jeudi 31 mai 2012

Best Of Still in Rock : Mai 2012


Mai 2012. Chers amis, ce mois écoulé aura été en dent de scie. Commençant très fort avec l'Album Review de Pond, il aura fallu attendre White Fence et The Walkmen pour que 2012 en reprenne un coup. Entre-temps, Animal Collective aura fait parlé de lui, pour le reste, il s'agit de b-side, version live, cover, en bref, un festival de goodies offerts par Still in Rock. En voici l'essentiel.




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1. Pond : le rock psyché connait ses heures de gloire (article ici et ici)

Pond est un fabuleux groupe de rock psyché bien trop sous-estimé. Leur dernier album, Beard, Wives, Denim, est clairement un modèle du genre, de bon augure pour le prochain de Tame Impala, lorsque l'on sait que les mêmes membres composent les deux formations.


2. The Walkmen : l'élégance musicale (article ici)

Si Baxter Dury produit une musique de dandy, il en va de même pour The Walkmen. Leur nouvel opus, Heaven, contient d'excellents titres qui ne manqueront pas de figurer sur les classements de fin d'année. Cette musique est pleine de grâce et d'élégance, un bonheur minimaliste.


3. White Fence : où comment écouter du rock autrement (article ici)

White Fence, ou Tim Presley (au choix), fait avant tout du rock pour jouir d'une guitare des plus saturées. Lorsqu'un double opus voit le jour, Perfume Volume, on ne conserve que le meilleur pour obtenir une très belle partition de rock indie.


4. Animal Collective : créativité, génies, efficacité (article ici)

En cette année 2012, ces gars-là n'ont pas fini de faire parler d'eux. Alors que leur nouvel album, Centipede Hz, est l'un des plus attendus, la présence des deux titres dévoilés ne fait que susciter une plus vive excitation. Vivement.


5. Herman Dune : une session extraordinaire (article ici)

Herman Dune, l'incroyable soliste. Une session Daytrotter et tout fout le camp, cet artiste français nous rappelle à quel point l'Hexagone pourrait produire de belles choses. Ces quelques titres mettent du baume au coeur, à écouter sans relâche.



À également ne pas manquer : Les articles anachroniques sur Muddy Waters et Crosby, Stills, Nash & Young (ici et ici), les nouveaux titres des White Stripes (ici) et le Live Review de Django Django à la Maroquinerie, l'un des meilleurs groupes de l'année so far (ici).

mercredi 30 mai 2012

Live Review : Django Django à la Maroquinerie (Electro Folk)




Django Django. Samedi dernier, le 26 mai, était programmé à la Maroquinerie le live d'un groupe qui fait de 2012 l'année qu'elle est d'ores et déjà. Lorsque j'en suis ressorti, je n'avais qu'une chose en tête : rentrer chez moi et écouter leur opus à nouveau. Quelle claque, quelle énergie, quelle communion.

Entre verres et cocktails de la terrasse située au dessus de la salle de concert, le quatuor Irlando-Ecossais a dignement bravé la chaleur ambiante pour venir conquérir une salle surexcitée. Il est rare de voir à ce point une salle aux abois, c'est pourtant prise d'une fièvre d'une rare violence que les cris et applaudissements sont venus ponctuer la fin du premier titre. Django Django a su enchaîner les morceaux tous aussi tubesques les uns que les autres, jouant d'effets sonores et visuels sans fin. Derrière eux étaient installés des stores sur lesquels des vidéos projecteurs diffusaient toutes sortes d'images psychédéliques, un pur bonheur.


Lorsque "Waveforms" résonne, le groupe s'offre alors la liberté de se détacher complètement de la version album, ce pour quoi nous étions venus les voir. "Hand of Man" fera la part belle à une voix de tête de Vincent Neff, temporisant quelques temps, signe que la moitié du set approchait. Et puis, c'est foudroyant que le groupe a poursuivi avec les quelques grands titres issus de son dernier album. Une formation qui a autant de plaisir à venir sur scène est une formation qui conquis nécessairement son public. Ayant une basse comme seul instrument à cordes, Django Django n'aura pas cessé de jouer avec les émotions d'un public aux aguais, tout aussi détenu de la rotule que de la guitare. Que ce fut bon !





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Album Review de Django Django par Still in Rock

mardi 29 mai 2012

Premier article : Lower Dens - Nootropics (Pop Alternative)




Lower Dens. Jana Hunter vient du Texas et elle est de ces artistes qui multiplient agréablement les collaborations. Elle commença une carrière solo en chantant de la folk sur le label de Devendra Benhart, Gnomonsong. Elle participera ensuite à plusieurs albums du chanteur texan, ainsi que du groupe de folk Deer Ticks. À présent leader du groupe Lower Dens, elle vient de faire paraitre son deuxième album, j'ai nommé Nootropics.


Si cet opus ne fait pas l'objet d'un Album Review, c'est avant tout pour ne pas avoir à évoquer plusieurs fois le fait que la voix de Jana est une pâle copie de celle de Victoria Legrand (Beach House). Malgré ce, trois titres tirent l'album vers le haut : "Alphabet Song", "Brains" et "Lamb". Ils sont tous trois de grandes épopées, celles d'une bande de loubards à l'approche d'un club de Manchester, celles d'une armée napoléonienne à l'approche de l'ennemi. Musique de sensations, musique d'érudition, Lower Dens fait alors remarquablement le travail. Ne vous y trompez pas, ces titres-là sont très bons.


Les autres morceaux sont de grandes envolées qui demeurent trop peu travaillées. Si quelques boucles créent l'illusion d'un fabuleux morceau à venir (comme l'introduction de "In the End Is the Beginning"), on finit vite par être lassé. En bref, rendons à Victoria ce qui est à Victoria.



(mp3) Lower Dens - Lamb

(mp3) Lower Dens - Brains



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Site Internet


lundi 28 mai 2012

Cover : Pond - The Tears of a Clown (Power Pop)




Pond. Cet autre Tame Impala a fait l'objet sur Still in Rock, le 4 mai dernier, d'un Album Review que l'on retrouvera en fin d'année. Puissant et psychédélique à souhait, leur Beard, Wives, Denim ne souffre d'aucune comparaison, audacieux tout autant qu'irréfrénable. Les voici revenus avec une reprise de "The Tears of a Clown", titre de Smokey Robinson & the Miracles.

La folle énergie de Pond est mise au service d'un morceau supérieur à l'original. Le psyché du groupe sert une guitare dont la pédale fuzz est bien à l'honneur, pour notre plus grand plaisir. On y entend toute la fugacité d'une formation qui marque très distinctement 2012 de son empreinte. Et bim.



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vendredi 25 mai 2012

Album Review : The Walkmen - Heaven (Indie Folk)





Album Review : The Walkmen

" Heaven "




The Walkmen. Lorsque l'on se rend sur le site de la School de la ville de St. Albans, on y apprend que le 5 juin se tiendra le 'End of Fourth Quarter'. Il semblerait qu'un événement manque au calendrier de l'école, celui le même jour de la sortie du nouvel opus de The Walkmen, eux qui ont tous fait partie de ladite école.


Surement cette rencontre à la St. Albans School explique-t-elle la musique aujourd'hui produite par le groupe. C'est à cette époque que les membres commencent à collectionner de vieux amplis vintage, guitares hors d'état de nuire et autres batteries d'époque. Cette collection servira à constituer leur premier studio, monté de leurs propres mains dans le quartier d'Harlem, à New-York.


Leur nouvel opus, "Heaven", a visiblement délaissé ces vieux instruments au service d'une instrumentalisation propre et appliquée. Les treize titres qui le composent sont autant d'intimes pièces musicales que leur nombre. Seulement, cette intimité produit tantôt une musique d'exception, tantôt une musique plus anodine, trop académique. The Walkmen n'est jamais aussi bon que lorsque Hamilton Leithauser laisse libre court à ses envolées vocales, et qu'ainsi, le reste du groupe porte sa voix. Quels sont ces titres qui méritent notre plus grande attention ? Réponse dans la critique détaillée :


  • We Can't Be Beat : Ce titre progressif est d'une justesse sans nom. Non seulement la voix de Robin Pecknold parait tel un songe paresseux, mais encore, l'orchestration donne à ce premier morceau de splendides allures folk que l'on aime chérir.

  • Love Is Luck : La guitare de "Love is Luck" réalise de belles prouesses, les légères touches d'afro-pop n'y sont pas étrangères. Pour le reste, la mélodie ainsi que le rythme entêtant en font une belle pièce de musique. La voix d'Hamilton Leithauser un splendide instrument qui transmet une incroyable puissance électrique .

  • Heartbreaker : Moins original et sûrement moins persistant, "Heartbreaker" demeure agréable sans toutefois marquer les esprits.
  • The Witch : Tel "Heartbreaker", "The Witch" ne convainc pas totalement, à la recherche de plus d'originalité.
  • Southern Heart : Suave, doux et mélodieux. Le frottement de la guitare nous plonge dans un moment de grâce duquel il est difficile de ressortir. Voilà de quoi se rassembler autour d'un feu, dans les montagnes de l'Oregon, en compagnie ces charmantes lueurs musicales.
  • Line By Line : Ce titre évolue dans un monde à part. La guitare résonne tel les ondes d'un hymne de paix sur d'immenses falaises. La voix d'Hamilton Leithauser est magnifiquement placée, voilà une ballade fantasque qui promène son auditeur au pays du songe avec justesse.
  • Song for Leigh : Probablement pas le titre le plus original, mais probablement pas le plus maladroit. Toute l'essence de ce morceau est regroupée dans son refrain.
  • Nightingales : L'introduction contraste avec le reste de l'opus. Nous partons ensuite chasser sur les terres des Fleet Foxes, les guitares bien affutées.
  • Jerry Jr.'S Tune : Quel dommage que ce morceau ne dure qu'une minute trente. Ces quelques riffs très blues sont pourtant merveilleusement distillés. Jouissif, mais trop court.
  • The Love You Love : Surement pas un indispensable de l'opus. Ce morceau est guilleret, sans plus de profondeur, oh nion !
  • Heaven : Titre qui se révèle avec le temps, "Heaven" est tout autant le refrain de la gaité que celui de la mélancolie. Les variations vocales de Leithauser sont remarquables.
  • No One Ever Sleeps : The Walkmen retrouve la toute la puissance d'une mélodie nostalgique qui transporte l'auditeur loin de là où il se trouve. "No One Ever Sleeps" est définitivement l'un des meilleurs morceaux de l'album.
  • Dreamboat : Voici un final réussi. À mi-chemin entre les titres les plus graciles et ceux les plus enjoués, "Dreamboat", en Virginie, indique la direction à suivre, celle d'une nouvelle écoute de l'opus.


En somme, Heaven est un bon album qui pourtant ne parvient pas à gravir tous les échelons de l'excellence. Et pour cause, il est trop conforme à ce que l'auditeur voulait entendre, ou du moins, ce que le groupe pensait que l'auditeur voulait (ça devient complexe). La cohérence d'un opus est toute aussi importante que les variations de ce dernier. Nous avons tendance à trop entendre des albums qui se complaisent à révéler quelques magnifiques morceaux entourés d'une musique plus aseptisée dont la dépersonnalisation m'effraie. Heaven est de ces albums là.


Malgré ce, même lorsque The Walkmen ne semble pas vouloir faire l'effort de la créativité, je pense aux titres "Heartbreaker", "The Witch", "Nightingales" et "The Love You Love", la voix d'Hamilton Leithauser continue d'illuminer ces quelques minutes de musique de la plus ravissante manière. Alors, lorsque résonnent "We Can't Be Beat", "Love Is Luck", "Line By Line" et "No One Ever Sleeps", nous atteignons les très hautes sphères de la musique indépendante.


The Walkmen est définitivement un groupe élégant dont la musique, parfois égale à elle-même, demeure trop raffinée pour être ignorée. Que cet opus prospère en ce qu'il a de meilleur.



(mp3) The Walkmen - No One Ever Sleeps

jeudi 24 mai 2012

Premier article : Julia Holter – Ekstasis (Experimental Indie Pop)




Julia Holter. Elle vient de Los Angeles et nous délivre un Ekstasis tout aussi intrigant qu'audacieux. Pour son premier opus, Tragedy, son label était Leaving Records, lui qui a pour habitude de ne faire paraitre ses artistes que sous format cassette. Rvng Intl est cette fois-ci à l'honneur, changement de catégorie pour changement de musique ?

Julia Holter semble procéder par collage et ses dix pièces de musiques forment toutes ensemble un tableau surréaliste qui n'est pas sans rappeler Au Revoir Simone. Alors, bien entendu, certains morceaux peinent à emporter pleine adhésion, je pense là notamment à "Our Sorrows", "Four Gardens" et "Für Felix". D'autres sont porteurs de bien plus d'espoir, à l'image d'un "In the Same Room" créatif et délicieusement acidulé. Ressors de l'impression générale un opus qui se ressemble trop, mais qui pourtant, contient de belles petites choses. Alors, comme à l'habitude, on conserve le meilleur et on attend un troisième opus pour acclamer l'album en son entier.


(mp3) Julia Holter – In the Same Room


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mardi 22 mai 2012

Bonus : Bill Callahan en Daytrotter Session (Slowcore)




Bill Callahan. Après la session Daytrotter de Herman Dune (article d'hier), celle de Bill Callahan, un artiste qui occupe une place particulière au sein du paysage musical. Bill Callahan, c'est avant tout une voix, grave et mélancolique. C'est aussi un homme que l'on imagine exister depuis toujours et que l'on imaginera toujours trouver auprès de sa cabane, à chanter ses ôdes - slowcore - aux grands espaces. Trois morceaux constituent cette session Daytrotter, voici mes deux préférés :


"River Guard" est un chant d'évadé, lancinant et intense, une guitare aussi expressive que celle de B.B. King, ce morceau s'écoute les yeux fermés. Prenons le temps de l'écoute, sachons admirer le paysage que Bill Callahan peint de ses paroles.


"Eid Ma Clack Shaw" est un magnifique morceau issu de son album Sometimes I Wish We Were An Eagle et cette interprétation est particulièrement convaincante. On traverse quelques collines en compagnie de Bill Callahan, ce vieux cowboy à la recherche du véritable chemin.



(mp3) Bill Callahan - River Guard
(mp3) Bill Callahan - Eid Ma Clack Shaw



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Article sur son album Apocalypse


Bonus : Herman Dune en Daytrotter Session (Folk Rock)




Herman Dune. Rare artiste français à être présent sur Still in Rock, chaque apparition de cet illustre personnage est un petit événement qui attire inexorablement mon attention. Il s'agit cette fois-ci d'une session Daytrotter, enregistrée le 21 mai 2012, hier.

Quatre titres sont mis à l'honneur : "When The Sun Rose Up This Morning", "My Best Kiss", "Next Year In Zion" et "In The Long Run". À l'évidence, la folk-rock d'Herman Dune produit toujours autant de magie, lui et son extrême nonchalance, ces paroles répétitives qui ne souffrent d'aucun complexe, ces textes au service d'une mélodie entêtante.

Soliste d'exception (l'un des tous meilleurs français), ce qu'il illustre sur les finals des titres "My Best Kiss" et "In The Long Run", le frère David-Ivar a le don pour solliciter en nous ce qui se trouve de plus instinctif, comme si des feux de joie perçaient la brume de ce mois de mai. L'ensemble des titres interprétés lors de cette session Daytrotter est jouissif tout autant que majestueux. Alors merci Herman d'être notre frère français à nous, rien qu'à nous.


(mp3) Herman Dune - My Best Kiss
(mp3) Herman Dune - Next Year In Zion


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lundi 21 mai 2012

Premier article : Thee Holy Ghosts (Rock Garage)




Thee Holy Ghosts est de ces groupes auxquels on ne peut reprocher, en toute conscience, de produire un son trop crade pour être connu. Il est certain que ce groupe de Gainesville, pays du Gui, jongle avec amusement entre un garage rock très année 50, un punk rock décomplexé, une surf music planante et autres influences bluesy. Il est également certain que leur dernier EP, "Thee Holy Ghosts", composé de 10 morceaux, restera confiné à cercle restreint des clubs underground de Floride.

Ces dix titres représentent ce que la jeunesse indépendante des Etats-Unis est capable de produire de plus rétro-rock-adieu-tes-oreilles. Dépassant rarement les trois minutes, ces titres enregistrés en février et mars dernier donnent le tournis autant que l'envie de saccager son appartement (écoute déconseillée aux enfants de moins de 2 ans d'écoute Rock Garage).

Cet EP ne sera pas la révélation d'un fan de Dream-Pop à la recherche de nouveautés. Ni même la révélation d'un amateur de Post-Rock. Non, cet EP est conçu pour plaire aux amateurs de son sale et crado, c'est très bien ainsi. Homogènes, les titres s'enchainent avec constance. "Untitled", à mi-chemin, vient donner un coup de jeune à nos tympans avant d'accélérer le mouvement. "Standing Alone" est un ovni musical dont je peine encore à situer l'année de création : était-ce un slow pour fêter le retour des braves de 39-45 ? Pour le reste, c'est toujours énergique et toujours plus déjanté. Il semblerait que Thee Oh Sees est trouvé un confrère Thee à la hauteur de leurs premières parties de live. Si Jack Kerouac a écrit Sur La Route, Thee Holy Ghosts a lui écrit Course Poursuite, on est aime ça.


(mp3) Thee Holy Ghosts - Seen a Ghost
(mp3) Thee Holy Ghosts - Ghetto Pop Song


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vendredi 18 mai 2012

Album Review : White Fence - Family Perfume Vol. 1 & 2 (Rock Indie)





Album Review : White Fence

" Family Perfume Vol. 1 & 2 "



" Véritable festival de riffs "
" Les Velvet Underground ressuscitent "


White Fence. Deuxième Album Review pour White Fence cette année, après celle sur son album collaboratif avec Ty Segall, nommé Hair (article). J'en disais alors que White Fence est le "projet de Tim Presley, groupe souvent auteur d'un rock sauvage et sans concession, connus de la scène mondiale pour flirter sans équivoque avec un son sixties toujours plus rétro."


Family Perfume est le nouvel opus de White Fence sorti le 10 mai dernier, et comme Tim Presley avait composé plus de 80 morceaux, nous sommes gratifiés de deux volumes. D'un total de 29 titres, j'ai décidé de n'en garder que le meilleur et de vous présenter ainsi la crème de la Family Perfume, pour le reste, vous savez où vous reporter. Autant le dire d'emblée, la guitare électrique est la pièce centrale de cet opus. C'est un véritable festival de riffs qui s'abat sur l'auditeur, sans crier gare, sans pincettes ni retenue.


Ce double album est d'une créativité à faire pâlir tout les groupes de garage et autres psychés (à l'exception de Ty Segall, bien entendu). On y trouve une forte influence des Beatles autant que des Velvet Underground, sans oublier celle des Who, Kinks, Hollies ou même Simon & Garfunkel. Impossible de saisir l'essence de Family Perfume dès la première écoute. Courts et intrusifs, les morceaux sont aussi bruts que travaillés. Pour y voir plus clair parmi cet immense corpus de titres, place à la critique détaillée :



--- Volume 1

    • Swagger Vets And Double Moon : Le premier titre de l'album à nous plonger dans un bain de riffs acérés. L'album Hair en collaboration avec Ty Segall n'est plus très loin, White Fence y joue d'une guitare identique à celle du titre "Time", un régal.

    • Long White Curtain : Condensé, mais jubilatoire. "Long White Curtain" ne lésine pas sur la saturation d'une guitare qui peine à retrouver ses esprits. Et nous aussi.

    • Balance Yr Heart : La voix de Tim Presley occupe l'espace musicale avec plus d'insistance. Ce titre, très Beatles, fait la part belle à un harmonica ponctuant quelques paroles minimalistes.
    • It Will Never Be : Créatif mutant qu'ingénieux, ce morceau fait de Tim Presley un artiste à surveiller. Lorsque le psychédélisme d'un instant croise la route de nombreuses guitares, nos oreilles applaudissent (ah si).
    • A Hermes Blues : Si le blues de l'intitulé n'est pas évident, on ne peut s'empêcher de penser que ce rythme entrainant a quelque chose avoir avec ce qu'était capable de produire le Chicago Blues. Ce morceau met définitivement du baume au coeur.

    --- Volume 2

    • Lizards First : Situé en plein centre des années 60, lorsque la country-folk de CCR rencontrait le rock d'outre-Manche, "Lizards First" vient nous cueillir tout en douceur, sonorités rétros à l'appui.
    • It's Confusing when you wake up : Plus en délicatesse encore, White Fence est une belle façon de compter le temps qui passe. Les Velvet ressuscitent.
    • Upstart Girls : C'est avec fougue et impétuosité que White Fence s'attaque à nos tympans. Sans nervosité démesurée, Tim Presley fait part avec brio de son savoir en matière de rock psychédélique.
    • Latchkeys : Le retour en force des réverbs'. Si la voix sature tout autant que la guitare, White Fence n'y perd pas en efficacité. Ce rock est rétrograde à souhait, sensuel autant que pernicieux.
    • King Of The Decade : Dernier titre de ce double volume, "King Of The Decade" nous conforte à l'idée que White Fence n'est jamais aussi bon que lorsque la guitare se permet de brèves envolées. Miam.


    En somme, la présence des Velvet Underground marque les esprits. S'il est difficile de dire quel est le meilleur volume, on retient la présence de très bons morceaux dans chacun des deux, formant un ensemble tout aussi hétérogène qu'adroitement maillé. Dans l'ensemble, les voix usent de reverb' à ne plus en voir la fin, et la guitare, souvent saturée, fait elle état d'un psyché digne des années folles.


    Le point faible de l'album est d'être trop lazy. Aucun titre ne sort véritablement du lot (mis à part, tout de même, les deux à l'écoute), certains sont à éliminer lorsque d'autres sont à regrouper, sans point culminant. En fait, beaucoup trop de titres sont présents, certains s'y perdent, s'y noient, et la sélection ici présentée eut été, à mon humble avis, plus pertinente. La quantité ne fait pas la qualité, toutefois, la qualité de certains morceaux ne doit pas nous échapper, White Fence produit une musique que l'on entend plus ailleurs, il faut savoir la conserver, l'apprécier à sa juste valeur.


    Ce double opus fait définitivement de Tim Presley un artiste à suivre. Il ne nous reste qu'à attendre la sortie du prochain Ty Segall pour boucler la boucle Rock Garage/Psyché de cette année 2012, née de Hair, ce fabuleux opus que Family Perfume, en dépit de nombreuses qualités, ne parvient pas à surpasser.



    (mp3) White Fence - Upstart Girls (Volume 2)

    jeudi 17 mai 2012

    Anachronique : Muddy Waters (Blues)




    Muddy Waters. Parmi mes écoutes favoris, je ne pouvais m'empêcher d'écrire un jour où l'autre quelques lignes sur Muddy Waters, l'un des plus grand blues-man que la terre ait connu.

    Né en 1913 dans le Mississippi et mort en 1983 dans l'Illinois (quelle plus belle terre pour un joueur de blues ?), il a fait ses armes de guitariste à Chicago. Moins médiatique que John Lee Hocker, Muddy Waters jouit pourtant d'une très grande influence : il est non seulement l'un des précurseurs du Chicago Blues, mais il peut aussi se venter d'avoir donner aux Rolling Stones leur appellation (tiré de son titre "Rollin Stone"). Il influencera de nombreux mouvements musicaux, à commencer par le rock, le blues, le country, mais aussi la folk. Voici une liste non exhaustive des artistes ayant repris certains de ses titres : Eric Clapton, Jimi Hendrix, The Doors, The Rolling Stones, Bob Dylan, le Allman Brothers Band, Buddy Guy, Led Zeppelin, Rory Gallagher et j'en passe.

    Sa musique est faite des plus grands tubes blues comme de pépites plus cachées. Bien sur, "(I'm Your) Hoochie Coochie Man" et "Mannish Boy" sont aujourd'hui connus de tout habitant de la planète terre (douce utopie?), d'autres tel que "Long Distance Call" ont été repris par tous les plus grands, mais Muddy Watters n'en demeure pas moins le symbole d'un peuple noir à la recherche de liberté. Sa musique toujours très efficace et souvent minimaliste (voir "Little Geneva" et "I Can't Be Satisfied") est toujours faite d'une très grande maitrise de son instrument. Le blues connait l'un de ses plus grands joueurs.

    Muddy Watters est un indispensable qui aura probablement changé le cours de l'histoire de la musique. Écouter sa musique c'est déguster la vie à pleines dents, un verre de whisky à la main. Pour le reste, je laisse l'artiste s'exprimer.



    mercredi 16 mai 2012

    The Tallest Man On Earth - 1904 (Indie Folk)




    The Tallest Man On Earth, les premières news arrivent. Le 5 janvier 2012, Still in Rock retraçait l'ensemble de la carrière de Jens Kristian Mattsson (ici). J'y évoquais un nouvel album en préparation. Depuis quelques semaines, c'est dans la rubrique "Albums à Venir" (sur votre droite) qu'apparait le nom de cet opus, et une date : le 12 juin. Alors, lorsque vint à mes oreilles le premier single de ce There's No Leaving Now, j'ai nommé le titre "1904", un article s'imposa. Le voici.

    "1904", qu'on se le dise, n'est pas le meilleur morceau du Tallest Man. Et pourtant, il me fait frémir d'impatience à l'idée d'écouter l'opus en son entier. De la trempe de ce que sait merveilleusement produire Jens Kristian Mattsson, on s'éloigne des sentiers battus et de sa folk minimaliste laissant unique place à sa fabuleuse voix. "1904" fait état d'une orchestration plus fournie, la guitare acoustique prêtant quelques accords à celle électrique. Le refrain est lui emprunt de la même envie de communiquer sa joie de vivre. Écouter The Tallest Man On Earth communique la même gaité qu'à l'habitude, une "alacrité folle dans l’insondable éther". Vivement le 12 juin, donc.


    (mp3) The Tallest Man On Earth - 1904


    mardi 15 mai 2012

    Premier article : Noah - Sexy and I Know (Cover)




    Noah. En voilà un qui va très vite faire parler de lui. Il a 18 ans et vient de North Carolina, son crédo ? Les covers. Loin de l'indie chérit par Still in Rock, cet artiste mérite le détour. La première révélation est la reprise de "Tighten Up" des Black Keys, sa voix semble parfois être celle de Dan Auerbach et c'est par son incroyable intensité que Noah captive son auditeur.




    (son et image sont désynchros)


    La dernière cover en date est un titre de LMFAO, "Sexy and I Know". Voilà celle qui va définitivement lui donner la visibilité qu'il mérite, impossible d'échapper à autant de puissance. Alors, on lui pardonne sa reprise des affreux Coldplay et on attend la semaine prochaine qu'une nouvelle reprise paraisse, en croisant les doigts.