Double Crisp: Dusty Mush + Druggy Pizza

THE LOUDEST EUROPEAN BAND Régulièrement, la bande à Dusty Mush nous gratifie d'un petit quelque chose : une vidéo, un live, u...


THE LOUDEST EUROPEAN BAND

Régulièrement, la bande à Dusty Mush nous gratifie d'un petit quelque chose : une vidéo, un live, un EP, une projection, un dessin... Un maitre mot crée le lien entre ces différentes expressions : saturation. Et trash, peut-être. Il y a, dans tout ce qui se dégage du groupe et de ses membres - qui existent outre l'entité groupe ! - cette idée de confusion qui est magnifiée par ce trop-plein qui, une fois encore, nous pousse à l'introspection. Sans grande surprise, le groupe n'est pas le plus expansif de la scène, peut-être dois-je même le décrire d'introverti. Cela ne fait que rajouter au mystère créatif de ces types-là.

Ces dernières semaines, deux 7inch ont vu le jour : un de Dusty Mush, The Ostrich Effect, et l'autre de Druggy Pizza, The Last Slice. Pour rappel, Druggy Pizza est le projet solo de Cédric Bottacchi, guitariste des Dusty. Il invite souvent ses potes de Dusty à jouer avec lui, allez donc comprendre quelle est exactement la différence entre les deux, si ce n'est surement une différence de structure. Bref, les deux sont excellents et voilà tout ce dont on se soucie vraiment.


The Ostrich Effect contient deux morceaux. Il est ne déroge en rien à la "règle Dusty Mush" : il est noisy, 30 décibels au-dessus de tout ce que vous écoutez (Sic Alps et Jay Reatard compris) et il n'en conserve pas moins ses boucles mélodiques qui le différencie des morceaux instrumentaux sur lesquels on n'a aucune prise. 


Depuis 2 ou 3 ans, les Dusty s'amusent à intégrer quelques boucles de blues dont leurs morceaux. "The Ostrich Effect" le fait parfaitement. C'est qui me semble être particulièrement intéressant à ce sujet, c'est que la musique noisy a parfois tendance à tomber dans de lourdes complications. On en perd le sens, le tout expérimental devient inaudible, et finalement, on peine à s'y attarder. Mais Dusty a toujours su éviter cet écueil, ses morceaux sont immédiatement saisissables, et peut-être que ces accords de blues y sont pour quelque chose.

Je me souviens avoir littéralement explosé lors de ma première écoute de "Modulator", dans la cave de la Méca (si mes souvenirs sont exacts). Cette écoute de la version studio ne me fait pas moins d'effet. Witch Coast est égalé ! Oh, et puis, je me suis renseigné (il paraît que c'est ce que l'on fait avant d'écrire sur un album), "The Ostrich Effect is the tendency to ignore a dangerous or risky situation". Je complète : "in behavioral finance, the ostrich effect is the attempt made by investors to avoid negative financial information". Voilà.


The Last Slice, le dernier venu de Dusty Mush, vient en rajouter une couche dans la saturation à tout va. On se dit que si ce n'est pas noisy, ce n'est pas vraiment du garage, parce que c'est le cas. Lorsque j'écoute "The Last Slice" et que je me questionne sur ce que je pourrai écrire à ce sujet, j'en reviens constamment à cette même formulation : des morceaux comme celui-ci sont la raison d'être de Still in Rock. Si je me suis tourné vers le slacker depuis 4 ans environ, je n'en oublie pas mes premiers amours et ce pour quoi, un jour, dans un TER, j'ai décidé de créer Still in Rock sans jamais y avoir pensé avant.

"The Hidden Slice" est présenté comme le petit bonus, la gâterie finale. Et celle-ci est illimitée. Imaginez ! Je finis donc la chronique de ces 4 morceaux avec des acouphènes, et j'aime ça. Les mecs, je vous héberge à Amsterdam quand vous voulez pour un petit concert à la Sugarfactory !



Si je devais expliquer à un néophyte ce qu'est le garage rock dans 10 ans, il est probable que deux noms me viennent à l'esprit : Ty Segall et Dusty Mush. Ici, on est à la source du mouvement, Dusty est le patient zéro, Druggy est son meilleur compagnon. Ces deux-là ont une importance bien supérieure à celle que l'on leur attribue généralement. Ils ont tiré de nombreux groupes français vers le garage, rappelant ce que c'était à ceux qui voulaient trop rapidement tomber dans le tout hi-fi. Ils ont fait de même avec d'autres européens, et de sources sures, aux Etats-Unis. L'Australie est-elle infectée par Dusty Mush ? Je l'ignore, et je leur souhaite.


Tracklist :
Dusty Mush - The Ostrich Effect (2018, 7inch)
1. The Ostrich Effect
2. Modulator
Druggy Pizza - The Last Slice
 (2018, 7inch)
1. The Last Slice
2. The Hidden Slice


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