Magic Potion: câlins bubblegum

Magic Potion , c'est un groupe suédois que l'on connait depuis quelques années déjà pour sa bubblegum pop fondue. Da...


Magic Potion, c'est un groupe suédois que l'on connait depuis quelques années déjà pour sa bubblegum pop fondue. Dans sa potion, il y a beaucoup de chewing-gum, de la fainéantise, du soleil, un peu de bave, trois canapés défoncés, de la jangle pop, de la power pop et une léthargie toujours prête à s'emparer de nous.

Le groupe avait fait paraître Pink Gum, son premier album, en 2016. J'en vantais tous les mérites, et relevait que malgré ses longueurs, le groupe créait une paresse dans laquelle on voulait rester. Pour notre plus grand plaisir, le groupe a repris sa formule magique sur Endless Graffiti, deuxième album qui est paru le 26 octobre dernier via PNKSLM Recordings. L'album est relativement homogène, et malgré tout, chaque morceau présente un véritable intérêt parce que Magic Potion a compris une chose : en matière de pop, la mélodie fait tout. Pour ne rien gâcher de notre joie, la production est bonne, le son très rebondissant de la guitare crée quelques sursauts et la voix de Gustaf Montelius, souvent androgyne, rajoute à l'énorme capital sympathie du groupe. Alors voilà, sans surprendre (parce qu'on le sait désormais excellent) Magic Potion délivre ici l'un des LPs les plus intéressants de 2018. Et également l'un de ceux qui feront le plus l'unanimité.



Ne nous laissons pas trompé par l'introduction à la batterie de "Swoon" : Magic Potion n'a rien perdu de sa superbe comateuse. La voix, placée comme dans les chansons de power pop, fait tout le charme de son premier titre qui vient nous câliner. On ne sait pas encore si Magic Potion est du velours ou de la soie, une chose est sure, on attend son titre "Velvet" avec impatience. "Shock Proof" est plus lambin. Oh, Magic Potion n'est pas le seul groupe à faire l'éloge de la paresse, mais aucun ne le fait avec ces sonorités très festives de la guitare des Replacements

"See What Happens" complète le fameux trio introductif dont je parle à (presque) chaque article. Et peut-être Magic Potion n'a-t-il jamais aussi bien miaulé que sur "Foamy Lace". J'y retrouve les exclamations de Mike Krol. Quant à "Sleep Fuse", il clôt la première moitié de cet album non sans envoyer son petit message : Magic Potion est indie pop s'il le veut aussi.


Sur "Light Speed", Magic Potion continue de jouer sa course, c'est convaincant sans pour autant transcender, on apprécie simplement la variation. "Soup", une autre apologie de la vie à la maison, est d'autant plus convaincant. Et il en va de même pour "Rest Yr Skull". C'est lorsque la voix traine le plus que Magic Potion est à son maximum. On connaissait déjà ce morceau qui n'a rien perdu de son entrain.

"Lizard Spit" et son introduction super ninetes rapproche Magic Potion du côté slacker original qui lui va si bien. Il parle de sucreries et d'amour, c'est ultra twee. Et puis vient "Be Around", le dernier, le meilleur (aussi). Jamais Magic Potion n'a été aussi mélancolique, c'est un véritable tour de force. Fini les déclarations d'amour à la vie sur ce morceau, la bubblegum de Magic Potion a tellement fondu qu'elle en devient noire. Ce morceau marquera l'année 2018.



Au final, Magic Potion délivre un excellent album du genre bubblegum léthargique dont il est le meilleur représentant. Il n'essaie pas d'être cool outre mesure, il ne force rien, il est accueillant comme doit l'être un album aux allures slackers. Magic Potion y crée peu de surprises, mais je ne doute pas que ce soit l'album dont il ait besoin à ce jeune stade de sa discographie.

Le petit dernier, "Be Around", n'en demeure pas moins une excellente (et surprenante) nouvelle. Sans utiliser sa bubblegum et avec une simple guitare acoustique, Magic Potion délivre un morceau sensible qui montre une nouvelle direction moins enrobée. Je me revois l'écouter dans les rues de Georgetown il y a quelques jours à peine (photo d'introduction), le spleen dans la tête. Magic Potion peut donc tout se permettre. Il n'a pour l'heure jamais délivré un mauvais titre. Peut-être n'en est-il pas capable.


Tracklist : Endless Graffiti (LP, PNKSLM, 2018)
1. Swoon
2. Shock Proof
3. See What Happens
4. Foamy Lace
5. Sleep Fuse
6. Light Speed
7. Soup
8. Rest Yr Skull
9. Lizard Spit
10. Be Around

Lien :
Premier article sur le groupe


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