jeudi 30 juin 2011

Best Of Still in Rock : Juin 2011


Juin 2011 s'achève ainsi avec pour événement majeur la sortie de l'album "Bon Iver". Moins de rock à proprement parlé pour ces 30 derniers jours, mais quelque chose me dit qu'il en ira autrement pour juillet. Après tout, être ouvert à toute bonne musique est une très bonne chose, n'est-ce pas ? La question ne se pose même pas.






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1. Bon Iver : "c'était en juin 2011 …" (article ici)


Véritable joyaux, cet opus fera parler de lui dans quelques années encore. Il s'agit dorénavant de culture musicale que de savoir que "Bon Iver" était sorti en juin 2011, cette lointaine époque.



2. Battles : musique expérimentale à essayer près de chez vous (article ici)


Deux albums et déjà deux merveilles expérimentales faisant que Battles suscite le débat, preuve en est de l'espoir de postérité placé en ce groupe qui ne saurait décevoir.



3. Cults : Retro Pop (article ici)


Voici leur premier album enfin sorti. Le buzz fut mondial et je ne suis pas sûr que le résultat soit à la hauteur de ce qu'il était possible d'espérer de mieux. Du très bon demeure cependant enfouit en ce "Cults". Ils ne veulent pas que leur musique soit qualifiée de rétro ? Faisons-le alors, car c'est bien cela qu'il s'agit.



4. Deerhunter : rattrapage 2010 à ne pas manquer (article ici)


Une pop tellement sensible qu'elle vous hantera jusque dans vos moments les plus intimes. Deerhunter était un temps fort de l'année 2010, back to basics.



5. White Denim : même si on préfère le jean brut (article ici)


Quelques titres, dont "Farm", sont à absolument ne pas manquer. Je l'aurai dit. Certes, White Denim n'excellence en rien de précis, ce n'est pas pour autant que beaucoup aurait à apprendre d'eux.




À également ne pas manquer : les Arctic Monkeys en acoustique (ici), la séquence humour avec Jack White (ici) ainsi qu'un projet de film fort intéressant (ici) et le dernier Seasick Steve (ici).


mercredi 29 juin 2011

À surveiller : White Denim - D (Folk Rock)




White Denim, groupe texan dont James Petralli est leader et chanteur, vient de sortir son nouvel LP dénommé "D". Le groupe, qui n'en est pas à son premier essai, fleurte sur une vague folk rock qui semble de plus en plus répandue. Ce nouvel opus est intéressant en ce qu'il s'accommode parfaitement à l'envie principale du moment : la farniente. Les guitares acoustiques jouent de plusieurs univers (jazz dans "Bess St.", psyché dans "Drug", folk dans "Is and Is and Is") et le tout, très relaxant, doit sa réussite à un mixage studio très bien construit.

Le grand point faible de cet album est qu'il est d'ores et déjà supplanté par quelques autres opus récents qui de loin le surclassent dans des genres variés. Tame Impala pour la partie psyché est bien meilleur lorsque les Fleet Foxes ont à l'évidence une sensibilité folk plus développée. N'en demeure pas moins que "D" est un bon album (dont la note - pour indicatif - fleurterait autour de 7) ainsi que quelques titres doivent être écoutés. Pour des raisons historiques que je ne détaillerai pas, ce type de musique reçoit un écho bien plus positif outre-Atlantique qu'en métropole. Ne vous étonnez pas de le voir caracoler en tête de certains classements de fin d'année, car bien qu'il ne mérite pas cet engouement, certains morceaux méritent bel et bien le détour.


(mp3) White Denim - Drug
(mp3) White Denim - At the Farm


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vendredi 24 juin 2011

Album Review : Bon Iver - Bon Iver (Post Folk)




Sachez, avant toute chose, que la raison d'être de StillinRock est le partage des moments comme celui que je vous propose aujourd'hui.


Bon Iver vient de faire paraitre un album éponyme, son second, tel un artiste qui accepterait enfin le talent qui lui ait donné. Son premier album en effet, "For Emma, Forever Ago", fut composé dans la maison de pêche du père de Justin Vernon, lieu perdu dans le Wisconsin où il avait décidé de se réfugier pendant l'hiver suite à une déception sentimentale. En cet opus éponyme, chaque chanson est la représentation d'un lieu. Justin Vernon a déplié son planisphère pour notre plus grand plaisir. L'album est au final est des voyages les plus riches que vous n'ayez jamais faits. Sont de la partie le saxophoniste Colin Stetson (Arcade Fire) ainsi que le guitariste Greg Leisz (Wilco).


Cet album fait croire à ce qu'il y a de plus mystique dans la musique, il la transcende et élève son pouvoir le plus divin en des sphères plus hautes encore.


Plus les titres défilent à la lenteur des paysages exposés, plus votre gorge se serre et les battements de votre coeur s'accélèrent. Si l'introduction sous forme de marche militaire donne le tempo, votre voyage prendra diverses allures selon que vous réécouterez des titres plusieurs fois, saisi par la splendeur du décor ainsi que la profondeur de ces derniers. C'est finalement vers la fin de votre périple que le plus beau arrivera avec le duo " Wash / Calgary ". Le premier vous subjuguera par son évidente pureté, sa sensualité et son inimaginable complexité, lorsque le second, tel un amoureux quittant les lieux de ses premiers ébats feints de ne pas être abattu, son sourire ne présageant en réalité que l'amertume de ses adieux.


Bon Iver fait ici réaliser à chacun la velléité que l'on doit apporter à ce qui empêche la pensée et la création. Son opus est une ode à la réflexion comme il est une ode à l'égarement. Si les termes d'introspection musicale vous sont ambigus, l'écoute de "Bon Iver" convaincra les plus téméraires. Il doit être vécu telle une chance de s'extraire de son fort intérieure (à l'image du dernier des Fleet Foxes), une escapade peut être douloureuse, mais tellement nécessaire. Si son premier album tire clairement vers la folk, ce dernier, bien que n'oubliant pas son essence première, se laisse porter plus volontiers vers le sens premier du terme, très XX°, lorsque Jack Kerouac traçait la route d'une nouvelle épopée. Rien de ce qui ne fut jamais fait dans l'histoire de la musique n'a jamais sonné, qu'un tant soit peu, comme Justin Vernon. Les paroles sont une force évidente de ce génie (d'ailleurs disponibles à ce lien). Elles ne sont pas naïves ni même utopistes, elles sont ce qu'elles devaient être, sincères et profondes. De plus, cet album vient corroborer ma théorie bien connue (de vous chers lecteurs et … moi-même) selon laquelle les grands albums sont composés de … 10 titres.


"Bon Iver" : un album à écouter les yeux fermés, seul, et de préférence dans la pénombre d'une fin de journée. Place à la critique détaillée.


Écouter l'album en streaming


  • Perth : Introduction marche militaire pour donner le pas d'un album qui ne suivra jamais le même, préférant osciller entre divers monts et divers univers, à l'image de "Perth". Ce premier titre énonce toutes les pièces maitresses à venir : rythmique parfaite et variée, guitare, percussions, des arrangements de très grande qualité ainsi et surtout que la voix d'Ange de Justin Vernon.

  • Minnesota, WI : Le Minnesota, bordée par le Dakota et la frontière canadienne est une des premières terres d'accueil de la folk music aux Etats-Unis. Ce titre rend le plus beau des hommages à cette page de l'histoire de la musique. L'arpège, au demeurant magnifique, s'apparente à une ballade en barque sur un des nombreux lacs de cette terre promise. Un grand titre.

  • Holocene : Si l'Holocène n'est cette fois-ci pas un lieu, mais bel et bien une période interglaciaire d'environ 10.000 années, Justin Vernon semble errer à travers ce temps. Plus encore, il s'élève et semble surpasser ces considérations humaines. Son orchestration est intemporelle, sa voix, venue d'ailleurs, ne connaît pas de limites, "Holocene" est encore une réussite qui laisse sans voix.

  • Towers : La même recette que sur les titres précédents, mais utilisée différemment. Bon Iver captive à chacun de ces morceaux par sa capacité à créer du nouveau avec du génial. Abstrait ? "Towers" vous éclairera.

  • Michicant : Le premier titre où une sensation de tristesse incomprise vous envahira. Bon Iver y partage sa souffrance que vous comprenez, elle semble seulement inconnue du reste du monde. "Michicant" est modèle du genre, Justine Vernon, nous te sommes reconnaissants.

  • Hinnom, TX : Ne tremble pas épicurien, vis là simplement la déchéance d'un Bon Iver qui semble profondément touché.

  • Wash. : La pièce maîtresse qui vient parfaire ce chef-d'oeuvre. Frissons et larmes aux yeux ne devront pas vous étonner. Ne gâcher rien de ce titre dantesque, écoutez le seul et dans le noir. Que dire de plus face à la perfection ? Rien, se taire et remercier.

  • Calgary : Sensible puis fulgurant, le génie de Bon Iver ne peut pas être mieux représenté. Cet artiste dispose d'une palette de couleurs extraordinaire, "Calgary" est un autre voyage dont vous vous souviendrez des années, peut-être plus encore.

  • Lisbon, OH : Interlude que l'on aimerait voir durer des heures.

  • Beth/Rest : Un titre plus années 80' que Folk, "Beth/Rest" lui aussi était indispensable à "Bon Iver". Le chant du cygne.


C'est épuisé que je fini l'énième écoute de ce chef d'oeuvre, heureux d'avoir une nouvelle fois vécue ce grand moment. En somme, il est un album qui surpasse de très loin ce que l'on peut habituellement entendre. Un album qui, dès sa première écoute, s'impose, s'inscrit immédiatement parmi les grands et obtient une place toute particulière dans nos coeurs. Ne vous étonnez pas si vous tremblez à l'écoute de cet album, ni même si une envie de communiquer la grandeur de ce dernier à la terre entière vous envahit. Vous venez de découvrir un opus qui, probablement, marquera votre vie. Quoi de plus normal ? Il en faut certains qui feront partie de vos albums cultes, "Bon Iver" sera de la partie.



Note : 9,7 / 10 (barème)



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jeudi 23 juin 2011

Funny Stuff : Jack White - Seven Yogurt Army


Avant la descente aux enfers de demain (album review), un billet quelque peu original aujourd'hui afin d'adoucir les moeurs. Jack White était chez Stephen Colbert hier soir, ce présentateur assez fou et parfaitement génial.

Lorsque je démarre la lecture de la vidéo, je suis quelque peu méfiant : Colbert est connu pour ces frasques et ses fines idioties, comment Jack White va-t-il réagir à cela ? Le rendu est stupéfiant : humour pince-sans-rire et auto-dérision servie sur son lit de compliments, le tout saupoudré d'une reprise de "Seven Nation Army" tout simplement magique. À ne manquer sous aucun prétexte. La suite sera intégrée à cet article demain.





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mercredi 22 juin 2011

Battles - Concert à Emporter (Math Rock)




Cela fait bien longtemps que l'on avez pas gouté ensemble de cet excellent gâteau nommé "Concert à Emporter". Alors, lorsque je rédige l'album review de la semaine dernière (ici), je me délecte par avance de cet article.

Ne vous y trompez pas, ce que je vous propose là est un grand moment de musique. Accrochez-vous au rythme, laissez aller votre corps et votre esprit, ne jugez pas ce que vous entendez, vivez la musique. Les secondes sont graves, lourdes et pesantes, elles sont importantes pour leur richesse et leur plénitude. Battles transforme la musique, il la transcende en un spectre lumineux et sonore que l'on ne partage pas, une musique qui se ressent plus que tout autre.

La Blogothèque commente ainsi : " Une musique au cordeau, moderne, anguleuse. Un salon Rococo, solennel, énorme. Et un Concert à emporter atypique, loin très loin de nos dogmes. Ce jour-là, dans les salons de l’Hôtel de Ville, tout le monde est sorti de son orthodoxie ". En bref, si vous n'osez pas le visionnage de ce dernier, c'est que le temps révolutionnaire de la guillotine vous est nostalgique.



(visionnage sans plein écran interdit)


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mardi 21 juin 2011

À surveiller : The Kooks (Indie Pop Rock)




The Kooks, "Junk of the Heart" sera l'album numéro 3 du groupe, à paraitre le 12 septembre 2011. Si je mets le statut "À surveiller" aux Kooks c'est que ces derniers abordent un tournant capital. Leurs deux premiers albums (plus particulièrement le premier sorti en 2007) ont soufflé un véritable vent de fraicheur sur une scène alternative qui jurait beaucoup par la puissance des cordes, ils ont influencé de nombreux autres groupes et se sont ainsi fait un nom.

Toutefois, leur musique, et c'était l'un de leurs charmes, manque de maturité. Deux albums très teenager n'est pas un problème lorsque la qualité est au rendez-vous, trois deviendrait trop et c'est pourquoi cet opus à venir va être capital. Il s'agira en effet de parvenir à conserver la magie de "Inside In Inside Out" tout en faisant évoluer leur musique, lui faire gagner en maturité, en travail et en profondeur.

Un premier titre - qui ne figurera pas sur l'album - vient d'être dévoilé par le groupe. Il s'agit de "The Saboteur", un morceau riche et qui ne présage que du bon. The Kooks joue de beaucoup de variations rythmiques, les sons sont parfois plus soignés que sur les deux premiers (voir 3ème minute), et Luke Pritchard s'essaie à des effets studio plutôt bien pensés.

Les premiers aperçus de ce Junk of the Heart ne devraient pas tarder tant les Kooks vont parcourir tous les festivals en cet été 2011. Pour l'heure, ce premier titre est encourageant, en espérant que les Kooks osent encore plus de radicalité.




Edit : 4 titres du nouvel album performés en live à ce lien.


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lundi 20 juin 2011

Herman Dune - Strange Moosic (Anti-Folk)


(modèle grande taille)



Herman Dune, groupe d'antifolk français dont les frères Herman Dune sont à la base, vient de faire paraitre un nouvel opus, "Strange Moosic".


"Strange Moosic" ne sera pas chroniqué un vendredi, et pour cause, il dispose de bien trop de titres qui, sous de belles allures folk, sont en réalité dépourvus d'âme. J'ai pourtant laissé du temps à cet opus et suis revenu mainte fois à son écoute, le même constat s'impose : une musique plutôt agréable, mais qui, hormis 4 titres, ne laisse aucune trace.


Dans "Tell Me Something I Don't Know", Herman Dune énonce que, lorsqu'il entre dans un "record store", tous les nouveaux groupes lui semblent comme déjà entendus. L'hôpital se fout-il de la charité ? Non seulement Herman Dune devrait, pour commencer, essayer de produire une musique plus variée, plus encore, Herman Dune à l'évidence n'est pas lecteur de Still in Rock, et c'est bien là le plus grave n'est-ce pas ? Haha.


Pour ce qui est tout de même des points positifs, tout d'abord le fabuleux clip avec Don Draper de Mad Men et une créature bleue, ensuite, une orchestration folk qui n'en fait pas des tonnes, à l'image de la petite envolée de guitare sur "Ah Hears Strange Moosic" et des nombreux autres solos qui souvent frôlent la perfection ("Magician"). En fait, les parties vocales se ressemblent toutes et ce sont les fins de titres qui viennent les différencier, souvent de belles manières. Pour conclure, Herman Dune mérite ce billet, il mérite votre écoute, mais ne parviendra probablement pas à conquérir votre coeur, et s'il le fait, tant mieux pour eux, ces gars sont cool.



(mp3) Herman Dune - Ah Hears Strange Moosic
(mp3) Herman Dune - Tell Me Something I Don't Know




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samedi 18 juin 2011

Album Review : Battles - Gloss Drop (Math Rock)




Battles, groupe new-yorkais, vient de sortir un deuxième album succédant un premier opus qui avait marqué l'année 2007. Qu'on se le dise immédiatement, "Gloss Drop", dans son ensemble, est plus pop que son précédesseur, ce bien que quelques bizarreries musicales persistent et s'avèrent d'ailleurs être un élément indispensable de l'album. Gloss Drop est donc pour partie accessible et pour autre partie bien plus expérimental, la touche Battles voyez. Ne vous laissez pas attendrir par la pochette de cet opus, il est parfois sombre, souvent d'acier et d'étincelles.


Pour la petite histoire, Tyondai Braxton, multi instrumentalisme et pierre centrale du groupe, a décidé, en pleine élaboration de Gloss Drop, de quitter le groupe afin de se consacrer à un album solo alors bien plus avancé. L'élaboration de l'album s'en est trouvée bien entendu compliqué, mais ce dernier voit quand même le jour à notre plus grand plaisir. Battles avait dès le départ de leur ami commencé à remanier certains titres afin d'effacer le plus possible la touche Braxton. Il faut dire que ce dernier était réellement indispensable au groupe, une demi-présence eut donc été un désastre, il fallait ce travail de nettoyage, ce travail de fond.

L'écoute de cet album s'imposera pour l'année 2011, ce pour deux raisons. La première et la plus évidente, cet album réalise le meltin pot parfait entre pop, jazz, rock, math-rock, sonorités électroniques et autres styles expérimentaux. Le tout, assez étrangement, est homogène et suffisamment bien pensé pour que cohérence et désordre soient de Maître mot. La seconde, Battles y pousse la technique la où elle n'a jamais été. Si les cordes sonnent souvent comme des claviers, l'inverse est aussi avéré. Place à la critique détaillée :


Africastle : Fourre tout mélodramatique, une introduction très travaillée pour un titre résolument accrocheur.


Ice Cream (feat.Matias Aguayo) : Une turie. Non seulement Battles y trouve un rythme percutant, mais plus encore, il le déstructure afin qu'il revienne ensuite avec plus de force. Fait de mains de maitre, "Ice Cream" représente à merveille la partie la plus pop ce Gloss Drop.


Futura : Une première minute faite de la guitare de Ian Williams, puis la batterie de John Stanier pour accueillir le synthé avec plus de passion et d'engouement. "Futura" est parfaitement déstructuré, il vient lier deux titres de la plus belle des façons. Au passage, John Stanier a récemment déclaré : "ce disque, c'est l'accomplissement de ma vie". Ce morceau était l'occasion de lui rendre hommage.


Inchworm : Titre très expérimental, "Inchworm" illustre mes propos premiers. C'est en apparence très cohérent lorsque la seconde couche révèle une infinité d'instruments et un travail très élaboré : mixage, découpage, remixage, saturation, puis mixage …


Wall Street : Introduction qui n'est pas sans faire penser à Foals. Le reste du titre est fidèle à l'esprit du groupe : très rythmé, très compact, "Wall Street" est une étonnante pièce de musique.


My Machine (Featuring Gary Numan) : Beaucoup plus difficile de trouver un intérêt à ce titre : trop brouillon sans les arrangements nécessaires pour en faire un morceau cohérent et qui tend à être réécouté.


Dominican Fade : Autre titre relativement useless, trop fade, trop indifférent et sans caractéristiques fortes. On passe.


Sweetie & Shag (feat.Kazu Maki) : Un titre pétillant qui illustre merveilleusement cette splendide pochette. "Sweetie & Shag" est facile d'accès comme l'est "Ice Cream". Ce genre de titre aide Battles à se faire connaître du grand public, une bonne chose.


Toddler : interlude fort sympathique qui remplit son rôle sans difficulté.


Rolls Bayce : le titre le plus électronique de l'album. Pour ceux qui se demandaient ce qu'est le math-rock signalé en introduction d'article, "Rolls Bayce" est la réponse : en apparence dissonant, incohérent voir déstructuré, le tout dont chaque élément est indispensable forme un fabuleux ensemble. (Pour ceux plus adepte des définitions, je vous en donne une : musique composée d'éléments qui, chacun pris séparément, paraissent dissonants, mais qui en réalité forme un tout cohérent).


White Electric : difficile de rester en place à l'amorce de la batterie tant "White Electric" semble être fait de la même matière que celle de l'énergie (et non pas que celle des rêves). Besoin de preuve ? 3min20.


Sndome (feat.Ymantaka Eye) : Pas d'impatience, pas d'impatience. "Sndome" se construit lentement, la basse n'arrive qu'à la 3ème minute, la où le rythme va finalement puiser sa source. Il demeure toutefois très (trop) conceptuel et un tantinet longuet.


Sundome (Instrumental) : Version instrumentale plus encore difficile d'écoute que la version originale. Je ne suis pas persuadé que le refrain de ce titre soit celui qui ait mérité les honneurs sur ce total de 15 min.


Cet album est bourré de bonnes idées. Écouter Gloss Drop est un exercice fort plaisant, distrayant et musicalement très abouti. Il est de ce genre d'opus où faire de la bonne musique semble chose aisée. La marque des grands me direz vous.


Le paradoxe de cet album est qu'il paraitra accessible à certains comme parfaitement improbable à bon nombre d'autres (qui, à force d'écoutes, accéderont aussi à l'extase, plus forte encore). Tout dépend là de la culture musicale de chacun (pour avoir fait le test avec certains), de la tendance à plus ou moins apprécier la musique hybride, car cet album l'est bel et bien. Un bel opus de l'année 2011. En concert au Cabaret Sauvage le 30 juin prochain.


Note : 8,2 / 10 (barème)





(le meilleur clip de l'année ? Fort probable).




(mp3) Battles - Futura
(mp3) Battles - Ice Cream


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