Album Review : Battles - Gloss Drop (Math Rock)

( cliquez ici pour version géante ) Battles , groupe new-yorkais, vient de sortir un deuxième album succédant un premier opus qui avait ...




Battles, groupe new-yorkais, vient de sortir un deuxième album succédant un premier opus qui avait marqué l'année 2007. Qu'on se le dise immédiatement, "Gloss Drop", dans son ensemble, est plus pop que son précédesseur, ce bien que quelques bizarreries musicales persistent et s'avèrent d'ailleurs être un élément indispensable de l'album. Gloss Drop est donc pour partie accessible et pour autre partie bien plus expérimental, la touche Battles voyez. Ne vous laissez pas attendrir par la pochette de cet opus, il est parfois sombre, souvent d'acier et d'étincelles.


Pour la petite histoire, Tyondai Braxton, multi instrumentalisme et pierre centrale du groupe, a décidé, en pleine élaboration de Gloss Drop, de quitter le groupe afin de se consacrer à un album solo alors bien plus avancé. L'élaboration de l'album s'en est trouvée bien entendu compliqué, mais ce dernier voit quand même le jour à notre plus grand plaisir. Battles avait dès le départ de leur ami commencé à remanier certains titres afin d'effacer le plus possible la touche Braxton. Il faut dire que ce dernier était réellement indispensable au groupe, une demi-présence eut donc été un désastre, il fallait ce travail de nettoyage, ce travail de fond.

L'écoute de cet album s'imposera pour l'année 2011, ce pour deux raisons. La première et la plus évidente, cet album réalise le meltin pot parfait entre pop, jazz, rock, math-rock, sonorités électroniques et autres styles expérimentaux. Le tout, assez étrangement, est homogène et suffisamment bien pensé pour que cohérence et désordre soient de Maître mot. La seconde, Battles y pousse la technique la où elle n'a jamais été. Si les cordes sonnent souvent comme des claviers, l'inverse est aussi avéré. Place à la critique détaillée :


Africastle : Fourre tout mélodramatique, une introduction très travaillée pour un titre résolument accrocheur.


Ice Cream (feat.Matias Aguayo) : Une turie. Non seulement Battles y trouve un rythme percutant, mais plus encore, il le déstructure afin qu'il revienne ensuite avec plus de force. Fait de mains de maitre, "Ice Cream" représente à merveille la partie la plus pop ce Gloss Drop.


Futura : Une première minute faite de la guitare de Ian Williams, puis la batterie de John Stanier pour accueillir le synthé avec plus de passion et d'engouement. "Futura" est parfaitement déstructuré, il vient lier deux titres de la plus belle des façons. Au passage, John Stanier a récemment déclaré : "ce disque, c'est l'accomplissement de ma vie". Ce morceau était l'occasion de lui rendre hommage.


Inchworm : Titre très expérimental, "Inchworm" illustre mes propos premiers. C'est en apparence très cohérent lorsque la seconde couche révèle une infinité d'instruments et un travail très élaboré : mixage, découpage, remixage, saturation, puis mixage …


Wall Street : Introduction qui n'est pas sans faire penser à Foals. Le reste du titre est fidèle à l'esprit du groupe : très rythmé, très compact, "Wall Street" est une étonnante pièce de musique.


My Machine (Featuring Gary Numan) : Beaucoup plus difficile de trouver un intérêt à ce titre : trop brouillon sans les arrangements nécessaires pour en faire un morceau cohérent et qui tend à être réécouté.


Dominican Fade : Autre titre relativement useless, trop fade, trop indifférent et sans caractéristiques fortes. On passe.


Sweetie & Shag (feat.Kazu Maki) : Un titre pétillant qui illustre merveilleusement cette splendide pochette. "Sweetie & Shag" est facile d'accès comme l'est "Ice Cream". Ce genre de titre aide Battles à se faire connaître du grand public, une bonne chose.


Toddler : interlude fort sympathique qui remplit son rôle sans difficulté.


Rolls Bayce : le titre le plus électronique de l'album. Pour ceux qui se demandaient ce qu'est le math-rock signalé en introduction d'article, "Rolls Bayce" est la réponse : en apparence dissonant, incohérent voir déstructuré, le tout dont chaque élément est indispensable forme un fabuleux ensemble. (Pour ceux plus adepte des définitions, je vous en donne une : musique composée d'éléments qui, chacun pris séparément, paraissent dissonants, mais qui en réalité forme un tout cohérent).


White Electric : difficile de rester en place à l'amorce de la batterie tant "White Electric" semble être fait de la même matière que celle de l'énergie (et non pas que celle des rêves). Besoin de preuve ? 3min20.


Sndome (feat.Ymantaka Eye) : Pas d'impatience, pas d'impatience. "Sndome" se construit lentement, la basse n'arrive qu'à la 3ème minute, la où le rythme va finalement puiser sa source. Il demeure toutefois très (trop) conceptuel et un tantinet longuet.


Sundome (Instrumental) : Version instrumentale plus encore difficile d'écoute que la version originale. Je ne suis pas persuadé que le refrain de ce titre soit celui qui ait mérité les honneurs sur ce total de 15 min.


Cet album est bourré de bonnes idées. Écouter Gloss Drop est un exercice fort plaisant, distrayant et musicalement très abouti. Il est de ce genre d'opus où faire de la bonne musique semble chose aisée. La marque des grands me direz vous.


Le paradoxe de cet album est qu'il paraitra accessible à certains comme parfaitement improbable à bon nombre d'autres (qui, à force d'écoutes, accéderont aussi à l'extase, plus forte encore). Tout dépend là de la culture musicale de chacun (pour avoir fait le test avec certains), de la tendance à plus ou moins apprécier la musique hybride, car cet album l'est bel et bien. Un bel opus de l'année 2011. En concert au Cabaret Sauvage le 30 juin prochain.


Note : 8,2 / 10 (barème)





(le meilleur clip de l'année ? Fort probable).




(mp3) Battles - Futura
(mp3) Battles - Ice Cream


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