Bee Bee Sea: garage au pepperoni

Ils sont trop peu nombreux les groupes italiens, alors forcément, lorsque l'on en trouve un qui nous plaît, on le chouchoute. Bee B...



Ils sont trop peu nombreux les groupes italiens, alors forcément, lorsque l'on en trouve un qui nous plaît, on le chouchoute. Bee Bee Sea fait assurément partie de ces nouvelles formations de la scène garage qui, dans la poussée du début des années 2010s, se sont tourné vers les sonorités de Ty Segall avant d'emprunter le chemin des slackers. On se souvient ainsi que son album Sonic Boomerang avait défoncé l'Espace B (voir la vidéo), qu'il enchaînait les hits comme un groupe californien et qu'il disait au reste de l'Europe : speed up.

Bee Bee Sea revient ce mois-ci avec un nouvel album intitulé Bee Bee Sea Deluxe. Composé de 14 morceaux, il ne dérive rien de sa recette originale. Et pour cause, il ne s'agit pas véritablement d'un nouvel album, mais d'une compilation des meilleurs titres de Bee Bee Sea, sous différents noms. Bee Bee Sea fait partie de ces groupes visent la mélodie, toute la mélodie, rien que la mélodie. Ici, la cohérence d'ensemble est assurée par le son relativement homogène. Allez donc acheter une pizza au coin de votre rue, sortez le vin ou la bière et prétendez histoire de 40 minutes vivre dans l'un des plus beaux pays du monde. Here we go.


Bee Bee Sea a souvent oscillé entre garage pop et garage rock. Cet LP ne déroge pas à la règle. Ni même à celle de ses chorus qui habillent tous les couplets. "The Garage" est facile, comme le reste de l'album, sans surprise, mais non sans danser. "Lou Weird" - un bel hommage au Velvet - est plus californien que jamais. That's right, Bee Bee Sea pourrait bien être le groupe le plus californien de tous les groupes européens. Ça nous change des frenchies qui pompent les sixties à ne plus en finir (vous savez de qui je parle). Bon, ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard, on se demande parfois quel est l'apport des Bee Bee Sea à la scène. "Mary", lui, est sixties, erk. Je passe également sur "All The Boys All The Girls", générique d'une série TV.


"Stoned By Your Love" est plus touchant, mais on rentre après dans le ventre mou de cet album. Ça rame de "Y Stripes" à "Just Myself". Et là, Bee Bee Sea sort enfin de nouvelles sonorités. Enfin, il délivre un peu du slacker qu'il sait si bien faire en live. Enfin, il sort la tête de son guidon et ose des partitions plus psychées, plus trash, plus rentre-dedans. C'est, comme par hasard, le titre le plus long de cet album.



Sur cette même lancée, Bee Bee Sea délivre un "The Secrack" en deux temps que "And On" vient un peu tuer dans l'oeuf. Avec Bee Bee Sea, l'envie d'imposer cette règle me revient encore : certains groupes devaient être forcé d'enregistrer des morceaux de plus de huit minutes afin de voir, voir ce que cela les oblige à faire, voir ce qu'ils peuvent produire au-delà des codes de la musique de radio. Dès que Bee Bee Sea s'en écarte, il est excellent, seulement voilà, le groupe a tendance à vouloir rentrer trop dans les canons de la garage pop telle qu'on l'a connait. "Pencil" et "Je Suis Content" viennent conclure cet LP non sans jouer aux good boys. Tout ça manque tout de même de slackeurisme.


Au final, Bee Bee Sea fait partie de ces rares groupes européens qui ont les clameurs de l'autre côté de l'Atlantique. Malgré les critiques que je lui adresse, ce nouvel album de participera de sa popularité. Bee Bee Sea Deluxe est fun, varié quand il faut, festif, entraînant, adolescent, gras, dumb. Tout ce qu'on aime.


Tracklist: Bee Bee Sea Deluxe (LP, 2018)
1. The Garage
2. Lou Weird
3. Mary
4. All The Boys All The Girls
5. Stoned By Your Love
6. Y Stripes
7. Monday Morning
8. Vampire George
9. On-A-Boa
10. Just Myself
11. The Secrack
12. And On
13. Pencil
14. Je Suis Content

Lien :
Premier article sur le groupe

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