Best Of Still in Rock : Septembre 2011




Alison Mosshart reprend Louis Armstrong. Je ne prête d'habitude que peu, voir aucune, importance à ce genre de reprise, il y en a trop et l'intérêt est fort limité. Toutefois, il me semble que cette reprise d'Alison Mosshart (Kills, Dead Weather) d'un certain Louis Armstrong, ça mérite bien un article.
Non seulement Alison démontre qu'elle sait fort autrement que dans la puissance, mais en plus, orgueilleuse au point de s'attaquer au grand Louis Armstrong himself, le résultat est non seulement touchant, mais aussi fort bien senti. En bref, une reprise de belle qualité, un bon petit moment. On ne boude pas les petits plaisirs de la scène indie.
(mp3) Alison Mosshart - What A Wonderful World
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Dernier Album des Kills


Il y a, lorsque l'on est fan de rock, des rites, des obligations, un devoir de mémoire. Si vos statuts Facebook indiquent "Rock" à la question "croyance religieuse", vous vous devez de célébrer les dieux reconnus du culte. Il en est un que je veux aujourd'hui honorer, Kurt Kobain. Non pas que je veuille revenir sur la vie tourmentée du chanteur mort en 1994 ni même sur l'histoire de Nirvana (eux, les initiateurs du mouvement grunge), je veux simplement, le plus humblement du monde, rendre un hommage à "Nevermind", un album qui compte comme peu dans l'histoire de la musique, sorti le 24 septembre 1991, 20 ans jour pour jour.
Il a toujours été de la volonté de Nirvana de rompre avec le système, dénoncer sa corruption et ses excès. Pour preuve, la magnifique pochette de ce Nevermind, on ne peut plus symbolique. Cette philosophie du groupe se ressentait à l'époque de la sortie de cet album dès les premières écoutes, des textes forts au service d'un grunge explosif. Aujourd'hui, Nevermind est réédité et ses revendications sont toujours d'actualité. La force de Nirvana est d'avoir su mêler combat idéologique et musique, une combinaison à laquelle beaucoup s'essaient actuellement sans le moindre succès. Gardons malgré ce à l'esprit que Nirvana est avant tout un groupe qui a marqué sa génération et celles qui la succède, impossible de ne pas connaitre "Smells Like Teen Spirit", "Rape Me", "The Man Who Sold The World" ou le très mythique "Come As You Are". Les deux titres que j'ai choisis pour illustrer ce billet feront dire à certains, "ça me rappelle le lycée", "ça me rappelle le collège" à d'autres, "mes premières boum la dessus", "mes premières histoires", bref, une chose est sûre, d'aucuns ne sera pris au dépourvu disant "c'est quoi ça ?". Ça mérite bien de souffler quelques bougies.
(mp3) Nirvana - Lithium
(mp3) Nirvana - Smells Like Teen Spirit

Le 9 mai 2011, Still in Rock vous présentait Toyger, ce groupe tout droit venu de Newcastle pour enchanter nos oreilles d'une Math-pop très inspirée de Foals. Ah, c'était le bon temps où l'été commençait à se faire sentir, je vous sens nostalgique. Que nenni. Revoilà Toyger après un premier titre studio (avec les arrangements et tout et tout) qui vient à merveille corroborer mes propos d'alors : Karl's Diary, EP à venir, "va être absolument fantastique".
Prévu pour le 24 octobre prochain, "Karl's Diary", titre du même nom et d'ores et déjà disponible à l'écoute sera la face A dudit EP. "Purple Voices", encore non disponible, sera lui en face B. Si ce second titre contient la même dose d'énergie que le premier, nous tiendrons là une belle révélation de l'année 2011. Je vous laisse avec l'écoute d'un titre qui pourrait vous enchanter.
(mp3) Toyger - Karl's Diary
Republication de cette vidéo.


Concernant les titres, pour ne parler que du meilleur, "Those things will happen today" fait état d'un très bon enregistrement vocal avec une orchestration fort convaincante. Le final est une franche réussite, à écouter bien fort. "Home Cooking" est de la même veine. "My hero Beck died in 90s" est un titre psyché à souhait (surtout à partir de 1min40), il ne nécessite absolument aucune retouche, un classique en devenir. L'interlude est excellent, juste et bien trouvé. La reprise (à 3min15) ne s'évoque même pas, trop jouissive. Pour l'aspect plus pop, il faut se reporter à "My girlfriend is a Superwoman", le lo-fi qui gagne le titre méritant lui aussi son attention.
En somme, ce sont des groupes tels que Tapenga qu'il faut encourager, une musique travaillée et profonde au service d'un rythme souvent catchy. L'énergie dégagée par cet EP ne vous laissera pas indifférent, une bouffée d'air frais tout droit venue des entrailles des concerts les plus déjantés des nineties.



Une claque ! C'est bien ce dont il s'agit lorsque l'on se trouve face à ce duo Australo-britannique. Sorti de nulle part sans vraiment savoir jusqu'où cela pourrait le mener, il demeure une incroyable découverte.
Programmés en première partie, un mardi soir, dans un pub du nord de Londres, a priori une soirée comme les autres. Les lumières s'éteignent, deux trentenaires s'avancent sur la scène d'un pas nonchalant. Mon voisin de droite me lance ironiquement « Tiens c'est drôle, une batterie, une guitare et un barbu, on va voir les Black Keys ! ». Il n'aurait jamais pensé si bien dire. Dès les premières secondes, l'on croirait reconnaître le blues rock des Américains. La batterie mène les débats d'une main de maître et la guitare relance à merveille. Les titres s'enchainent et l'impression reste, à un détail près. Sur les dernières chansons la guitare reprend le dessus et de quelle manière. Des riffs implacables à la Jack White, portant à la perfection la voix du chanteur, ponctués d'envolées instrumentales à la limite du soutenable.
L'assemblée, conquise, semble réaliser qu'elle vient d'assister à un grand moment de rock.
The Graveltones serait-il l'excitante synthèse des Black Keys et des White Stripes ? Impossible. Il me fallait une confirmation, je suis retourné les voir trois jours plus tard, cette fois à Proud Camden. Le constat reste le même, inimaginable qu'un tel groupe ne bénéficie pas d'une plus grande reconnaissance. D'après quelques rumeurs un EP devrait bientôt voir le jour. En attendant, libre à vous de vous faire une opinion sur ces quelques vidéos.
Interview du groupe par Stillinrock à venir.

Wu Lyf a d'ores et déjà fortement marqué 2011 de son empreinte. Entre un premier album qui vous sort les tripes et des lives à couper le souffle comme rarement, ces gars de Manchester réaffirment la puissance créative anglaise. Dès lors, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Francis Lung, batteur du groupe, construit peu à peu un projet solo qui pour la première fois prend forme.
Quiconque aura déjà croisé la route de la Beat Generation, Kerouac et Ginsberg en tête de file, comprendra dès les premières secondes de "The Night I Killed Tommy" que ces auteurs vagabonds se seraient délectés d'un tel titre.
Le rythme imposé par le texte est sans faille, soutenu et puissant, les mots marchent les uns sur les autres sans pour autant laisser d'empruntes, ils décrivent l'espoir d'une génération perdue, en guise de reconnaissance. Francis Lung sort ainsi la démo du premier titre, à figurer sur un album nommé "Buk in C". Ce projet un peu fou (le simple désordre du site de l'auteur suffit à s'en convaincre) en parallèle de Wu Lyf pourrait bien s'avérer être un formidable voyage.
Se trouve aussi un titre qui est une reprise de John Lennon, titre ne figurant pas sur l'album à venir.



Violent Femmes
Chronique d'une carrière exceptionnelle
C'est un honneur pour moi que de rédiger cet article sur ce groupe, un soulagement d'enfin pouvoir le faire, et surtout, une lourde charge que je vais m'efforcer d'honorer. Violent Femmes est (n'oubliez pas la maxime de Still in Rock, "parce que l'objectivité est le pire des défauts") le plus grand groupe de punk de l'histoire so far. Pas une semaine depuis environ 2 ans sans que je n'écoute Violent Femmes.
Formé à Milwaukee, cette petite ville au bord du lac Michigan dont le seul intérêt réside en la visite du musée d'art moderne, Violent Femmes résulte de la rencontre de Brian Ritchie et Victor DeLorenzo en 1981 (lui qui quittera le groupe entre 1993 et 2002). Puis, Gordon Gano va faire son apparition dans la formation, le Violent Femmes que l'on connaît est alors naît.
Les caractéristiques principales du groupe sont les suivantes : l'extraordinaire voix nasillarde de Gordon Gano, le doigté inimaginable de Brian Ritchie et l'incroyable puissance de Victor DeLorenzo. Surtout, une des forces majeurs de Violent Femmes réside dans un esprit psyché poussé à son paroxysme, les prestations live en étant le meilleur témoin. Écouter Violent Femmes révèle un état d'esprit à part, une capacité à se transcender à l'écoute de titres barrés, une lueur de folie qui tend à adorer les sons malsains, en bref, cet exercice est complément unique. Les paroles font aussi parties de la légende Violent Femmes : c'est toute l'histoire d'une génération qui est retracée à travers l'ensemble des albums, une vie entière de débauches et d'attentes. 10.000.000 d'albums déjà vendus à travers le monde, une grande majorité aux Etats-Unis, voilà de quoi me réconcilier avec l'auditeur de masse.
Je continuerai à présent cet article par une présentation binaire, consacrant une première partie aux albums studio et une seconde aux lives les plus mémorables.
Partie I : Les Albums Studio
Les albums studios se portent au nombre de 8 (+ une compilation). Voici un rapide portrait de chacun d'entre eux.
Ne pas oublier "Viva Wisconsin" et "Somethings Wrong", albums live qui font l'objet d'un excellent aperçu de la puissance du groupe sur scène. Ces deux albums sont extraordinaires en ce qu'ils restituent mieux qu'il n'était possible de l'imaginer l'ambiance psyché d'un concert des Violent Femmes, appréciez la transition.
Partie II : Le Live
Dans beaucoup de live, Violent Femmes s'est accompagné de "Horns of Dilemma", collectif de musiciens dont fait partie un membre des Stooges (Steve Mackay), des amis, des artistes locaux et à peu près toutes personnes les approchant jugée suffisamment douée. Les instruments employés en live sont encore bien plus divers que sur les albums : saxo, trompettes, flute, clarinette, percussions diverses, trombones et j'en passe et des meilleurs. Le tout ainsi formé est joyeusement hétérogène, jouissif.
YouTube dispose de live à foison, voici une petite sélection opérée par mes soins qui vous assurera de ne pas louper l'essentiel. Non exhaustive, je pense y avoir concentré une belle panoplie (à travers deux concerts) de ce dont le groupe est capable sur leurs plus grands titres.
Ainsi est inscrite la légende Violent Femmes. Groupe très célèbre aux États-Unis (à noter : "Good Feeling" est le titre préféré de Lily et Marshall de How I Met Your Mother, voilà comment convaincre les derniers réticents), il est séparé officiellement depuis 2009. Les artistes américains actuels n'ont de cesse de citer Violent Femmes comme source d'inspiration infinie, une nouvelle approche de la musique, un jeu sonore dont il est bon d'écraser les règles. Un mini documentaire circule sur internet pour les plus accrocs. Tachons de faire vivre la mémoire de cette formation pour des décennies, et gageons que nos descendants en feront autant, Violent Femmes ne peut connaître une autre destinée.

Un nouveau titre de Wu Lyf est quelque chose qui s'apprécie lentement, qui se déguste. Nommé "Go Tell Fire to the Mountain", le groupe dévoile sur son site qu'il fut toujours prévu que le morceau soit intégré à leur premier opus, Go Tell Fire to the Mountain. Finalement, la maquette a imposé de ne pas le faire figurer, le groupe ne trouvant aucune transition satisfaisante à son entrée en matière. Noble choix que de non renoncer à un titre qui semble leur être cher, d'autant plus que "Go Tell Fire to the Mountain" fait état avec toujours autant de profondeur de cette atmosphère brumeuse propre à Wu Lyf. Un plaisir que de l'avoir à présent entre nos mains et oreilles. Je ne saurai trop profiter de ce billet pour vous conseiller chaudement une réécoute de leur opus, une véritable merveille.
(mp3) Wu Lyf - Go Tell Fire to the Mountain
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