mardi 31 juillet 2012

Best Of Still in Rock : Juillet 2012


Juillet 2012. Chers amis, oh chers amis. Juillet fut beau, juillet fut psychédélique et fortement teinté de rock. Les gars de Tame Impala et Pond auront rythmé ce mois de nombreuses créations qui repoussent les limites de la musique psyché, à l'image par ailleurs de la prouesse réalisée par Dirty Projectors. C'est un honneur que de vous avoir parmi le club Still in Rock, été comme hiver, rock comme folk, psyché comme indie. Que le mois d'août soit.




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1. Dirty Projectors : l'une des plus étonnantes créations de ces dernières années (article ici)

Dirty Projectors était annoncé comme l'un des tout meilleurs albums de l'année, mais nous étions loin de nous attendre à ce qui est l'un des meilleurs albums de ces dernières années. Telles les 800 heures passées en studio par Crosby, Stills, Nash & Young pour leur album "Déjà Vu" en 1970, "Swing Lo Magellan" marquera son temps par une créativité de loin supérieure aux autres.


2. Tame Impala : deux titres et déjà si haut (article ici, ici et ici)

Tame Impala est, je n'ai de cesse de le répéter, l'un des plus surprenants groupes de rock au monde. Leur nouvel album, "Lonerism", pointe tout juste le bout de son nez que ses premiers effluves surclassent de loin ce que peut produire le commun des mortels. Le rock va-t-il rencontrer de nouvelles sphères ? Assurément.


3. Bon Iver : l'un des live d'une vie (article ici)

Bon Iver, c'est l'artiste à l'égard duquel j'ai probablement fait le plus d'éloges et qui pourtant me laisse l'impression de ne pas en avoir fait assez. Vivre la présence de cet artiste est une chance que nous ne pouvons réaliser. Voici le récit d'un de ses concerts.


4. DIIV : une pop tout aussi brumeuse qu'ensoleillée (article ici)

DIIV vient de produire l'un des albums de pop de l'année, assurant tantôt le soleil lo-fi de la pop californienne, tantôt la brume d'une pop finalement très new-yorkaise. La dream-pop y révèle toute sa richesse.


5. The XX : un post-rock toujours aux avant-gardes ? (article ici)

Le premier single du nouvel opus de The XX, "Angels", laisse pantois. On y voit poindre le génie du premier opus sans pour autant atteindre les mêmes sommets, la faute à une intensité qui semble faire défaut. Espérons que cet article ne soit qu'un incident de parcours, The XX est né pour côtoyer les plus hautes sphères.



À également ne pas manquer : Une excellente reprise de nos adorés Pond (ici), Tom Waits qui nous délivre le parfait morceau sur laquelle il fera bon boire du whisky (ici), et le Tallest Man on Earth interprétant en session live son tout meilleur morceau (ici).

lundi 30 juillet 2012

Premier article : Menomena - Heavy Is As Heavy Does (Indie Pop Rock)




Menomena. Les chances que j'écrive un jour sur cette formation étaient faibles, la faute à quelques premiers albums, dont Mines pour dernière mouture, loin d'être intéressants. Pourtant, "Heavy Is As Heavy Does", le premier titre de Moms, leur nouvel opus à paraitre en septembre, révèle une réalité tout autre.

Ce premier single, titre progressif dans toute sa splendeur, trouve quel est le juste milieu entre une musique assurément pop rock et quelques sonorités électroniques ayant la guitare pour meilleur allié. Les envolées lyriques en font un titre très Brit Pop que les frères Gallagher, durant leurs heures de gloire, n'auraient pas renié. Moms, Voilà bien un album à surveiller.


(mp3) Menomena - Heavy Is As Heavy Does


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vendredi 27 juillet 2012

Video : Tom Waits - Raised Right Men (Blues Rock)




Tom Waits. Alors que les longues soirées d'été sont à leur paroxysme, l'envie de revisiter les classiques se fait nécessairement plus forte. En terrasse, un verre de whisky à la main et le costume tout droit sortie d'un vieux films de Gary Oldman, Tom Waits nous délivre la partition du parfait gentleman. Le charisme de cet homme est sans fin, à l'image de la richesse de son dernier opus, Bad As Me.

Creuser au plus profond de la musique, c'est atterrir droit sur le Blues, cette musique qui, une fois les yeux fermés et l'âme vacante, emmène son auditeur là où il ne peut aller qu'en sa compagnie. Tom Waits, avec son interprétation très théâtrale de "Raised Right Men", nous prouve que Clapton et les Stones avaient très probablement à faire ensemble. Peut être n'est il pas trop tard, mais en attendant, c'est Tom Waits qui nous délivre une partition de son Bad As Me avec toute la fougue d'un très grand artiste, incontestablement l'un des figure les plus marquantes de la scène musicale. En se remémore alors les excellents "Kiss Me" et "Chicago", on accueille le week-end les bras ouverts, à la recherche de toujours plus de sensations. Celle-ci nous rappelle aux fondamentaux, les seuls et uniques. Cher Monsieur Waits, merci bien.





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jeudi 26 juillet 2012

New : Tame Impala - Elephant (Rock Psyche)




Tame Impala. Oui, Tame Impala. À quel point ai-je envie, en cette journée du 26 juillet, de crier au monde entier l'existence de cette formation ? Impossible à quantifier. Ce n'est pas faute de voir très grand pour leur nouvel album, mais il faut, je crois, se rendre à l'évidence : Lonerism sera au dessus de toutes les attentes. Plus les écoutes défilent et plus on augmente le son, au sacrifice de toute audition qui nous assurera des années d'écoute de cette musique diluvienne.

"Elephant" est le premier single de ce nouvel opus, et, pour ne pas se priver de grands mots : voilà un titre MAGISTRAL. Au-delà de toutes les frontières musicales, "Elephant" est cet hymne qui aura réveillé tous les morts du cimetière Montparnasse, celui qui aura osé la batterie de "Half Full Glass Of Wine" avec les guitares de "The Bold Arrow of Time". L'instant T, à 1 minute et 15 secondes, est l'une des plus grandes claques de l'année 2012. Le "Eye Pattern Blindness" de Pond (ici) semble enfin trouver une compagnie musicale à sa hauteur, un morceau que l'on ne peut croire réel avant de l'avoir écouté des dizaines de fois, sans relâche, la sueur au front, le corps crampé de s'être trop remué la tête, l'esprit embué. "Elephant" fait ressortir de ce qu'il y a de plus instinctif en nous. Tame Impala le décrit lui-même comme étant ... bestial. Alors, une fois encore, "Here We Come".


(mp3) Tame Impala - Elephant

mercredi 25 juillet 2012

Video : The Tallest Man on Earth - On Every Page (Indie Folk)




The Tallest Man on Earth, en démonstration. C'est un véritable nouveau tour de force que le plus grand homme de la terre effectue ici, une vidéo, session WFUV, à la hauteur de toute la sensibilité de la version album de "On Every Page", le meilleur titre de son dernier album (ici).

La voix de Jens Kristian Mattsson est d'une pureté que l'on croyait improbable en version live, que nenni. S'y transmet toutes les richesses de la terre, l'invitation de partir avec lui en forêt, vivre dans cette cabane, loin de toutes autres considérations, à rester là, écouter sa musique au coin d'un feu. "On Every Page" est l'ultime chef d'oeuvre du Tallest Man, un titre d'une profondeur folk sans fin et cette session restera parmi celles à retenir cette année. Ces quelques minutes de voyage en compagnie d'un artiste qui dévoue sa cause à nous permettre de partir avec lui ne sont que pure merveille.






(mp3) The Tallest Man On Earth - On Every Page


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mardi 24 juillet 2012

Video : Pond - Moth Wings (Rock Psyche)




Pond, et "Moth Wings". Une guitare bullée au service d'une orchestration fort bien garnie. Pond n'est plus très loin du psyché façon 'Led Zep'. Ce titre est désormais doté d'une excellente vidéo, à la hauteur de l'univers fort en couleur du titre comme de l'album.

On y voit, durant ces trois minutes trente secondes, des bouches bouger, les membres de Pond incrustés en second plan de plusieurs photos, des langues qui se tortillent et encore les membres de Pond mais qui, cette fois-ci, se roulent par terre. Tout un programme. L'hétérogénéité de cette vidéo donne définitivement à "Moth Wings" la parure nécessaire à son plus bel éclat. S'il nous fallait cela pour se relancer dans l'écoute de Pond, I We Are.







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dimanche 22 juillet 2012

Live Review : Bon Iver à l'Olympia (Indie Folk)




Lorsque je me suis rendu au concert de Bon Iver, le 15 juillet dernier, un dimanche soir, je m'attendais à en ressortir sens dessus dessous. Son dernier opus est à ce point extraordinaire que l'on en oublie l'existence de l'univers, on y apprend à vivre, à respirer, et s'épanouir dans une musique à ce point délicieuse qu'elle nous suffirait pleinement. Quand j'en suis finalement sorti, quatre-vingt-dix minutes plus tard, j'étais non seulement décontenancé, mais je venais en plus d'engranger une incroyable dose d'énergie, une puissance comme jamais la folk n'en avait vu poindre.


Le live de Bon Iver, c'est l'ensemble de sa discographie, sans aucune version similaire à celles studios. Les titres y dépassent régulièrement les dix minutes, la faute à des solos de guitare majestueux. L'extrême maitrise de cet instrument par un Justin Vernon stupéfiant de dextérité en rendait la chose encore plus belle. Justin Vernon est un homme qui annonce les titres qu'il s'apprête à jouer, ces histoires que vous transporte là où lui seul connaît le chemin. Heureux d'être là et surpris de l'incroyable accueil que les Parisiens lui avaient réservé, Bon Iver rythmait chaque transition de dizaines de remerciements, de sourire et de joie. Le total des neuf membres du groupe présent sur scène, comptez deux batteries et plusieurs voix extraordinaires, a très largement donné dans l'impensable.


Bon Iver, sur scène comme sur ces opus, incarne la preuve qu'une musique sensible et parfaitement imaginée ne perd jamais de son intensité. Lorsque "Wash" retenti, c'est le froid d'un hiver olympien qui s'abattit sur le public, celui de la cover de Blood Bank. Il n'en fallait pas moins pour attiser la chaleur de "Calgary", ses rythmes qui mêlent la folk, le jazz, et le psyché qui aura rythmé cette soirée. For Emma, Forever Ago aura quant à lui subjuguer les plus connaisseurs autant que les néophytes de cette perfection musicale, ceux qui, en fin de concert, diront dans les couloirs de l'Olympia : "On dit la musique la musique, mais en réalité, c'est ça la musique".


Ce soir-là, nous avions à l'évidence plus qu'un homme sur scène, nous avions non seulement la plus belle voix que je n'avais jamais entendue, mais aussi, l'artisan d'un des plus beaux moments scéniques auxquels j'ai, à ce jour, eu la chance de participer. Le rappel, "Skinny Love" opéré sous forme de choral, aura fait trembler la foule, elle qui avait tantôt versée quelques larmes, tantôt exploser d'une joie qu'il est rare, dans une vie, de pouvoir constater. Écrire ces quelques lignes est encore un exercice chargé d'émotions. Que demandez de plus à la musique ?


Plus que jamais, Bon Iver mérite cette nouvelle appellation : "Le Divin Mastro". Et rien de moins.







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vendredi 20 juillet 2012

EP : Andrew Bird - Northwest Passage (Indie Folk)




Andrew Bird. La gracilité d'un artiste qui, au delà des genres musicaux, procurent cette même sensation : l'envie de s'envoler avec lui, au pays de la folk où les oiseaux sifflent Neutral Milk Hotel. Son dernier opus, Break It Yourself, de loin le meilleur à ce jour, est un formidable ensemble musical où le violon rencontre toute l'expression du talent d'Andrew. Réalise-t-on seulement encore la puissance de "Danse Carribe" ? Et que dire alors de sa version Cité de la Musique de "Near Death Experience Experience" (ici), bien loin du réel que nous connaissions.

Andrew Bird vient de faire paraitre un nouvel EP, Northwest Passage. Version live de son dernier né (exception faite pour pour "Carrion Suite"), on y retrouve le même volonté d'épurer ses sons le plus possible, volonté de délivrer une folk faite de l'essentiel, sa grâce et son rythme. Ne nous y trompons cependant pas, la musique d'Andrew Bird est d'une telle intelligence qu'il est impossible de s'en laisser. Abuser de telles mélodies est une chance dont nous devons nous estimer heureux de connaitre l'existence.

Écouter Andrew Bird, c'est écouter un artiste se réaliser pleinement, et plus encore. Ces quelques versions live sont, comme on pouvait s'y attendre, faites d'une brillante production. La voix d'Andrew, sensible et plénière, est ce chant du cygne qui accompagne les envolées du violon. Un si beau moment, de quoi s'introduire au week-end en toute quiétude.


(mp3) Andrew Bird - Desperation Breeds


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jeudi 19 juillet 2012

Video : Jack White - Freedom At 21 (Indie Rock)




Jack White. Toujours, encore, plus haut, plus fort. Lorsque toute apparition d'un homme se transforme en évidente réussite, on appelle rapidement ça une touche divine. Son premier album solo, à ce jour de meilleur opus de l'année 2012, n'en finit pas de dévoiler ses richesses. S'y trouve enfoui dans les recoins les plus sombres de l'album quelques trésors que le rock parvenait encore à nous cacher, à l'image de l'article du jour.

Vient d'être dévoilée la vidéo du titre "Freedom at 21", l'un des morceaux les plus péchus de l'album. Dirigée par Hype Williams, lui qui a écrit le scénario des plus de trente minutes de "Runaway" pour Kanye West, lui qui a collaboré avec toute la haute sphère du Hip-hop, on y découvre fort logiquement un Jack White poursuivi par l'officer le plus improbable du comté. Tarantino ne semble plus très loin, à quand une collaboration entre ces deux génies ? Les amis, lorsque Jack White pose quelques images sur le titre le plus nerveux de son album, on écoute, regarde, et on se dit alors : "ça existe ça ?".






(mp3) Jack White - Freedom At 21


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mercredi 18 juillet 2012

Reprise : Tame Impala - That's All For Everyone (Pop Psyche)




Tame Impala. Le rock psyché est une notion avec laquelle on ne rigole pas. Quelques artistes viennent de faire paraitre un album en hommage à Fleetwood Mac, Tame Impala est de la partie et nos artistes préférés de Perth en jettent encore plein la vue.

Le titre à l'honneur est "That's All For Everyone", paru sur l'album Tusk en 1979. Immédiatement, c'est cet unique soleil brulé des écoutes de Tame Impala qui surgit, comme n'étant jamais parti. Extrêmement additif, dès la première écoute, ce morceau n'est finalement que l'énième expression du talent de Tame Impala, et pourtant, cette même passion est encore là, transformant tout auditeur en parfait réceptacle de ces vagues d'une pop/rock psyché unique au monde.

Lorsque Tame Impala, autrement formé sous Pond, fait une reprise de Smokey Robinson & the Miracles, le titre est une franche réussite (ici), lorsque c'est Fleetwood Mac qui est au centre des attentions, le niveau s'élève encore. Lonerism, le prochain album de Tame Impala dont il est confirmé qu'il sera plus rock que pop, sortira le 5 octobre prochain. Cette date n'a jamais semblé si proche.




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mardi 17 juillet 2012

New : The XX - Angels (Post Rock)




The XX. Que le compromis sera dur. Entre conserver sa ligne musicale et surprendre son auditeur, la frontière est étroite. Coexist, leur nouvel album à paraitre le 10 septembre, sera au centre de beaucoup d'attention, la faute à un premier opus splendide. Pour l'heure, le premier single vient d'être dévoilé, il s'agit du titre "Angels" qui fonctionne très agréablement, les basses assurant, comme à l'habitude du groupe, l'essentiel du travail.

C'est toujours ce même brouillard que The XX, copié mais jamais égalé, nous délivre avec tant d'aplomb. Oliver Sim est absent du chant, laissant à Romy Madley Croft tout l'honneur de déclarer son amour. Le frottement de la guitare, toujours aussi délicat, nous rappelle que la musique est aussi question de silence. S'il manque pour l'heure plus de recherche et d'expérimentation, laissons à cet opus le temps de se révéler. Une question reste en suspend : et si Youth Lagoon avait, sublimant le minimalisme comme on le croyait impossible, placé la barre trop haute ?




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lundi 16 juillet 2012

Album Review : DIIV - Oshin (Dream Pop)




Album Review : DIIV

" Oshin "



DIIV, un grand projet, from Brooklyn. DIIV, c'est un groupe anciennement appelé Dive, en hommage à une chanson de Nirvana, puis finalement renommé pour ne pas faire trop d'ombre au premier DIIV, des belges, dont on doute encore qu'il soit possible de leur faire de l'ombre, puisque sans soleil, bref. DIIV, c'est un super-groupe dont les membres sont aussi de Beach Fossils et Smith Westerns. DIIV, c'est une formation de Dream-pop à l'allure très vaporeuse.

Leur premier opus, Oshin, sorti le 26 juin dernier, est un véritable tour de force tant il révèle encore des aspects inconnus de la dream-pop. Composé de deux actes, le premier très planant et ensoleillé, le second bien plus sombre, DIIV tente de faire ce que The Drums a ainsi fait en deux opus, avec certes moins de réussite - comment pourrait-il en être autrement ? - mais tout autant d'audace.

Aussi, la comparaison avec Real Estate mérite d'être faite tant ces deux formations parviennent à produire un album qui, bien qu'homogène, procure mille sensations. Oshin ne fonctionne jamais aussi bien que lorsque le groupe semble laisser libre cours à son imagination, jouant d'une même mélodie à l'infini, délivrant ces riffs comme des vagues qui viennent, encore et encore, s'écraser sur le bord d'une plage. Pour être sur de ne rien manquer de ces moments, place à la critique détaillée.


  • (Druun) : Une introduction terriblement efficace, un décors immédiatement défini, DIIV sera notre compagnon d'un dimanche ensoleillé, en terrasse, une boisson lumineuse à la main.

  • Past Lives : DIIV réinvite la définition du mot deltaplane, aéronef de vol libre, dit à ailes souples. En réalité "Past Lives" aide à toucher les nuages.

  • Human : Une mélodie tout aussi planante que celle des deux morceaux précédents, ce titre continue de produire le même effet après bien des écoutes. DIIV, faiseur de dream pop.

  • Air Conditioning : Fermer les yeux, se laisser emporter, se concenter sur la guitare et laisser libre cours à son imagination. Les petits riffs de "Air Conditioning" sont à la hauteur de tous vos plus grands moments d'évasion. Ce titre est l'un des tout meilleurs de l'opus.

  • How Long Have You Known : La ressemblance avec les premiers titres de Beach Fossils est flagrante, le lo-fi de ce morceaux est sans fin tout comme les réverbs de la guitare viennent bercer vos pensées. Ce morceau sera un jour l'un de leur single.

  • Wait : La voix de Zachary Cole Smith dédoublée sur plusieurs pistes est une franche réussite. DIIV parvient à créer une véritable bulle lo-fi de laquelle il est impossible de sortir. Les effets en fond sonore sont très année 80', Devo, nous voilà.

  • Earthboy : C'est toujours le même désir de nous délivrer un dream-pop très enivrante, une surf-music finalement pas si éloigner de leurs cousins de Frisco. La reprise à deux minutes quinze injecte une petite dose d'adrénaline pop comme on en avait bien besoin.

  • (Druun Pt. II) : Avec Druun Part II, s'ouvre une nouvelle ère, celle d'un DIIV plus brumeux, plus vif et plus instinctif. Titre instrumental, riche et varié, on y croise des dizaines de sonorités, pour le bien de nos oreilles ébahies.

  • Follow : Terriblement addictif. Une fois encore, une pop californienne où la voix de Why? semble venir jouer les troubles faits. "Follow" nous poursuit le reste de la journée, ces voix fantasmatiques telle nos ombres fuyantes.

  • Sometime : Ces petites vagues de riffs donnent de magnifique allures de Drums, là où la pop n'est finalement qu'une question de justesse. "Sometime" est également l'un des meilleurs morceaux de l'album, jouissif.

  • Oshin (Subsume) : Résolument plus noir, Oshin est l'autre facette de DIIV, tout aussi lo-fi que dream pop. Self titled, on y découvre la force plus sombre d'un groupe qui, jamais, ô jamais, ne lésine sur de splendides réverbs.

  • Doused : Ce morceau est résolument ce que DIIV peut, exploitant ses noirceurs les plus profondes, produire de meilleur. "Doused" est le morceau le plus entrainant de l'opus, une pièce de pop très complete, bien garnie, avec plein de bonnes choses dedans.

  • Home : Un final qui s'éloigne déjà des autres titres et une nouvelle direction pour un prochain opus ? "Home" n'est pas le retour de DIIV à la maison du soleil lo-fi, simplement, le retour d'une formation à plus de calme, une tranquilité que la pop pourrait bien apprécier.

En somme, cet opus en deux actes est la parfaite illustration de ce que la dream-pop peut produire de plus variée. D'un sens du détail similaire aux Drums, DIIV a extrêmement bien soignée la production de son opus. On y découvre de nombreuses mélodies, toujours très bien senties, que seules de nombreuses écoutes révèlent entièrement.

Zachary Cole Smith, le leader du groupe, est, en live, tout simplement brillant. Il se pourrait bien que nos salles accueillant soleil et nuages au même instant, encerclant la pop de DIIV avec malice.


Note : 8,2 / 10 (barème)



mercredi 11 juillet 2012

Premier article : First Aid Kit (Indie Folk)




Parce qu'il serait dommage de se priver d'une si douce harmonie, l'écoute de First Aid Kit s'avère indispensable. Que l'on profite d'un après-midi ensoleillé au bord de l'eau, ou que l'on cherche simplement un moment d'oubli de soi, ce duo suédois est le parfait compagnon pour une escapade musicale des plus enivrantes.

Bien loin de leur premier album The Big Black & Blue, Johanna et Klara Söderberg semblent avoir trouvé leur voie avec The Lion's Roar. Cette évolution est le fruit de nombreuses collaborations. Les Fleets Foxes tout d'abord, dont elles ont repris avec une élégance rare le titre "Tiger Mountain Peasant Song", la cover ayant fait le tour du web. Puis, la rencontre avec l'icône Jack White, qui a su apprécier le talent de ces deux jeunes soeurs lors d'un concert à Austin et leur a même confié ses premières parties pour la tournée européenne.

Loin de leurs origines suédoises, c'est dans la musique folk américaine qu'elles puisent leur inspiration, en témoigne le titre Emmylou, hommage à la chanteuse Emmylou Harris, elle même inspirée de Bod Dylan et Joan Baez. L'autre titre phare de l'album est sans conteste le très rugissant Lion's Roar, dans lequel les deux jeunes femmes se tournent avec succès vers une musique plus puissante.

Au final on reste subjugué par les voix de Johanna et Klara, entrecroisement délicat entre douceur et envolées assumées. First Aid Kit, se produira une dernière fois en première partie de Jack White lors de son passage à Hambourg, avant de jouer au Lollapalooza Festival en Août prochain. Pour les apercevoir de nouveau en France, il faudra patienter jusqu'au 28 novembre avec un concert annoncé au Trabendo.


(mp3) First Aid Kit - The Lion's Roar


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mardi 10 juillet 2012

New : Tame Impala - Apocalypse Dreams (Pop Psyche)




Un nouveau titre de Tame Impala, c'est toujours un événement en soi. Oh, je ne vous ferai pas l'affront de vous décrire une nouvelle fois toute la puissance psychédélique du groupe, ni même celui d'évoquer leur fabuleux Innerspeaker. Simplement, leur nouvel opus, Lonerism, doit être le centre de toutes les attentions tant il s'annonce comme l'un (le ?) des albums de la fin d'année.

Le premier single, "Elephant", sera dévoilé à la fin du mois de juillet et Tame Impala nous gratifie en attendant d'un très riche et très pop "Apocalypse Dreams". Il ne semble pas falloir compter sur le groupe pour produire l'exacte même musique que sur Innerspeaker, simplement, il semblerait que le genre psychédélique s'apprête à dévoiler de nouvelles facettes, plus pop, plus électroniques et plus colorées encore. Quid de la comparaison des deux opus ? Réponse en octobre. En attendant, vive "Apocalypse Dreams", ce titre si surprenant, tellement puissant.




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samedi 7 juillet 2012

Album Review : Dirty Projectors - Swing Lo Magellan (Experimental Pop Folk)





Album Review : Dirty Projectors

" Swing Lo Magellan "



" L'envol de millers d'oiseaux "
" La plus merveilleuse des choses à faire sur terre "
" L'un des meilleurs albums de ces derrières années "


Dirty Projectors. Nous le sentions venir, mais jamais nous n'aurions pu nous douter de l'existence d'un tel trésor. Le nouvel album de la formation, Swing Lo Magellan, sortira le 10 juillet prochain. Ce jour-là, la planète musique accueillera officiellement l'un des meilleurs albums de ces dernières années.

Projet de Dave Longstreth et ses chœurs un peu fantasques, - ces deux voix malléables à l'extrême -, Dirty Projectors expérimente la musique comme très peu savent le faire. Cette ultime maîtrise du rythme lui donne une force inédite où la Pop Folk qu'il produit s'apparente à la découverte d'un des plus précieux métaux que la terre puisse compter. Si Dirty Projectors n'en était plus à faire ses preuves (voir article sur leur carrière), Swing Lo Magellan lui donne une nouvelle dimension : voici venu une formation qui détient l'album qui élève la musique au-delà de sa propre dimension, far away de ce que l'on croyait possible.

Les tapes dans les mains qui résonnent dès la première seconde de l'opus font office de fil conducteur à un Swing Lo Magellan tout simplement trop imaginatif pour pouvoir en saisir toute l'essence. Plus les jours passeront et plus vous aurez à l'esprit les refrains de l'opus, preuve d'une trouvaille très peu commune. Quant aux voix d'Amber Coffman et Angel Deradoorian, elles sont globalement moins présentes que sur leurs précédentes créations, tout particulièrement Bitte Orca. En fait, Dirty Projectors délivre chaque pièce de musique à son exacte place. L'écoute prolongée de l'opus nous pousse à avouer l'inavouable : et si Dirty Projectors avait réussi le coup du maitre parfait, sans complexe ni défaut ? Swing Lo Magellan est l'apologie de la minutie musicale, et c'est grâce à cette ultime maitrise que le groupe peut se permettre des titres à ce point décalés.

A l'évidence, c'est lorsque les voix des choeurs et Dave Longstreth se lient que l'opus atteint son apogée. Seule une critique plus détaillée permettra de desceller ce que l'on ne pouvait s'imaginer exister. En voici le contenu :


Cliquez ici pour une écoute intégrale



  • Offspring Are Blank : Introduction extrêmement bien travaillée avec un interlude de guitare électrique tout aussi violent que bienvenu. Encerclé par les voix des choeurs, Offspring Are Blank est le chemin de traverse que vous n'avez jamais osé prendre. Définitivement, il s'agit d'un des morceaux les plus fous que nous ayons entendu depuis des mois.
  • About To Die : L'un des rythmes les plus entrainants de l'opus, la construction de ce morceau est tout juste extraordinaire. Ecoutons ce refrain en boucle, que nos oreilles ne s'abreuvent que de cette musique où l'apparition du violoncelle vient couronner tout un art. Ce titre vous donne envie de tomber amoureux, déclarer votre flamme au reste du monde.
  • Gun Has No Trigger : Un titre que je ne présente plus tant j'ai écrit d'éloges à son égard. Pour n'en reprendre que l'essentiel, Gun Has No Trigger est l'apologie d'un Dirty Projectors au grand complet, le tout au service de la splendide signature vocale de Dave Longstreth.
  • Swing Lo Magellan : Des airs de Velvet Underground qui propulsent ce titre loin de ce que 2012 a l'habitude de dévoiler. En toute simplicité, Dave Longstreth nous délivre une partition d'un minimalisme exemplaire. Ce titre, comme tous les autres, est un indispensable de l'opus en ce qu'il prouve, sans artifices, le génie du groupe.
  • Just From Chevron : Un autre morceau qui, à force d'écoutes, s'avère être une merveille de pop indépendante. Très sautillant, c'est Dave Longstreth qui fait une large partie du travail, chaleureusement accompagnée, une fois encore, par ses jolies voix qui font de Dirty Projectors une formation plus qu'unique.
  • Dance For You : Extraordinaire potentiel extraordinairement bien exploité. "Dance For You" est l'exemple même de ce qu'un groupe peut faire de mieux lorsque tous les éléments de sa réussite sont réunis. Une fois que l'on a dit ça ...
  • Maybe That Was It : Le cri de désespoir de la guitare d'un côté, des voix qui franchissent des montagnes russes de l'autre, voilà le portrait de Maybe That Was It. En réalité, il s'agit de bien plus encore, un titre à l'âme errante à travers les forêts américaines, traversant vent et marées pour atterrir sur ce splendide Swing Lo Magellan.
  • Impregnable Question : Si les premières secondes d'Impregnable Question s'apparentent à un Dirty Projectors qui doublerait une vieille cassette trouvée dans le grenier d'un antiquaire, c'est que la réalité n'en est pas bien éloignée. Une fois la première moitié du titre écoulée, on découvre le rythme d'un des titres les plus entêtants de l'album.
  • See What She Seeing : Créativité, inventivité, fantasme et évasion. Tant de mots qui surgissent à l'écoute des premiers accords de See What She Seeing. Plus les secondes s'écoulent et plus ce morceau dévoile ses nombreuses richesses, tant électroniques que rythmiques. Les voix y font des merveilles que seule une écoute dans l'obscurité révélera.
  • The Socialites : Bienvenue au pays des félines chanteuses de Dirty Projectors. Tant de clarté laisse pantois, la voix d'Amber Coffman est résolument aussi pure que du cristal. Lorsque les frasques musicales du groupe accompagnent le tout, on est conquis. "The Socialites" est un moment à part.
  • Unto Caesar : Ce titre respire bien trop la joie de vivre pour ne pouvoir vous provoquer quelques hochements de tête. A l'image de ce que produit "Dance For You", "Unto Caeser" est à merveilleux morceau où l'on découvre un Dirty Projectors au summum de son art. Et ce summum là, il est grand, très grand.
  • Irresponsible Tune : Le pendant masculin de "The Socialites", pour boucler la boucle. Ce titre est le plus romantique de l'album. Irresponsable ou pas, il est l'une des références de l'opus, usant de tous les atouts d'une formation que l'on ne rencontre qu'une seule fois dans sa vie.

En somme, Swing Lo Magellan est de loin l'un des meilleurs opus de l'année, de ces dernières années. La créativité de chacun des titres est infinie, des centaines d'heures de recherche semblent avoir été consacrées à chacun d'entre eux, le tout au service de mélodies d'une impossible justesse, saisissantes et explosives. L'écoute de cet album s'apparente souvent à l'envol de milliers d'oiseaux, on y voit la fougue du battement des ailes, on y ressent la folle envie de communiquer sa joie et on s'élève au-dessus du monde pour l'apprécier avec plus de passion. Swing Lo Magellan a le pouvoir de vous emmener avec lui dans un espace plus intrigant que ceux que vous connaissez, chaque titre aidant, à sa manière, à parcourir monts et merveilles.

Lorsque l'écoute d'un opus révèle à ce point des envies d'idolâtrer les membres du groupe, lorsque l'écoute d'un opus transmet une telle envie de folles passions, lorsque l'écoute d'un opus s'apparente à la plus merveilleuse des choses à faire sur terre, c'est que l'on Swing Lo Magellan, trésor parmi les trésors, album d'anthologie à l'avenir plus que radieux.




Note : 9,2 / 10 (barème)


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Article sur le titre "Dance For You"