mieux. Véritable drogue sonore, ce titre peut être écouté des centaines de fois et produire le même effet encore et toujours.
  • "Strange Lights" (2007) : Ce n'est que plusieurs mois après la sortie de Cryptograms que j'ai réellement vénéré ce morceau. Une fois encore, la poésie de Deerhunter donne à "Strange Lights" toute la puissance qui fait de la musique un art majeur. Comme dissonant, ce titre est l'un des symboles de Deerhunter, gracieux et périlleux.
    • "Nothing Ever Happened" (2008) : Dans un genre proche de "Spring Hall Convert", "Nothing Ever Happened" est un titre progressif mené par un son de basse qui me laissera toujours sans voix. Et que dire de celui de la guitare, parfaitement electronisée. Un chef d'oeuvre, vous avez dit chef d'oeuvre ?
    • "Basement Scene" (2010) : D'une extrême finesse, ce morceau est ce que Deerhunter sait faire de mieux. "I Don't Want To Get Old" revient sans cesse, un leitmotiv grave et perturbant.
    • "Don't Cry" (2010) : Avec des paroles qui nous hantent, "Don't Cry" est sans conteste est une autre masterpiece de Deerhunter. Le rythme, absolument comme il le fallait, est un classique.

    Impossible d'écrire cet article sans également citer "Hazel Street", "Helicopter", "Activa", "Microcastle", "Sailing", "Memory Boy", "Earthquake", "Calvary Scars II / Aux. Out", "Operation" et "Revival". La liste est certes longue, mais Deerhunter nécessiterait bien plus encore. J'attends donc Monomania au pied levé, album créé à Brooklyn en janvier et février 2013. Bradford Cox semblait très inspiré lorsque j'ai eu la chance de la voir en live au MoMA PS1 en février dernier (un titre joué pendant plus de 35 minutes). Monomania ne nous décevra pas.


    (mp3) Deerhunter - Don't Cry (2010)


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