Best Of Still in Rock : Octobre 2011

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Album Review : Hanni el Khatib
" Will the Guns Come Out "
Originaire de Los Angeles, Hanni le Khatib sort ces jours-ci un premier album intitulé "Will the Guns Come Out", paru sur le label Innovative Leisure Records. Si le père de notre artiste du jour est palestinien, sa mère vient des Philippines, un cocktail que l'artiste aborde fièrement. Hanni el Khatib a commencé dans la mode en tant que styliste pour la marque HUF, ayant toujours eu passion pour la musique, lui guitariste autodidacte depuis l'âge de 11 ans. Il sort aujourd'hui un premier album qui va faire parler, rock sixties pur et sans concession. On aime chez lui le fait qu'il ne renie pas un son puissant et granuleux, rock primaire qui vous saisit dès la première seconde et ne saurait vous lâcher facilement !
Écouter Hanni le Khatib c'est effectuer un retour aux sources en écoutant du neuf, cet artiste aux cheveux gominés sait comment s'y prendre pour puiser en vous l'énergie que vous recherchiez depuis longtemps. Des albums tels que "Will the Guns Come Out" fleurissent rarement, un artiste à son premier essaie et déjà tant de repères donnés sur un son qui lui appartient autant qu'il appartient à l'histoire du rock. Place à la critique détaillée.
Cet album, comme c'est parfois le cas, fait état de qualités qui sont aussi ses défauts. Le son est brut, les riffs simples et les mélodies immédiatement saisissantes. C'est aussi cela qui fait que l'opus s'essouffle dès la deuxième écoute lancée, le manque de sophistication est décisif, il faut alors y revenir avec plus de recul, quelques heures plus tard. En fait, cet album qui se veut très brut et catchy ne semble pas oser jouer sa carte à fond. Quatre titres mènent la marche, "Come Alive", "You Rascal You", "I Got a Thing" et "Fuck It. You Win.", celui introductif aux côtés de "Loved One" ne lésine pas non plus sur la qualité lorsque les autres viennent ternir un opus qui aurait pu marquer au fer rouge l'année 2011. Voilà le point véritablement frustrant qui ressort d'une écoute prolongée de "Will the Guns Come Out" : le potentiel de l'artiste fait largement penser à celui des Black Keys et il ne semble oser pleinement assumer son statut de rockeur sans concession. On garde toutefois le meilleur pour cette fois-ci et on parie sur un second opus à la pleine hauteur de son talent. Hanni el Khatib, un nom à ne pas oublier, vous êtes prévenu.
Je signale l'existence d'un concert à emporter réaliser par l'artiste en octobre de cette année, c'est toujours aussi pur, un son propre et contrôlé à merveille. Une très belle réalisation pour couronner le tout, as asual (ici).
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Concert à emporter




Album Review : Puro Instinct
" Headbangers In Ecstasy "
C'est une musique très colorée que nous présentent les deux soeurs californiennes, une musique girly ô combien intrigante. L'intrigue commence par un changement d'appellation, Pearl Harbor étant celle originaire avec laquelle elles commençaient à se faire un petit nom. On doit ensuite souligner le travail de Ariel Pink’s Haunted Grafitti sur cet album, l'album ayant été produit dans son studio personnel. Tous les deux ou trois morceaux, des "Kdod" d'environ dix secondes viennent entrecouper les titres d'une voix off grave et puissante. La ne s'arrête pas les intrigues, la musique elle-même produite par Piper K. et Skylar K. fait se questionner, il est rare qu'un premier album fasse état d'autant de détermination musicale. Place à la critique détaillée.
Beaucoup de belles choses au sein de ce "Headbangers In Ecstasy", clé vers un univers très lo-fi, coloré et gazeux. Je crains malheureusement pour nos belles que leur album soit trop perché pour atteindre le grand public. Il joue sa carte à fond, mais en ressort une impression d'uniformité trop importante. Certes, Puro Instinct ne tombe pas dans le pathos commun constituant à vouloir étaler sa science sur un premier opus fouillis et sans aucune direction artistique. Non, Puro Instinct joue d'un univers tellement bien défini qu'il semble à vrai dire parfois manquer en spontanéité. Le ventre mou de l'opus vient marquer le pas d'une production trop travaillée tant les titres se ressemblent et viennent couper la passion distillée par les premiers titres. Je ne doute toutefois absolument pas qu'un second opus viendra, dans la lignée indirecte de celui-ci, nous enchanter au plus haut point. Puro Instinct a un réel potentiel que certains des titres de "Headbangers In Ecstasy" exploitent. Ce sont pour ces derniers qu'une écoute s'impose. Et puis, elles sont soeurs.
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Chers amis. Un article à part pour commencer la semaine. Je m'en vais parler d'un groupe français, M83, dont la popularité ne cesse de croitre aux États-Unis - beaucoup parlent de meilleur titre de l'année toutes catégories confondues, que d'exagération -. Que les choses soient immédiatement dites, leur nouvelle album, "Hurry Up, We're Dreaming", est monotone, égal à lui même dans la je-me-foule-pas-trop-à-créer-et-ça-suffit, pourtant, un titre se détache largement du lot, leur premier single, "Midnight City". Cela fait plusieurs semaines que le titre a été dévoilé, voilà que je me surprends à l'écouter occasionnellement, je me suis donc dit qu'un petit billet était nécessaire, qu'il était dommage de passer à côté d'un bon titre à cause d'un album plutôt mauvais. Je signale également, à y être, le potentiel du titre "Intro (ft Zola Jesus)".
"Midnight City", pour le décrire rapidement, est du genre de "Pumped Up Kicks" des Foster The People, simple à saisir et immédiatement efficace. Très familier, ce titre se glissera sans aucun doute dans pas mal de vos playlists, il est malléable et saura s'adapter à vos humeurs. À écouter, à posséder. Je vous laisse avec le clip lui tout récemment sorti et vous dit, chers amis, à demain.

Mardi dernier, le 18 octobre 2011, la Maroquinerie accueillait Band Of Skulls. N'ayant, à mon étonnement, jamais évoqué ce groupe sur Still in Rock, en voici un bref portrait. Formé en 2004 à Southampton en Angleterre, Band Of Skulls officie sous ce nom depuis 2008 seulement. Leur premier album, "Baby Darling Doll Face Honey", est une petite bombe d'indie rock tant les ressemblances avec les White Stripes sont importantes. Un deuxième album est en finalisation, prévu pour le début de l'année 2012, ce dernier nous réserve bien des surprises, dont quelques-unes dévoilées seront lors du live dont il est ici question.
La première partie, groupe nommé The Broken Hands et originaire de Vancouver (Canada) se décrit sur son propre MySpace comme "a combination of Rock, Punk and Blues", à laquelle ils rajoutent du "punk-pounding pulses". En somme, The Broken Hands se revendique de plusieurs horizons et leur performance live fait transparaitre cette volonté. C'est un groupe jeune que l'on sent très influencé, un groupe plein de punch au jeu de guitare très efficace. Le chant n'est pas en reste lorsque les riffs laissent place une voix très propre, on regrette toutefois un abus de vibrato et des chants trop répétitifs avec des choeurs incessants de la part du lead-singer himself. Le tout demeure étonnamment bon pour une première partie qui gagne à être connue.
Puis arriva Band Of Skulls. La lumière se tamisa, et les trois Vikings entrèrent dans la salle. Dès les premières notes se mettent à résonner les nouveaux titres de leur second opus et on semble plus éloigné du son de Jack White que précédemment. La guitare de Russel Marsden résonne avec de belles montées vers l'Everest du rock, mais la salle peine à réagir, elle manque à l'évidence de répondant. Toute une première partie du concert va ainsi se dérouler, les Band Of Skulls sont trop collés à ce qui - cela se sent - sera leur version album, le rythme est constamment le même et le groove vient à manquer.
C'est alors qu'un titre, dont je n'ai pas le nom, vient réaliser la coupure. Band Of Skulls stop le jeu qui semblait s'essouffler, un calme avant la tempête dont chacun dans la salle pressent la survenance. Notre instinct ne nous trahis pas, Russel Marsden change de guitare et l'excellent jeu de lumière de la salle vient nous plonger au plus profond du rock, un noir d'encre dont on se délecte d'avance des moindres sursauts. Band Of Skulls présente alors un nouveau visage, bien plus psyché que sur la première partie de leur intervention, la salle se met en émoi, le public perd lentement possession de ses gestes lorsque le chant du groupe fait la part belle à bien plus de lâché prise, les riffs se distinguent les uns des autres avec puissance et les changements de rythmes viennent définitivement embraser un public conquis. Lorsque les titres du premier album viennent à retentir, "Light of the Morning" et "Death By Diamonds and Pearls" pour partie, l'audience demeure effarouchée par la transformation opérée sous nos yeux mêmes. Une vidéo du live atteste de cette excellente performance finale.
Bien moins lyrique que le concert de la semaine dernière (à savoir Connan Mockasin), Band Of Skulls est finalement parvenu à faire décoller les cheveux de mémé, alliant la puissance de solos de guitare de toute beauté à l'atmosphère d'un bateau viking hanté. Band Of Skulls sera la première partie des Black Keys, eux qui sortiront "El Camino" le 6 décembre, mais ça, c'est une autre histoire.

Si vous lisez Still in Rock, c'est qu'au minimum vous adulez Jack White, au mieux vous le vénérez. NPR à l'occasion des 20 ans de la très excellence World Café a publié quelques émissions dont il était le centre. Les interviews sont, comme à l'habitude, très bien construites, Jack y est sincère et exhaustif, une mine d'or.
On y apprend dans la première partie le pourquoi du succès des White Stripes, sa relation avec Loretta Lynn, l'explication de son aversion pour la technologie dans la musique ("not because it's new means better"). Le tout est ponctué par une version acoustique de "Lord, Send Me An Angel", "I Want To Be The Boy", et "The Big Three Killed My Baby".
Dans la seconde partie, Jack explique sa collaboration au sein des Raconteurs, son travail avec Brendan Benson et ses deux autres amis de Détroit, il nous honore d'un excellent "Steady As She Goes", et pour finir, du titre "Level". Immanquable.



Art Brut. Pour commencer la semaine en beauté, quoi de mieux qu'un peu de rock anglais ? Cette formation, étrangement peu connue et pourtant formée depuis 2003, m'inspire confort et plénitude. Que je suis bien vêtu de mon rock anglais, entouré de brumes et de briques rouges. Art Brut est un groupe de rock à l'accent cockney, un groupe de rock qui n'hésite pas à placer des riffs so british, groupe aux textes à la fois simples et accrocheurs.
Le titre du dernier album, "Brilliant! Tragic!", n'est pas à l'image du contenu, trop simple. Non, cet opus alterne en réalité entre bon et moyen, il se situe au middle de son appellation origine contrôlée. Deux titres mènent la danse, "Clever Clever Jazz" et "Bad Comedian", titres aux allures de vestes en cuirs et autres battes de baseball. Cet album, sorti durant la première partie de 2011, a été décrié par une partie de la critique. S'il est évident que leur premier, "Bang Bang Rock & Roll", est un cran au dessus, leur second "It's A Bit Complicated" est lui un cran en dessous. De belles choses sont à tirer de ce "Brilliant! Tragic!", il suffit simplement de se laisser aller et accepter le riff facile des refrains, catchy au possible. Qui dit catchy dit jouissif, pourquoi n'en voudriez-vous pas ?


Lundi soir, le 10 octobre 2011, Connan Mocassin donnait un concert à la Maroquinerie. Still in Rock y était et je crois savoir, pour en avoir de nombreux retours, que vous appréciez non seulement les découvertes d’artistes, mais aussi ces shows review pour vous aiguillez sur vos choix de concerts. Si je n’hésite pas à employer des mots durs lorsqu’il le faut (voir Panda Bear, MGMT et j'en passe), je serai dithyrambique lorsque nécessaire, et sans plus de suspens, cette critique s’inscrit largement au sein de la deuxième catégorie. Place au live review.
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Pour la traditionnelle première partie, c'est Leno Lovecraft qui s'y collait, groupe néo-zélandais aux allures de General Elektriks. Le rythme était sans faille pour une entrée en matière qui bougeait et remplissait plus que son rôle. Psyché et expérimentale, la guitare argentée du chanteur a fait résonner la pop électronique et candide de leur EP sorti le 25 avril de cette année. Pour une écoute de ce dernier, c'est par ici. Une formation à suivre même si je dois m’avouer moins convaincu par la version studio. Il faut dire qu’une première partie avec standing ovation, c’est du rarement vu !
Puis vint Connan Mocassin. Après les 15 minutes de battement conventionnelles, notre groupe du soir arrivera sur scène, verres de champagne à la main, sourires aux visages. Un premier constat, le groupe, composé de cinq membres, voyait trois d'entre eux coiffés d'un carré, un d'une coupe au bol, le dernier d'une frange. N'oublions pas les cinq moustaches. Ah, voilà que ça commence bien.
Dès les premières minutes de concert, une évidence s'impose : Connan Mockasin est bien décidé à ne pas se laisser enfermer entre les murs de sa version studio, non, Connan s’en ira explorer ce que le monde psychédélique qui l'entour a à lui offrir. Autre constat, le public est connaisseur, "such a respectful audience", le bénéfice de se trouver à la Maroquinerie, ce lieu si particulier fréquenté par les initiés. Et puis, forcément, Connan Mockasin parait difficile d’accès, il se déguste tel le verre de Roederer en leur possession, de quoi attirer les spécialistes du genre. L'univers est ainsi rapidement planté, Connan nous ensorcèle avec une voix sur le fil et le bassiste semble faire glisser ses mains sur sa guitare telle une luge sur la neige au coin du chalet où la cheminée réchauffe son monde. Nous sommes là, assistant à cette scène, sans réellement croire en être, nous sommes partout à la fois, là où le groupe nous emmène en nous tenant par la main.
« Forever Dolphin Love » pour une version proche des 7 minutes va secouer l'audience, un rythme effréné au service d'excellents musiciens. Quel exploit que parvenir à un tel résultat tout en gardant une musique à l'aspect gazeux et vaporeux ! C'est de la sorte que va se poursuivre le concert, dans ce monde parallèle au sous-sol de la Maroquinerie. « It's Choade My Dear» m’évoquera Chopin tant les notes flottaient à l’image d’une bulle de savon rythmée par le vent. «Faking Jazz Together», «Egon Hosford» et leurs comparses ne feront tout au long de la soirée qu’accroitre cette sensation d’irréelle, bercée par les frasques d’une formation bien décidée à nous marquer au fer rouge.
Après un premier rappel, Connan Mockasin revint bien décidé à sortir de son chapeau quelques artifices dont nous ne nous doutions pas encore de la richesse et de ses éclatantes couleurs. Nous allions avoir droit à deux démos inédites, dont une où l’audience finira tout en choeur ronronnant les paroles d’ores et déjà adorées. Nous aurions également droit à un véritable tour de force lorsque chaque membre échangera sa place avec celui à côté de lui, comprenez le Connan aux percus, le pianiste au chant, etc.
Connan Mockasin, en pleine osmose avec son public, a donné une belle illustration de ce que peut être le partage lié à la musique. Il donnait ses notes à entendre avec tant de délicatesse et de plaisir, le tout dans une salle de la Maroquinerie aux accents new-yorkais à ce point propice à de tels moments que l’instant était idyllique. Un grand moment de musique s'est produit lundi soir dernier, je vous recommande mille fois le Connan en concert (samedi à Marseille) ainsi que de checker la line-up (lien) à venir de la Maroquinerie, de belles choses nous attendent encore …
