Bikes: la musique que l'on écoute pendant que les saucisses suintent sur le barbecue

Il y a les groupes qui font compliqués, et ceux qui font simple. Les seconds sont toujours meilleurs. Le must ? Lorsqu'un grou...


Il y a les groupes qui font compliqués, et ceux qui font simple. Les seconds sont toujours meilleurs. Le must ? Lorsqu'un groupe introduit un nouveau genre et rend son existence comme... évidente. Mais sans parler de ces rares occurences, je me félicite toujours de trouver un groupe qui ne cache pas ses intentions. C'est le cas avec BIKES.

Le groupe, originaire de Berlin, se revendique des Rolling Stones et de Natural Child. Granted, il y a un peu du Rolling Stones des débuts, lorsqu'ils étaient bluesy, mais ça s'arrête là. BIKES est en réalité bien plus sudiste qu'il n'est british. Ses morceaux font de grosses boucles de blues-rock qui plairont à tous les papas de Terre. Les mamans trébucheront devant les chapeaux de cowboys, et quant aux hipsters, ils se régaleront de la voix bien nasillarde qui rappelle effectivement la scène Burger. N'est-ce pas le parfait combo ? C'est assurément le combo du printemps 2019 !

Et pour cause, avec BIKES, on embarque en plein dans l'Amérique de Martin Parr. Toutes les femmes portent des bigoudis, les hommes ont le gros bide des litres de bière et les jeunots se baladent dans leur pick-up, une casquette carrée et des chemises à carreaux sur le dos. Quoi, les BIKES seraient de Berlin ? Quedal, c'est fake news, ça !


Je ne suis pas certain à ce stade que tous les titres de cet album méritent une critique singulière. Et pour cause, ils se ressemblent. Les BIKES semblent véritablement avoir voulu créer un album pour soirées barbecue, une bande-son à jouer en fond pendant que les saucisses suintent sur le grill. "Summer Of '68" suffit à s'en convaincre, n'est-ce pas ?

Le son de la guitare, un peu crunchy comme le montre "Apple Song", vient rajouter dans le côté vintage du cover band qui joue dans la salle des fêtes de son village redneck. Mais finalement, c'est lorsque BIKES est le plus nasillard qu'il est le meilleur, preuve en est avec "Friday Night". Les Natural Child ne sont alors pas loin et l'on se souvient qu'avant que le garage et le punk et le rock psyché n'emportent tout, le blues était à la mode. Sur "Tarantula", BIKES se rapproche de ce qu'il fait de mieux : être un groupe ironico-bluesy. Et "Let It Go" de porter l'estocade redneck. La saucisse est cuite.



Au final, BIKES ne crée aucune surprise, si ce n'est celle d'avoir osé un album de blues rock dans un milieu cool berlinois, sur un label cool (la maison de Pale Lips) et dans une époque cool. Je le soupçonne d'être ironique pour cette raison, mais en réalité, je n'en sais rien. L'album me plait au troisième degré, surtout, il me plait avec mon barbecue.

(mp3) BIKES - Friday Night
(mp3) BIKES - Summer Of '68

Tracklist: Bikes (LP, Alien Snatch! Records, 2019)
1. Summer Of '68
2. Killing Time
3. Apple Song
4. Odds'n'Ends
5. Dream School
6. Hot Air
7. Friday Night
8. Beat You Good
9. Tarantula
10. Let It Go


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