Still in Rock présente : B Boys (Punk Eighties)

B Boys . Son nom de boys band tout droit sorti des années '90 n'est pas le plus évocateur, et pourtant, B Boys est l'un des...


B Boys. Son nom de boys band tout droit sorti des années '90 n'est pas le plus évocateur, et pourtant, B Boys est l'un des derniers signés chez Captured Tracks, un nouveau venu sur la scène punk qui va faire des ravages. C'est l'anniversaire de la vieille aujourd'hui, Elizabeth II, alors pour fêter ça, voici la critique d'un groupe US à tendance punk anglais, comme pour te dire que oui, Elizabeth, ton pays à encore de l'influence sur l'Oncle Sam.

B Boys est un groupe originaire de Brooklyn qui, le 18 mars dernier, a fait paraître son premier EP, ou mini-album comme qu'il dirait. Et No Worry No Mind porte bien son nom. Cet EP a quelque chose de très destructeur, comme un besoin de tout foutre en l'air au bénéfice d'un punk parfois contrôlé, parfois sauvage. Si le groupe traine sur la scène locale depuis 2 ans déjà, il se pourrait bien que ces 8 morceaux lui permettent de sortir de l'ombre. Après tout, le groupe a déjà ouvert pour Milk n’ Cookies et EZTV, la preuve que l'on est désormais nombreux à placer en lui quelques espoirs.

L'EP s'ouvre sur "Seagulls", l'un des titres les plus pop de cet EP. Le titre rappelle le punk des années '80, celui d'un Gang of Four naissant. "Sound Frequency" est une véritable surprise. Le son que B Boys parvient à déterrer ne ressemble à aucun autre. Bien entendu, il y a une influence des Cure qu'on ne saurait nier, mais B Boys en fait quelque chose de plus heavy, loin des sautillements anglais. Peut-être peut-on simplement noter un terrain commun avec Eagulls, dans le style du morceau brumeux qui semble plus accompagner un gang habillé d'un survet' Dolce Gabbana que de vestes en cuir. "Psycho" (pas "Psycho Therapy") est bref, et il force encore le ton. B Boys semble décidé à ne pas se détacher de ses inspirations eighties. C'est Stiff Little Fingers qui serait fier. 


"Other Head" est un véritable morceau à la Ramones, une histoire d'amour entre un geek et la girl next door. B Boys prouve qu'il sait aussi être une bande de 'gentils garçons'. La dernière minute est très bonne, ala Buzzcocks. C'est d'ailleurs une constante qui revient de nombreuses fois dans cet album : l'influence British sur le groupe. Alors que l'américanisation de la scène semble ne jamais en finir de s'amplifier, B Boys prouve que certains US citizens sont plus portés sur la chose de la Reine d'Angleterre (joyeux anniversaire vieille cruche).

Peut-être "Get A Grip" est-il le morceau le plus complet de cet album, celui le plus proche des Clash (logiquement). Tout est là, du eigthies, un interlude super efficace, des paroles pleines de rage et un son de guitare mi jangle-pop mi proto-punk qui donne à "Get A Grip" tout le vernis qu'il mérite. "Nevah", pour sa part, est battit pour les fans de Parquet Courts. Tout aussi binaire, il démontre à lui seul tout le sens rythmique des B Boys.

"I Don't Mind" vient compléter le tableau avec sa pop (presque spectrale ?) qui ne lésine pas sur les réverb'. Le titre est très efficace, mais je me demande pour le coup s'il ne serait pas que le simple produit de ce que la scène pousse à produire : une pop qui scintille à tendance shoegaze, ce que fait Real Estate, DIIV & co... B Boys aurait, je crois plus intérêt à rester proche de son punk chéri, c'est plus... lui. Une reprise de "Psycho (reprise)" vient conclure le tout, emballé c'est pesé, il est incontestable que No Worry No Mind est un très bon EP.

B Boys est pour l'heure passé en dessus de quasiment tous les écrans radars. Mais ce n'est qu'une question de temps. Souvenons-nous de ce jour où le groupe n'était encore qu'une petite émanation indie. Avec B Boys, on retrouve une partie de l'esprit des compilations D.I.Y., la romance de quartier où le lycéen à peine aguerri rêve d'aller parler à la fille qu'il voit à travers la fenêtre de sa chambre tous les soirs alors que son bus le ramène chez lui. No Worry No Mindjoue dans une catégorie qui est quelque peu délaissée par la scène, punk eighties décomplexé, et ça tombe bien, parce que B Boys le fait bien et que je prends le pari que cela lui permettra de gagner rapidement en popularité. Voyons voir.

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