Institute: la baston texane

Sortez votre gueule d'enterrement et votre vilain regard, tirez vos chaussettes sur le haut et rangez vos cheveux gras sous une casq...


Sortez votre gueule d'enterrement et votre vilain regard, tirez vos chaussettes sur le haut et rangez vos cheveux gras sous une casquette, le gang d'en face arrive pour vous bastonner. En fond sonore : Institute, un groupe originaire du Texas (ce que l'on entend avec le son de la guitare), mais dont l'intention, elle, est assurément anglaise.

Son troisième album, Readjusting the Locks, est paru le 17 mai dernier via Sacred Bones Records. Il fait suite à deux premiers albums, Catharsis (2015) et Subordination illustration (2017). Il dynamite. Sur treize morceaux, la production achève de nous mettre la tête sous terre, de nous taper dessus, et finalement, de nous laisser respirer avec le sourire aux lèvres, du sang sur le front. C'est joyeux, n'est-ce pas ?



Dès "MPS", on comprend que l'album sera noirâtre et qu'Institute va essayer de nous prendre de vitesse. Le coup de batte doit être furtif. Il y a quelque chose de post-punk là-dedans, mais finalement, le son très agressif de la guitare et la batterie qui n'en finit pas d'écraser le morceau fait de ce morceau une antithèse de la musique post-punk. "Mon Cherie" de confirmer cette même tendance dans un élan un brin plus 77'.

Et puis, vient "Let Me Be". On a de quoi s'inquiéter : l'album sera-t-il super uniforme, et de fait, parfois ennuyeux. Ben ouais. Je ne suis pas certain de comprendre en quoi ce titre était indispensable à la maquette de cet album. "Indoctrination Set" souffre du même défaut, même si l'on peut se raccrocher au 1% de pop qui s'y trouve.

Heureusement, Institute rompt parfois avec cette mauvaise habitude. C'est le cas sur "Roll Music", un morceau plus classic, et "Can't See Nothin'", un morceau très seventies qui crisse dans tous les sens. "Shangri-La" se veut plus grandiloquent, il est poussif.

(session de 2014)

La deuxième phase de cet album est ouverte par le très violent "St. John's Wort", il a le mérite de mettre les points sur les i. Mais c'est surtout sur "Dazzle Paint" que notre intention se concentre. Meilleur titre de l'album, il parvient enfin à proposer un univers qui se suffit à lui même, un single que l'on pourra jouer une fois la nuit tombée. Si les parties vocales ne sont pas le fort du groupe, elles ajoutent ici un peu d'anxiété à ce morceau assurément taillé pour les lives. Pour le reste, c'est garage rock, c'est bon. Et "Anxiety" de perpétuer cette même envie. Un jour, je ferai une mixtape pour les hypocondriaques de passage. Il y aura ce morceau, aux côtés de "Everyday It Starts" (Parkay Quarts). Les trois titres qui demeurent sont plus brouillons.

Au final, Institute impose son univers, et ici, fait de cet album l'occasion d'une soirée baston entre amis. C'est brut, parfois facile et attendu, mais c'est l'un des clichés du rock'n'roll duquel on ne veut pas se détacher. Enfin, je crois.


Tracklist: Readjusting the Locks (LP, Sacred Bones Records, 2019)
1. MPS
2. Mon Cherie
3. Let Me Be
4. Indoctrination Set
5. Roll Music
6. Can't See Nothin'
7. Shangri-La
8. St. John's Wort
9. Dazzle Paint
10. Anxiety
11. Utopia Sound
12. Fooled Again
13. Deadlock

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